Class30 OD. Yves Ginoux : ” Il y a une très bonne dynamique autour de ce nouveau bateau monotype ! “

Yves Ginoux, Secrétaire général de l’UNCL en charge du projet du Class30, bateau monotype conçu à l’initiative de l’Union Nationale pour la Course au Large, du RORC en Angleterre et du Storm Trysail Club aux USA pour servir de support à l’initiation comme à la pratique de la course au large nous apporte quelques précisions sur le Class30.

- Publicité -


Après la remise de l’Avant-Projet Définitif par VPLP et Multiplast au terme de neuf mois d’études, de recherche et de développement, le projet avance désormais sur la phase d’étude des moules et d’outillage. Le bateau sera construit en France dans un chantier situé dans le Morbihan. Idem pour les mâts – équipé d’un seul étage de barre de flèche – et le safran mais à l’exception de l’accastillage- Harken notamment.  « On a compensé le coût de la main d’œuvre en France par des outillage assez évolués et en utilisant de nouveaux moyens. On a pris plus de temps pour essayer de cerner tous les aspects. On est allé très loin dans le détail dans cette étude avec les équipes de VPLP (Vincent Lauriot-Prévost, son fils Antoine et Simon Watin) et avec Multiplast – Yann Perfornis. Cela a été très efficace. »

25 pré commandes ont été enregistrées lors du salon Nautique de Paris en décembre 2021 où une maquette du bateau a été présentée. « Il y a 25 One Design qui ont été commandé par des particuliers et 5 par des clubs dont Dunkerque et l’ENV. En commandant un exemplaire maintenant vous pourriez avoir un bateau au 2e semestre 2023. Le bateau sera présenté au salon Nautique 2022. »

Le bateau est maintenant entièrement défini techniquement et commercialement. Le prix de base de la version Club sans voiles est de 94 500 euros HT, la version One Design sans voiles de 132 500 euros HT + options. Un prix légèrement plus élevé que ce qui était prévu au départ dans le cahier des charges de l’UNCL fixé à 80 K€ HT mais qui s’explique par la hausse des matières premières qui ont bondi de 20%.
La version Club ne comporte pas d’électronique à l’exception d’un sondeur mais on peut rajouter en option un pack NKE ou Brooks. Il y a une remorque, un ber à roulette dans les options. Une motorisation électrique est en cours de réflexion notamment pour les Suisses.

D’autres photos du bateau devrait être dévoilées d’ici cet été. Le bout dehors est rétractable dans une gouttière. Il est en carbone sur l’OD en alu sur le Club. La table de navigation est articulé et fait table de carré au milieu.

LIRE AUSSI
> Fin de la phase d’études et un avant programme de régates monotypes
> Class30. VPLP/Multiplast remporte le concours international avec un bateau semi scow


Pour ce projet, l’UNCL est le promoteur du bateau. « On a financé les études pour que cela démarre rapidement. Mais c’est Multiplast qui le commercialise. L’UNCL touchera des royalties pour récupérer le montant des sommes investis conjointement avec le RORC. On veut récupérer notre mise de fond. Notre but était avant tout d’être le catalyseur. Quand on aura 50 bateaux à l’eau on dira que c’est réussi. »


Pour l’UNCL et le RORC, ce qui est important c’est le programme de régates avec ce bateau où l’on peut naviguer à 6 ou en solo. Voir notre article précédent. « On veut proposer dès 2023 un programme qui se tienne. Géry Trentesaux doit voir le RORC prochainement pour qu’il intègre le Class30 à ses courses. L’idée est notamment d’avoir 10 bateaux au prochain Fastnet pour avoir un classement dédié. La Middle Sea Race est également au programme. Classés en catégorie A, les deux versions peuvent y participer. C’était une demande d’académies qui vont se monter avec le Class30 et qui ont l’ambition de faire de la course au large. »

Le programme du Class30 est appelé le Class30 tour en attendant que celui-ci prenne le nom d’un partenaire à l’image de ce qui a été fait sur le Mumm30. Le partenaire pourrait être dévoilé d’ici cet été. Le programme annoncé est dense. « L’idée est d’avoir 5 bateaux au Spi Ouest 2023 et à l’été 2023, il pourrait y avoir entre 12 et 15 bateaux qui régatent sur les courses. »

Quid de ses performances attendues ?
« En jauge IRC, le bateau est un bateau monotype. J’insiste là-dessus. On a bien intégré la jauge IRC dans sa conception mais il n’est pas optimisé pour de l’IRC. Il est à 1,032 sur le dernier certificat de test. Ce qui peut paraitre élevé pour un bateau de 9m mais qui est léger, il fait 2700kg. Il est très voilé. Quelqu’un qui veut courir en IRC, pourra peut-être réduire le spi de 105m² parce que c’est grand, réduire un peu le génois mais on a une solution optimisée qui est autour de 1,022-1,023. Mais c’est un peu dommage vu les polaires de vitesse que nous a sortis VPLP, cela envoie. Il est plus rapide qu’un MUM30 à toutes les allures au-delà de 5nds de vent et beaucoup plus rapide au portant. Sur l’aspect stabilité. Il est plus puissant que l’on avait imaginé au départ. On avait prévu un A2, on est passé sur un A4 au niveau certification. On avait prévu 2600kg au départ mais on a eu des contraintes au niveau échantillonnage, il fera 2700ks. Mais c’est une bonne chose pour les clubs. Il sera plus résistant. Il n’a pas de ballast. On peut en mettre mais cela n’est pas prévu compte tenu de sa stabilité qui est déjà intéressante. On a une option gennaker demandé par les Anglais. Il planera gité comme un Figaro3 avec une puissance similaire. »