Cap Martinique. Une transat rapide au portant au programme

La Cap Martinique dans le port de la Trinité sur Mer, le 29/04/2022 Photo © Jean-Marie LIOT / Cap Martinique

Ciel bleu, températures estivales et musiques créoles. Il flotte déjà l’air des Antilles sur le village départ de la Cap-Martinique à la Trinité-sur-Mer. Il faut dire que Fort-de-France n’a jamais été aussi proche de la Martinique. Christian Dumard, météorologue, est formel, cette transat s’annonce très rapide avec du vent portant au départ et des alizés bien installés pour pousser les 38 bateaux vers les Antilles. « La flotte va envoyer les spis qu’elle ne pourrait affaler qu’à l’arrivée en Martinique » résume Dumard. « On n’est pas loin de la transat idéale avec un anticyclone bien installé qui protège la zone des dépressions circulant plus au Nord. La flotte sortira du golfe de Gascogne au portant, même s’il faut s’attendre à une forte accélération entre l’Espagne et le Portugal, après le cap Finisterre que les premiers devraient rejoindre mardi soir. Pendant une douzaine d’heures, le vent pourrait se renforcer jusqu’à 30-35 nœuds en rafales avec trois mètres de mer. Il faudra peut-être passer au petit spi ! Mais avec un alizé assez Nord, les concurrents pourront ensuite emprunter une route assez-directe pour un passage à Porto Santo dans la nuit du 7/8 mai, et une traversée en une vingtaine de jours » poursuit le spécialiste.

Sur le ponton de La Trinité-sur-Mer, flottent des drapeaux de toutes les nationalités. Car la Cap-Martinique séduit bien au-delà des frontières françaises. On y rencontre des Anglais, des Néerlandais et même un équipage venu de Cape Town en Afrique du Sud. A deux jours du départ, Adrian Kuttel et Gerry Hegie s’excusent pour le bazar à bord de leur JPK 10.30 flambant neuf. Il y a des bouts partout dans le cockpit mais le bateau est peut-être le plus près de la flotte. « Comme nous ne connaissions pas la Trinité-sur-Mer, nous avons voulu faire le maximum à Cape Town » explique Adrian qui a confié la préparation au méticuleux Gerry. Sans fausse modestie, les deux amis viennent pour la gagne mais reconnaissent que l’équation a encore pas mal d’inconnues à commencer par ce parcours en hémisphère nord, véritable Terra Incognita. « Lorsqu’on part de Cape Town, on a des repères mais ici, on ne sait pas ce qui nous attend. Il peut y avoir beaucoup de vent, ou pas du tout. Et l’on ne sait pas non plus comment va se passer l’arrivée en Martinique. On verra ! » Les deux Springbocks ne maîtrisent pas non plus les subtilités de l’IRC, cette règle qui permet de faire concourir des bateaux différents. Certains concurrents en ont fait une science, voire un art, mais les Sud Af’ ont une approche plus pragmatique : « Nous, on prend tout. On sait qu’on aura un mauvais rating mais on espère aller plus vite » sourit Adrian derrière sa barbe de Père Noël. A 72 heures du départ, il salue une organisation millimétrée, qui ne laisse rien au hasard. « C’est très professionnel, on a beaucoup d’aide et chaque point est vérifié avant le départ » apprécie ce marin qui a déjà participé aux plus grandes courses du monde.

Source : Cap Martinique