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Le grand chantier de Michel Desjoyeaux

Géant en chantier
Géant en chantier

Totalement mis à nu, le trimaran vainqueur de la Route du Rhum et de The Transat, est quasiment méconnaissable. Entièrement poncé, Géant ne présente, en effet, plus aucune trace de décoration. Seul la structure en composite du 60’ reste en place, l’accastillage, l’électricité, l’électronique et l’hydraulique ayant été démontés et soigneusement rangés.

Le fond de coque

Point de départ de ce chantier hivernal, la découpe de la coque centrale s’est faite relativement rapidement. Par contre, depuis environ 4 semaines, l’atelier de Mer Agitée s’est transformé en atelier de ponçage : ambiance blouses blanches et masque de protection. En effet, Géant a été totalement dénudé de sa peinture et de sa décoration. Jean-Philippe Saliou, second de Michel et responsable de la gestion du planning, nous apportait quelques précisions : « Au début, nous devions garder les peintures au niveau des bordés de coque centrale et des flotteurs mais finalement, et ce dans l’idée d’avoir un type de peinture uniforme, nous avons tout retiré. Au total, ce sont près de 160 kg de peinture et d’enduits qui ont été enlevés ! La nouvelle pose de peinture sur Géant sera échelonnée sur toute la durée du chantier, afin de ne pas immobiliser tout le monde en même temps ».
Le nouveau fond de coque, en cours de fabrication au chantier Gepetto de Lorient, devrait être réalisé ces jours-ci et pourra ainsi être livré à Port-la-Forêt début janvier. Commencera dès lors, le travail de greffe de cette nouvelle pièce sur les bordés et cloisons de la partie supérieure de la coque centrale. Pierre-Louis Pillot et Chris Sayer seront plus particulièrement en charge de la réalisation et du suivi de cette partie délicate. Quasiment de la microchirurgie.

Le mât, les foils et la dérive

Livré début décembre, le tube du nouvel espar, fabriqué par la société Lorima, est actuellement en cours d’équipement au chantier CDK Technologie. Le nouveau mât de Géant devrait donc être fin prêt d’ici un mois et demi. De la même façon, la conception des foils, assurée par l’entreprise suisse ZR Concept, avance : les peaux extérieures et les barreaux (tiges métalliques qui structurent l’intérieur du foil) de ces plans porteurs sont en construction.
Enfin, les maquettes de la nouvelle dérive à volet, dont sera doté le 60’ la saison prochaine, sont actuellement réalisées au sein de l’écurie Mer Agitée par Goulven Le Clec’h.
Outre ces travaux, l’équipe de Michel s’adonne également à une des activités bien connues sur ce type de bateau en période hivernale : la chasse au poids. Ainsi bon nombre d’éléments composites, tels que les aménagements de confort intérieur, ont été revus à la baisse. Toujours dans cette idée, les planchers des postes de barre ont été réduits et les marches de descente dans le cockpit retirées.
Nota : L’équipe qui travaille actuellement sur le Chantier de Géant est composée des membres permanents de Mer Agitée, Jean-Philippe Saliou, Eric Carret, Pierre-Louis Pillot, Goulven Le Clec’h, Jacques Fort, Jean-François Cuzon ou encore Laurent Oudin. Fanchic Laurent, Chris Sayer, Sébastien Guillou, Manu Le Borgne, et Kevin Escoffier sont venus renforcer l’équipe de permanents.

Décembre, le mois des récompenses

Soirée des champions de la voile bretonne
Présent au Salon Nautique de Paris les quinze premiers jours de décembre, Michel a pris part à de nombreuses manifestations. Les remises des prix tout d’abord, avec celle de la Transat Québec – St Malo, du Championnat ORMA et du Trophée Clairefontaine, qu’il remportait pour la troisième fois en septembre dernier. Mais également aux remises de Trophées : à la Soirée des Champions de la FFVoile, au déjeuner du Championnat du Monde Fico-Lacoste, pour sa 2ème place, et au dîner de l’UNCL. Le marin de Port-la-Forêt était également présent hier soir à Morlaix, où, à l’occasion de la soirée des champions de la voile bretonne, il s’est vu décerner un prix pour sa victoire dans The Transat.

(Source : service de presse de Michel Desjoyeaux)

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La course continue …

Vincent Riou
Vincent Riou

Cap au Nord Est et à petite allure, Roland Jourdain (Sill et Veolia), s’il n’a encore officiellement signifié son abandon, s’éloigne la mort dans l’âme de son Vendée Globe. L’effet « élastique » annoncé dès hier par Vincent Riou (PRB) ou Mike Golding (Ecover) prend bien effet aujourd’hui ; les deux leaders, Riou-Le Cam ont gardé un peu plus de pression que leurs poursuivants à hauteur de la porte placée sous la Tasmanie. Vincent décidément bien terrible s’est laissé glisser sous le vent de Bonduelle à qui il reprend des milles, 28 ce matin, à la faveur d’une meilleur vitesse de rapprochement. Sébastien Josse grimpe sur la troisième marche du podium (provisoire) et accélère en abattant dans un vent de Nord toujours bien établi. Golding lutte pour rester dans ce même flux. Il lâche 50 milles dans la bagarre.

Le départ de Bilou laisse un vide. Dans les cœurs et au classement où les leaders évoluent à présent par groupe de deux. Leaders « historiques » de ce Vendée Globe 2004/2005, Vincent Riou et Jean Le Cam poursuivent en mer de Tasmanie leur pas de deux. Avec plus de 200 milles de retard, Sébastien Josse vient de rompre assez brutalement avec le Britannique Mike Golding pourtant revenu hier à 30 milles de son sillage et qui en accuse ce matin… 88. Ce Vendée Globe est riche en surprises de toutes sortes et Jojo en est une particulièrement souriante.

Les vitesses affichées ce matin par le reste de la flotte semblent indiquer que le gros mauvais temps est passé sans trop affecter la bonne progression des bateaux. Conrad Humphreys (Hellomoto) ferme toujours la marche à 3 780 milles du leader Riou. Il a passé Crozet dans le sillage de Karen Leibovici (Benefic) et Raphaël Dinelli (Akena Verandas). Son retard sur ce duo ne se compte plus qu’en dizaines de milles. En limite nord du plateau des Kerguelen, Anne Liardet a placé un coup d’accélérateur pour revenir à 65 milles de Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western), reprenant 20 milles en 24 heures.

Objets de toute l’attention de la Direction de Course depuis hier, Patrice Carpentier (VM Matériaux) et Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) voient, avec un probable soulagement, le cœur de la dépression s’évacuer dans leur Sud. Les deux hommes ont encaissé un sérieux coup de tabac et réussi cependant à échapper au plus fort de la tempête. A plus de 13 nœuds sur la route, Arcelor-Dunkerque ne semble plus handicapé par le paquet d’algues pris dans sa quille et dont Joé avait hier toutes les peines du monde à se séparer. Patrice Carpentier est à 700 milles de la première porte sous l’Australie. Une porte dont s’approche Jean Pierre Dick (Virbac-Paprec) et que Nick Moloney (Skandia) et Marc Thiercelin (Pro Form) laisseront aujourd’hui loin (250 milles) dans leur sud. Nick n’est plus qu’à 550 miles du Cap Leeuwin et de sa chère Australie.

La mi-parcours sera franchie ce matin par les deux leaders qui se trouveront à 11 840 milles de l’arrivée, soit très exactement la moitié des 23 680 nautiques de la distance théorique totale de ce Vendée Globe.

Source : Vendée Globe 2004

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Quille de malheur !

Roland Jourdain
Roland Jourdain

Défaut de jeunesse””
Véritable petite merveille de technologie, le 60 pieds “”Sill et Veolia””, construit sur plans Marc Lombard, a connu peu de temps après sa mise à l´eau des soucis de quille. Un “”défaut de jeunesse”” qui avait d´ailleurs empêché Roland Jourdain de participer à la Transat anglaise en juin 2004. Même si ce problème de vibration, survenu au niveau de la liaison entre le voile de quille carbone et le bulbe, ne s´était pas manifesté sur le “”Bonduelle”” de Jean Le Cam, le triple vainqueur de la Solitaire du Figaro avait, lui aussi, fait l´impasse sur la reine des Transats, son 60 pieds étant la copie quasi conforme du “”Sill et Veolia””.
Ce premier souci de quille avait été réglé en rajoutant une épaisseur de carbone de chaque côté du voile. Après des parcours de qualification rondement menés, dissipant les derniers doutes des skippers, c´est avec une confiance totale dans leurs montures que Jourdain et Le Cam s´étaient élancés le 7 novembre dernier des Sables. On connaît la suite…

“”Peur que la quille devienne folle””
“”Sauf que ce nouveau problème n´a rien à voir avec le premier. Là, il s´agit de la liaison entre les vérins et la quille, ça se passe dans le puits. Les renforts de carbone se sont décollés, entraînant beaucoup de jeu. On a eu peur que les vérins (NDLR : qui permettent de faire basculer la quille) se désolidarisent dans le puits. Notre crainte était que la quille devienne folle et explose tout. On a donc demandé à Bilou de mettre la quille dans l´axe afin de soulager l´ensemble””, expliquait hier, Gaël Le Cléac´h, fidèle second de Bilou.
Au bout du compte, cette quille tout en carbone aura été la cause de bien des malheurs. Dans un premier temps, elle a privé Bilou de la Transat anglaise, course éprouvante qui aurait permis de tester et fiabiliser le matériel. Là, elle vient de torpiller tous ses espoirs au moment même où le Sud-Finistérien revenait aux avant-postes.

PE”

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Cap de Bonne Espérance en ligne de mire …

Ellen Mac Arthur - Castorama
Ellen Mac Arthur - Castorama

. A 175 milles de la longitude du Cap de Bonne Espérance, Ellen a de fortes chances de décrocher un nouveau record en solitaire jusqu´au premier des trois caps du parcours. A une vitesse moyenne de 18 nœuds, il lui faudra 10 heures pour rejoindre les 18 29 degrés de longitude Est du Cap de Bonne Espérance, soit un passage vers 17h00 GMT ce soir (18h00 heure française). Mais si le vent souffle aujourd´hui entre 20 et 25 nœuds, comme c´est prévu, Ellen pourrait franchir cette longitude bien plus tôt. Le 12 décembre 2003, lors de sa tentative de record autour du monde, Francis Joyon avait rejoint Bonne Espérance en 19 jours, 20 heures et 31 minutes. Pour battre ce temps, Castorama devra franchir la longitude du premier cap des mers du sud avant 04h41 GMT demain matin, ce qui est plus que probable…
. Le Cap de Bonne Espérance, marque l´entrée dans les mers du sud, et le passage de l´Atlantique Sud à l´océan Indien. C´est le premier des trois caps qu´Ellen devra franchir pendant son tour du monde. Les autres caps sont le Cap Leeuwin, au sud-ouest de l´Australie, et le Cap Horn, sur la pointe sud du continent américain, mais ce dernier est encore à 11 000 milles de la position actuelle de Castorama…
. Castorama suit une route directe et se retrouve avec 16 heures d´avance sur Francis Joyon. Le trimaran a empanné tribord amures juste avant 19h00 GMT hier soir et fait maintenant cap au sud-est. Au cours de la nuit, sa vitesse est tombée autour de 14 nœuds dans un vent assez faible de secteur sud-ouest. “J´ai réussi à dormir un peu. J´ai démarré le générateur, allumé l´alarme “”vent fort”” et je me suis mise dans ma bannette. J´ai essayé de m´endormir mais j´ai du me lever pour aller faire un changement de voiles, ce qui est d´ailleurs arrivé trois fois pendant la nuit. Dormir sous la casquette (partie abritée entre le cockpit et la cabine) n´est pas idéal non plus. J´ai fait ça après un des changements de voiles en mettant une couverture sur moi mais je me suis réveillée absolument frigorifiée alors qu´il ne fait pas encore très froid dehors !”” Ce matin, Castorama progresse à 20 nœuds malgré les conditions de mer très difficiles dues aux courants contraires : “”les fonds marins sont passés de 4000 à 1000m et nous avons 3 nœuds de courant contraire. L´état de la mer est vraiment horrible ! Je pensais que le speedomètre avait des problèmes et puis j´ai vu les hauts fonds sur la carte…”” Les hauts fonds sont en en quelques sortes des montagnes sous-marines de plusieurs milliers de mètres…
. Risque d´Icebergs … Le routage météo l´emmène actuellement sur une route ESE jusque 43-44S. Demain, Ellen devrait ensuite empanner bâbord amures, pour deux raisons : rester à distance des vents forts et des mers difficiles, et éviter les risques d´icebergs en dessous de 45S. L´un des premiers signes indiquant la présence de glaces est la chute des températures de l´eau…

(Source Team Ellen)”

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Vol au-dessus d’un nid de Volvo…

VOR01  - Djuice Dragons - image embarquée
VOR01 - Djuice Dragons - image embarquée

Le premier nouveau V0 70 à toucher l’eau sera le premier bateau d’ABN AMRO, construit en Hollande sur les plans de l’architecte d’origine argentine, Juan Kouyoumdjian. Ses premiers pas sur l’eau sont prévus pour la mi-janvier. Le second bébé de ce syndicat mené par le Néo-Zélandais Mike Sanderson commence lui aussi à prendre forme, à l’abri du chantier.La sélection de l’équipage est en cours et si les deux chefs de quart seront choisis sur CV et palmarès nautiques, les reste des troupes sera composé de deux Hollandais, deux Américains, deux Brésiliens, deux autres équipiers pouvant venir des quatre coins du monde. Place aux jeunes puisque les heureux élus ne dépasseront pas la trentaine !

Du côté des Espagnols de Telefonica Movie Star, ça bouge aussi et l’équipage envisage même de tester leur nouveau plan Farr en construction en Australie en répétant à blanc la quatrième étape du grand tour en remontant le Pacifique Sud, via un passage obligé au cap Horn. Une belle manière de tester en grandeur nature ce nouveau coursier des océans taillé pour dévaler les grands espaces liquides à toute trombe.
En Australie justement, l’équipe de Premier Challenge, avec pour chef de file Grant Wharington, termine actuellement les moules femelles d’un plan Don Jones. C’est chez Hart Marine, le chantier du nouveau Maxi Skandia de Grant Wharington, dans le sud de Melbourne, qu’a lieu la construction. Une équipe de 25 personnes met les bouchées doubles et les dernières estimations tablent sur une mise à l’eau en avril prochain.

Dans le camp du syndicat Suédois Atlant Ocean Racing, un autre plan Farr doit aussi voir le jour. La construction a débuté chez Green Marine à Lymington, en Angleterre. Enfin, chez les Brésiliens de Brasil-1, emmenés le skipper Alan Adler et le barreur aux mains d’or Torben Grael, un autre VO nouveau signé de la patte de l’architecte d’Annapolis prend corps. Il doit être lancé an main prochain avant de rejoindre les eaux de l’état de Rio de Janeiro et de poursuivre avec une traversée de l’Atlantique en guise d’entraînement pour rejoindre Sansenxo…

LF (source Volvo Ocean Race)

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Vendée Globe : Roland Jourdain abandonne

Roland Jourdain / Sill & Véolia
Roland Jourdain / Sill & Véolia

Première réaction de Roland Jourdain : “J´ai compris, c´est bâché, je n´ai pas moyen de continuer. Le plus dur à avaler, c´est de pousser la barre et de mettre le cap au nord. Pu … n de merde, j´ai pas envie de la pousser cette barre””. Lors de la fatidique conférence call avec son équipe technique, le skipper de Sill et Veolia tente bien de se concentrer sur les procédures de sécurité mais l´émotion remonte inexorablement à la surface, incontrôlable. Il faut que ca sorte et c´est normal. “”Quand j´ai vu le truc, j´ai appelé Jean, tout de suite. Je ne lui souhaite pas de malheur mais nous avons les mêmes bateaux, les mêmes quilles. Heureusement, ça à l´air d´aller chez lui””. A l´autre bout du fil, Gaëtan Gouerou et Gaël Le Cléach ainsi qu´Eric Levet, du cabinet d´architecture Marc Lombard tentent de comprendre ce qui se passe : “”L´affaire se dégrade. La fissure horizontale du côté bâbord est maintenant visible à l´avant et à tribord. Sous l´effet des vérins hydrauliques, la fissure crache un jus noir, du carbone. Je ne sais pas où ca va s´arrêter””.

Comment une telle avarie peut-elle se produire : “”Je n´ai rien touché, il n´y a pas eu de choc. Je ne comprend pas””. Compétiteur certes mais avant tout marin, Roland Jourdain fait corps avec son bateau blessé :”” Même si je dois perdre cette saloperie de quille, le bateau ne devrait pas chavirer. J´ai très fortement réduit la voilure et j´ai rempli les ballasts d´eau de mer pour que Sill et Veolia soit bien appuyé. Je n´ai plus qu´à mettre le cap sur la Nouvelle Zélande et regarder mes petits copains partir devant, loin devant. C´est dur, vraiment dur car nous préparons cette course depuis quatre ans avec la victoire pour principal objectif. Nous étions parfaitement dans le match et patatras, le ciel nous tombe sur la tête””.

Du côté des partenaires, on encaisse : “”Nous pensons d´abord à Bilou et à sa sécurité. Hier encore nous étions avec lui par téléphone et il était en pleine forme, concentré sur sa course qu´il sait si bien nous faire vivre. Nous sommes ensemble depuis 1992. Nous avons tout connu, les galères comme les victoires et nous avons toujours fait face. C´est dur car on y croyait dur comme fer mais c´est la vie et elle n´a pas de prix”” déclarait Gilles Falc´hun de la Sill.

(Source : service de Presse Sill)”

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Jean Le Cam a 9,5 milles de Vincent Riou

Bonduelle / Jean Le Cam
Bonduelle / Jean Le Cam

Rapides. Faciles. Directes. Sébastien Josse et son VMI passent ce matin la seconde porte de l’océan Indien, positionnée au sud de la tasmanie. Jojo est, avec Mike Golding, le plus rapide de la flotte avec 412 milles parcourus ces dernières 24 heures (17 nœuds de moyenne !). Il grappille ainsi une dizaine de milles à ses concurrents immédiats et frappe à la porte du podium. L’écart entre Vincent Riou (PRB) et Jean Le Cam (Bonduelle) est tombé à 9,5 milles au classement du matin. Trois facteurs expliquent ce gain considérable par rapport au dernier pointage d’hier soir 20 heures (39,5 milles) ; d’abord, la bonne vitesse du bateau jaune, supérieure à celle de PRB. La convergence des routes suivis par les deux protagonistes de la flotte, Vincent le nordiste en route directe vers la porte, Jean le Sudiste, sur une allure plus lofée. Le mode de calcul des distances au but enfin, et qui s’effectue depuis hier soir 21 heures sur la prochaine porte située dans le Pacifique. Or, à cet instant, seul PRB avait franchi la porte de l’Indien.

Le Club des Cinq poursuit sa rapide progression vers l’Est. La Nouvelle Zélande est à moins de 1 100 milles. Les écarts ont continué de fondre, moins spectaculairement certes, mais on observe, passage de porte oblige, un certain alignement en latitude d’où seul Jean Le Cam émerge. Le skipper de Bonduelle aime les décalages. A peine la porte « marquée », il a réempanné cap Est Sud Est afin de continuer à évoluer une trentaine de milles sous le vent de Vincent Riou. Comme prévu, la dépression fait du surplace en se comblant. Le vent est au Nord, pour 20-25 nœuds. Idéal pour s’offrir une nouvelle journée de glisse.

Dominique Wavre (Temenos) est en approche du Cap Leeuwin. Marc Thiercelin (Pro Form) et Nick Moloney (Skandia) évitent toujours de trop descendre dans le vent fort. La porte sous l’Australie est encore loin et les deux hommes ont de la marge pour manœuvrer. Bruce Schwab (Ocean Planet) a laissé passer sans dommage le gros coup de vent durant la nuit. Son baromètre, tombé à 980 hpa remonte. Mais l’américain est méfiant. Dans l’ouest des îles Saint Paul et Amsterdam, il restera sous toilé quelques heures encore avant de relancer son bateau.

Deux « couples » continuent de partager les mêmes destins en arrière de la flotte ; Cap et vitesse égales pour Anne Liardet (Roxy) et Benoit Parnaudeau (Max Havelaar / Best Western), à 120 milles l’un de l’autre dans l’ouest des Kerguelen. Cap et vitesse égales pour Karen Leibovici (Benefic) et Raphaël Dinelli (Akena Verandas), séparés de 19 petits milles dans le nord de Crozet. Bonne progression et bonne vitesse pour Conrad Humphreys (Hellomoto) qui cravache ferme pour réintégrer le « peloton ». Conrad n’est plus qu’à 160 milles de Karen.

Source : Vendée Globe 2004

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Vendée Globe : Redistribution des cartes

R.Jourdain- Sill et Véolia
R.Jourdain- Sill et Véolia

Alors que les deux leaders continuaient à peiner dans les petits airs , Roland Jourdain profitant toujours d´un bon flux de Nord- Ouest cravachait son 60 pieds Sill Veolia . Celui – ci était le plus véloce de la flotte et hier après- midi , Jourdain était revenu à 118 milles de Vincent Riou détenteur de la pole position depuis le 27 Novembre et à 72 milles de son ami Jean Le Cam. Indéniablement , un match à trois se profile.

Le club des cinq
Dans le sillage d´un Jourdain très offensif , Sébastien Josse et Mike Golding qui bénéficient des mêmes conditions se sont également bien rapprochés du duo de tête. Les chasseurs attendaient avec impatience cette zone de transition entre l´océan Indien et le Pacifique . Depuis 36 heures , le scénario météo leur est favorable. L´effet d´élastique qui a souvent servi les deux leaders profite cette fois aux poursuivants. La prochaine porte placée au Sud de la Tasmanie va voir défiler à un rythme soutenu ces merveilleux fous naviguant sur de drôles de machines. Les cinq premiers se tenaient hier en 247 milles , soit moins d´une journée de mer.
Ce resserrement des positions ne semble pour l´instant pas trop jouer sur les nerfs des deux échappés qui ont mené la danse depuis Sainte Hélène. ” On reprend tout et on recommence , c´est aussi cela à la course à la voile”” confiait un Vincent Riou philosophe à la vacation d´hier. Quand à Jean Le Cam , triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, il a souvent connu ce type de situation dans cette classique estivale. Le roi Jean garde la tête froide et on peut même imaginer qu´au fond , il n´est pas fâché de voir son ami Bilou venir se mêler à ce débat au sommet entre finistériens du centre de Port Laf. “” Le jeu n´en sera que plus ouvert “” soulignait hier le skipper de Bonduelle.

Nouvelle tempête en vue
Derrière , dans le second groupe qu´emmène Dominique Wavre on se remet doucement de la méchante tempête ( vents de 70 noeuds )qui a balayé le terrain de jeu. La dépression se comble sur place mais a laissé des traces. Et ce n´est pas fini. D´autres solitaires s´apprêtent en effet à endurer le pire. La fusion de deux dépressions, va donner naissance à un véritable ouragan sous les Kerguelen. Patrice Carpentier et Joe Seeten sont les premiers concernés dès ce vendredi par la trajectoire de ce phénomène violent. Marc Thiercelin et Nick Moloney , ce dernier tout juste remis de ses émotions, semblent devoir échapper au pire. Décidément , l´Indien n´en finit pas de châtier les concurrents du Vendée.

Gilbert Dréan”

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Saint-Nazaire/Cuba : la première transat solo en Figaro…

Générali Solo 2004
Générali Solo 2004

Vous voilà directeur de course. C’est le marin qui passe de l’autre côté de la barrière ?
Lionel Péan : « Oui incontestablement et c’est une bonne évolution pour les navigateurs comme moi, qui atteignent un âge respectable… (rires). Le Figaro reste un territoire que je connais bien, tout comme le nouveau bateau d’ailleurs. Je pense pouvoir être un bon interlocuteur tant pour les coureurs, que pour les organisateurs ou encore les médias. Je vais vivre cette toute première Saint-Nazaire Cuba de la terre, mais je ne lâche pas complètement la barre puisque je me suis inscrit pour participer à la prochaine Solitaire. »

Cette épreuve unique en son genre, c’est une grande première ?
L.P : « Cette Saint-Nazaire/Cuba, cela fait longtemps que les coureurs en rêvent, qu’ils réclament une épreuve de ce type. D’ailleurs avec le Figaro Bénéteau 2, la classe a fait naître un vrai bateau océanique, suffisamment sain et raisonnable pour pouvoir lancer une telle transatlantique en solitaire. Et il est déjà acquis que celui qui s’imposera à l’issue de cette première édition – au terme d’une régate hauturière exacerbée avec des belligérants survoltés ( on peut faire confiance aux figaristes !) – fera un très beau vainqueur. Et il sera à coup sûr salué comme tel. »

Combien de bateaux attendez-vous au départ ?
L.P. : « Pour des raisons de sécurité et aussi pour répondre à des obligations liées au rapatriement des bateaux en temps et en heure par cargo pour la Générali Solo dont le départ sera donné le 7 juin, nous avons limité le nombre de concurrents à 30. On compte déjà 25 pré-inscrits, dont un certain nombre de vainqueurs de la Solitaire. »

Justement, quels grands noms de la voile attendez vous au départ ?
L.P : « Il y a d’abord Dominic Vittet, le premier à faire acte de candidature haut et fort. Gildas Morvan et tous les principaux activistes de la série seront de la partie.Jeanne Grégoire et Sam Davies nous permettront d’assurer le quota de filles habituées.On espère que l’Australienne Liz Wardley sera là également. Sinon on voit de grands anciens qui tournent autour – à l’image de Philippe Poupon et de Florence Arthaud – avec un réél intérêt non dissimulé. Sinon, même s’il ne m’en a pas parlé directement, j’ai pu lire dans vos colonnes que Loïck Peyron, qui possède un bateau, envisageait de s’inscrire… »

Un système de qualification obligataire est-il prévu pour cette traversée en solitaire ?
L.P. : « La plupart des inscriptions – celles de coureurs qui sont déjà bien connus du comité de sélection pour avoir déjà participé à la Solitaire, à la Transat AG2R ou encore au Trophée BPE (St Nazaire-Dakar)… – seront validées sur dossier. Pour les autres, qui n’ont pas forcément le profil ou qui n’ont pas l’expérience, ils devront s’acquitter d’un parcours de 800 milles en solitaire à exécuter à plus de 5,5 nœuds de moyenne. »

Sur le plan de la sécurité, quel dispositif avez-vous prévu ?
L.P. : « Il n’y aura pas de bateaux accompagnateurs. L’organisateur Match Racing – même s’il dispose d’un budget raisonnable – ne peut pas armer un bateau sécurité et un bateau comité de course pour rallier Cuba. Au-delà de l’armement de sécurité obligatoire et d’Argos, les concurrents seront tenus à un certain nombre de vacations. À la différence de la dernière Transat AG2R, c’est eux qui devront appeler, depuis leur téléphone Iridium. Cela nous permettra aussi d’exploiter des sons enregistrés pour répondre aux exigences médiatiques.»

Le parcours aura quelle physionomie ?
L.P : « Long de 4259 milles, il est très libre. Les concurrents devront laisser l’île de Flores à tribord (la plus occidentale de l’archipel des Açores, ndlr). Ensuite, il y a un passage prévu au sud de Turck Island dans les Bahamas, et ce pour répondre à des questions de sécurité : pour que le flotte ne navigue pas aux abords des côtes haïtiennes, mais privilégient les côtes de Cuba où elle est bienvenue. Il y aura par ailleurs, aux abords des récifs antillais, une bouée virtuelle, la bouée des Bretons, du même nom que le phare qui se situe à côté. Le dernier tronçon entre les cailloux des Bahamas et l’arrivée à Cenfuegos court sur 650 milles, cela signifie que sur les 3609 premier milles, c’est figure libre ! Stratégiquement, cela sera passionnant ! »

Laure Faÿ

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Resserrement en tête du Vendée Globe

Vendée Globe
Vendée Globe

Coriace le Riou. Pas si facile à croquer. Lui que l’on voyait hier «empétolé » dans sa zone de transition et spectateur du retour impérieux
de ses poursuivants. Certes, ceux-ci reviennent fort, à plus de 16 nœuds de moyenne ces dernières 24 heures. Avec une nuance de taille cependant : son dauphin Le Cam ne lui reprend plus rien depuis hier et l’écart entre les deux hommes de tête se stabilise à plus de 50 milles.
Point d’arrêt au stand donc pour PRB. Vincent glisse sûrement vers la porte située sous la Tasmanie par 52 degrés Sud et se recale tranquillement sur la latitude de ses adversaires. La dépression ramène
comme prévu les trois affamés Jourdain-Josse-Golding. Le Club de plus en plus fermé des Cinq se tient en 273 milles. Aux portes de l’océan Pacifique, quel meilleur scénario pour ce Vendée Globe qu’un regroupement aux avants postes ?
« C’est la course et même si je ne
conserve que quelques dizaines de milles d’avance c’est toujours cela de pris ». Vincent le terrible, Vincent le lucide, Vincent qui semble « faire sa course » sans s’émouvoir outre mesure de la concurrence. Et pourtant ils sont bien là, après un demi tour du monde, les prétendants au sacre Sablais. Le Cam en embuscade, Jourdain et son Sill et Veolia surpuissant, l’étonnant Josse, benjamin de la course qui ne lâche rien, jusqu’à l’anglais Golding qui attend son heure. Plus loin derrière, on
s’ébroue après la tempête et on pense à gagner dans le sud. Dominique Wavre (Temenos) est à la porte numéro 2. Expérimenté ; le Suisse a encaissé sans broncher la fureur de l’océan. Plus durement touchés, Jean Pierre Dick (Virbac-Paprec) et Nick Moloney (Skandia) trouvent les ressources pour oublier plaies et bosses et relancer toujours et encore l’aventure de Leur Vendée Globe.
La fusion de deux dépressions sur la zone Kerguelen annonce une nouvelle tempête pour samedi 18 décembre.
De Bruce Schwab (Ocean Planet) au nord, à Benoit Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) au sud, on s’y prépare déjà, un œil sur le baro en chute libre, l’autre sur les fichiers météo. Dans le nord de Crozet, Karen Leibovici (Benefic) et Raphaël Dinelli (Akena Verandas) ne se quittent plus. Peut-être observent ils ensemble le retour de Conrad Humphreys, à 220 milles – et décompte- dans leur ouest.
(Source Vendée Globe)

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