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Parnaudeau à flot !

Class 40 Benoît Parnaudeau Jardin Bio Equitable Nacira
DR

Ca y est ! Le projet de Benoît Parnaudeau, le class 40 Nacira sponsorisé par Jardin bio navigue, se met au point, renavigue, se remet au point …! C’est pour l’instant dans les Pertuis entre les îles autour de La Rochelle que les sorties en mer s’effectuent, et c’est dans le vieux port de La Rochelle que la base technique s’est établie en attendant le départ pour la qualification pour le Rhum. Rhum qui visiblement comptera de nombreux class 40 dans sa prochaine édition.

Le Jardin Bio, au gréement assez reculé comparé à ses petits copains, a logiquement une GV trés allongée avec un avantage donné à la puissance en ayant maximisé de la surface de Solent. La jauge de la class 40 imposant une surface de toile au prés max de 115 m², libre aux architectes et skippers de choisir la répartition GV/Solent. Nous avons beaucoup travaillé sur cette répartition ainsi que sur les surface d’appendices avec Michel Kermarec, aero/hydrodynamicien notoire, qui nous accompagne sur bon nombre de nos projets. Benoît a lui aussi beaucoup participé à la la conceptualisation de son bateau. Que cela soit au niveau du plan de forme, de l’intérieur, et bien entendu du pont Benoît a apporté ses idées, ses visions pour son voilier. Nacira Design s’était aussi entouré d’Olivier Gouard pour la mise en plan générale. Construit en strip planking à l’Ecole Supérieure du Bois pour ceux qui ne le savent pas, ce sloop a navigué pour la 1ere fois il y a quelques semaines dans 30 noeuds de vent… malheureusement le speedo n’était pas encore branché car cette première navigation a été fêtée avec quelques beaux surfs entre Oléron et l’ile de Ré!  Le chantier Marc Pinta (La Rochelle) propose aujourd’hui une réplique de ce proto qui sera exposé au grand pavois.

Le safrans sont escamotables, et Benoît ayant également un programme de balade, nous avons intégré un système de quille relevable qui n’a pas encore été mis au point point. Mais l’objectif principal aujourd’hui étant la route du Rhum, les vérins et tuti quanti seront intégrés après cette course mythique. Celle-ci approche à grand pas alors souhaitons bon vent à Benoît, navigateur engagé au long cours, et sa compagne Anne Mai (qui derrière lui s’est occupé de structurer le projet médiatiquement et administrativement et tout ce qui va avec). A l’heure d’écrire ces quelques lignes un autre proto NACIRA, le Soitec de Fabien Despres (qui a fait une belle 3eme place à la première étape de la course les Sables-Les Acores-Les Sables) fait partie de ceux qui avaient parié pour la deuxième étape sur une option Sud. Un choix bien moins avantageux que la louche au-dessus de l’anticyclone ! Mais il ne lâche pas le morceau, puisqu’il semble réussir à s’accrocher à sa huitième position à 260 miles de l’arrivée, avec au dernier pointage la meilleure vitesse sur 60 partants. NACIRA a aujourd’hui un 47 pieds de course/croisière high tech en construction au chantier naval Artech, et en projet de construction un day sailor rapide de 30 pieds accompagné de plus en plus de demandes d’avant projets… avec du coup en ligne de mire l’agrandissement de sa famille, en embauchant une nouvelle recrue qui sort d’un grand cabinet d’architectes navals français. Bref, c’est la rentrée l’heure d’acheter et affûter de nouveaux crayons de couleurs !

Axel de Beaufort
 

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Sensations garanties pour la dernière étape

brit air 2006
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Figures libres en perspective
C’est la dernière. Ultime occasion de briller pour les déçus de cette Solitaire Afflelou Le Figaro, ceux dont les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances. Ils n’ont plus grand chose à perdre, pas d’autres choix que d’attaquer. Ils vont en avoir l’occasion. Le menu météorologique pour les 24 premières heures de course est épicé et va leur permettre d’exprimer leur habileté de descendeurs, au moins pendant les premiers 250 milles de course. Ce sera du spi, au largue puis au vent arrière, avec 20 à 25 d’ouest-nord-ouest dans une houle de 2 à 3 mètres. Sensations garanties à chaque empannage, susceptible de se transformer en figure libre. Concentration nécessaire pour cette partie de tactique au portant. Heures de barre obligatoires pour maintenir la cadence et l’équilibre du bateau. Heures de sommeil en souffrance, et l’avarie, le problème technique, à éviter à tout prix. Le risque de déchirer son grand spi et la perspective démoralisante de finir avec le lourd dans les petits airs prévus à l’approche des côtes françaises font partie du jeu.
 
Attaquer pour espérer briller
Les 24 premières heures de course seront donc rapides (autour de 10 nœuds de moyenne) et délicates, avec deux passages un peu chauds au Fastnet et aux Scilly – à laisser à tribord- dans une mer probablement difficile. Les fanas de la brise et les marins les plus expérimentés feront certainement la différence en conduite et en résistance. «Yann Eliès, Armel Le Cléac’h, Gildas Morvan, Eric Drouglazet sont plutôt bons dans ces conditions » admet Charles Caudrelier (Bostik), pas mécontent non plus du programme. Charles fait partie de ceux qui, selon ses propres termes, sont « libérés » pour tenter quelque chose. « Un homme qui n’a rien à perdre est toujours un homme dangereux » devise Corentin Douguet (E.Leclerc-Bouygues Telecom) qui s’inclue au passage dans cette catégorie. « Je suis 31e à 3 heures du premier bizuth, je vais tout faire pour briller sans cette étape. »
Ils sont nombreux à prétendre à cet ultime accessit avant que le rideau ne tombe sur cette 37e édition.
 
Conserver sa place sur le podium
Les écarts vertigineux de la 2e étape ont pratiquement fermé l’accès au podium du classement général. Ses actuels occupants, dans l’ordre Nicolas Troussel (Financo), Thierry Chabagny (Littoral) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) feront tout pour y rester, avec en fond des risques et des enjeux différents pour chacun d’eux.
Pour Thierry Chabagny, Nicolas Troussel est l’homme à battre et pour Nicolas Troussel, Thierry Chabagny est l’homme à surveiller. Les deux adversaires et amis sont à 1h31 l’un de l’autre. Le skipper de Financo annonce la couleur : « Les concurrents, je ne m’en préoccupe pas. Le seul que je vais surveiller, c’est Thierry Chabagny. Ce sera du marquage, quand Thierry sera quelque part, je ne serais pas loin, du moins j’espère. » Son rival affichait davantage de décontraction : « Le classement général, je verrais ça dans le chenal de Concarneau… enfin c’est peut-être plus facile à dire qu’à faire » Quant à la troisième place d’Armel Le Cléac’h, elle est convoitée par au moins deux concurrents dont le retard est d’environ 1 heure. Le vainqueur de l’édition 2003 devra surveiller dans son rétroviseur.
Gérald Veniard (Scutum) en pleine spirale vertueuse et Yann Eliès (Groupe Generali assurances) qui a faim de résultat pour sa dernière apparition dans La Solitaire avant longtemps.
 
Ouessant : une occasion de bouleverser la donne ?
Les opportunités de creuser des écarts ne seront pas légion dans cette étape, mais elles existent bien,  notamment à l’approche des côtes françaises. C’est la deuxième grande phase de la course et peut-être le tournant de cette quatrième étape. Après avoir avalé les milles au portant vendredi et samedi, les 44 concurrents, qui devraient se trouver à proximité de la bouée Racon Ouessant dimanche au petit matin, vont alors buter dans une zone de transition constituée de vent faible et variable.
Ils continueront à plonger vers le sud avant de faire le tour de l’île de Groix (à laisser à bâbord) pour un finish probable au louvoyage avec toutes les difficultés inhérentes à la navigation côtière. Cette dernière portion de 120 milles (entre Ouessant et Concarneau) pourrait donc réserver quelques surprises.
Les marins ont eu droit à quatre jours de récupération à Dingle pour se préparer à ce dernier affrontement.
 
Les échos des pontons
 
Nicolas Troussel (Financo, 1er) : « je vais rester proche de Thierry Chabagny »
« J’ai hâte de partir et envie d’arriver le plus vite possible. Je vais essayer de rester assez proche de Thierry (Chabagny), de ne pas créer de décalage. Je ne vais pas jouer pas la victoire d’étape. Comme les conditions seront sportives, on essaye de bien préparer le bateau, vérifier la visserie, le mât, les aériens… Il y aura des manœuvres à faire sous spi et il faudra éviter de se mettre en vrac. Ca va aller vite, on n’aura pas trop le temps de réfléchir, on sera au taquet, beaucoup à la barre.»
 
Thierry Chabagny (Littoral, 2e) : « tenter de faire abstraction du général »
« Sur cette 4e étape, il va falloir faire preuve de lucidité. On part dans du vent soutenu et portant au moins jusqu’aux Scilly et je doute qu’il puisse y avoir de gros écarts sur cette première partie du parcours. En revanche, ça peut mollir dès Ouessant et la remontée après Groix peut être bien plus tendue aussi. Il faudra aller vite. En ce qui me concerne, je vais m’efforcer de faire la meilleure course possible, en faisant abstraction du classement général. Je ne vais pas chercher à marquer Armel (Le Cléac’h) ou à attaquer Nico (Troussel) comme un fou… et que toute la flotte en profite pour passer. »
 
Gérald Veniard (Scutum, 4e) : « finir proprement »
« Je ne me projette pas sur le podium. Je veux finir la course proprement mon objectif est toujours le même : finir dans les 10 premiers. J’ai un peu d’appréhension car sur cette étape, il va y avoir du vent très fort, on n’est pas à l’abri de casser quelque chose, donc je ne veux pas prendre de risques inconsidérés. Le truc qui m’inquiète c’est un passage de front qui peut créer des écarts énormes, comme l’an dernier à l’occidentale de Sein, où en l’espace d’une nuit, certains ont pris 30 milles.
On sait qu’il faut être dans le coup d’entrée de jeu pour ne pas risquer ce phénomène d’accordéon… mais en même temps je ne vais pas attaquer comme un fou au risque de me faire mal et de faire mal au bateau. Je vais rester conservateur, je ne vais pas changer ma façon de faire. »
 
Charles Caudrelier (Bostik, 7e) : « Je suis un peu déçu de mon Figaro, j’ai envie de me racheter, de gagner cette étape, c’est important pour le moral. Je n’ai pas grand chose à perdre au classement général.  Les gens vont attaquer, porter le spi haut. Le tout sera de ne pas éclater le grand spi. Certains coureurs sont bons dans ces conditions : Yann Eliès, Armel Le Cléac’h, Gildas Morvan, Eric Drouglazet… De mon côté, j’aime bien ces situations et je suis libéré pour attaquer. »
 
Jeanne Grégoire (Banque Populaire, 12e) : « les compteurs sont remis à zéro »
« Je me dis que chaque étape succède à une autre. Les compteurs sont remis à zéro et c’est pareil pour moi. Ca va être assez musclé au portant, mais ce qui est bien c’est qu’on rentre à la maison. J’ai appris des choses sur l’étape précédente. Je ne suis pas assez bonne en marquage des adversaires à 80 milles de l’arrivée. Donc, il ne faut pas que je perde ma lucidité sur la fin. Mon rêve serait d’arriver à Concarneau un après-midi avec du thermique pour pouvoir rentrer sous spi dans le chenal avec le public et mes amis autour… mais ce ne sera peut-être pas le cas ! »

Source: La Solitaire Afflelou Le Figaro

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Faites vos jeux…

Isabelle Joschke
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Qui d’Isabelle Joschke, nouvelle meneuse de jeu, de David Sineau, de François Salabert, d’Andraz Mihelin, de Peter Laureyssens, d’Adrien Hardy ou de Gerard Marin va émerger le premier à l’horizon, au large du phare des Barges, vendredi ? Après-midi, soirée ou nuit de vendredi à samedi ? Difficile de l’annoncer aussi parce que sur l’eau, au milieu du golfe de Gascogne, les Minis avancent à plus de neuf nœuds, puis s’arrêtent à moins de trois nœuds, pour repartir à cinq nœuds… alors que ces sept solitaires sont groupés à moins de trente milles les uns des autres. Certains mêmes naviguent à vue, après plus de 1 000 milles de course ! Car la nuit n’a pas été de tout repos avec le passage d’un front froid : du vent devant, pas de vent derrière.
 
Un exemple : à 21h TU mercredi, Adrien Hardy (Brossard) progressait à plus de dix nœuds de moyenne ; à 9h TU jeudi, le jeune skipper avançait à 3 nœuds, à 13h TU à plus de 11 nœuds, et à 15h TU à 7 nœuds ! Et la situation est assez semblable pour ses concurrents plus au Sud. Calé depuis la sortie des Açores il y a huit jours, sur la route directe, la franco-allemande Isabelle Joschke (Degrémont) en a profité pour prendre le commandement d’une légion… étrangère : le Belge Peter Laureyssens (Ecover) est revenu très fort, le Solvène Andraz Mihelin (Adria Mobil Too) est dans ses basques, l’Espagnol Gerard Marin (Escar l’escala-CN Llanca) est toujours en embuscade, sans compter les trois Français David Sineau (Bretagne Lapins) longtemps leader, François Salabert (Aréas Assurances) et Adrien Hardy.
 
Arrivée pluvieuse, arrivée heureuse
 
Et tout peut être redistribué avec l’arrivée d’une perturbation prévue pour la nuit de jeudi à vendredi : elle va amener une bonne brise de Sud-Ouest et… de la pluie sous le front chaud. Mais cela ne va pas durer puisque le vent va de nouveau basculer à l’Ouest et au passage du front froid, au Nord Ouest. Bruine, puis averses, puis grains, rafales, molles, rotations du vent : le cocktail va être très sollicitant pour les solitaires après plus de huit jours de course !
Il faudra être très réactif cette nuit avec une visibilité réduite et pas de lune, ce qui ne facilite pas les manœuvres. Il ne faudra pas casser. Il ne faudra pas rater un nuage. Il faudra surveiller la route. Il faudra veiller les bateaux de pêche. Il faudra garder les yeux ouverts. Il ne faudra pas oublier de s’alimenter et de boire. Il faudra rester lucide. Bref, quand la  pression de six autres concurrents, dont la position sur l’échiquier est loin d’être certaine, monte à son paroxysme, pas aisé de rester quiet, zen, décontracté mais concentré !
 
Et si le rythme va brutalement s’emballer en tête de la flotte, les choses vont aussi changer pour le peloton : la nuit dernière, les retardataires se sont même fait secouer violemment par un brusque coup de vent au passage d’un front froid. Des rafales à plus de 40 nœuds, obligeant à prendre une route au Nord Est pour certains, en fuite… Et un peu de casse à réparer. Le Britannique Andrew Wood (domofosa.com) est toujours handicapé par une barre de flèche cassée et navigue sous génois et grand-voile arrisée. Bertrand Castelnérac (Alan France) a son bout dehors cassé : il a mis en place d’une solution de secours qui a de nouveau rompue… Fabien Sellier (Surfrider Foundation) a éclaté son spi de capelage, et endommagé son bout dehors. Stéphan Bonvin (Marcel for Ever) connaît des problèmes de transmission de barre et son étambrai est fragilisé. Jean-Marie Vidal (Jason) a cassé sa drisse de spi de capelage et ne peut donc plus envoyer de spi de brise, ni de gennaker. Karen Leibovici (Tam Tam) a cassé son bout dehors et Romain Vidal (Bingo) a déchiré son petit spinnaker. Dominique Barthel (Yamm) continue quant à lui sa route avec un seul safran, direction Les Sables d’Olonne. Et Sébastien Picault (Groupe Royer) progresse tant bien que mal sans pilote automatique… Bref, après les calmes redoutables, voici les vents violents !
 
Mais tout devrait rentrer dans l’ordre ce vendredi : un flux de Nord Ouest d’une vingtaine de nœuds va permettre de progresser rapidement vers les Sables d’Olonne et plus de la moitié de la flotte devrait être au port avant la « fièvre du samedi soir »… En tout cas, Gerard Marin, l’Espagnol qui a changé la face de la course avec son option radicale, courageuse et solitaire au Nord juste après les Açores, est quasiment assuré de la victoire dans la catégorie des voiliers de série, tant pour l’étape que pour le classement général. Pour les autres, la hiérarchie aux Sables d’Olonne aura de sérieuses répercussions sur le classement cumulé sur les deux étapes.
 

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Paroles de solitaires

La solitaire 2006
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Yann Eliès (Generali) : « Ce matin j’étais bien placé. Je suis passé 4ème ou 5ème au phare du Fastnet et je grappillais progressivement des places. On ne voyait personne derrière nous même aux jumelles… et ce soir ils nous passent devant sur la ligne d’arrivée ! Quand on se dépense autant, que l’on donne autant pour si peu de résultat, c’est décevant. Nous avons eu des moments durs où l’on se demandait ce que l’on faisait là. Trois jours de près dans 17 à 24 nœuds de vent, c’est incroyable comme cela peut être dur ! Mais cela fait du bien de se battre et de se dépasser. J’ai fait trois ou quatre changements de voiles, mais je suis rodé et bien organisé ! A l’entrée de la baie j’ai été obligé de mouiller l’ancre par 60 mètres de fond car je reculais. Dix minutes plus tard le vent revenait et il fallait la remonter ! »

Pietro d’Ali (Nanni Diesel) : « je commets une petite erreur au départ, où je prends un peu de retard. Mais je reviens bien la première nuit et la deuxième, où j’étais très proche des 10 premiers. J’ai joué un peu au milieu au Fastnet, car il n’y avait pas de vent à la côte. Ensuite, la troisième nuit a été étrange, la météo ne correspondait pas à ce qui était prévu, et puis le vent est complètement tombé deux fois, il y avait de la brume très épaisse, on ne voyait strictement rien, et ce fut ce final incroyable où n’importe quel bateau aurait pu gagner. »

Kito de Pavant (Groupe Bel) : « J’ai le dos en compote ! Cette étape était éprouvante avec beaucoup de près et de la mer. J’ai un sentiment un peu « amer » si l’on regarde le résultat brut même si en temps les écarts sont très faibles. Malgré un départ moyen, j’étais revenu dans le groupe de tête. On s’était bien décroché de la flotte pour se retrouver bloqués à 20 milles de l’arrivée. Tout le monde est revenu par l’arrière et franchement j’ai cru rêver en voyant les feux des bateaux se presser sur la ligne. C’était plus serré qu’au départ ! Après le mal que l’on s’est donné pour arriver jusqu’ici c’est frustrant. »

Damien Seguin (AltéAd – Région Pays de la Loire) : « Depuis le début de cette course, il y a beaucoup de choses qui m’ont plu et qui m’ont rassuré. J’ai trouvé le bon rythme dans une troisième étape pas facile. Je suis allé vite 24 heures sur 24 et ce genre de comportement me met en confiance. J’ai réussi à bien faire marcher le bateau, même la nuit j’arrivai à passer du monde. Je suis content parce que je suis dans le rythme et que j’ai accroché tout le temps. Tactiquement j’ai voulu faire un coup et je m’y suis tenu. Je suis content de l’avoir fait. Les parcours proposés sur cette course méritent à chaque fois réflexion et je trouve qu’il y a peu de prise d’initiative. Je suis heureux d’avoir fait partie de ceux qui ont osé."

Gildas Morvan (Cercle Vert) : "Les filles ont fait un très beau match. Liz a eu une très belle trajectoire et Jeanne a super bien navigué. Elles travaillent toutes les deux beaucoup et ont un très bon rythme. Ca ne m’étonne pas de les voir arriver là. La première étape m’a souri et je l’emporte après la pénalité dont écope Gérald Véniard. Sur la deuxième nous avons pris un véritable coup de massue et tous les rêves sont tombés à l’eau ; un peu comme si on te montre tes cadeaux de Noël et qu’on te dit que finalement il n’y aura pas de Noël cette année ! La troisième étape est bien partie et elle fini en mistoufle à l’arrivée. C’était un jeu de dés et je ne suis pas le meilleur au casino. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui je suis onzième au classement général et il y a encore moyen de gagner des places en navigant bien. Ce n’est pas fini ! » 

Charles Caudrelier (Bostik) : "J’ai été beaucoup trop passif dans mes choix tactiques alors que j’avais de bonnes sensations. J’étais suiveur au lieu d’être leader et, pour ça, je m’en veux beaucoup. Pendant ce temps, Jeanne Grégoire s’est comportée en véritable chef. J’aurai vraiment aimé qu’elle l’emporte car elle le méritait largement. Je crois que c’est la première fois qu’une femme fait état d’une telle supériorité dans des conditions vraiment dures. Chapeau !!!"

Marc Emig (AST Groupe, 5ème) : « Ce résultat arrive à point nommé. Cela me rassure nettement après la déconvenue que j’ai connu lors de la 2e étape. Depuis St-Gilles, je me suis assez longtemps retrouvé en milieu de flotte. Dans les derniers milles, à la faveur d’un coup de vent au large des côtes Irlandaises, je me suis retrouvé aux avants postes avec quelques autres et j’ai même été leader. A 10 milles de l’arrivée j’étais second et au final je coupe la ligne 5e. C’était vraiment la loterie… mais quand on se retrouve à batailler pour la gagne à quelques milles de l’arrivée on est forcément un peu déçu de ne pas l’emporter mais je suis très content de ma performance, ma meilleure sur la Solitaire. »

Jeff Pellet (Lubexcel) : « J’ai toujours voulu partir à gauche de la flotte. Sur les fichiers météo, le vent devait forcir en venant du large et c’était juste (…) avant le Fastnet, nous avons reçu un nouveau bulletin annonçant une bascule au Nord-Est. J’ai alors laissé glisser le bateau vers la droite et j’a recroisé devant les autres. Avec du recul, en continuant dans l’Ouest une heure de plus, j’aurais presque pu prendre la tête. Lâcher une flotte de figaristes est toujours risqué, si ça passe, c’est le jackpot mais tu peux aussi aller au « carton ». Là, je n’ai pas douté. »

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Le grand échiquier

David Sineau Proto 348 Bretagne lapins
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Euclide nous l’a affirmé dans ses Eléments au 3ème siècle avant JC, dans son quatrième postulat : « par deux points ne passe qu’une seule droite ». Mais depuis, la géométrie elliptique a infirmé cette définition en observant que sur une sphère, le plus court chemin est une courbe. Une courbe dénommée « orthodromie » ou « route directe » et qui sert de référence pour calculer la distance d’un parcours océanique. Pour la course Les Sables-Les Açores-Les Sables, la deuxième étape entre Horta et le port vendéen est de 1 270 milles. Mais sur l’eau, la ligne droite (ou courbe) est une abstraction, une vision onirique, une définition conceptuelle : d’abord, l’océan est loin d’être lisse comme une boule de billard. Ensuite, un navire même à moteur ne progresse qu’en lacets à cause des vagues. Enfin, un voilier est propulsé par le vent et ne peut donc pas naviguer face à lui : il doit tirer des bords. Et en sus, la brise d’un jour n’est pas celle du lendemain, ce qui complique encore l’affaire, puisqu’il faut aller chercher des vents parfois bien loin de la route directe pour avancer  plus vite…
 
Mathématiques maritimes
Dans cet « ensemble flou », la probabilité que la trajectoire définie par un routeur (spécialiste météo qui intègre les prévisions à court et moyen terme, et fait tourner un logiciel informatique pour tracer une voie optimale) soit juste sur huit jours de course océanique, est pratiquement nulle, sauf si les données sont perpétuellement remises à jour. Ce n’est pas le cas pour les Minis qui n’ont pas la possibilité de contacter la terre, donc d’affiner leur option plusieurs fois par jour. Partis de Horta il y a une semaine avec un routage bloqué, les solitaires ont vite compris au bout de deux jours, que la situation sur l’eau n’avait plus rien à voir avec la simulation virtuelle.
 
Alors certains ont construit leur stratégie dès le départ comme l’Espagnol Gerard Marin (Escar l’escala-CN Llanca) au Nord ou Hervé Piveteau (Jules) au Sud, d’autres ont suivi à la lettre leur routage et : Boum ! En plein dans l’anticyclone des Açores… Plombés par les calmes (le gros de la flotte). D’autres encore ont suivi leur instinct en privilégiant la route la plus directe tel David Sineau (Bretagne Lapins) ou Isabelle Joschke (Degrémont), d’autres enfin ont changé leur fusil d’épaule en cours de course comme Adrien Hardy (Brossard) ou Olivier Cusin (NégaWatt) en se recalant vers le Nord.
 
A moins de deux jours de l’arrivée aux Sables d’Olonne, la course a donc pris un autre visage : celui de quatre prétendants à la victoire (Sineau, Joschke, Marin, Hardy) avec trois outsiders qui peuvent encore s’intercaler (Laureyssens, Salabert, Mihelin). Près des côtes espagnoles, David Sineau, voit son avance décroître au fil des heures : propulsé par une petite brise de secteur Nord-Ouest huit nœuds, il va se planter dans un faible flux portant de moins de cinq nœuds jusqu’à jeudi matin. Une dure nuit pleine de doutes s’annonce pour le premier, leader depuis quatre jours, qui peine à atteindre quatre nœuds de vitesse et va voir son compteur encore descendre au coucher du soleil. S’il ne réagit pas en remontant vers le Nord (et en s’écartant des côtes et donc de la route directe), il devrait être en ballottage dans 24 heures à peine !
 
Au large, au milieu du golfe de Gascogne, Gerard Marin continue son grignotage de rongeur pour avaler le « Lapin breton »… Cinquième au scratch (et largement premier en voilier de série), l’Espagnol semble bien connaître les pièges hispaniques : il navigue sur le 45° Nord, soit à plus de 120 milles des côtes, et ne cesse d’accélérer avec l’arrivée d’un front froid générant plus de quinze nœuds de vent, puis vingt, enfin vingt-cinq nœuds jeudi. Avec une vitesse moyenne supérieure à huit nœuds ce mercredi après-midi, il gagne des dizaines de milles par jour depuis son virage à droite où il concédait alors plus de 225 milles au premier ! Quatre jours plus tard, il n’est plus qu’à une cinquantaine de milles du leader… Et derrière l’Ibère, le jeune Adrien Hardy met du charbon : le vainqueur de la première étape a eu le courage de rompre le contact il y a deux jours pour partir au Nord et croiser derrière Gerard Marin. Et avec le vent qui rentre, il navigue à près de dix nœuds et revient comme une balle…
 
Putter sur le golfe
Enfin, sur une route intermédiaire, Isabelle Joschke (Degrémont) peut arriver à éviter les molles espagnoles et à toucher rapidement la brise nouvelle. Mais elle devra aussi se méfier d’un retour de François Salabert (Aréas Assurances) peu éloigné de son tableau arrière, de Peter Laureyssens (Ecover) calé nettement plus au Sud dans la roue du leader, et d’Andraz Mihelin (Adria Mobil Too) qui allonge la foulée ces dernières heures. Et comme par hasard (sic !), cinq d’entre eux (Hardy, Mihelin, Sineau, Joschke, Salabert) terminaient dans les six premiers aux Açores, avec moins de quatre heures d’écart à Horta à l’issue de la première manche. Donc non seulement la victoire d’étape se joue en ce moment sur le terrain du golfe… de Gascogne, mais en sus, le classement général parmi les prototypes est voué à vaciller ! Le putt ultime pour le dernier trou pourrait permettre d’empocher le trophée.
Finalement, par deux points, il passe un nombre infini de courbes, de sinusoïdes, de paraboles, d’hyperboles, d’ellipses, de conchoïdes, de serpentines, de spirales, de trochoïdes… La voie euclidienne optimale est loin d’être mise en équation !
 

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Véniard s´impose à Dingle

Gérald Véniard (Scotum) en tête de la Solitaire Afflelou Le Figaro
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Quatre minutes après l’arrivée du vainqueur, les bateaux se sont succédés très rapidement sur la ligne. Eric Drouglazet (PIXmania.com) et le bizuth Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) complètent le podium, suivis de Laurent Pellecuer (Cliptol Sport), Marc Emig (A.ST Groupe), Jeanne Grégoire (Banque Populaire), Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs), Yann Eliès (Groupe Generali assurances), Liz Wardley (Sojasun)… Les 33 premiers concurrents sont arrivés en l’espace de 24 minutes : du jamais vu après presque 500 milles de course.
 
Gérald Veniard gagne cette étape au terme d’un finish incroyable où les positions ont totalement basculé dans les cinq dernières heures de course. La pétole qui s’est installée dans l’après midi, ralentissant les anciens leaders, a donné l’opportunité à un groupe de poursuivants de revenir au contact grâce à un décalage au large. Déboulant sous spi avec un vent de 10 nœuds alors que les premiers étaient arrêtés, ils ont inversé la tendance et pris les commandes de la course. Scutum faisait partie de ceux là. Il s’est imposé à quelques centaines de mètres la ligne… d’un souffle. Gérald Veniard, sacré vainqueur de la première manche à Santander avait été rétrogradé suite à ses 24 minutes de pénalités octroyée sur une question de poids embarqué. Le Rochelais prend ici une belle revanche sur le sort !
 
Source Solitaire Afflelou Le Figaro

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C´est passé si près…

Jeanne Grégoire
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Sous une pluie fine, à 00h36 cette nuit, c’est Gérald Veniard sur Scutum, qui, à la surprise générale, a franchi la ligne en premier après 83 heures et 36 minutes de course. Derrière, lui, les arrivées se sont succédées à un rythme effreiné : 9 bateaux dans les 5 minutes, 27 bateaux dans les 15 minutes et un classement final totalement chamboulé.  Six heures avant l’arrivée le vainqueur de l’étape pointait à la 19ème place, et le second, Eric Drougazet à la 25ème !
Jeanne Grégoire a franchi la ligne 4 minutes et 18 secondes après Gérald Véniard, son ami et coéquipier de  la Transat AG2R (qu’ils ont terminée à la troisième place). Déçue mais bonne joueuse et animée par sa "positive attitude" habituelle, la navigatrice analysait sa course dès sa descente sur le ponton :

Jeanne Grégoire à son arrivée : « Je savais que ça pouvait finir comme ça. Il y a trois ans, avant l’arrivée à Dingle, j’avais 100 milles de retard, puis sur la fin, je suis remontée sur la tête de  la course. Cette année, à la fin, j’ai fais ce que j’ai pu. Je suis en tête jusqu’à 10 milles de l’arrivée et puis … rien. Cette arrivée groupée, à 30 bateaux sur la ligne, c’était top… sauf pour moi ! J’aurais aimé être sur le podium pour avoir un bon souvenir car c’est pas cher payé. Mais c’est le Figaro. C’est  la voile. Tu fais 480 milles de course devant et puis le vent tombe.

Dans la pétole, cet après midi, je me suis mise au mouillage (57 mètres) dans une anse pour éviter de reculer avec le courant contraire. Le vent est rentré sur l’arrière de la flotte et j’ai vu les derniers décoller et passer au large… Mais je pense que ce n’est pas fréquent que quelqu’un mène une étape du début à  la fin. Je peux être fière de ce que j’ai fait.  Je n’ai pas changé de voile d’avant du début à  la fin. Quand cela devenait trop dur, je prenais un ris. J’ai mené le bateau au maximum de son potentiel. Simoné, mon préparateur avais un super boulot, je savais que je pouvais tirer sur le bateau pour le faire aller vite. Je lui parlé tout le temps, surtout dans  la pétole. Je l’encourageais pour qu’il décolle.

Quand tu es devant, c’est toi qui donnes le tempo, c’est agréable et quand les autres attendent que tu vires pour virer, c’est que tu as marqué des points. Plusieurs marins sont venus me féliciter après l’arrivée. Ils m’ont dit que l’étape, c’était moi qui l’avais gagnée. Ca fait plaisir. Je me suis fait plaisir, je ressors hyper enrichie de cette étape. C’est la plus belle course que j’ai jamais faite.  Rien n’est jamais joué sur une course de figaro et Jeanne sait maintenant mieux que quiconque de quoi l’on parle. Elle aurait pu être la seconde femme à remporter une étape de la Solitaire depuis l’Anglaise Clare Francis en 1975, même si elle est comme les autres skippers et aime à répéter qu’elle se bat à armes égales pour un classement général et non un classement en catégorie féminine ! Elle a beaucoup de cran « Jeannette » comme la surnomme nombre de ses amis et elle a beaucoup mûri depuis sa première participation à la Solitaire, il y a cinq ans.

Avant le départ à Cherbourg, elle confiait avec une incroyable lucidité : " quand je suis arrivée sur les pontons, pour mon premier figaro, j’étais euphorique, cela me fait bizarre d’en être là aujourd’hui mais c’est tellement bon ! je me sens plus autonome, je ne suis plus une bizuth, ni au stade de la découverte. Je suis sereine car le travail accompli et la patience, notamment par rapport à la recherche de sponsors, semblent aujourd’hui payer. Je sais aussi qu’il faut sans cesse travailler et insister sur les analyses de course pour aller au plus haut niveau et y rester. C’est pourquoi, quand je suis en course, je note tout sur tout : les manoeuvres, la stratégie, mon attitude, le sommeil, la façon dont je me nourris, le physique, le mental etc… cela me permet de mieux débriefer ensuite et de savoir sur quels points je dois perséverer ".

Jeanne, qui rêve de Vendée Globe et de navigation sur d’autres supports, ne se lasse pas, travailleuse et persévérante elle sait que la performance accomplie sur cette étape n’est que le fruit d’un dur labeur : "j’ai bien préparé les étapes et la stratégie je suis heureuse de voir que ça paye, je sais que je peux gagner une étape et ça, ça vaut de l’or !"

Source Banque Populaire

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La grande redistribution

Départt St Gilles Croix de Vie Etape 3 Solitaire du Figaro 2006 Pellecuer
DR

L’Etape 2 avait été exceptionnelle par l’ampleur des écarts, la troisième également mais pour des raisons inverses. Après 479 milles de course, 30 minutes seulement séparent les 35 premiers bateaux à l’arrivée de Dingle…un autre monde comparé aux 15h00 enregistrées à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Un autre monde mais qui appartient au même univers, celui de la course à la voile où chacun sait, les coureurs les premiers, que tous les coups sont possibles, même les plus tordus. Tout a basculé au cours des 5 dernières heures de course, et basculé encore dans la baie de Dingle, un long couloir d’une quinzaine de milles réputé pour ses effets surprise dans les petits airs. A minuit, à quelques minutes de finish, c’est le glacis, une myriade de feux blancs verts et rouges tapissent la baie de Dingle, un spectacle féerique quoique stressant pour ses principaux protagonistes. A ce stade, une dizaine de marins au moins peuvent prétendre à la victoire. Finalement, un bateau se détache lentement de la meute. C’est Scutum dont on ne connaîtra l’identité qu’à 50 mètres de la ligne d’arrivée. Il est suivi quatre minutes plus tard par Eric Drouglazet (PIXmania.com), talonné par le bizuth Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) qui n’en revenait toujours pas.
 
Gérald Veniard : un hold up pas si étonnant
Une victoire surprise, mais qui n’est si surprenante au vu des performances du Rochelais depuis le début de cette 37e édition. Premier à Santander (mais rétrogradé en seconde position suite à une pénalité de 24 minutes), quatrième à Saint-Gilles-Croix-de-Vie et vainqueur à Dingle, Gérald Veniard est le plus constant des 44 engagés. Une régularité récompensée par une quatrième place au classement général provisoire, à moins d’une heure du troisième Armel Le Cléac’h (Brit Air)… une place sur le podium lui est toujours accessible. « Ca fait du bien cette victoire ! Je la prends comme une revanche et je la dédie à mon préparateur, Corentin Chenais, qui s’était fait beaucoup de souci avec cette histoire (la pénalité de 24 minutes, ndr). Je ne m’attendais pas à gagner ! Quand j’ai vu tous les feux juste derrière moi, je me suis dit houlala, c’est chaud ! Mais bon je me suis bien positionné. J’étais concentré, je ne me suis pas énervé, j’ai joué un petit coup et ça a souri. Tout s’est joué à 200 mètres de la ligne, mais c’est un véritable hold-up alors que tout un groupe emmené par Jeanne Grégoire (Banque Populaire) a mené la course. »
 
Jeanne Grégoire, la femme de cette 3e étape
Combien de vainqueurs potentiels ont-ils été évoqués entre les côtes vendéennes et irlandaises, depuis celui de Laurent Pellecuer (Cliptol Sport), premier au passage de la bouée Radio France ?
Ceux d’Armel Le Cléac’h en tête le soir du départ, d’Erwan Israël (Delta Dore), le bizuth qui prend les commandes dans la journée du 20, de Liz Wardley (Sojasun), qui réussit un retour fulgurant le dernier jour grâce à son option au large. Qui d’autre encore ? Gildas Mahé, Corentin Douguet (E.Leclerc-Bouygues Telecom, Nicolas Bérenger (Koné Ascenceurs) classés et cités en tête dans les dernières minutes de course, mais aussi et surtout celui de Jeanne Grégoire qui a mené la danse dès le passage de la bouée Racon Ouessant, pratiquement jusqu’à la fin. Pendant toute cette étape, Le skipper de Banque Populaire a marqué les esprits. Ses adversaires lui ont unanimement rendu hommage une fois posé le pied à terre. Pour Jeanne, impériale dans sa gestion de la course et dans sa navigation, tout s’est joué le 21 août à la mi-journée. Après un regroupement de la flotte au passage du Fastnet à l’aube du même jour, La navigatrice, déjà poursuivie par Liz Wardley, craignait pour sa place de leader : « J’ai les boules. Tout s’est super bien passé jusqu’ici et ça risque de se termine en eau de boudin. C’est Nicolas Troussel (Financo), parti   au large, qui me fait le plus peur… » commentait-elle à la vacation de 13h30.  Quelques heures plus tard, ces deux là se retrouvaient au mouillage sous les côtes sud de l’Irlande, à 20 milles de l’arrivée. La menace n’est donc pas venue de Troussel, l’homme qui domine le classement général, mais d’un groupe de skippers opportunistes, revenus de l’arrière du classement. Voyant la pétole s’installer à terre, Corentin Douguet, Samantha Davies (Roxy), Gérald Veniard, Nicolas Berenger, Gildas Mahé et Marc Emig (A.ST Groupe) se décalent au large et touchent un vent frais de 10 nœuds leur permettant de débouler sous spi et de revenir à hauteur des bateaux de tête. La plupart d’entre eux finiront dans le top 10, certains seront les victimes de la baie de Dingle.
  
Trois jours et demi d’efforts jugés en quelques heures
Ce sont donc 479 milles de course, dont plus de 36 heures de près dans la brise et la mer formée, de nuits froides à lutter contre la fatigue, à surveiller les variations d’un vent souvent instable, à changer de voiles, manœuvrer, barrer pour faire avancer le bateau, qui se sont joués en quelques heures. Une étape de marin qui se termine en coup de Trafalgar dans les dernières longueurs. La Solitaire Afflelou Le Figaro en vu d’autres, mais jamais d’écarts aussi minces entre autant de concurrents. « C’était trois jours de galère pour en arriver là. Pour moi, c’est une grande satisfaction. En voile, tout peut arriver. On a l’impression de sortir d’une navigation de deux heures ! » déclarait Gildas Mahé sous la bruine irlandaise. « En 20 ans de course, je n’ai jamais vu des écarts aussi réduits à l’arrivée, c’était pire que le passage d’une bouée de dégagement » confirme Jean-Paul Mouren (M@rseillEntreprises), 25e à Dingle, à 13 minutes et 15 secondes du vainqueur.
 
Peu d’influence sur le classement général
Compte tenu des trous creusés par les leaders Troussel et Chabagny à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, les résultats de cette troisième étape n’ont que peu de répercussion sur le classement général provisoire. Les gains des uns et des autres se calculent en secondes, tout au plus en dizaine de minutes. Dans les dix premiers, Erwan Tabarly (Iceberg Finance) gagne néanmoins une place et se hisse en 6e position au détriment de Charles Caudrelier (Bostik) tandis que Fred Duthil (Brossard) prend la 10e place à Gildas Morvan (Cercle Vert). Seul Gildas Mahé réalise une bonne opération au classement des bizuths en reprenant 24 minutes à Christopher Pratt (Espoir Crédit Agricole). Il n’est donc plus qu’à 40 minutes du leader et peut jouer pour la victoire dans ce classement dans l’ultime étape vers Concarneau qui partira d’Irlande vendredi prochain.

Source Solitaire Afflelou Le Figaro

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C’est la rentrée, on sort les cahiers

Trophée Clairefontaine
DR

Les huit champions régateront en équipage de trois (le champion à la barre et deux équipiers au trapèze) sur le spectaculaire catamaran monotype SailingOne (25′ – 7,65 m), exclusivement conçu et utilisé pour être confié une fois par an à chacun des champions du Trophée Clairefontaine. Le débat sera ouvert et la suprématie des favoris logiques : Loïck Peyron, tenant du titre et Michel Desjoyeaux – dix victoires à eux deux ! – promet d’être fortement contestée.

 La vedette internationale de cette dix-septième édition est Mike Sanderson, Néo-zélandais au palmarès impressionnant et vainqueur de la Volvo Ocean Race 2005-06 (course autour du monde en équipage) sur ABN AMRO I. Mike "Moose" Sanderson sera accompagné de son fidèle lieutenant, le Français Sidney Gavignet du Team ABN AMRO I.

 Vainqueur de l’édition 2005, Loïck Peyron, défendra son titre après sa superbe saison 2005 et ses nombreuses victoires, dont la Transat Jacques Vabre aux côtés de Jean-Pierre Dick sur le monocoque IMOCA 60 Virbac-Paprec. Loïck est également General Manager du Gitana Team et skipper de Gitana XI.

Vincent Riou, vainqueur du Vendée Globe 2004-05 sur PRB et actuellement en préparation du nouveau PRB, sera accompagné de Sébastien Josse, révélation du dernier Vendée Globe et récemment skipper d’ABN AMRO II dans la Volvo Ocean Race. Vincent et Sébastien s’engageront d’ailleurs sur PRB dans la Barcelona Race 2007, la course autour du monde en double sans escale.

Michel Desjoyeaux, trois fois vainqueur du Trophée Clairefontaine (2001-03-04) est invité pour l’ensemble de son ¦uvre et ses victoires sur le trimaran Géant.

Franck Cammas, skipper des trimarans Groupama 2 et Groupama 3, est invité pour avoir été invaincu sur le circuit de la Multi Cup Cafe Ambassador 2006.

Pascal Bidégorry est invité pour sa victoire dans la Transat Jacques Vabre et pour son titre de Champion ORMA des multicoques océaniques 2005 sur le trimaran Banque Populaire.

Jean-Pierre Dick, vainqueur des Transat Jacques Vabre 2003 et 2005 sur le monocoque Virbac-Paprec, effectuera là sa première compétition sur catamaran.

Jérémie Beyou, vainqueur en 2005 de la Solitaire Afflelou Le Figaro et du Championnat de France de Course au Large en Solitaire sur Delta Dore fera son entrée dans le club très fermé des champions du Trophée Clairefontaine.

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La loi du “Série”

Gerard Marin Pogo 2
DR

« Le vent l’emportera… » Gerard Marin peut déjà chantonner : il semble toujours en passe de prendre la tête de toute la flotte sur son Pogo-2 ! Logiquement, cela devrait arriver mercredi lorsque le front froid va descendre du Nord Ouest sur les Minis, accélérant encore le rythme de l’Hispanique. Et ce nouveau flux devrait en plus accompagner le retour incroyable du skipper de Escar l’escala-CN Llanca, jusqu’aux Sables d’Olonne puisque, à suivre, une dépression va le rattraper et atteindre la France, le portant jusqu’à la ligne… En ce mardi après-midi, la vitesse de l’Espagnol a un peu chuté (mais reste toujours supérieure à 7 nœuds) parce qu’il est sur la bordure Nord de la dorsale anticyclonique. Mais cette phase est passagère et les simulations le prédisent pour vendredi soir en Vendée.
 
Le seul qui semble pouvoir l’inquiéter est finalement Adrien Hardy (Brossard), qui a sérieusement rétrogradé ces dernières heures en choisissant de se recaler plein Nord, et qui lui concède une quarantaine de milles. Le vainqueur de la première étape en prototype a enfin touché la brise salvatrice et déboule de nouveau à plus de huit nœuds sur la route directe. Car ceux qui mènent encore la danse, à cent voire 150 milles plus au Sud, n’apparaissent pas en position favorable, même avec leur 80 milles d’avance… à l’image du leader du jour, David Sineau (Bretagne Lapins). Car le changement de situation météo n’est pas à l’avantage des « Sudistes » : si en ce mardi, ils pouvaient encore tailler la route au près à six nœuds, bâbord amure dans une brise de Nord douze nœuds, au fur et à mesure qu’ils se rapprochent du cap Finisterre, le vent va monter à 25 nœuds et plus, avec une mer formée et une brise qui basculera au Nord Est : pile dans le nez ! La progression vers le but va en prendre un sacré coup… A moins que le leader et ses quelques poursuivants (Laureyssens, Joschke, Salabert, Mihelin, Brennan, Despres), n’arrivent par chance à glisser sur un seul bord pour parer les falaises ibères. Ils vont de toutes façons en baver dans du vent frais et contraire, et perdre du terrain. Et s’ils sont obligés de virer de bord vers le Nord pour déborder l’Espagne, leur bénéfice va fondre comme une action de start-up lors de la bulle Internet…
 
A la recherche du vent perdu
 
Derrière, les prototypes retardés et le gros paquet des voiliers de série, bloqués pendant deux jours dans des calmes redoutables, n’ont pas trop d’illusions à se faire : il semble impossible qu’un autre bateau de production puisse revenir sur Gerard Marin. Non seulement, l’Espagnol va vite, mais en plus il possède cent milles d’avance sur le second et 150 milles sur le peloton ! Le vainqueur de la première étape en voiliers de série, le Portugais Francisco Lobato (BPI) est relégué à plus de 140 milles, le second à Horta Jean-François Quélen (Galanz) à 110 milles et le troisième aux Açores Antoine Debled (ADD Modules) à près de 200 milles… Comme Gerard Marin a terminé quatrième de la première étape avec seulement 1h21 de retard, il possède désormais un bon matelas de marge.
 
Au moins, toute la flotte va pouvoir de nouveau retrouver des sensations et surtout l’impression que la course a une fin. Parce que passer deux jours à moins de deux nœuds de vitesse a de quoi rendre dingue ! Là, le front froid va amener de l’air frais, et les glissades de la première étape vont enfin pouvoir se renouveler. A l’image de Dominique Barthel (Yamm) qui a cassé son safran bâbord depuis une journée et demie et qui file désormais bon train en se permettant même de remonter au classement, grâce à sa position plus Nord !
 
Pour résumer : le vent perdu est revenu ou reviendra la nuit prochaine pour balayer toute la flotte. Il sera portant pour tous les retardataires et contraire pour les leaders (sauf ceux au Nord). Les écarts abyssaux constatés ce mardi (plus de 350 milles entre le premier et le dernier, soit un tiers du parcours entre Horta et Les Sables d’Olonne) vont en partie se combler. Les vitesses vont prendre des tours par l’arrière et si le premier de cette deuxième étape devrait arriver vendredi soir, le gros de la flotte est quand même attendu le week-end prochain. Enfin, le leadership des partisans du bord rapprochant devrait changer de main d’ici 48 heures : l’Ibère semble s’envoler vers la victoire d’étape au scratch, peut-être même vers le titre au classement général des deux étapes… 

Source Les Sables – Les Açores

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