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La révélation des 19 Class Amecica

Areva révèle sa quille
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Des options très différentes
Rien de révolutionnaire, mais une grande variété dans les configurations des appendices au sein des 12 équipes. Certains s’attendaient à ce que cette 5e version de la jauge des ACC donne naissance à des formules identiques. Les architectes et les membres des équipes qui ont circulé de base en base, dans une atmosphère bon enfant, carnet de notes et appareils photos à la main, n’ont pu que constater le contraire.
 
« On va s’apercevoir qu’il n’y a pas de vérité. Certains ont dépensé des fortunes pour une carène, une quille, des ailettes et on pourrait s’attendre à ce qu’ils arrivent au même résultat, mais pas du tout » prévenait Pierre Mas, le skipper de China Team, dont le bateau, CHN 95 faite partie des modèles les plus radicaux.avec celui de Luna Rossa Challenge (ITA 94).
 
Dimitri Despierres, qui fait partie de la cellule appendices chez BMW ORACLE Racing : « je m’attendais à ce que ce soit plus proche comparé à la précédente Coupe, en fait, on est loin d’avoir une monotypie en Class America. Je suis étonné qu’encore aujourd’hui, on arrive à des options aussi éloignées les unes des autres.» L’équipe de BMW ORACLE a étudié une centaine de configurations et testé une quinzaine d’entre elles sur l’eau.
 
A ce titre, les gros syndicats sont avantagés. Ceux qui présentaient deux bateaux (Alinghi, Emirates Team New Zealand, BMW ORACLE Racing, Luna Rossa, le Desafío Español 2007, Mascalzone Latino, Victory Challenge) ont la possibilité de les ‘typer’ pour être performants dans les petits airs ou dans des conditions plus ventées. Certains ont également les moyens de modifier la configuration de leurs appendices  pendant les régates (dans le cadre d’une stricte règlementation) afin de s’adapter aux conditions météo du moment.
 
« La force d’une équipe est d’avoir plusieurs bulbes sur ses étagères. La rumeur dit que BMW Oracle en aurait 18. Il faut peut-être diviser cette rumeur par deux. Nous, on arrive tout juste à avoir deux bulbes » déclarait Bernard Nivelt, l’architecte d’Areva Challenge, dont le bateau venait justement de recevoir un nouveau bulbe.
 
La tendance générale est à l’étroitesse des bateaux et certains ont poussé assez loin ce raisonnement. Des équipes comme Luna Rossa ou China Team montraient des coques aux flancs très droits et aux formes abruptes. On a également vu des bulbes particulièrement longs et fins (certains dépassant les 7 mètres de long, soit presque un tiers de la longueur du bateau) comme chez Shosholoza, BMW ORACLE Racing et dans une moindre mesure Emirates Team New Zealand et Alinghi. Mais malgré les différences de conception ou de choix techniques, tous les designers, réunis en conférence de presse en début d’après-midi, se sont accordés pour dire que les performances des ACC seront probablement très proches.
 
Affluence dans les bases
Au-delà de l’intérêt technique de cette cérémonie d’unveiling, la journée revêtait aussi un caractère festif. Ce 1er avril, plusieurs animations, restaurants et bars ouvraient leur portes dans le Port America’s Cup. A 16 heures,  40 000 visiteurs étaient comptabilisés dans le Park. Ce soir, à 21h15, un grand spectacle son et lumière organisé par Endesa servira de conclusion aux festivités du jour.
 
Prochain rendez-vous important : le lancement des régates en flotte du Louis Vuitton Act 13, le 3 avril.

De nouvelles options …

Bertrand De Broc sur Les Mousquetaires Trophée BPE 2007
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Depuis ce matin, les Sudistes se séparent clairement en deux groupes : l’un mené par Bertrand de Broc ("Les Mousquetaires") et Eric Drouglazet ("Luisina") qui privilégie un cap vers l’Ouest, l’autre, surommé les "ultra sudistes" par Louis Bodin, le météorologue de la course, qui continue vers le Sud. Chef de file de ce dernier peloton, Nicolas Troussel sur "Financo". " Ce sont deux cas d’école. Si l’on considère la théorie, il vaut mieux rentrer un peu dans l’anticyclone, comme le fond De Broc et Drouglazet. Avantage : les angles de vent sont meilleurs. Inconvénient : le vent est un peu moins fort. Pour ceux qui sont dans l’extrême Sud, c’est l’inverse. On le voit d’ailleurs avec les vitesses de Troussel qui restent constamment au dessus de 10 nœuds depuis le lever du jour " analyse Bodin. Liz Wardley ("Sojasun"), qui a également choisi de descendre vers le Sud confirme : " pour le moment, tout se passe bien. Je touche pas mal de vent, 15 noeuds environ, l’angle est bon et pour ne rien gâcher, il y a un grand soleil. Autant dire que la course est agréable. " A tel point que certains regrettent de ne pas l’avoir fait plus tôt, à l’image de Charles Caudrelier, skipper de "Bostik" : " J’ai eu plusieurs fois l’opportunité de descendre au Sud et ne l’ai pas fait. Je n’ai pas été capable de me lancer tout seul. Je suis resté dans le paquet… A présent, j’ai décidé d’y aller et il ne va pas falloir rater le petit couloir à prendre. J’avance à 8 nœuds mais Nicolas Troussel avance avec 3 nœuds de plus ! " Alors Sud ou extrême Sud ? On pourra probablement faire un premier bilan d’ici 24 ou 36 heures. Une certitude, ce qu’ils cherchent tous, c’est à descendre sous le 25e Nord pour être sûr de conserver l’alizé. C’est d’ailleurs pourquoi les "ultra sudistes" passent si proche des Canaries. Il n’y a qu’à cette latitude que l’on peut être sûr que l’alizé restera régulier.

Concernant les centristes, le fait est qu’ils s’en sortent bien même si leur option laissait paraître quelques doutes il y a peu. Robert Nagy, 3e au classement de 15 heures ce dimanche, navigue dans des vents de Sud-Est qu’il devrait finalement pouvoir conserver. " J’ai l’impression d’être dans les alizés mais on en n’est pas encore là. Le temps est super avec 20 nœuds dans les fesses ! C’est un peu les vacances et j’en profite un maximum. Je n’ai pas beaucoup de visibilité quant à la suite des évènements car je n’ai pas reçu les derniers fichiers. J’ai toujours les mêmes que vendredi, à croire que les américains ne bossent pas le week-end ! " ironisait le Hyèrois ce midi à la vacation.

De leur côté, les Nordistes, suivent une route directe vers l’arrivée dans un vent de Sud-est à Sud qui commence à se renforcer en tournant vers le Sud. " Aujourd’hui, ils mangent leur pain blanc. Il faut vraiment qu’ils engrangent un maximum d’avance. Les conditions actuelles sont idéales, ils sont au reaching ce qui leur permet d’atteindre des vitesses intéressantes et de creuser un peu l’écart au classement. Mais dès ce soir, ils vont devoir affronter des vents de secteur Sud assez forts – entre 25 et 35 nœuds – avec une mer contraire très formée. La progression deviendra difficile ", explique Louis Bodin. Et pour cause, ils auront encore des fronts à traverser avant de pouvoir descendre franchement vers le Sud. " Il va falloir négocier. C’est encore l’inconnu au delà de 4/5 jours ", avoue Armel Tripon ("Gedimat"). Au nord comme au Sud les pièges sont encore nombreux !

Les écarts se resserrent entre les nordistes et les sudistes …

Eric Defert sur Suzuki Trophée BPE 2007
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Les 26 solitaires du Trophée BPE – Banque Privée Européenne – entretiennent le suspens. Les écarts entre les partisans de la route Nord et ceux de la route Sud se réduisent de pointage en pointage.

Les Nordistes, Eric Defert (« Suzuki Automobiles »), en tête de la course ce matin et Armel Tripon (« Gédimat »), second, sont séparés de plus de 600 milles en latéral ( plus de 1 100 kilomètres) de Bertrand de Broc (« les Mousquetaires »), leader au Sud.
Mais en distance par rapport au but, seuls 8 petits milles, en faveur de la voie du Nord, font encore la différence au petit matin. Le jeu est grand ouvert et aucune des deux options n’a encore pris le pas sur l’autre.

« Cela va pas mal. Je suis encore dans la dorsale et j’aimerai bien en sortir le plus vite possible, raconte Eric Defert, à la première vacation de la journée. Je pense que j’en ai encore pour la journée. Ensuite, je vais entrer dans un flux de Sud-Sud-Est, de 25-30 nœuds. « Suzuki Automobiles » sera alors au reaching, une allure que le bateau affectionne particulièrement. Cela devrait aller vite, même si cela devrait aussi mouiller. » Eric reste toujours aussi confiant dans son option sur la route directe mais garde un œil de plus en plus attentif sur la flotte de Sudistes emmenée par Bertrand de Broc. « Je pensais que l’anticyclone aller leur tomber dessus et qu’ils seraient obligés de contourner Madère par le Sud. Mais là, je les vois tous passer par le Nord de Madère, sous spi avec 15 nœuds de vent… »

Eric Drouglazet (« Luisina Design »), cinquième, navigue à vue avec Bertrand de Broc, et confirme que dans les dernières heures, la situation des Sudistes s’est largement améliorée. « En début de nuit, le vent n’était pas encore établit, explique Eric. Mais maintenant, le bateau marche bien, sous spi et sous pilote, dans une quinzaine de nœuds de vent. Cela permet de souffler un peu. Après la longue descente le long du Portugal, j’ai passé la nuit de jeudi à vendredi à « chasser » Bertrand de Broc. Par expérience, je sais que dans ces conditions, cela part toujours par devant. Il faut savoir s’arracher pour rester dans le peloton de tête ! »
Les dernières évolutions météo rassurent le Finistérien. « Même si j’ai eu quelques doutes hier, ce matin, je pense que cela devrait aller. L’anticyclone évolue très vite. Il peut se déplacer de 100 milles d’une carte à l’autre. Mais je reste confiant… »

Christian Bos (« Belle-Ile-en-Mer ») est le solitaire pointé le plus au Sud. « Ma route m’emmenait directement sur Madère, confie Christian. Hier, soir, j’ai préféré continuer de descendre plein Sud plutôt que d’empanner au vent de l’Ile. Ensuite, il a fallu continuer de descendre pour me dégager du dévent de Funchal. Je viens d’empanner à 6 heures ce matin. J’ai plus de pression que mes camarades qui ont mis le cap sur Marie-Galante hier. Une fois que je serai bien dégagé du dévent de l’île, je pourrais lofer et accélérer pour tenter de leur faire « la cuillère » par dessous… »  

Classement à 6H00 (heure de Paris)
1 – Suzuki Automobiles
2 – Gédimat
3 – Les Mousquetaires
4 – Aquarelle.com
5 – Luisina
6 – Bostik
7 – Défi Mousquetaires
8 – Financo
9 – Groupe Céléos
10 – A.ST Groupe
11 – Sojasun
12 – Theolia
13 – Banque Populaire
14 – Domaine du Mont d’Arbois
15 – Cercle Vert
16 – Le Comptoir Immobilier
17 – Art Immobilier Construction
18 – Iles de la région Guadeloupe
19 – Lenze
20 – Défi Transat 1
21 – Baïko
22 – Belle-Ile-en-Mer
23 – Pays Marie-Galante
24 – France Soir
25 – Docteur Valnet – Aromathérapie
26 – GFI Group

Bertrand de Broc a pris la tête…

Bertrand De Broc sur Les Mousquetaires Trophée BPE 2007
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" Depuis Madère on a du vent. Ce n’est pas très fort, c’est entre 17 et 20 nœuds réels. Il y a moins de mer, le bateau glisse bien et on fait une route directe sur Marie-Galante pour l’instant ", explique Bertrand de Broc ("Les Mousquetaires"), en tête des tenants de la route Sud et nouveau leader au classement depuis le début d’après-midi. " On sait que lorsque l’on traverse l’Atlantique dans ce sens là, très souvent ça part par devant. D’autant que nous allons être confronté à un front d’ici une soixantaine d’heures. On s’y prépare déjà en positionnant le bateau au meilleur endroit par rapport à ce qu’annoncent les fichiers météo mais aussi par rapport à la position des autres concurrents ". Et pour cause, dans ce groupe du Sud, la bagarre fait rage, comme en témoigne Eric Drouglazet, skipper de "Luisina" :  " Bertrand est à 200 mètres devant moi, il a plutôt intérêt d’être bon s’il veut me garder derrière ! ". L’heure est donc à la tactique. Et le jeu très ouvert. Au passage du front il y aura des changements de vent, des changements de voiles : " en somme, pas mal de boulot tout en gardant l’œil sur les adversaires. Il va falloir être bon ! ", analyse Gildas Morvan ("Cercle Vert"). Chacun profite donc des conditions plutôt agréables de ce samedi – entre 10 et 20 noeuds de vent portant – pour recharger les batteries en s’octroyant un bon repas et du repos. " Ce matin, je n’ai pas arrêté de dormir : quatre heures de sommeil au total par tranches de 30 minutes ", lâchait Eric Drouglazet ce midi à la vacation. " J’étais une loque, à présent, ça va vraiment mieux et c’est important car il va falloir être lucide pour la suite. D’ici quatre ou cinq jours, la situation risque en effet de se corser un peu ".
 
Du côté des Nordistes, les premiers sont sortis ce matin du front chaud qui leur permettait d’avancer assez vite depuis hier et de résister au classement face aux tenants de la route Sud. Résultat, ils traversent de nouveau la dorsale et progressent par conséquent dans des vents relativement faibles. Une situation qui n’inquiète cependant pas Eric Defert ("Suzuki Automobiles") : " J’attends un flux du Sud Sud-Est qui va me permettre de retrouver une allure rapide. Probablement cette nuit, au pire demain. Il risque cependant d’être assez fort : plus de 30 noeuds si l’on en croit les fichiers. Heureusement, on sera au reaching. Ca va aller vite et sur la route directe ! " Rien n’est donc joué, le supens reste total. Et c’est tant mieux.

Armel Tripon reprend la tête…

Armel Tripon Gedimat
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« On se croirait au large de Penmarc’h, plaisante Armel Tripon (« Gedimat »), de nouveau leader au classement de ce matin. Je tire des bords, sous un petit crachin qui pourrait être breton. Je crois toujours fermement à mon option Nord, mais il est encore trop tôt pour faire un état des lieux. Il faut attendre quatre ou cinq jours pour savoir si j’ai fait le bon choix. Mais à mon avis, dans le Sud ils doivent s’arracher les cheveux. Pour l’instant je fais marcher le bateau, et je vais me reposer dès que possible. Il est indispensable de rester lucide. »

Eric Defert (« Suzuki Automobiles »), second et pointé le plus au Nord de la flotte du Trophée BPE, est lui aussi toujours aussi confiant dans son choix. « Pour le moment, je suis content de moi… mais il y a encore beaucoup, beaucoup de route. Si tout va bien, après les Açores, on devrait croiser devant les Sudistes, au reaching, alors qu’ils seront au près au milieu de l’Atlantique. Mais attention, ce n’est que le début de la course et rien n’est encore gagné. »

Dans le Sud, on joue avec la bulle. Marc Emig (« A.ST Groupe ») la « coince », Gildas Morvan (« Cercle Vert ») la fuit, Robert Nagy (« Théolia »), la traverse. « Cette nuit, je me suis vengé des deux nuits précédentes, confie Marc Emig, cinquième au classement de ce matin. Je me suis couché à 21h35, et là, je viens d’être réveillé par le téléphone. Mais il ne faut pas dormir bêtement. Je me suis réveillé toutes les deux heures pour vérifier la marche du bateau. L’angle est idéal, à 120° du vent, avec 15 nœuds de vent sur une mer praticable. Dans ces conditions, il ne faut surtout pas hésiter à déléguer. Le pilote barre mieux que moi, et surtout après les journées d’hier et d’avant hier il fallait bien ça ! »

Pas très loin de Marc, légèrement décalé vers le Nord, Gildas Morvan (« Cercle Vert »), flirte avec la bordure de l’anticyclone des Açores, avec une seule peur : s’y faire coincer. « La bulle n’arrête pas de faire le yoyo, analyse le Brestois. Un coup dans le Sud, un coup dans l’Est, cela n’arrête pas de changer. J’ai passé la nuit à la surveiller et à enchaîner les empannages pour m’en éloigner. Le bateau est beaucoup plus agréable que ces deux derniers jours, mais il faut tout le temps rester aux réglages, relancer le bateau, choquer, abattre, brasser du tangon, en gardant en permanence un œil sur le baromètre… » Et, selon Gildas, l’exercice devrait encore durer quelques jours. Les alizés sont bien installés, là bas, à plus de 300 milles, loin dans le Sud au niveau des Iles Canaries. Pour le moment, il faut donc continuer à descendre, mais rapidement il va falloir faire de l’Ouest pour ne pas trop rallonger la route.

Robert Nagy (« Théolia »), qui a déjà fait le choix de couper à travers l’anticyclone des Acores, a retrouvé du vent au petit matin, après une nuit de pétole. « Je viens de toucher 8 nœuds de vent de Sud-Ouest. Ca redémarre et je marche à 6,5 nœuds. J’ai barré toute la nuit, sous un ciel dégagé, au milieu des dauphins, c’était magnifique. Je pense que je tiens le bon bout. Le plus dur est passé, je pense que la zone de calme est maintenant derrière moi. Le vent devrait monter et adonner dans les heures qui arrivent… » 

Classement du vendredi 30 mars 2007 (les 10 premiers) :
1 – Armel Tripon / Gédimat
2 – Eric Defert / Suzuki
3 – Gildas Morvan / Cercle Vert
4 – Marc Emig / AST Group
5 – Yannick Bestaven / Aquarelle
6 – Robert Nagy / Théolia
7 – Eric Drouglazet / Luisina
8 – Bertrand De Broc / Les Mousquetaires
9 – Thomas Rouxel / Défi Mousquetaires
10 – Nicolas Troussel / Financo

Dimanche, ils enlèvent le bas…

Mascalzoone Latino
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Lorsque les jupes tomberont ce week-end, la moindre innovation un peu radicale attirera donc forcément l’attention. Mais comprendre ce qui se cache derrière ces idées novatrices promet d’être aussi difficile qu’avant. Pour beaucoup, le caractère plus abouti de cette cinquième version de la jauge ne laissera pas ou peu de place à des tentatives architecturales très radicales. Les observateurs devront sans doute y regarder de plus près pour découvrir les moindres variations dans la forme des coques et le positionnement des appendices, et comprendre l’approche technique de chaque équipe.

Comment va se dérouler l’Unveiling Day ?
Samedi 31 mars, chacune des équipes devra déclarer au Comité de Course un maximum de deux bateaux choisis pour participer aux régates de la saison. Le lendemain à 9h30, un puissant signal sonore marquera le début de l’Unveiling et les bases des équipes ouvriront leurs portes aux journalistes, aux membres des autres équipes et à toute la « famille de l’America’s Cup ». A 11h30, les bases seront ensuite ouvertes au public.

Programme de l’Unveiling Day
– 09:00 – Feu d’artifice marquant le “réveil” du Port America’s Cup et le début du compte à rebours. Déflagrations toutes les cinq minutes jusque 9h20.
– 09:30 – Puissant signal sonore et nouveau feu d’artifice marquant le début de l’Unveiling. Les bases sont alors ouvertes aux journalistes, aux membres des équipes et à la famille de l’America’s Cup.
– 11:30 – Nouveau feu d’artifice pour marquer l’ouverture des bases au public.
– 13:00 – Conférence de presse avec les architectes dans la salle de conférence, à côté du Centre de Presse. Chaque équipe doit envoyer un représentant de son design team pour discuter des Class America et des innovations de l’actuelle génération. De nombreuses équipes ont également prévu leur propre conférence de presse.
– 13:45 – Les équipes ont la possibilité de fermer leur base et de sortir naviguer pour l’après-midi. Un feu d’artifice de 15 minutes environ marquera la fin de l’Unveiling.
– 20:30 – Light show Endesa pour accompagner l’Unveiling du Foredeck Club.

(Source America’s Cup)

Deux courses dans la course…

Eric Drouglazet sur Luisina Trophée BPE 2007
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" 550 milles d’écart en latéral entre les Nordistes et les Sudistes. En pourcentage, par rapport à la distance total du parcours (3 436 milles ndr), c’est considérable ", analyse Jeanne Grégoire ("Banque Populaire"). Si cette distance continue d’augmenter, les écarts entre les concurrents des deux camps commencent, eux, à largement diminuer. Car si, jusqu’ici, les bateaux situés sur la route directe avaient l’avantage au classement, la tendance commence lentement à s’inverser. Pour preuve, au classement de 15 heures hier, jeudi, Yannick Bestaven ("Aquarelle.com") pointait en 10ème position à 44 milles du leader. Aujourd’hui à la même heure, il est troisième à 34,7 milles du leader. Et cela devrait devenir de plus en plus flagrant dans les heures et les jours qui viennent.

En effet, les Sudistes naviguent dans un flux de Nord Nord-Est soufflant entre 10 et 20 nœuds. Tous ont parfaitement compris que la veine de vent fort se prolonge vers le Sud. " Je suis bord à bord avec Gildas Morvan. On a un peu papoté ensemble par VHF ce matin. On stresse un peu car le baromètre monte doucement… Actuellement, on a toujours une bonne douzaine de noeuds mais on essaye de revenir vers le Sud pour avoir plus de vent " commentait ce midi Marc Emig ("A.ST Groupe"). " Hier, j’ai failli partir extrême Sud pour aller chercher plus de pression après le 25e Sud. J’ai vraiment hésité mais ne voyant aucun bateau prendre cette option, j’ai décidé de ne pas m’échapper et de rester au contact de la meute " expliquait de son côté Yannick Bestaven. " On est une petite poignée de bateaux à se tirer la bourre dans le Sud. Ca tactique sec ! " a t-il poursuivi. Effectivement, chacun bataille dur pour rester accrocher au paquet, être dans le match " Ces deux derniers jours, j’ai beaucoup attaqué et un peu trop tiré sur le bonhomme. Je n’ai pas dormi pendant 48 heures. Quelquefois, tu n’as pas le choix : si tu lâches la barre, tu pars en vrac ! Résultat, je me suis mis dans le rouge. Heureusement, j’ai pu un peu récupérer cette nuit et reprendre mes esprits " avouait Charles Caudrelier ("Bostik"), en début d’après-midi. Et pour cause, Eric Drouglazet ("Luisina") mène le groupe des Sudistes à un train d’enfer depuis le début de la course. " Ma grande peine est d’avoir un peu décroché. Je dors beaucoup moins pour essayer de rattraper un peu mon retard et avancer au maximum. D’ici peu, il va y avoir des petits coups à jouer, j’ai une chance de recoller à mes camarades ! " positivait néanmoins Jeanne Grégoire.

La course côté sud…
Les sudistes vont en effet passer au niveau de Madère dans un vent de Nord-est entre 10 et 20 noeuds qui aura tendance à tourner vers l’Est Nord-Est. Il va leur falloir naviguer fin pour rester sur le bord de l’anticyclone en enchainant les empannages. Ils devraient ensuite continuer à glisser sous l’anticyclone, en descendant sous le 30ème Nord. " C’est exactement la route qu’empruntaient les grands voiliers du 19e siècle pour se rendre aux Antilles car ils ne pouvaient pas faire de près ! " rappelle Louis Bodin, le météorologue de la course. Ils pourront alors choisir un cap vers l’Ouest mais en restant  très près du centre de l’anticyclone ou un cap vers le Sud-Ouest pour gagner encore vers le Sud. Et c’est demain qu’ils devraient commencer à toucher les dividendes de leur option si elle s’avère bonne.
 
La course côté nord…
Du côté des Nordistes, on ne se démonte pas. Au contraire. " Il y a trois jours, ce n’était pas vendu mais là, ça se confirme dans le bon sens. Je ne dis pas que c’est joué mais je suis content ", commentait Eric Defert ("Suzuki Automobiles"), leader au classement de 15 heures. " Je crois toujours à mon option Nord. Je n’ai pas peur d’être isolé : je ne fais pas une course en solitaire pour me retrouver avec 25 bateaux autour de moi ! " lâchait de son côté Armel Tripon ("Gedimat"). Malgré tout, difficile de prévoir l’évolution du vent dans leur secteur. Auront-ils continuer vers l’Ouest ? Probablement car l’anticyclone des Açores sera juste sur l’archipel. Ils navigueront toujours dans son Nord avec un vent probable de secteur Sud. Mais les modèles donnent finalement des vents très instables sur leur zone. Tout dépendra donc de leur vitesse de progression. "De plus, à l’approche des Açores, il va falloir être vigilant pour ne pas se planter. Ce sont des îles assez hautes et pas forcèment faciles à négocier" prévient Eric Defert.  A suivre donc…

Les options se confirment …

Armel Tripon Gedimat
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« Je commence juste à sortir de la dorsale anticyclonique, cela n’a pas été la fête »,  confie ce matin Armel Tripon (« Gédimat »). Le skipper nantais, chef de file des Nordistes et leader au classement de 6 heures, vient de passer une bonne partie de la nuit piégé dans une zone de vents faibles placée sur la route directe. « Je m’y attendais, d’autant que le passage de cette dorsale est décisif dans la stratégie que j’ai mis en place. Il était important de ne pas rester « scotché » plus d’une nuit. Nous avons eu trois heures de rien du tout. Pour le moment, je marche à toute petite vitesse dans deux nœuds de vent du Sud-Ouest, pile sur ma route ! Quand tu rentres dans la zone de pétole, au début tu essayes d’ « être dessus » (ndlr : de se consacrer en permanence aux réglages). Tu branches le pilote et tu affines le réglage de tes voiles. Mais au bout d’un moment, quand le vent a complètement disparu, tu vas te coucher. »
Pour la suite, Armel voit deux à trois jours agréables avant d’avoir à négocier une dépression qui s’annonce plutôt musclée. « Ce sera le moment de descendre dans le front froid, pour revenir sur le parcours… idéalement devant toute la flotte… »
Pour les Sudistes, qui arrivent par le travers de Gibraltar, pas question de repos. Bien au contraire. « Cela fait 48 heures, depuis le Cap Finisterre, que je n’ai pas lâché la barre, avoue Charles Caudrelier (« Bostik »). Je suis « à don’f », sous spi depuis le début de la course. Pas question de lâcher la barre, le vent était trop instable. Sous pilote je perdais un ou deux nœuds, ce qui aurait fait les affaires de mes concurrents directs. Je n’avais jamais barré aussi longtemps ! Mais bizarrement, tu es tellement concentré, tu as tellement peur de partir « en vrac », que cela passe assez vite ! »
Et l’exercice se complique quand dans le même temps il faut prendre des décisions stratégiques. « Cette option Sud n’est pas facile… Pour le moment je continue à descendre dans le Sud mais il va arriver un moment où il va bien falloir se décider à partir dans l’Ouest. Il va bien falloir couper… »
Déjà dans l’Ouest, Robert Nagy (« Théolia »), second au classement, et Thierry Duprey du Vorsent (« Domaine du Mont d’Arbois ») ont déjà fait leur choix.  Thierry Duprey a pris sa décision hier soir, et est rassuré de voir que ce matin Robert Nagy confirme lui aussi cette option. « J’ai l’impression que l’anticyclone est en train de s’étendre jusqu’en Afrique, analyse Robert. Soit il va falloir descendre très Sud pour le contourner, peut-être même jusqu’au Canaries, soit à un moment, il va falloir couper et passer à travers… On ne sait pas trop ce qu’il y a dans l’anticyclone, des petits airs instables en force comme en direction, mais «  couper le fromage » permet de ne pas trop rallonger la route »
Trois options se dessinent donc clairement, alors que trois concurrents se sont déroutés sur le Portugal. Eric Peron (« France Soir – Eric Peron) est arrivé hier soir à Aveiro, pour résoudre son problème de safran, James Bird (« GFI Group ») fait escale à Porto pour régler un problème de drisse, alors que Laurent Pellecuer (« Docteur Valnet – Aromathérapie ») c’est dérouté vers le Portugal à la suite d’une avarie de safran.

Classement du 29 mars 2007 à 06H00 (heure de paris)
1 – Gédimat
2 – Theolia
3 – Suzuki Automobiles
4 – Domaine du Mont d’Arbois
5 – Art Immobilier Construction
6 – Lenze
7 – Luisina
8 – Baïko
9 – Défi Transat 1
10 – Cercle Vert
11 – Iles de la région Guadeloupe
12 – Aquarelle.com
13 – A.ST Groupe
14 – Le Comptoir Immobilier
15 – Banque Populaire
16 – Financo
17 – Bostik
18 – Groupe Céléos
19 – Défi Mousquetaires
20 – Sojasun
21 – Les Mousquetaires
22 – Belle-Ile-en-Mer
23 – Docteur Valnet – Aromathérapie
24 – Pays Marie-Galante
25 – France Soir
26 – GFI Group

Nagy sème le trouble

Trophée BPE 07 - Robert Nagy
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On vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Le temps des planches Open, ces longues planches ô combien difficiles à maîtriser. On parle ici des Lechner, support aujourd’hui obsolète et qui avait permis pourtant au Morbihannais Franck David de décrocher l’or aux JO de Barcelone en 1992.

Douze ans d’équipe de France
L’or, voilà un métal que Robert Nagy n’a pas ramené des JO de Séoul en 1988 (5e). Pas plus qu’à Barcelone d’ailleurs où il n’a pas été sélectionné pour défendre les couleurs tricolores en Tornado. "Au total, j’ai dû passer douze ans en équipe de France". Une éternité. Et l’envie naturelle de faire autre chose : "J’ai continué à naviguer mais sur des quillards. Pas mal de match-racing avec Pierre Mas mais c’était différent car je travaillais à côté".
Dans la grande distribution, notamment dans les sirops et les jus de fruits. Avant de changer de cap en 1999 : "J’ai lancé ma boîte, une société spécialisée dans la vente des voiliers en Méditerranée".

Entraînement intensif
Et voilà qu’il y a deux ans, le virus de la régate a refait surface. "Cela faisait plusieurs années que j’avais envie de naviguer en Figaro. Plusieurs fois, j’ai cherché des sous…". En vain. Jusqu’à ce que Théolia (ndlr : producteur d’électricité à partir des énergies renouvelables) décide d’embarquer dans l’aventure. "En arrivant dans cette série, je m’attendais à être derrière (27e de la Solitaire 2006) : j’avais un problème de vitesse mais je ne me suis pas trop inquiété. J’ai changé de bateau et je me suis entraîné tout l’hiver au centre d’entraînement méditarranéen : je crois bien que j’ai plus navigué que certains bretons".

"Gagner un jour"

Pour sa première transat en solitaire, Nagy disait avant le départ qu’il n’avait aucune pression sur les épaules : "Je suis là pour apprendre. Je pars un peu dans l’inconnu. Ce Trophée BPE va me servir d’entraînement pour l’été prochain". Le Méditerranée, père de cinq enfants, rêve de rentrer dans le top 10. "Mais ça va être difficile car il y a de sacrés clients", disait à Belle-Ile. Des clients qui commencent à se demander si son option un peu moins sud que les autres est un coup de chance ou coup de maître ? Son professeur météo, Richard Silvani, apporte sa réponse : "Entre les tenants de la route directe (Tripon, Defert) et les sudistes (Drouglazet, Morvan, Caudrelier, Troussel) qui cavalent sous spi dans un vent soutenu depuis 48 heures, Robert Nagy a choisi, comme Thierry Duprey du Vorsent d’ailleurs, le sud mais en mettant de l’ouest dans sa route : il reste en bordure d’anticyclone. Moi, sa position me plaît bien".

Philippe Eliès

Championnat de France de Match Racing : Début des Round Robins

Championnat de France de LMatch Racing au Havre
DR

Le marseillais Dimitri Deruelle
"Ce fut une journée idéale pour le Matche-Racing" souligne Marc Bouet,  Entraîneur National Match-Racing. "11 "flights" ont pu être courus et  c’est un excellent score pour une première journée" renchérit Francis Le Goff, directeur de la Ligue de voile de Haute-Normandie. L’attribution des points au terme de cette première journée ne dessine qu’un classement très approximatif. Deux concurrents, Claire Leroy et Christian Gout, ont déjà disputé 11 matches, alors que Florent Gaggero et Cédric Château n’ont couru que 4 matches. Ce premier Round Robin se poursuivra demain, dans des conditions annoncées moins souriantes qu’aujourd’hui mais, et c’est le principal, toutes aussi ventées.

Résultats provisoires après 11 flights (séries de duels)
Claire Leroy : 4 points sur 11 matches
Nicolas Heintz : 3,5 points sur 5 matches (0,5 pt retiré pour abordage)
Christian Gout : 4 points sur 11 matches
Florent Gaggero : 2,5 points sur 11 matches (0,5 pt retiré pour abordage)
Yannick Le Clech : 5 points sur 10 matches
Michel Cohen : 4 points sur 5 matches
Jean Queveau : 4 points sur 10 matches
Cédric Château : 1 point sur 4 matches
Dimitri Deruelle :  5 points sur 5 matches
Vincent Biarnes : 4 points sur 5 matches
Victor Lanier : 2 points sur 5 matches
Pierre-Antoine Morvan : 4 points sur 5 matches

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