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Le vent tombe et la pression monte

Charles Caudrelier sur Bostik Trophée BPE 2007
DR

La « molle » s’installe sur le plan d’eau, rendant les skippers du Trophée BPE – Banque Privée Européenne extrêmement nerveux… Le vent tombe et la pression monte.
Le timbre des voix trahit la tension des marins. Seul Nicolas Troussel (« Financo ») reste égal à lui-même, presque serein. Même si le skipper de Plougasnou avoue des petits moments de stress. Nicolas a profité de la nuit pour conforter sa place de troisième. Calé sur la route directe, avec légèrement plus de vent que ses adversaires, « Financo » grappille les milles. Au petit matin, il était revenu à 11 nautiques de Charles Caudrelier (« Bostik »), le leader, pointé à 470 milles de Marie-Galante.
« Ça va pas mal malgré le vent qui a un peu molli, raconte Nicolas Troussel.  Il faudrait d’ailleurs que j’aille régler le bateau. J’avais misé sur cette option Sud depuis longtemps et je suis bien content que ça se soit réalisé comme je le voulais. Maintenant qu’avec Charles Caudrelier et Thomas Rouxel nous sommes décalés, nous sommes dans le sprint final. Cela va vraiment devenir une course de vitesse. Moi je me sens plutôt bien, je vais souvent vite entre deux classements. Je suis sur la route directe depuis hier, donc j’ai juste à faire une trajectoire propre et à m’occuper un peu d’eux quand même. »
Nicolas reconnaît quelques petites inquiétudes la nuit. « La nuit, je ne sais pas trop ce qu’ils font. Il y a toujours ce petit décalage de 25 milles et tu peux prendre cher à la moindre boulette. J’attends donc avec impatience le premier classement de six heures pour me rassurer. Pour le moment cela glisse tranquillement pour tous les trois, mais rien n’est gagné. L’an passé sur l’AG2R, avec Armel le Cleac’h, dans une situation similaire, nous avions tout perdu la dernière nuit… »
A bord de « Défi Mousquetaires », Thomas Rouxel, reconnaît enchaîner les moments de stress. « J’ai perdu Charles hier soir et le début de la nuit a été un peu difficile, reconnaît le jeune skipper d’Erquy. J’avais peu de vent, un angle mauvais, et du coup j’ai réempanné dans la nuit. Je m’attendais à avoir un pointage beaucoup moins bon ce matin… Avec Charles (Caudrelier «Bostik ») nous sommes à peu près au même endroit et ressentons les variations du vent quasiment au même moment, donc c’est normal que nous soyons toujours sur la même route. Maintenant, je vais relativiser et me dire que quoi qu’il arrive, ce n’est que du "bénéf". Nico a bien réduit l’écart mais je pense qu’il a aussi moins de vent. Il reste impressionnant car il ne s’est jamais préoccupé de ses adversaires et est toujours resté calé sur sa route. Il a un bon mental. Pour ma part, j’ai eu un bon coup de stress dans la nuit. Toute cette tension va être difficile pour moi mais je vais essayer de prendre ça avec philosophie. »
Marc Emig « A.ST Groupe », quatrième, est lui aussi sous tension. En ce vendredi 13, Marc veut faire confiance à la chance. «  Ça va comme un malheureux dans la molle, confie le Marseillais. J’ai un peu dormi donc ça va mieux mais ce qu’il se passe n’arrange rien.  C’était prévisible, je savais que ça arriverait. Ça va être un peu la loterie jusqu’à l’arrivée. Maintenant il va falloir jouer avec les bascules de vent alors qu’on était plutôt sur un régime bien établi. La dépression du haut et le retrait de la dorsale amènent du mou par le Nord, ça va être bizarre pendant trois jours. Au Sud, ils gardent de la pression mais dès qu’ils auront de la molle, ça va être dur pour eux aussi. Leur avantage est qu’ils gardent toujours plus de pression que nous. Notre point positif est qu’on va pouvoir jouer avec la direction du vent. C’est difficile de faire des pronostics car ça change toutes les six heures. Je donne un petit avantage aux Sudistes mais rien n’est joué. Il suffit de pas grand chose. Pour l’instant, j’ai 13 noeuds de vent à 105° mais ça va encore changer dans 24 heures. Inch’Allah ! Moi, j’ai le sentiment d’être dans  le sprint final depuis une semaine, depuis les Açores ! Je suis un peu claqué mais moralement tout va bien. Je me sens moins à l’aise qu’hier, donc forcément je doute un peu plus. J’essaie de trouver la meilleure parade et de prier que pour le vent revienne favorable ! Rien n’est prévisible, on est complètement dépendant de la météo, c’est la triste réalité. L’ETA, à priori le 16 au matin. »

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Isabelle Joschke et Cécile Poujol, 2e du grand prix d´Italie

Isabelle JOSCHKE - Degrémont
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Première course de la saison, d’une distance de 500 milles, (930 km environ) ce premier grand prix italien, parti le samedi 7 avril de Gènes, a conduit les 22 ministes engagés, jusqu’aux îles de Porquerolles, avant de les faire revenir vers l’Est pour contourner le Cap Corse, virer l’Ile de Giglio et retourner à Gènes.

Un beau parcours effectué par Isabelle et Cécile dans le peloton de tête du début à la fin. En effet, dès la première marque de parcours, à Porquerolles, Degrémont-Synergie était pointé en 2e position. Une place que les deux « pepe francesine » ont dû défendre bec et ongle, face à des concurrents très sérieux, et dans des conditions de vent faibles, très faibles, éprouvantes pour les nerfs.

« On espérait boucler ces 530 milles en 4-5 jours. En fait, cela s’est révélé beaucoup plus long à cause d’une météo très molle pendant toute la semaine. Un vrai jeu de patience ! Au passage de Porquerolles, puis de l’île de Giraglia (au Nord du cap Corse), et même à l’arrivée ce matin, on s’est retrouvé sans vent. A chaque fois, on avait pris de l’avance, et on se retrouvait arrêté, alors que les autres revenaient par derrière ! Il a fallu rester concentrée du début à la fin. On n’a pas eu plus de dix minutes d’affilée le même vent. Il fallait sans arrêt changer les réglages et les voiles. Comme la course était en double, c’était gérable. Pendant que l’une manœuvrait, l’autre se reposait », raconte Isabelle Joschke, ravie de cette première course sur son tout nouveau prototype Finot, en compagnie de son amie Cécile Poujol. Cécile, ancienne ministe (Transat 6.50 2003), aujourd’hui convertie au Class 40,  qui s’offrait là, un retour aux sources.

Les deux jeunes femmes ne s’étaient fixé aucun objectif de résultat. Seul importait de boucler ces  500 milles qualificatifs pour la Transat 6.50 La Rochelle-Bahia. Elles l’ont fait et bien fait. Ce premier grand prix a permis à Isabelle de jauger sa nouvelle monture, qu’elle connaissait jusqu’alors assez peu, pour l’avoir mise à l’eau en février. Et de se mesurer aux autres concurrents (parmi les 22 engagés, figuraient cinq protos construits cette année) et notamment à des ténors de la classe comme Caracci sur « Speedy Bonsai ». Le résultat est probant. « Degrémont-Synergie » est arrivé derrière son sistership « Déphémérid-Trois ».

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Encore deux jours de course …

Bostik Charles Caudrelier
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" C’est mou de chez mou, tendu de chez tendu ! ", lâche Charles Caudrelier ("Bostik"), nouveau leader de la flotte depuis ce matin. De fait, le vent a molli ces dernières 24 heures. Les surfs à plus de 15 noeuds et les moyennes quotidiennes supérieures à 10 noeuds ne sont désormais plus qu’un souvenir d’étrave. " Maintenant, il faut serrer les fesses. Ce finish va ressembler à une grosse étape de la Solitaire Afflelou le Figaro dans la pétole. J’espère que ça ne va trop redistribuer les cartes ", s’inquiète le Fouesnantais. Ce vendredi à 15h, les écarts au classement – établis par rapport à la distance au but – sont infimes. Le trio de tête composé de Charles Caudrelier ("Bostik"), Thomas Rouxel ("Défi Mousquetaires") et Nicolas Troussel ("Financo) se tient en moins de 6 milles. En embuscade, Marc Emig (A.ST Groupe) et Liz Wardley ("Sojasun") comptent respectivement 24,4 milles et 44,3 milles de retard. Presque rien après 19 jours de mer. Ceci dit, les écarts entre eux en latitude restent importants : pas moins de 250 milles séparent Emig et Troussel en Nord-Sud. 250 milles, soit la moitié de la distance restant à parcourir ! " Normalement, plus au Nord, ils devraient avoir moins de vent que nous, je ne suis pas trop inquiet ", poursuit Caudrelier. Louis Bodin, le météorologue de la course, confirme : " l’alizé devrait rester de secteur Est. Il sera plus régulier au Sud du 15e Nord. Il aura plus de faiblesses au Nord du 18e Nord. Il devrait donc plutôt favoriser les Sudistes qui devraient pouvoir faire la route directe vers l’arrivée ". De son côté, Marc Emig reste néanmoins optimiste. Le Marseillais, qui pointe en 4e position à 15h, estime que " tout le monde devrait avoir le même vent pour finir. Dans ce cas, ça va être la castagne jusqu’au bout. Il va falloir se concentrer sur sa trajectoire et la vitesse de son bateau. Penser mille par mille. " Le suspense reste entier !

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Derniers ajustements pour Areva Challenge

Act 10 à Valence : Team Shosholoza et Areva Challenge
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Finis les préliminaires, place aux sélections ! Depuis 2004, les onze Challengers  et le Defender ont eu l’occasion de monter en puissance, de parfaire leur technique, de mettre au point leur(s) nouveau(x) Class America lors des Louis Vuitton Acts (treize en tout en Europe), à l’issue desquels des points bonus ont été attribués.

Car le jeu est désormais bien différent : tous les syndicats disposent du bateau qu’ils aligneront lors des deux Round Robin de la Louis Vuitton Cup, ce qui n’était pas le cas auparavant, en particulier pour *AREVA Challenge. FRA 93 s’est en effet présenté pour la première fois sur une ligne de
départ lors du Louis Vuitton Act 13, du 3 au 7 avril dernier. Tous les teams ont aussi découvert les formes réelles des carènes et des appendices de ces nouveaux Class America, lors de la cérémonie de « l’unveiling » le 1er avril. Et les conclusions semblent positives pour l’Equipe de France qui dispose d’un voilier dans la tendance générale côté caractéristiques, et qui a démontré un potentiel très convaincant.

Tous les matches comptent
Surtout que le format défini pour les sélections du Challenger final, est totalement différent pour les deux Round Robin de la Louis Vuitton Cup. Chaque équipe rencontre toutes les autres, soit vingt duels au total où chaque victoire compte deux points. A l’issue de ces deux premiers tours, seuls quatre syndicats resteront en lice le 7 mai prochain pour les demi-finales (14-25 mai), puis deux pour la finale (1-12 juin). L’objectif d’ AREVA Challenge est donc de cumuler le plus de victoires possibles pour intégrer ce quatuor majeur qui jouera les partitions finales ! Et le rythme s’annonce extrêmement soutenu puisque, lors du Round Robin Un (16-23 avril), les équipages auront deux duels par jour à enchaîner… Les prévisions météorologiques indiquent déjà que les premiers jours de course ne bénéficieront pas des conditions statistiquement habituelles à Valencia car le printemps n’est pas encore installé sur l’Espagne. Les équipes qui ont misé sur une situation stable pourraient être surprises si leur Class America est trop typé pour un vent thermique qui risque fort d’être aux abonnés absents…

Ce n’est pas le cas avec FRA 93 que son design team a conçu pour une grande polyvalence et une forte fiabilité structurelle, deux points qui s’avèreront capitaux à l’orée de ces premiers jours de course. Et de ce point de vue, le Louis Vuitton Act 13 a démontré, hors la suprématie rarement contestée du Defender suisse, que toutes les écuries avaient connu des hauts mais aussi de grands bas, même parmi les syndicats aux budgets conséquents… Et s’il y a quelques favoris qui émergent avant ces duels sans pitié, plusieurs ont été mis en ballottage et au vu du nombre d’outsiders redoutables, aucun indice ne semble permettre d’établir une hiérarchie absolue. L’équipe d’*AREVA Challenge est en tous cas prête à en découdre et dispose des atouts pour jouer dans le quartet final.

Classement des Louis Vuitton Acts et points bonus de la Louis Vuitton Cup :
1 – Emirates Team New Zealand : 158 pts = 4 bonus
2 – BMW Oracle Racing : 147 pts = 3 bonus
3 –  Luna Rossa Challenge : 145 pts = 3 bonus
4 – Desafío Español 2007 : 106 pts = 3 bonus
5 – Mascalzone Latino-Capitalia Team* : 103 pts = 2 bonus
6 – Victory Challenge : 83 pts = 2 bonus
7 – Team Shosholoza : 73 pts = 2 bonus
8 – AREVA Challenge : 72 pts = 1 bonus*
9 – +39 Challenge : 66 pts = 2 bonus (redressement)
10 – United Internet Team Germany : 42 pts = 1 bonus
11 – China Team : 18 pts = 1 bonus

Programme du Round Robin Un
Lundi 16 avril :
AREVA Challenge vs +39 Challenge
AREVA Challenge vs Mascalzone Latino-Capitalia Team
Mardi 17 avril :
AREVA Challenge vs Desafío Español 2007
AREVA Challenge vs Emirates Team New Zealand
Mercredi 18 avril :
AREVA Challenge vs Luna Rossa Challenge
Jeudi 19 avril :
AREVA Challenge vs BMW ORACLE Racing
AREVA Challenge vs Victory Challenge
Vendredi 20 avril :
Jour de réserve
Samedi 21 avril :
AREVA Challenge vs China Team
AREVA Challenge vs United Internet Team Germany
Dimanche 22 avril :
AREVA Challenge vs Team Shosholoza

Source Areva Challenge

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Bernard Stamm “Il ne faut pas banaliser la dernière étape”

Bernard Stamm à Norfolk
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Engagé depuis le 22 octobre dans la course autour du monde avec escales (Bilbao/Fremantle/Norfollk/Bilbao), Bernard Stamm est en passe de faire aussi bien que Philippe Jeantot et Christophe Auguin, les doubles vainqueurs du BOC. Une perspective qui enchante bien entendu le skipper de Cheminées Poujoulat, déjà vainqueur de cette course il y a quatre ans. Réjoui, mais lucide. « Le danger, c’est de considérer que c’est déjà gagné. Il ne faut pas banaliser la dernière étape. Elle est, certes, plus courte que les deux précédentes, mais ça reste une transatlantique, dans l’Atlantique nord, à une période où il y a du mauvais temps. C’est peut être sur cette étape que les conditions seront les plus difficiles. La route la plus courte nous fait monter au Nord et passe par le sud de Terre Neuve. Il se pourrait bien que les seuls icebergs que je croise sur ce tour du monde, soient sur cette étape. Le courant du Labrador les descend vers les bancs de Terre Neuve. Il ne faut pas non plus exclure, les avaries possibles. On sera portant la plupart du temps, pleine balle, et, sur l’eau, il y a pas mal de trucs qui traînent… Bref, tant que la ligne n’est pas franchie, je ne peux que faire tout le nécessaire pour mener à bien l’histoire jusqu’à Bilbao. Et c’est ce à quoi nous nous employons, ici à terre, en préparant au mieux Cheminées Poujoulat. A partir de dimanche, je m’en chargerai en mer. Chaque étape de la préparation du bateau, du skipper et de la navigation est importante. A bord d’un 60 pieds Open, il n’ y a quasi rien qui ne sert pas. C’est important que tout reste le plus fonctionnel possible tout au long du trajet pour être en mesure de se servir du plus gros pourcentage possible du potentiel du bateau et du skipper jusqu’à la ligne d’arrivée».

Les conditions météo prévues au départ laissent présager un premier run rapide pour décoller des côtes américaines. « On va partir juste derrière un front froid, avec des vents d’ouest, voire nord ouest, ça devrait démarrer rapidement ».
Bernard compte gagner Bilbao en moins de deux semaines.

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Le grand retour de Nicolas Troussel

Financo - Nicolas Troussel
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" Nicolas Troussel est en train de gagner son pari. Il est vraiment bien placé le garçon ! " lâchait Charles Caudrelier ("Bostik"), ce matin lors de la vacation. Et pour cause, "Financo", le bateau le plus Sud de la flotte, grapille des milles régulièrement sur les deux leaders. Hier au classement de 15h, le marin de Plougasnou, dans le Finistère, comptait 73 milles de retard sur le tandem Caudrelier – Rouxel, contre 26,8 aujourd’hui à la même heure, soit 46,2 milles de moins. " Ca fait du bien de reprendre quelques milles car ça commençait à être dur " explique Nicolas Troussel. En plongeant dans le Sud comme il l’a fait, le skipper de "Financo" a en effet considérablement rallongé sa route (d’environ 600 milles par rapport aux partisants de la route directe). Le 5 avril dernier, il comptait jusqu’à 296 milles de retard sur la tête de la fotte. De plus, il a flirté avec le fond du classement – la 18e place – pendant neuf jours ! De retour dans le top 3 depuis lundi, Troussel poursuit son "bonhomme de chemin ", comme il dit, et pourrait bien se retrouver au contact de "Bostik" et "Défi Mousquetaires" d’ici la fin de journée, sinon demain. " Si la météo reste telle qu’elle est là, ça promet d’être bien ! C’est sûr qu’on manque un peu de fraîcheur, même si on ne s’en rend pas forcément compte, parce qu’on a déjà 18 jours de mer derrière nous. Cependant, je pense être moins fatigué que Thomas et Charles. Ils ont été contraints de faire de nombreux empannages pour suivre le vent ces derniers jours, ce qui n’est pas mon cas. J’ai hâte d’en découdre sur la fin du parcours. Maintenant, ça va être du tout droit, il va simplement falloir jouer au mieux avec les variations du vent entre le jour et la nuit et ajuster sa trajectoire pour l’attérissage sur Marie-Galante", a t-il expliqué. Les navigateurs du Trophée Banque Privée Européenne vont, en effet, devoir choisir d’arriver par le Nord ou par le Sud sur l’île. Dans la journée de demain vraisemblablement. Mais tout est relatif, car il n’y aura plus beaucoup d’écart entre les Sudistes et les autres.

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Début du championnat d´Europe de Printemps des Star

Xavier Rohart et Pascal Rambeau
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Xavier Rohart et Pascal Rambeau, sélectionnés de fraîche date pour les JO, abordent l’épreuve de manière plus sereine, même si – comme pour toutes les compétitions avant le mondial de Cascais – ils cherchent « une place dans les cinq premiers, voire le podium » explique le barreur. Le tandem cherchera ainsi à optimiser le fonctionnement à bord et à valider des choix de matériel pendant ces cinq jours de course. Il gardera également un œil sur la concurrence sujette à « pas mal d’émulation » selon l’entraîneur Daniel Dahon. Le Brésilien Robert Scheidt, laseriste de légende converti au quillard cherchera à confirmer sa victoire insolente sur le Troféo Princess Sofia.

Interview de Daniel Dahon, entraîneur des Stars :
« Pour nous, le championnat d’Europe de Printemps fait partie d’un cycle d’entraînement avec deux régates de haut niveau (Xavier et Pascal viennent de terminer cinquième du Trophée Princess Sofia à Palma, ndlr). Sur cette régate, nous avons donc le souci de réfléchir à ce que l’on fait dans un souci de progrès. Le principal axe de travail est le fonctionnement à bord, c’est-à-dire la clairvoyance et la prise de décision car c’est sur ce domaine qu’ils ont la plus grande marge de progression. C’est un de leurs points forts mais ça peut aussi être leur point faible par moments. Ce séjour à Palma est une opportunité car c’est un séjour long qui nous apporte un certain confort pour réfléchir. Mais attention, nous voulons aussi bien régater. Nous en profiterons aussi pour suivre la concurrence. Il y a pas mal d’émulation entre les équipages étrangers qui sont tous en sélection ou en présélection pour les JO, ils auront donc un objectif de performance cette semaine. »

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39e édition de l’Edhec à Brest

Juris´ Cup 2005
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Avec ses 180 bateaux, l’Edhec ressemble à une grande classique

bretonne, style Obélix Trophy. A ceci près que le niveau n’y est pas

aussi élevé malgré la présence de quelques skippers pros qui viennent

prêter main forte aux étudiants.

Budget de 1,4 millions d’euros

A terre, en revanche, l’Edhec, ça impressionne : un village de 11.000

m², un budget opérationnel de 1,4 millions d’euros (2,5 millions

d’euros de sponsoring sur l’eau), 6.000 étudiants (dix nationalités)

qui apportent des retombées non négligeables pour l’économie locale, un

Trophée Terre mis sur pied il y a 14 ans afin de permettre aux

"non-voileux" de s’amuser sur des épreuves parallèles (courses à pied,

bike & run, tir à l’arc, escalade, canoë-kayak, descente en

rappel), et, bien sûr, des soirées inoubliables.

Escale à Camaret

Pour les amoureux de la régate entre trois bouées, cette 39e édition se

disputera sur deux ronds : les monotypes d’un côté (Figaro, Mumm 30,

First Class 8, Grand Surprise, Surprise, J 80), les HN de l’autre. Au

menu, des parcours "banane" et des côtiers, dont une escale à Camaret

le jeudi 19 avril afin de redonner à l’Edhec son aspect

"course-croisière".

Et, parce qu’il est aussi important de se souvenir des accidents du

passé, les organisateurs de l’Edhec ont décidé de mettre l’accent sur

la sécurité : en mer où le port du gilet de sauvetage sera

o-bli-ga-toire. "Avant le début des épreuves, tous les bateaux seront

également visités afin de vérifier le matériel de sécurité".

Philippe Eliès

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A 800 milles de l’arrivée !

Liz Wardley sur Sojasun Trophée BPE 2007
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Attention Papoue ! Hier après-midi, Liz Wardley (« Sojasun ») est venue s’installer à la troisième place du classement, en profitant de la longue descente vers le Sud de Nicolas Troussel (« Financo »). Liz Wardley est arrivée des Antipodes, il y a maintenant trois ans. Trois années à répéter ses gammes à Port-la-Forêt. Son assiduité paye depuis déjà quelques temps. Partisane de la voie Sud depuis l début, Liz depuis hier vient jouer les troubles fête dans le classement.
D’autant que ce matin, histoire d’énerver les garçons, la jolie Papoue vient de sortir de l’autoroute du Sud et fait maintenant route directe vers l’arrivée. « Cela devient compliqué, s’inquiète Thomas Rouxel (« Défi Mousquetaires »), à la vacation du petit matin. Au niveau de la météo, les incertitudes se multiplient et maintenant il faut en plus garder un œil sur Nico (Troussel) dans le Sud et sur Liz (Wardley) dans le Nord. Du coup, je ne sais pas trop quoi faire. Ce qui m’inquiète c’est que Liz ne fasse pas la même route que nous. Elle parie sur le fait que la molle annoncée soit absente. Si son pari réussi, elle se raccourcie énormément la route… Au Sud, Nico me fait rêver. Il est impressionnant dans ses décisions ultra radicales. Et je suis admiratif de sa manière de s’y tenir. Surtout que jusqu’à présent il s’y tient ! »

Le jeu se resserre.
D’autant que les Nordistes peuvent revenir jouer les trublions. Un retour qui agace Charles Caudrelier (« Bostik »). « Les options se multiplient. Liz tente le tout pour le tout et il va falloir la garder à l’œil. Si la molle annoncée n’est pas là, elle va cavaler vers l’arrivée. Il faut aussi se méfier des Nordistes. Les écarts se resserrent. D’ailleurs, c’est vraiment agaçant la chance qu’ils ont. Ils se mettent dans des situations catastrophiques, et à chaque fois, cela s’arrange pour eux… » En revanche, Charles se réjouit de la complicité qui s’est mise en place avec Thomas Rouxel. « C’est incroyable, nous avons les mêmes idées en même temps. Après chaque empannage, je vérifie aux jumelles la trajectoire de Thomas. Et à chaque fois, lui aussi a changé d’amure ! »

Dans le Sud, Nicolas Troussel (« Financo ») vient d’empanner et fait maintenant route directe vers la ligne d’arrivée. Le Finistérien reste serein, d’une humeur égale, essayant de naviguer le mieux possible, calé dans les schémas qu’il s’est défini, sans s’inquiéter de ses adversaires. « Je viens d’empanner et je suis au routage. C’est reparti en tribord jusqu’à l’arrivée ! J’ai inquiété les autres ? On verra ça demain. Je fais du 260° pour le moment. Mais avant ça, j’ai suivi ce que me disait le routage. Maintenant tout va bien. J’ai vu le retour de Liz mais ça ne m’inquiète pas. J’ai envie d’essayer de gagner la course et je fais ma route sans regarder les autres. Ça me semblait être bon par ici, donc j’y suis allé, on fera le point un peu plus tard. Dès ce soir, au plus tard demain matin, les choses devraient être beaucoup plus claires !

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Le jeu commence à s’éclaircir…

Nicolas Troussel
DR

" Ca déboule ! " lâche Marc Emig ("A.ST Groupe") dont le speedo affiche régulièrement 14-15 noeuds en vitesse instantanée ce mercredi. " Depuis ce matin, le vent est passé de 17 à 20-22 noeuds. Ca déménage, c’est nickel ! Il nous fallait ça ! ". Le skipper Marseillais grappille doucement des milles sur le trio de tête. Lundi, il comptait 84 milles de retard sur le tandem Charles Caudrelier ("Bostik) – Thomas Rouxel ("Défi Mousquetaires). Aujourd’hui à 15h, il en compte 30 de moins (54 milles). Mais c’est surtout Liz Wardley ("Sojasun") qui s’inquiète de voir les Centristes revenir au contact. La Papoue qui a décidé de se décaler un peu au Nord par rapport aux premiers a notamment vu fondre son avance sur Emig. Cet après-midi, seuls 11 milles séparent les deux marins. Marc peut d’autant plus être satisfait que les conditions prévues pour les prochaines 48 heures pourraient lui être favorables. " Si le vent va, semble t-il, mollir pour l’ensemble de la flotte, il ne devrait pas changer de direction. Tant qu’il reste orienté au 120-125 (Est Sud-Est, ndlr), pour nous au milieu, c’est banco car on fait route directe sur l’arrivée. Ca motive. Il faut être au taquet. Ces trois prochains jours, on risque de ne plus dormir des masses. On se dirige de plus en plus vers une arrivée type étape de Solitaire du Figaro ". Et pour cause, si les deux premiers ont un peu creusé l’écart, dernière un groupe de dix bateaux se tient en moins de 50 milles. D’ailleurs, Jeanne Grégoire ("Banque Populaire") est du même avis : " je suis un peu stressée car il va se passer encore beaucoup de choses d’ici l’arrivée. Ce sera comme une grosse étape du Figaro ". Plus que jamais, il est capital pour les navigateurs de se reposer, de bien se nourrir et s’hydrater correctement avant d’attaquer la dernière ligne droite de ce Trophée BPE. Voir ci-après l’interview du Docteur Jean-Yves Chauve.

Stressant, fatigant, usant…  trois mots qui sont revenus quasiment systématiquement ce midi, lors de la vacation officielle. Après 17 jours de course, le Docteur Jean-Yves Chauve, médecin de la course, fait le point.

" Il faut tenir la motivation. Si longtemps, ce n’est pas évident car c’est une sorte de stress permanant. Certes, c’est un stress positif, qui fait avancer, mais maintenir cette concentration, cette tension jusqu’au but, ce n’est pas facile. Il y a des moments où l’on est fatigué, des moments où l’on doute et il faut se relancer à chaque fois. De plus, sur ces petits bateaux, la notion de verticalité, est un vrai sujet. A bord, les mouvements sont parfois violents, selon les conditions de mer. La consommation d’énergie est énorme, même simplement pour tenir debout. Autre facteur important, sur un bateau, on vit pas mal de tâches répétitives. Quand on passe du temps à la barre par exemple, les gestes sont toujours les mêmes. A force, ça érode. De plus, on fini par s’ennuyer à le faire. C’est un élément négatif qui nuit à l’envie d’avancer. Il y a aussi la position dans la flotte. Quand on n’est pas en tête, c’est difficile de se dire qu’on va pouvoir revenir. La grande difficulté de cette course, c’est que les gens ont le temps de penser. Ce n’est pas très bon parce qu’on doute, on se questionne. Et par forcément dans le bon sens ! "

On imagine que c’est d’autant plus vrai maintenant alors que les écarts se resserrent…

– J.Y. C. : " Absolument. Le coureur se dit que le danger vient de partout. Il y a donc des doutes au niveau de la stratégie. A la fatigue s’ajoute la chaleur. Aux latitudes où évoluent actuellement les marins, il fait très chaud. Tout cela a des influences. Pour exemple, si un coureur a une déshydratation d’un litre et demi, ce qui n’est finalement pas beaucoup – pour une personne pesant 70kg, c’est la perte d’à peu près 1,5kg – cela représente une perte de capacités intellectuelles de 20% : c’est énorme ! Quelqu’un qui n’a pas assez bu va très vite être un peu déficitaire, à la fois sur un plan intellectuel et physique. Le manque d’hydratation peut considérablement nuire à la vision du plan d’eau. En mer, ils doivent boire 5 litres d’eau par jour au minimum. "

Cette dernière ligne droite s’annonce particulièrement disputée. Elle sera d’autant plus dure à appréhender ?

– J.Y. C. : " Tout à fait. Au contexte de fatigue importante, pour certains s’ajoutent des petit soucis physique, d’ordre cutané par exemple. On n’est pas dans les conditions d’une étape de Figaro car il y a quand même 20 jours de course derrière. Je pense que les coureurs se demandent s’ils vont être capable de prendre les bonnes décisions. Ils perçoivent qu’ils n’ont pas la clairvoyance qu’ils avaient au départ. Le fait de lâcher un peu peut tout remettre en cause. Il faut être à fond malgré la fatigue. Finalement, le problème de l’être humain, c’est qu’il doit être inconscient pour récupérer, contrairement à certains animaux, tels les dauphins, qui repose tantôt la moitié gauche du cerveau, tantôt la moitié droite… "

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