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Plateau haut de gamme pour la Rolex Sydney Hobart 2007

Sydney Hobart 2006
DR

La plus grande classique au monde des courses au large attire une nouvelle fois bons nombres de marins du monde entier. L’un des engagés les plus remarqués et les plus à craindre est City Index Leopard 3, anciennement ICAP Leopard 3, détenteur du nouveau record de la Rolex Fastnet Race en août dernier. Ce 100 pieds battant pavillon anglais est l’un des plus redoutables adversaires du maxi australien Wild Oats XI, actuel détenteur du record de la course, double vainqueur en temps réel et compensé en 2005 et, de nouveau vainqueur en temps réel en 2006.
Sur leur route, les Anglais de Leopard 3 devront faire face aux hommes de Grant Wharington sur Skandia (AUS) et Maximus de Bill Buckley (NZ).
 
Suite à un démâtage lors de la Rolex Maxi World Cup, en septembre dernier à Porto Cervo, l’équipe technique de Wild Oats en a profité pour doter le géant d’un nouveau mât, plus léger de 100 kg, préférant l’utilisation du carbone au PBO. Cette transformation permet à Wild Oats XI de porter 15% de toile en plus au près et 20% au portant. Evidemment, cette intervention a un coût ; Wild Oats a été contraint d’augmenter son rating et diminue ainsi ses chances d’accrocher une nouvelle victoire en temps compensé. L’objectif premier est donc bel et bien la victoire en temps réel.
 
De son côté, Skandia tentera une nouvelle fois sa chance pour décrocher une victoire qui semble lui échapper édition après édition. En effet, en 2003, Skandia avait échoué à seulement 3 milles derrière Wild Oats. L’année dernière, suite à des problèmes de dérive, Skandia avait été contraint de ralentir l’allure et de laisser filer ses concurrents directs.
Comme de nombreux bateaux engagés dans la course, Skandia s’est aussi offert le luxe d’une pause « chantier » afin d’effectuer une cure d’allégement.  Avec de nouveaux appendices, Skandia a gagné une tonne et demie par rapport à sa configuration 2006.
 
Certains concurrents sont taillés pour les courses au large, et prêts à affronter des conditions difficiles, tels que Maximus et City Index Leopard, alors que Wild Oats semble dessiné et davantage destiné aux courses côtières qu’au long parcours en haute mer.
« Leopard sera un concurrent très difficile à battre cette année. Il est plus grand et porte plus de surface de voile que nous. De son côté, Maximus dispose d’une quille plus profonde et d’un mât plus haut qui en fait une arme redoutable. », commentait Mark Richards, skipper de Wild Oats, à l’annonce de la liste des concurrents. Pour lui, les 4 supers maxis sont tous différents et seules les conditions météorologiques allaient décider de la victoire.
 
Leopard, dessiné par Farr et construit en Australie au chantier McConaghy a déjà prouvé son aptitude à naviguer dans des conditions difficiles lors de la Rolex Fastnet et de s’imposer avec, à la clé, un record. Avec un déplacement de 36,5 tonnes, Leopard est plus lourd d’une dizaine de tonnes que Wild Oats.
De son côté, Maximus a subi de gros changements au niveau de son gréement. Après son démâtage lors de l’édition 2006 de la Rolex Sydney Hobart, les architectes et les techniciens ont préféré un mât fixe au mât rotatif installé précédemment, et dont la taille est désormais de 5 mètres plus haut. Quelques changements au niveau de la structure ont permis de gagner en puissance et en stabilité.
 
Outre ces grands maxis qui visent tous une victoire en temps réel et pourquoi pas un nouveau record de l’épreuve, Rosebud de l’Américain Roger Sturgeon est le premier ST 65 répondant à la nouvelle « box rule » formulé par le Storm Trysail Club et le Transapacific Yacht Club. Cette jauge suit les règles de la classe des TP 52, afin d’encourager la performance sur des bateaux à quille fixe et au déplacement léger, construit à la fois pour évoluer lors de régates côtières mais également hauturières.
 
Basé en Floride, Sturgeon a établi pour Rosebud un programme mondial qui a débuté en juin dernier par la Newport Bermuda Race. Lors de la Transpac Race de Los Angeles à Honolulu, le voilier américain a réalisé le troisième meilleur temps. Sturgeon a ensuite ouvert sa campagne australienne par une victoire en IRC lors de la SOLAS Big Boat Series. Sur sa route, Rosebud devra également contrer les attaques d’Hugo Boss II, anciennement Assa Abloy, un Volvo 60.
 
Après 6 mois de croisière depuis Acapulco, Iataia est arrivé à Sydney et sera le premier voilier mexicain à participer à la Rolex Sydney Hobart. Une participation haute en couleur qui, espérons-le, donnera des idées à d’autres navigateurs d’Amérique Centrale ou d’Amérique du Sud.
 
Le départ de la Rolex Sydney Hobart sera donné le mercredi 26 décembre 2007 de la baie de Sydney.
 
Dernière minute : Le Super Max,i Maximus, a été contraint de se retirer de la course. Suite à une collision, Maximus a gravement été endommagé au niveau de la liaison quille coque. Une avarie irréparable dans un délai d’une semaine. L’un des prétendants à la victoire se retire donc.

(Source : Rolex/Sydney Hobart)

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Paprec-Virbac 2 intouchable

Paprec virbac
DR

La stratégie Sud de Jean-Pierre Dick et Damian Foxall a payé. Le duo leader a cravaché toute la nuit menant leur 60 pieds à 20 noeuds de moyenne ! A la mi-journée, Paprec-Virbac 2 affiche encore la meilleure vitesse de la flotte avec 18,7 noeuds moyens. Ainsi, en 24 heures, le tandem Dick/Foxall a repris plus de 70 milles (130 km) à Alex Thomson et Andrew Cape.

Sprint d’endurance
Il est d’ailleurs assez incroyable de voir le rythme que réussissent à maintenir les deux bateaux de tête. Un « sprint d’endurance », voilà ce qu’ils sont en train de réaliser, et cela, dans les contrées les plus hostiles qui soient pour un marin. Chapeau les artistes. D’autant que les conditions de navigation sont très difficiles : « on a 35-40 noeuds depuis cette nuit, et cela devrait durer jusqu’en Nouvelle Zélande. Il va falloir tenir ! Il y a beaucoup d’écume sur le pont, le bateau bouge tout le temps, il est très difficile de se reposer. C’est très fatiguant », avouait Jean-Pierre Dick à la vacation de ce jeudi.
Malgré ce stress et l’usure physique, les deux marins continuent de se relayer à la barre, pour tirer le meilleur de leur plan Farr : « on est sous pilote la nuit (les nuits durent environ 4 heures, ndlr) mais le jour, on barre» expliquait le skipper de Paprec-Virbac 2.

Stratégie complexe
Pour pimenter le tout, le schéma météo évolutif qui se profile depuis quelques jours à l’approche de la mer de Tasmanie complique encore la donne : « la situation météo est très complexe, les différents modèles météo ne s’accordent pas. On ne sait pas excatement encore où nous allons passer. Entre une route Nord ou Sud, le choix va être très délicat.», soulignait Jean-Pierre Dick.

Prudence toujours derrière
Temenos II poursuit sa route prudente vers la Nouvelle Zélande. La préocupation première du duo Wavre/Paret étant plus que jamais de préserver leur quille en fuyant les vents forts et les mers démontées des 40e. Depuis cette nuit, Dominique et Michèle semblent d’ailleurs avoir atteint la latitude souhaitée : ils font route à l’Est.
 
« Le bateau partait dans des très gros surfs ! »
Pour Mutua Madrilena et Educacion Sin Fronteras, il semble que le gros de la dépression soit passé : « le vent devrait légèrement s’atténuer dans les prochaines 36 heures pour se caler autour de 20/25 noeuds », précise Jean-François Bonnin de MétéoStrategy.
Si côté brise cela devrait devenir plus maniable, la mer, elle, reste formée longtemps sous ces latitudes où aucune terre ne vient stopper l’élan de ces montagnes d’eau glacée. Aux navigateurs de composer avec ces longs toboggans mouvants où les bateaux prennent de la vitesse, beaucoup de vitesse. « Hier on eu jusqu’à 43-45 noeuds de vent avec une grosse houle. Le bateau partait dans des très gros surfs. On a fait une pointe à 26 noeuds ! On s’est fait une petite frayeur aussi dans un empannage : le vent est monté d’un coup, juste au moment de la manouvre. mais bon ça va », positive toujours Servane Escoffier, « ça s’est un peu calmé, et on va pouvoir passer les Kerguelen avec un bon angle de vent. »

Le frois reste en revanche omniprésent pour ces deux équipages, avec 95 % d’humidité glacée à bord de Mutua Madrilena, et de la glace et de la neige sur le pont et dans les voiles d’Educacion Sin Fronteras.

Classement du 20 décembre à 16h00 GMT
1. PAPREC-VIRBAC 2  à 13 261 milles de l’arrivée
2. HUGO BOSS à 75 milles du premier
3. TEMENOS II à 1 441 milles
4. MUTUA MADRILENA à 1 930 milles
5. EDUCACION SIN FRONTERAS à 2 833 milles
ABD. VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD. ESTRELLA DAMM
ABD. DELTA DORE
ABD. PRB

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Aviva a démâté !

aviva
DR

Alors qu’elle avait enfin paré la pointe de l’Espagne pour rentrer dans le golfe de Gascogne et pour terminer sa première transat en solitaire sur un monocoque Imoca, Dee Caffari a vu son mât s’écrouler ce mercredi vers 7h00. Le vent de secteur Sud-Est soufflait alors à plus de 45 noeuds et la mer était bien formée en raison de l’installation d’une dépression entre les Açores et la péninsule ibérique. La navigatrice britannique a réussi à se débarasser au bout de deux heures, des morceaux de mât qui commençaient à poinçonner la coque puis à alerter son équipe technique à terre. Aviva marchait auparavant à neuf noeuds en route directe vers l’arrivée à Port la Forêt distante de 250 milles. Ce mercredi matin, Dee Caffari n’avait pas beaucoup d’opportunité pour rallier un port rapidement : non manoeuvrante en progressant à deux noeuds et en difficulté pour installer seule un gréement de fortune efficace, la solution s’oriente vers un remorquage sur le port espagnol de La Corogne, distant de 160 milles dans son Sud-Est. Le problème vient du fait que le vent est encore très soutenu dans cette partie du golfe de Gascogne et qu’il ne devrait mollir que demain jeudi matin…

Un Gascogne qui cogne

Jean-Baptiste Dejeanty n’est pas à la fête non plus dans ce golfe qui marque pourtant la fin de cette transat Ecover-BtoB ! A 70 milles de Port la Forêt ce mercredi à 6h00, Maisonneuve n’est pas attendu avant le début de l’après-midi car le solitaire avançait à petite vitesse face à un vent de secteur Est de plus de trente noeuds qui ne va tourner au Sud-Est qu’en fin de soirée… Handicapé par de nombreux problèmes techniques depuis des jours, le jeune skipper doit encore parer l’archipel des Glénan avant d’espérer conclure cette traversée de 4 120 milles. Le froid piquant et la mer dure qui balayent les côtes bretonnes ne sont pas la meilleure façon d’accueillir un marin après vingt jours de mer ! Quant au Canadien Derek Hatfield (Spirit of Canada), il n’est plus qu’à 200 milles du but et progresse à sept noeuds au près dans une brise musclée de plus de quarante noeuds… Son arrivée est prévue pour jeudi matin à Port la Forêt. Enfin, l’Américain Rich Wilson le suit avec cent milles d’écart et Great American III devrait couper la ligne d’arrivée jeudi en soirée.

DBo.

Arrivées à Port la Forêt :

1-Loïck Peyron (Gitana Eighty) en 14j 09h 13′ 25”

2-Kito de Pavant (Groupe Bel) en 14j 12h 22′ 49”, à 3 heures 09 minutes 24 secondes du premier

3-Michel Desjoyeaux (Foncia) en 14j 13h 43′ 24", à 4 heures 29 minutes et 59 secondes du premier

4-Yann Eliès (Generali) en 14j 19h 22′ 02”, à 10 heures 07 minutes 37 secondes du premier

5-Marc Guillemot (Safran) en 15j 08h 25′ 44”, à 23 heures 12 minutes 19 secondes du premier

6-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) en 15j 16h 24’34”, à 1 jour 07 heures 09 minutes 09 secondes du premier

7-Samantha Davies (Roxy) en 17j 17h 38′ 46”, à 3 jours 08 heures 25 minutes 21 secondes du premier

8-Yannick Bestaven (Cervin EnR) en 18j 00h 57′ 48”, à 3 jours 15 heures 44 minutes 23 secondes du premier

9-Arnaud Boissières (Akena Vérandas) en 19j 00h 57′ 26”, à 4 jours 15 heures 44 minutes 01 secondes du premier

 

 

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Francis Joyon à mi-parcours : interview

Francis Joyon - Trimaran IDEC
DR

Francis, l’idée du moment est de rester en avant d’une dorsale anticyclonique ?
«Oui, exactement. J’ai ‘speedé’ à fond toutes les dernières 24 heures pour ça… J’ai tiré un bord bâbord amure pour monter sur le 52e Sud, puis je suis redescendu le plus vite possible pour ne pas me faire rattraper par les vents faibles d’une dorsale anticyclonique qui se trouve juste derrière moi. Je ne sais pas si je vais réussir, mais je crois que je tiens le bon bout parce que le baromètre commence à baisser de nouveau, ça veut dire que j’arrive à aller un peu plus vite que la dorsale. »

Devant une dépression dans l’Indien et devant un anticyclone dans le Pacifique, donc ?
« C’est l’intérêt d’un bateau rapide : on peut vraiment jouer avec les éléments, se placer par rapport à eux. Enfin parfois c’est un peu limite, car IDEC n’est quand même pas aussi rapide que les grands bateaux qui font le tour du monde en équipage comme Orange… mais tout de même, on arrive à jouer… »

Ton record de l’Indien en solo, tu l’as laissé à Orange II en équipage pour être poli ?
« Oui, il faut être correct avec les garçons ! (rires) J’ai beaucoup d’admiration pour eux, donc si je commence à les vexer ce ne serait pas bien ! »

On t’imagine tout de même très satisfait…
« C’est vrai que c’est une grande satisfaction d’avoir fait aussi proprement cette première moitié (du tour du monde, ndr). Maintenant, j’attaque la deuxième partie, les questions se posent de nouveau, c’est le Pacifique qui commence… »

La carte postale du bord au 27e jour de course, par 54 degrés de latitude Sud ?
« Le vent vient du sud-ouest pour environ 20 nœuds, et c’est le contraire de chez nous : ici, il apporte la lumière, les grains, ça oblige à manœuvrer énormément pour gérer les nuages noirs chargés de pluie et de vents plus forts qui arrivent d’un seul coup. Il y a toujours beaucoup d’oiseaux, un mélange d’albatros et de plus petits, dans une belle lumière… c’est vraiment une très belle journée. Ce matin j’avais cinq mètres de houle avec un début de mer déferlante… mais le vent a molli et refusé et ça s’est un peu calmé. Le vent refuse maintenant, il va adonner ensuite de nouveau… il faut s’adapter, c’est une navigation vraiment intéressante… j’allais dire depuis hier, mais elle l’est depuis le départ ! »

La moitié du parcours c’est pour ce soir, cette nuit ?
« Oui, la moitié du parcours, c’est le sud de la Nouvelle-Zélande, dans à peu près 300 milles. J’ai regardé, en distance et en temps ça correspond. J’ai vu qu’Ellen était à peu près la moitié de son trajet en temps pendant son record, et moi aussi en 2004, j’étais à la moitié en temps  à cet endroit là…

Finalement tu n’as été que peu freiné ces derniers jours ?
« Je ne suis pas encore sûr à 100% d’échapper à l’anticyclone, mais j’ai de bonnes chances… ça permettrait de continuer encore quelques jours avec des moyennes correctes, oui. Je vais être fixé assez vite, ça va se jouer dans les 24 heures. Derrière, je pourrais avoir encore du sud-ouest de 15 nœuds forcissant, puis tournant à l’ouest. Donc, route directe dans un premier temps, puis il faudra que je tricote (pour donner de l’angle au bateau et ne pas le laisser plein vent arrière, une allure lente, ndr), je serai peut-être amené à descendre un peu plus bas, jusqu’à 55° ou  56° Sud, si nécessaire.

Justement, as tu fixé une « limite glaces » à ne pas franchir pour parer les risques d’icebergs ?
« Dans l’Indien, je ne voulais pas descendre au dessous de 53° Sud, maintenant c’est différent. C’est la météo qui décide et celle-ci est favorable pour aller plus bas. Et puis, j’ai les outils pour surveiller les icebergs avec le radar qui repère les parois des blocs de glaces. Enfin, contrairement à l’Indien où j’étais dans les brumes,  j’ai de l’horizon et une très bonne visibilité, cela permet de prévenir les risques. »

Pour être propre, non polluant, ton bateau n’a aucun moteur… le bilan à mi-chemin ?
« Cela fonctionne vraiment bien. Le fait d’avoir des sources d’énergie diversifiées est une super sécurité, quand je vois que parfois tu peux être à la merci d’une panne de moteur et être obligé d’abandonner faute d’énergie… L’éolienne tourne parfaitement, elle me fournit environ 70% de l’énergie dont j’ai besoin pour les instruments du bord, les panneaux solaires font le reste. Ils fonctionnent même par temps couvert et j’ai 20 heures de jour sur 24h en ce moment. Pour le complément, j’ai utilisé en tout et pour tout 4 litres de méthanol pour la pile à combustible. C’est agréable d’être en accord avec les éléments. Ici on est dans un milieu naturel propre : il n’y a pas une trace de sac poubelle, de plastique, de bouteille ou de déchet, rien, juste l’océan. La mer est absolument propre, quand on voit quelque chose ce sont des algues à la surface de l’eau et c’est bien de rester dans le respect de l’endroit où on navigue… »

Comment va le bonhomme ?
« Le froid on doit s’y habituer, car j’en souffre plutôt moins que la semaine dernière. Au niveau alimentation et sommeil, ça va mais j’ai eu 24 heures un peu difficiles car il fallait tout le temps surveiller le bateau et manœuvrer… La nuit tombe pour moi, je vais essayer d’en profiter pour récupérer un peu… »

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Duel en tête de flotte

hugo boss
DR

Bien évidemment, le duel se jouant aux avant-postes focalise les attentions, et Javier "Bubi" Sanso, skipper de Mutua Madrileña, avouait cet après-midi lors de la vidéo conférence : "J’aimerais bien sûr jouer avec eux, leur bagarre est fantastique !" A 1863 milles des leaders, Sanso et son compère Pachi Rivero pointent en 4ème position et tâchent de se maintenir entre 50° et 51° Sud, naviguant pour l’heure dans 30 à 35 noeuds de vent sous grand-voile arisée et trinquette, tandis que devant eux Temenos II a mis du nord dans sa route afin de laisser passer la grosse dépression qui va balayer l’océan Indien. Car il s’agit de préserver le matériel. Comme l’expliquait Dominique Wavre dans un message qui nous est parvenu ce matin, "On est triste de sentir notre bateau blessé. Un bateau, pour un marin, c’est beaucoup de choses, c’est notre maison, notre pote. Sentir qu’il est blessé à cour, comme ça, ça nous donne un sentiment relatif de malaise permanent. On gère les choses au mieux de ce qu’on peut faire et avec notre sens marin. Mais on n’est pas 100% à l’aise. On laisse le pilote faire avant tout. On manouvre pour garder une toile cohérente mais on se repose beaucoup."

A bord de Veolia Environnement. l’humour reste de rigueur !
Il est réconfortant de voir à quel point Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias, moins de 48 heures après leur démâtage, parviennent à conserver un moral ensoleillé. Ravis de pouvoir discuter avec Sébastien Josse, aujourd’hui présent lors de cette vidéo conférence, les deux compères de Veolia Environnement ont félicité l’équipage de PRB pour son beau début de course : "On a couru après vous dès le départ !", rappelait Roland Jourdain avant de revenir avec humour sur sa situation actuelle. "C’est bizarre de quitter la course, de rester sur le coursier, qui lui-même est transformé en barcasse (.) L’année prochaine, j’essaie de faire un tour complet !" Le navire blessé avance doucement mais surement vers le nord, et même si Jean-Luc Nélias concédait dans un éclat de rire "Au bout d’un moment, on va peut-être quand même s’emm…", pour l’heure les deux marins qui "commencent à revivre depuis quelques heures" ne se laissent pas abattre et ont trouvé le chemin de l’équipet "spécial Noël" – foie gras et bonnes bouteilles sont donc mis à contribution !

Le classement du 19/12/2007 à 16h00 GMT

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 13659 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 21 milles du leader
3 TEMENOS 2 à 1339 milles
4 MUTUA MADRILENA à 1867 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2635 milles
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB
ABD Veolia Environnement

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Veolia Environnement a démâté!

veolia
DR

Lorsque Roland Jourdain a prévenu son équipe technique de l’avarie, le monocoque rouge naviguait dans 25 à 30 nœuds de vent. Le bateau venait de planter dans une vague quand le mât est soudainement tombé. Les deux marins se trouvaient alors à l’intérieur du bateau et sont donc sains et saufs. Dans la nuit noire, ils ont réussi à récupérer la bôme et un outrigger avec lesquels ils envisagent ce soir de constituer un gréement de fortune dès le lever du jour. Pour l’heure, le monocoque rouge fait route dans l’Est au moteur vers la pointe de l’Australie, distante de 1660 milles. Au moment de l’accident, Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias se trouvaient en troisième position.

"Un planté dans la vague…"

Contacté en vacation à 22h50 (heure française), Roland Jourdain a expliqué : « Nous étions au portant sous grand-voile haute et gennaker dans des circonstances similaires à PRB, sauf que là, tout le mât est parti. Je me levais de la sieste, Jean Luc était de quart. Il y avait 22 nœuds avec des grains. On naviguait tranquille. Le bateau est parti dans un surf et arrivé en bas, il a planté dans la vague et le mât est parti. On était tout les deux à l’intérieur quand la risée est arrivée. Jean Luc est sorti sous la casquette, il a réglé le pilote et choqué un peu d’écoute… et le mât est tombé »

"La coque n’a rien"

« On a réussi à tout dégager rapidement, en une heure on avait réglé l’affaire. Le problème, c’est que la grand-voile recouvrait le bateau. On a du la découper. On a réussi à récupérer la bôme et un outrigger. Le mât a cassé à 4 mètres environ du pied de mât. Tout le reste est parti à l’eau. Les filières et les chandeliers sont arrachés, mais la coque n’a rien. Nous attendons que le jour se lève pour faire un gréement de fortune. Pour l’instant, nous faisons route au moteur vers l’Australie, à 5/6 nœuds de moyenne, avec une autonomie de 60 heures de carburant ».

La série noire

« C’est le troisième démâtage en une semaine, mais il est trop tôt pour savoir ce qui s’est passé. PRB et nous avons un mât identique, mais il n’a pas cassé au même endroit. Delta Dore a un mât différent…il y a des tonnes de raisons différentes qui peuvent expliquer ces démâtages ».

17 décembre, jour maudit pour Bilou

« Physiquement, nous étions fatigués après notre escale aux Kerguelen, mais on reprenait la route avec joie et motivation. On se disait qu’il pouvait se passer plein de choses. Et v’lan, c’est à nous que c’est arrivé. Ce qui est complètement fou c’est qu’il y a trois ans jour pour jour, je cassais ma quille dans le Vendée Globe et dans la même course en 2000, le 16 décembre, mon rail de mât ! C’est vraiment incroyable ! »

(source Barcelona World Race)

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Première nuit mouvementée à bord de Sodeb’O

Sodebo
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Thomas Coville et quatre de ses équipiers sont donc partis hier matin de la Trinité avec un trimaran recouvert de quelques milimètres de givre. Sitôt le débarquement des équipiers effectué au large du Conquet à 19h00,  et  après le franchissement de la ligne de Ouessant devant le phare du Créac’h hier à 19h43, Thomas Coville a entamé pour sa première nuit en solitaire une traversée tumultueuse du golfe de Gascogne.

Des conditions de navigation quelque peu éprouvantes, avec un vent oscillant et instable aussi bien en force qu’en durée, un trafic incessant et le passage de nombreux grains qui ont obligéThomas à beaucoup manoeuvrer pendant la nuit.

Un parcours digne d’une "autoroute bosselée" comme le décrivait ce matin le routeur météorologue Richard Silvani. Aujourd’hui, l’objectif est de permettre à Thomas de trouver le meilleur chemin afin de rejoindre la dépression actuellement au large du Portugal.

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9 jours, 12 heures et 3 minutes : Joyon explose le record de l’océan Indien

idec
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Neuf jours et demi pour avaler l’océan le plus redouté des marins. On a bien lu. A bord de son trimaran IDEC à la poursuite du record planétaire, Francis Joyon vient de pulvériser un nouveau chrono mythique, celui de l’Océan Indien en solitaire. Il améliore de trois jours six heures et cinquante-quatre minutes le temps de référence jusqu’ici détenu par Ellen MacArthur. Jamais un être humain seul sur une machine à voiles n’était allé aussi vite dans ce Grand Sud, en taillant sa route entre les célèbres et terrifiants Quarantièmes Hurlants et Cinquantièmes Rugissants. Il ne faut pas s’y tromper : c’est un exploit totalement hors du commun que vient encore de réaliser Francis Joyon. Le WSSRC, instance officielle des records océaniques, devrait officialiser rapidement sur les tablettes ce nouveau chrono, après celui des 24 heures. Une haute distinction de plus pour celui qui détient aussi désormais les meilleurs temps de passage à l’Equateur, à Bonne Espérance, à Leeuwin. Jusqu’ici, c’est grand chelem absolu pour le skipper d’IDEC, à la modestie inversement proportionnelle à la performance. « Je fais mon boulot de marin, c’est tout, tu vois… » dit Francis.

A 59 minutes d’Orange II…
On a bien compris. Un des aspects du boulot de Monsieur Joyon était donc ce matin de couper la longitude 146°49 Est, soit la verticale de South East Cape, en Tasmanie. Ce qu’IDEC a donc fait, à 20 noeuds de moyenne, en cherchant toujours à prendre de l’angle dans une vent trop plein arrière à son goût. Grand seigneur, Francis Joyon a laissé à l’équipage de l’Orange II de Bruno Peyron le record absolu pour… 59 minutes. Il ne sera donc pas écrit que cet homme veut tout pour lui. « C’est sûr que mes temps de passage et les records glanés sur la route  sont un plus pour le moral », avouait tout de même hier Francis Joyon, au moment de la vacation radio. On le comprend. Mais ce qui l’intéresse surtout, c’est « que ce passage marque la frontière, la véritable entrée dans le Pacifique» . Ce Pacifique au bout duquel il y a le Cap Horn, synonyme de remontée à la maison.

Un anticyclone aux fesses
Ce Pacifique qui pourrait ne pas être très accueillant dans les jours qui viennent, non pas à cause de sa fureur – pour une fois – mais à cause d’une menace de calmes. Explication du météorologue Jean-Yves Bernot, routeur d’IDEC : « dans les trois jours qui viennent, tout le jeu pour Francis est de cavaler devant une dorsale anticyclonique et de ne pas se faire reprendre par elle. Cela peut bien se passer. Pour l’instant il faut courir devant… » .
Autrement dit, après avoir avalé l’Indien avec une dépression aux fesses, Francis Joyon entame donc le Pacifique avec un anticyclone derrière lui !. Mais le constat est le même : il faut foncer devant le danger, ne pas se faire mordre. Il y a quelques jours, Joyon plaisantait à ce propos : « peut être que si on lâchait des chiens enragés aux fesses des marathoniens, ils courraient plus vite ?» Jusqu’ici Francis a gardé tous ses fonds de pantalon intacts.

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“Match race” made in Grand Sud

Paprec virbac
DR

Dès les premières lueurs du jour, Roland Jourdain et Jean Luc Nelias ont établi un gréement de fortune – « un beau cerf volant pour le vent arrière » – et font cap vers la pointe sud-ouest de l’Australie à 6/7 noeuds de moyenne. Les ports australiens les plus proches étaient ce matin situés à plus de 1600 milles du bateau rouge, soit à ce rythme, une bonne quinzaine de jours de navigation.
Lors d’une visioconférence exceptionnelle organisée ce matin à Barcelone, Roland Jourdain est revenu sur les circonstances de l’accident et ne cachait son désarroi. Comme à leur habitude aussi, les deux hommes ont trouvé le moyen de dédramatiser en s’offrant en direct une bonne tartine de foi gras, accompagnée d’un verre de vin. « On ne va pas s’entredéchirer maintenant. On va parler de la vie, digérer tout ça et se soutenir le moral jusqu’au bout. C’est l’avantage d’être à deux » confiait ‘Bilou’.

La loi des dominos
Après PRB et Delta Dore (arrivé ce matin à Cape Town), cela porte à trois le nombre de bateaux victimes de leur espar sur cette Barcelona World Race. Cette sérieuse épidémie de démâtages (à laquelle il faut ajouter celui de Brit’Air dans la transat qualificative au Vendée Globe) interpelle forcément  les acteurs de la classe Imoca, au premier rang desquels Roland Jourdain : « Il est sûr que nos bateaux sont plus toilés ; plus légers et plus puissants que l’ancienne génération (datant de 2004), ils sont plus raides à la toile, l’ensemble du gréement et de la plateforme sont davantage sollicités. Mais normalement, c’est pris en compte et c’est calculé. Je ne sais pas à quoi tous ces démâtages sont dus. On a certainement une part de responsabilité dans l’escalade à la performance. Ce sont peut-être des erreurs collectives obligées avec l’évolution des bateaux. Mais quand même, là, ça casse dans tous les sens, ça fait beaucoup et je ne suis pas content (.). Très honnêtement, la configuration que nous avions hier (au vent arrière sous gennaker et grand-voile haute avec 22 noeuds de vent moyen), j’aurais eu exactement la même si j’avais été en solitaire ». L’année prochaine dans les hangars, la liste de travail sur les 60 pieds devrait être bien fournie, pour la plupart des équipes.

Extension du domaine de la lutte
En tête, le duel entre Paprec-Virbac 2 et Hugo Boss a pris des airs de match racing au portant. C’est bien simple : depuis le 14 décembre et l’arrêt au stand de Veolia Environnement aux Kerguelen, offrant à Hugo Boss la deuxième place, Alex Thomson et Andrew Cape ont gagné 200 milles sur les leaders ! Soit 50 milles de gain quotidien. Comme l’expliquait Alex Thomson aujourd’hui, lui et son co-équipier ont simplement bénéficié de conditions plus favorables : un meilleur angle de vent et un flux plus soutenu leur ont permis de tenir des moyennes supérieures à celles des leaders.
En fin de journée, les deux adversaires étaient sur le point de passer la porte de sécurité australienne. Ils se dirigent désormais vers la porte 5, le détroit de Cook (passage qui sépare l’île du Nord de l’île du Sud en Nouvelle-Zélande), à 2700 milles de leurs étraves. Cette portion de parcours sera semé d’embûches comme l’expliquait Damian Foxall : une série de dépressions, des allures de largue et pas mal de vent seront au rendez-vous dans cette zone mal pavée.
Derrière, Temenos II  a passé la porte de sécurité glaces B (dans le sud des Kerguelen) et remonte à son tour vers l’Australie, en mode ‘piano’, pour préserver sa quille.
L’équipage 100% espagnol de Mutua Madrileña, pour l’instant à l’avant de la dépression annoncée, était aujourd’hui le plus rapide de la flotte (17 noeuds de moyenne), tandis qu’Educacion Sin Fronteras, après avoir rencontré des vents faibles dans l’oeil de cette même dépression, naviguait cet après -midi sous 30 noeuds de vent. Le coup de tabac attendu pour les derniers concurrents devrait d’ailleurs être moins fort que prévu.

Le classement du 18/12/2007 à 16h00 GMT
1 PAPREC-VIRBAC 2 à 13948,8 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 38,4 milles du leader
3 VEOLIA ENVIRONNEMENT à 1099,0 milles – a démâté lundi 17 dec à 18h00 GMT
4 TEMENOS 2 à 1295,4 milles
5 MUTUA MADRILENA à 1950,3 milles
6 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2701,5 milles
ABD ESTRELLA DAMM   
ABD DELTA DORE   
ABD PRB  

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Sodeb’O face à 50 noeuds

sodebo
DR

La voix est claire depuis le large. Le chrono tourne depuis 19h43’21’’ hier soir et le skipper de Sodeb’O est déjà bien dans sa peau de marin solitaire : « après la ligne, j’avais la tête comme dans un étau avec toute l’émotion du départ. Je ne me trouvais pas brillant en manœuvres mais je suis vite entré dans « mon » monde et il le faut. Tu dois être tout de suite dans le match sinon tu peux vite faire une bêtise. »

La foudre s’abat sur le mât
Malgré l’exigence de la fenêtre météo choisie par Thomas et son équipe, le trimaran de 105 pieds a tracé une diagonale parfaite à travers le Golfe de Gascogne, dans un vent d’Est-Nord Est oscillant de 17 à 31 nœuds. Ajouté à la mer courte et au trafic maritime, le skipper n’a pas dormi et s’est surtout fait une sacrée frayeur au lever du jour : « vers 6h30 ce matin, nous sommes passés sous un gros amas nuageux avec 45 nœuds de vent dans le grain et j’ai pris la foudre en tête de mât ! Ça a « cramé » la girouette mais un fusible a protégé l’électronique et les instruments. Je ne vois pas d’explication et cela aurait pu être bien pire. Je monterai changer la girouette dès que les conditions le permettront . »

Corps à corps en prévision
Une accalmie a permis à Thomas de dormir pour la première fois cet après-midi et de préparer l’approche du centre dépressionnaire qu’il contourne au large des côtes portugaises. Le vent pourra atteindre 50 nœuds en rafales, avec un empannage à effectuer en milieu de nuit : « La température est montée à 14 degrés, c’est donc plus agréable. Je charge actuellement les batteries du bord. Je vais dormir encore cet après-midi et mon repas de ce soir est déjà prêt. Dès le départ de ce record, nous savions que nous aurions deux nuits difficiles à passer avant de retrouver une situation météo plus classique. Cela va déterminer beaucoup de choses pour la suite. »

Malgré cette entrée en matière "musclée", le skipper se déclare « heureux à bord de ce bateau qui ne s’arrête jamais dans la vague mais passe sans effort avec un mouvement toujours très beau à voir. Une vraie sérénité pour moi, même surtoilé, je suis en confiance ».

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