Du très beau spectacle sur la ligne de départ Qui dit plus de vent dit plus de spectacle et voir 10 multicoques s’élancer sur la ligne de départ par 15 nœuds de vent est particulièrement spectaculaire. Les départs sont d’ailleurs particulièrement disputés. A ce jeu, les jeunes loups du circuit, comme Pierre Hingant sur Inizmé ou encore Victorien Erussard sont particulièrement incisifs. Crèpes Whaou! s’est vu rappeler à l’ordre dans la troisième manche, devant repasser la ligne pour un rappel individuel.
Classement du jour bouleversé par une casse sur Whaou! Le skipper malouin, Franck Yves Escoffier, domine pour le moment les débats sur le Trophée Prince de Bretagne-Côtes d’Armor. Il aura fallu une avarie pour empêcher Crèpes Whaou! de remporter toutes les manches de la deuxième journée. En effet, à la fin du premier tour de la deuxième manche, le chariot de grand de voile a cédé, contraignant l’équipage à abandonner pour réparer. «le chariot a cassé sur une erreur de manœuvre. Il y aura tout de même quelque chose à revoir avant la Transat Jacques Vabre », précisait Franck Yves Escoffier. Mais le leadership d’Escoffier est difficilement contestable car même lorsqu’il a du repasser la ligne de départ et s’élancer en dernière position, le grand trimaran rouge a passé la ligne d’arrivée en tête. « Le bateau va vite et le plan de pont nous permet de manœuvrer rapidement, ce qui aide sur ce genre d’épreuve" précise celui qui est aussi le président de la classe Multi50.
Pourtant, au classement général et avant jury, Crèpes Whaou! passait en troisième position à la fin de la journée à cause de cet abandon. Il faudra que Franck Yves Escoffier remporte au moins trois manche demain pour espérer remporter ce Trophée, le dernier avant la Jacques Vabre.
Inizmé fait de la résistance Sur les deux premiers jours, une hiérarchie semble se dessiner. Crèpes Whaou! domine, devant actual, suivent ensuite Laiterie Malo et Prince de Bretagne. Mais il est difficile de dire si cette hiérarchie est figée dans la perspective de la Transat Jacques Vabre, quand l’on sait que les deux bateaux les plus récents, que sont Actual et Prince de Bretagne, n’ont que très peu de milles à leur actif et qu’ils sont en pleine phase de test. En outre, ils semblent être plus conçus pour le grand large que pour la régate entre les bouées.
Un autre bateau tire son épingle du jeu. Il s’agit d’Inizmé, le bateau skipper par Pierre Hinguant. Le bateau le plus vieux de la flotte (il a plus de vingt ans) fait mieux que de la résistance, puisqu’il se classe régulièrement en quatrième position. « Les deux premières manches de la journée n’étaient pas favorables au bateau car c’était beaucoup de travers », précise le jeune skipper de Saint Malo, «par contre, l’après midi, avec des manches plus tactiques et du près et du portant, nous avons pu nous placer quatrième à deux reprises. L’équipage a fait un gros boulot, car le bateaux est très physique. »
Classement général après 7manches et avant jury 1 Actual 8pts 2 Laiterie de Saint Malo 10 pts 3 Crèpes Whaou!14 pts 4 Prince de Bretagne 18pts 5 Inizmé 21 pts 6 Grand Largue Composite23 pts 7 Itoha 24 pts 8 letelegramme.com 29pts 9 Délirium 35 pts 10 FenêtréA-Cardinal 40 pts
La mi-journée semblait propice aux figaristes engagés sur le Vendée Défi. Parti à 12h00, Christophe se réjouissait à l’arrivée au ponton : « c’est ma deuxième victoire et je suis content ! J’avais d’abord choisi une fenêtre à 9h15 ce matin mais le vent n’était pas très présent sur la ligne de départ. Je suis reparti à midi et l’option s’est avérée payante ». Le skipper Rochelais, toujours détenteur du meilleur chrono établit cette semaine, était talonné de très près sur la ligne de départ par Laurent Gouézigoux (Trier, c’est préserver). Parti 10 minutes après Christophe, Laurent aura mis 2 minutes de plus que son camarade sur la même distance et se classe ainsi deuxième de la journée.
Armel Tripon (Gedimat), parti à 9h16m19s aura été le plus rapide à rejoindre la Sablaire en 1 heure 54 minutes, à une vitesse de 7,6 nœuds : « Je suis parti sous spi, avec 15 nœuds de Nord-Ouest et ça a tenu bon sur un bord jusqu’à l’arrivée à l’Ile d’Yeu ». Cependant, le parcours retour du skipper de Gedimat s’est effectué avec moins de vent que pour les concurrents de l’après midi et Armel accuse un retard de 20 minutes sur Christophe à l’arrivée. Fréderic Rivet sur Ti Waï 2 avait également fait le choix de partir tôt : « j’ai vite vu que je n’allais pas faire un bon temps et j’ai donc décidé d’abandonner et de partir avec le créneau le plus tardif (13h55) ».
En fin de matinée, Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires) et Louis-Maurice Tannyères (Joanna) ont franchi la ligne de départ à une demi-heure d’intervalle. A l’arrivée, Louis-Maurice avait parcouru la distance en 2 minutes 30 de moins que Thomas et signait ainsi la troisième meilleure performance de la journée.
Jean-Pierre Nicol (Gavottes) et Fréderic Rivet ont malheureusement fait les frais d’un invité imprévu sur la ligne de départ : la pétole. Malchanceux hier en franchissant la ligne d’arrivée 5 minutes après sa fermeture en ayant un très bon chrono, Jean-Pierre finit aujourd’hui à 18 minutes du premier figariste. A son arrivée au ponton, le skipper revenait sur sa journée : « il y a tout de même un point positif aujourd’hui : j’ai fini la manche, suis arrivé dans les temps et marque quelques points au classement général ».
L’équipe, connue sous le nom d’Italia 70, fera en sorte qu’un équipage 100% italien participe aux deux prochaines éditions de l’épreuve. Lors de la première édition de la Whitbread / Volvo, trois équipes italiennes avaient participé, mais la dernière participation d’une équipe 100% italienne date de 1993-1994.
Soldini, âgé de 43 ans, a déjà bouclé deux tours du monde en solitaire et a effectué plus de trente transats. Il a annoncé cette participation lors d’une conférence de presse au Yacht Club Italiano à Gênes ce jeudi après-midi : "Participer à cette régate est le rêve de ma vie. J’étais tout petit lors de la première course en 1973, mais je me souviens que je me disais que c’était une aventure fabuleuse. C’est en fait la plus grande aventure et je veux en faire partie". Italia 70 a déjà acquis Ericsson 3, le VO70 utilisé par l’équipe nordique, qui a terminé quatrième lors de la dernière édition du tour du monde en équipage avec escales. "La raison pour laquelle on a acheté Ericsson 3 était de nous permettre d’avoir autant de temps que possible. En Italie, nous avons beaucoup de marins de talent, mais nous n’avons pas beaucoup d’expérience et il va falloir nous entraîner immédiatement".
La Fédération Italienne va fonder une école de la voile en collaboration avec Soldini. L’équipe tient aussi à faire des efforts concernant la protection de l’environnement, que ce soit au niveau des sources d’énergie ou du traitement des déchets.
Thomas Rouxel aura pris des risques pour signer le meilleur temps de la journée. Parti à 12h00m57s, le skipper de Défi Mousquetaires a, selon ses camarades, choisi la meilleure fenêtre. « L’aller a été très long (3h45) car j’ai eu 6 miles de bord de près avant de passer la Sablaire. C’est lorsque je suis arrivé au 2ème tiers de la route retour que le vent est progressivement monté pour atteindre 14 nœuds à l’arrivée sur Saintt-Gilles », expliquait Thomas le sourire aux lèvres à l’arrivée au ponton. Louis-Maurice Tannyères (Joanna) obtient le second chrono à sa grande satisfaction : « Je suis content ! Je fais deuxième, je m’amuse et il fait beau. J’ai fait une option à terre à la Sablaire qui a été payante et je m’en réjouis ». Il est suivi par Fréderic Rivet (Ti Waï 2).
Jean-Pierre Nicol (Gavottes) a été trop gourmand en choisissant une fenêtre trop tardive. Parti à13h01, il n’avait pas franchi la ligne d’arrivée à 18h30. De son côté, Laurent Gouézigoux (Trier c’est préserver) a décidé d’abandonner en milieu d’après midi. Un record est tout de même tombé aujourd’hui : celui du défi le plus long : en 7 heures 2 minutes et 7 secondes, Christophe Espagnon (Groupe Legris Industrie) détrône ainsi Frank Legal qui le détenait depuis 2005 en 6 heures et 21 minutes.
Temps établis le mercredi 23 septembre 2009
1 / Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires) en 6h17m08s 2/ Louis-Maurice Tannyères (Joanna) en 6h48m11s 3/ Frédéric Rivet (Ti Waï 2) en 6h51m26s 4/ Armel Tripon (Gedimat) en 6h56m33s 5 / Christophe Espagnon (Groupe Legris Industrie) en 7h02m07s
Sous les ordres de Yann Mérour puis de Loïc Le Mignon, boat captain, le mât qui culmine à 41 mètres retrouve la minuscule boule de titane sur laquelle il pivotera autour du monde. Puis, les haubans viennent se fixer sur chacun des flotteurs où Gaël de Kerangat, membre du team depuis 1999, a pris place.
Alors que le soleil breton pointe au-dessus des blocs de l’ancienne base sous-marine de Lorient, Groupama 3 s’en va retrouver son ponton «Course au Large » où, durant trois jours, les membres du team vont l’équiper pour les prochaines navigations : "Aujourd’hui, Groupama 3 est arrivé à maturité. Je fais partie des derniers dinosaures qui sont à la fois préparateurs et navigants. L’avantage, c’est que je connais le bateau dans ses moindres détails. En mer, j’en fais régulièrement le tour pour m’assurer que tout va bien. Le seul inconvénient, c’est que je n’ai pas beaucoup de temps pour moi " raconte Loïc Le Mignon qui ajoute : « Il va falloir que j’en prenne pour me préparer psychologiquement et physiquement car, le tour du monde à la voile, ce n’est pas rien. Et puis il y a aussi la famille dont il faut profiter ».
Calme et serein du haut de son mètre quatre vingt dix, Loïc ne cache pas son envie d’en découdre. La boucle d’oreille en or qu’il porte à l’oreille gauche est celle des cap-horniers, celle qui se gagne. Pour lui, c’était à bord d’Explorer Innovation avec Peyron qui, en référence à un troisième Loïck, Fougeron celui-là, a rajouté un K à son prénom. Aujourd’hui capitaine de Groupama 3, il a hâte de retrouver la mer. Ce sera lundi prochain pour trois journées d’essais et d’entraînements, histoire de s’assurer de la justesse des quelques améliorations apportées ces dernières semaines, notamment sur les appendices. Puis, ce sera trois autres journées en haute mer avec, cette fois, l’équipage du Trophée Jules Verne au grand complet.
Amsterdam, ses canaux, ses vélos, son port… et ses marins qui chantent ! Et même si nos skippers seront sans nul doute concentrés sur leurs trajectoires et la pression des points à prendre pour pousser la chansonnette à la barre, il y a fort à parier qu’ils se laisseront charmer par l’atmosphère particulière de cette régate en pleine ville. D’évidence, et peut-être encore plus que nulle part ailleurs, il sera ici essentiel de ne pas se faire "enfermer", tant l’étroitesse du plan d’eau limite les portes de sortie – en clair il faudra faire très attention aux risques de "contacts", soit avec ses rivaux soit avec les quais bordant la zone de course !
Comme le soulignait aujourd’hui Pete Cumming, skipper de Masirah (Oman Sail) et solide leader au général, "Sur ce plan d’eau des plus piégeux et imprévisible, les régates vont être intéressantes ! Nous avons navigué hier à trois bateaux et cela nous a déjà paru étroit, alors j’imagine à peine lorsque nous serons neuf ! Je m’attends à voir pas mal de pénalités distribuées, et il va falloir s’accrocher pour garder de la régularité. L’expérience de l’an passé va sans doute nous aider, mais hier à l’entraînement on avait parfois l’impression de slalomer d’obstacle en obstacle – quai en béton, péniche, quai en béton… Une chose est sure, le spectacle ne va pas manquer.
Pour Renaissance (Oman Sail) et Gitana Extreme – Groupe LCF Rothschild, la situation est encore plus tendue puisque les deux équipages sont à égalité de points et s’affronteront pour la seconde place au général. « Je ne connais pas personnellement le lieu des régates mais sur le papier il s’agit d’un plan d’eau étroit qui peut totalement redistribuer les cartes. Nous allons naviguer en plein cœur de la ville et je ne serais pas étonné de voir un bateau gagner une régate et fermer la marche de la suivante » prévenait le skipper de Gitana Extrême- Groupe LCF Rothschild. « C’est encore un peu loin, mais globalement nous devrions avoir du petit temps (vent faible, ndlr). L’année dernière, les régates s’étaient déroulées dans des conditions équivalentes. Mais ici on parle de l’observation d’un système général et il nous faudra prendre en compte l’environnement du plan d’eau (immeubles, arbres …) qui viendra immanquablement perturber la donne.»
Gilles Chiorri, Directeur de l’événement, analysait la situation ce matin : "Le régime anticyclonique centré sur la Bretagne va nous donner des conditions très légères, avec de 2 à 8 nœuds de vent et la possibilité de petites claques à 10 nœuds. Le soleil sera de la partie, ce qui fera la joie du public profitant du spectacle. Les parcours ne feront que 875 mètres de long sur 265 de large, autant dire que les échappatoires sont limitées !"
Trois manches d’entraînement sont programmées aujourd’hui dans le cadre de la journée media, les hostilités débutent demain à 14 heures…
Ils sont tout de même seize centenaires aux Régates Royales de Cannes ! Vénérables anciens refaits de la pomme de mât au pied de quille, répliques authentiques des voiliers de cette fin de 19ème et du début du 20ème siècle, voiliers aux histoires maritimes exceptionnelles : qu’ils aient traversé plusieurs fois l’Atlantique, brillé dans les eaux tumultueuses du Solent, cherché leur route dans les brumes de Newport, participé aux grands rendez-vous nautiques des rois et des princes, échoué au fond d’une vasière transformée en house-boats… Depuis quelques années grâce à l’énergie de propriétaires passionnés et de chantiers navals conservant les gestes ancestraux des charpentiers de marine, ces magnifiques voiliers se confrontent encore amicalement pour le plus grand plaisir des yeux et le plus grand bonheur de leurs équipages. Sensations magiques que la puissance développée par ces élégantes carènes d’acajou, de chêne, de pitchpin, d’orme et de hêtre. Crissements des cordages dans les poulies en gayac, grincements des bastaques sous la tension des mâts en spruce, miaulements des encornats ballottés par le clapot… Naviguer sur ces bâtiments historiques est un pur moment d’émotion et un véritable honneur pour mieux comprendre comment ces marins d’antan arrivaient à tirer la quintessence de ces carènes épurées.
Un doux zéphir Sur le plan d’eau de Cannes où ne soufflait ce jeudi qu’une brise molle de Nord-Est 8 nœuds, les Yachts Classiques s’élançaient sur le parcours n°6 vers le Golfe Juan, mais la brise devenait de moins en moins coopérative et le Comité de course se voyait contraint de déplacer la ligne à la bouée de la Fourmigue. Les arrivées se succédaient à un rythme de légionnaires, sous un soleil de plomb et un zéphir qui prenait la poudre d’escampette… Les résultats n’étaient pas attendus avant plusieurs heures car beaucoup d’équipages n’avaient pas encore contourner Sainte-Marguerite en milieu d’après-midi !
Toutefois après deux manches, les Régates Royales-Trophée Panerai ont déjà mis en avant plusieurs équipages dans chaque catégorie : trois voiliers n’ont pas fait de quartier puisqu’ils s’imposent sur les deux premières manches courues à l’image de Peter (Claudio Mealli) parmi les Epoques Marconi de moins de 15 m, de Rowdy (Graham Walker) chez les Epoque Marconi de moins de 23 m, et de Chaplin (Bruno Puzone Bifulco) en Classique Marconi de moins de 15 m. Les autres catégories semblent plus ouvertes avec un joli combat entre Spirit of Tradition où le 12mJI French Kiss doit contrer les assauts des Suisses, Choices (Beat Kuehni) et Duclop (Robin Detraz).
Oriole (Francis van de Velde) est un adversaire de taille pour l’habitué des podiums, Bonafide (Giuseppe Giordano) tout comme Avel (Nicolas Draminsky) parmi les Epoque Aurique. Sagittarius (Florence Laffite), Swala (Luciano Brovelli) et Astrée III (Jacques Guillaume) vont devoir batailler ferme pour se départager chez les Classique Marconi de plus de 15 m. Enfin, le 15mJI centenaire Tuiga (Bernard d’Alessandri) est en ballottage face à Moonbeam IV (Mikael Creac’h) et le Classe J Cambria (Chris Barkam)… Il y a encore de l’eau à courir, mais il va falloir rester concentré pour exploiter chaque risée et affiner les réglages de flèche et autres clinfocs !
Retard à l’allumage Il a fallu patienter un peu dans le port de Cannes avant que le vent ne puisse vraiment s’établir de secteur Nord-Est d’une huitaine de nœuds. Les Dragon étaient les premiers à quitter les pontons vers midi et ne pouvait courir qu’une manche dans des conditions similaires : rappel général, départ sous pavillon noir et une deuxième manche à suivre qui ne peut être lancée faute de brise. Une première hiérarchie se dégageait pourtant avec l’Américain Yvan Bradbury en pointe : déjà second mercredi, il s’adjugeait la manche du jour devant le Britannique Lawrie Smith qui avait été éliminé sous pavillon noir la veille ! Le Russe Anatoly Loginov restait toutefois dans le match avec une troisième place alors que le Champion du Monde en titre, le Danois Poul Hoj-Jensen ne faisait pas beaucoup mieux que la veille… et que l’Allemand Thomas Müller s’enfonçait à la quinzième place ! Résultats provisoires Manche 2 : 1-Blue Haze (Yvan Bradbury) USA 2-Alfie (Lawrie Smith) GBR 2-Annapurna (Anatoly Ligonov) RUS 4-Cloud (Duca) ITA 5-Christina (Sorensen) IRL 6-Lei-lin’s Filrtation (Ron James) GBR 7-Danish Blue (Poul Hoj-Jensen) GBR 8-Princess Jalina (David Palmer) 9-Thouban (Christian Borenius) FIN 10-Eostig (Philippe Rossignol) FRA
Chaplin et la Marine Italienne Dominateur depuis qu’il sillonne le circuit méditerranéen des Classiques Marconi, Chaplin est désormais armé par la Marine Nationale Italienne pour former des cadets et entraîner des sportifs de haut niveau, sous la houlette de Bruno Puzone Bifulco, directeur des sports véliques de l’Etat Major : « C’est la première fois que le bateau vient aux Régates Royales de Cannes. En fait, nous avons commencé le circuit méditerranéen avec les Voiles d’Antibes, puis à Ajaccio, La Spezia, Elbe, Naples, Porto Rotondo, Monaco… Et nous avons gagné à chaque fois ! L’équipage est formé par des sportifs de haut niveau qui sont intégrés à la Marine Italienne, une tradition afin de mettre à disposition du pays des athlètes pour la préparation aux Jeux Olympiques. Chaplin est basé à Naples où se situe le centre des sportifs de la Marine : nous courrons à huit ou neuf équipiers à bord. Chaplin, qui a été dessiné par le même architecte qu’un autre bateau de la Marine, Sagittario, a été donné par la famille Novi à la Marine Italienne l’an dernier. Nucci Novi était une « dame de la voile » : elle a été pendant des années vice-présidente de l’ISAF et responsable mondiale de la voile féminine. Elle a aussi gagné la Giraglia et bien d’autres courses avec ce bateau… C’est une habitude en Italie : les propriétaires de voiliers anciens les offrent à la Marine quand ils ne peuvent plus les entretenir comme Stella Polaria, Capricia, Caroli, Calypso… Cela nous permet aussi de former les élèves de l’Académie Navale en complément de la frégate à trois mâts Amerigo Vespucci. »
Caractéristiques de Chaplin Architecte : Carlo Sciarelli Constructeur : Chantier Sangermani Matériau/gréement : bois/sloop Année : 1974 Armateur : Marine Nationale Italienne Longueur : 16,64 m Largeur : 4,25 m Tirant d’eau : 2,30 m
Tabarly à l’honneur À l’occasion de leur tournée en Méditerranée, cinq des six Pen Duick sur lesquels Eric Tabarly a couru tout au long de sa carrière, sont présents aux Régates Royales de Cannes. Partenaire de l’Association Eric Tabarly depuis 2003, la Banque Populaire annonçait ce jeudi soir, la reconduction de ce parrainage en présence de Jacqueline Tabarly et de Gérard Petipas. Les cinq Pen Duick ont chacun une incroyable histoire…
De Yum à Pen Duick Le premier propriétaire du célèbre voilier dessiné par l’architecte installé à Fairlie sur la Clyde était le docteur Balfour Neil qui appela son bateau Yum. Il le vendit quatre ans plus tard au Havre en janvier 1902 à Monsieur Hachette qui le rebaptisa Griselidis et le revendit en juillet de la même année à un autre Havrais dont le nom n’a pas été retrouvé. Puis c’est un membre du Cercle de la voile de Paris, Monsieur Mac Henry qui l’acquit et le remonta même par la Seine jusqu’à Meulan ! En janvier 1907, Monsieur Pierre Tacon l’achète pour le revendre en juillet à Monsieur Georges Rus qui change son acte de naissance pour Manda. En 1909, Monsieur André Raillard en prend possession pour le renommer Griselidis et navigue sous les couleurs de la Société des Régates de Brest. Monsieur Cailleux l’achète en 1913 mais le bateau passe les quatre années de guerre sans naviguer. Monsieur Jacques Richepin l’emmène de nouveau en Finistère sous le nom de Cora V, puis ce sont successivement Messieurs Ganuchaud en 1921 et Le Goff en 1924 qui l’acquièrent. Le bateau s’appelle Astarée puis Panurge en 1931, année où il sillonne la baie de Quiberon.
Retour au Havre en 1933 sous la nouvelle appellation de Butterfly et ce n’est que le 17 juillet 1935 qu’apparaît le nom de Pen Duick lorsque Jean Lebec l’achète. En 1938, la « mésange à tête noire » (en breton, pen = tête, pointe, du = noir, ick = petit) est désarmée sur les bords de la Loire quand Guy Tabarly en prend possession avec pour port d’attache Bénodet. Eric Tabarly devient le quatorzième propriétaire en 1952 lorsque son père lui offre le cotre. Mais la coque en bois est trop abîmée pour remettre à l’eau un bateau qui a passé la Seconde Guerre Mondiale dans le hangar du chantier Constantini à La Trinité/mer. Eric décide alors de réaliser une nouvelle coque en polyester, Pen Duick servant de moule mâle.
Trois années seront nécessaires avant que le plan de William Fife III ne retrouve l’eau et qu’Eric le découvre naviguant en rade de Brest alors qu’il rentre d’une campagne autour du monde avec la Jeanne d’Arc, le porte-hélicoptères de la Marine Nationale. Eric participe l’été 1959 aux courses du RORC en Angleterre. De 1962 à 1983, Pen Duick ne navigue pas beaucoup et Eric décide de le remettre en chantier à Saint Malo chez Raymond Labbé. Le 6 juillet 1989, le cotre noir retrouve son élément avec une finition remarquable, un nouveau pont en pin d’Oregon, un jeu de voiles neuf signé Victor Tonnerre… Une nouvelle vie s’ouvre à lui. Depuis la disparition du célèbre marin le 12 juin 1998, Pen Duick est la propriété de sa fille Marie et navigue régulièrement du printemps à l’automne grâce au soutien de la Banque Populaire.
Caractéristiques de Pen Duick Architecte : William Fife III Constructeur : N&J Cummins et Bros Mise à l’eau : 1898 à Carrigaloe (Irlande) Longueur de coque : 15,10 m Flottaison : 10,04 m Maître-bau : 2,93 m Tirant d’eau : 2,15 m Déplacement : 10 000 kg Lest : 6 000 kg Surface au près : 160 m² Situation météorologique Pas de grand changement sur l’Europe de l’Ouest ! L’anticyclone 1030 hPa situé au large du golfe de Gascogne a même tendance à gonfler et à s’étendre et bien qu’un front arrive par le Nord-Ouest, il se désagrège au fur et à mesure qu’il se déplace vers l’Autriche… Quant à la dépression orageuse qui s’est formée sur la pointe de la Sicile, elle reste stationnaire et se comble sur place pour disparaître totalement ce week-end… Bonnes nouvelles pour une fin de semaine toujours très ensoleillée avec des températures assez stables, entre 18° et 22°C le matin, pour monter à 25° 27°C dans l’après-midi. Pour ce jeudi 24 septembre, la baie de Cannes ne bénéficiait pas d’une brise bien établie : le vent synoptique tendait à s’orienter au Nord-Est faible et la brise variable rendait le plan d’eau assez compliqué… Déjà ce jeudi matin, le Comité de Course avait décidé de retarder tous les départs en attendant un régime plus stable. Il en sera probablement de même demain vendredi avec un vent qui va rester assez incertain ! Les régates dépendront donc de la propension à créer un différentiel thermique et de l’instabilité de l’air. Retour à une situation plus claire pour samedi avec un flux de secteur Nord-Est de dix à douze nœuds…
Pas besoin de patienter : à midi pile, la brise de secteur Est était bien établie et les départs des Yachts Classiques se succédaient jusqu’à 13h00 pour entamer le parcours 2, un triangle aplati d’une dizaine de milles dans la baie de la Napoule. Comme à son habitude, le majestueux Shamrock V a fait le spectacle dans ce clapot court qui levait des moustaches d’écume sous sa sous-barbe de bout-dehors ! Quelques croisements chauds ont fait monter l’adrénaline au passage de la bouée au vent : quand Pen Duick bataillait face à Marigold, lorsque Thendara coiffait Moobeam IV lors de l’envoi du spinnaker, quand Bonafide s’envolait vers une victoire en temps réel bien mérité ou encore quand Rowdy déboulait à plus de dix nœuds vers la ligne d’arrivée.
L’empreinte russe !
Les Dragon profitaient aussi de ces conditions météorologiques parfaites pour une régate d’entraînement sur un plan d’eau toujours aussi technique avec le petit clapot d’Est qui se levait au fil de l’après-midi : entre 12 et 15 nœuds de vent pour confirmer que le Russe Anatoly Loginov, épaulé par Andrey Kirjliuk et Alexander Shalagin, marquait une nouvelle fois son territoire. Mais il devra se méfier à Cannes de la pression du Finlandais Kenneth Palmgren et du Norvégien Poul Richard Hoj-Jensen, respectivement deuxième et troisième. Le premier Français est Philippe Rossignol équipé par Gwen Chapalain et Jean-Luc Rouchy, qui termine sixième.
Naissance d’une jauge mondiale
Les 5.5mJI, 6 mJI, 8 mJI comme les 12 mJI (retenus pour la Coupe de l’America de 1958 à 1987) et d’autres classes qui n’ont pas perduré, découlent tous de la jauge métrique imaginée en 1906 à Londres. À cette époque, le yachting se développe de plus en plus dans toutes les nations maritimes, des Etats Unis à l’Allemagne, de l’Australie à l’Espagne, de la Suisse à la Scandinavie, de la France à l’Italie… Mais quasiment chaque nation, voir chaque région ou chaque club adopte une jauge spécifique qui génère des voiliers très typés pour leur plan d’eau d’origine. Peu de confrontations internationales existent si ce n’est sur le lac Léman ou sur la côte Sud de l’Angleterre.
Ces jauges sont dites à « restrictions » c’est-à-dire qu’elles limitent la valeur d’un certain nombre de paramètres pour garantir une similitude de performances, sans pour autant imposer de concevoir des bateaux identiques (monotypes). En 1901, le New York Yacht Club prend l’initiative de refondre la Jauge Universelle sous la houlette de l’architecte Nathanaël Herreshof. Les Allemands, les Scandinaves, les Anglais et les Français répondent lors de la réunion de Londres de 1906 qui crée la Jauge Internationale (JI) à l’origine de dix classes de 5mJI à 23mJI au futur plus ou moins glorieux. Trois années plus tard, 195 unités de Jauge Internationale régatent en Europe, dont quatre-vingt-onze 6mJI, cinquante-neuf 8mJI, vingt-deux 10mJI, quatorze 12mJI et neuf 15mJI ! Les Américains ne tardent pas eux aussi à se rallier à cette jauge dite « métrique » qui prend en compte la longueur à la flottaison, la section immergée de la coque, le franc-bord et la surface de voile.
Dès 1907, les plus grands architectes se penchent sur cette jauge et en particulier sur les « Eights » qui, avec leurs quatorze mètres de long, leurs 80 m2 de voilure au près et leurs neuf tonnes, permettent de jouer sur nombre de paramètres pour trouver la bonne équation. Les Ecossais Alfred Mylne et William Fife, les Norvégiens Johan Anker (le père du Dragon) et Bjarne Aas, les Anglais Morgan Giles et Charles Nicholson, l’Américain Olin Stephens, les Français Thierry Guédon, François Camatte, André Mauric… s’essayent sur cette classe olympique de 1908 à 1936 ! À partir de 1958, ce sont les 12mJI qui font le spectacle grâce à leur adoption par la Coupe de l’America et le bois fait place à l’aluminium puis aux matériaux composites (à l’exclusion du carbone). Les autres Métriques suivent l’évolution qui induit la séparation du safran et de la quille, l’installation de trimmer…
À Cannes, les Régates Royales regroupent ainsi plusieurs « métriques » célèbres. Les plus renommés des architectes de cette jauge très particulière qui est encore très dynamique avec le 5.5MJI, 6mJI et 8mJI sont représentés à l’image de Tuiga (plan de William Fife 1909) et Mariska (Fife 1908), deux des « survivants » sur les quatre encore en état parmi les 15mJI. Trois 12mJI sont aussi venus dans les eaux cannoises tels les « anciens » Emilia (Attilio Costaguta 1930) et Seven Seas of Porto (Clinton Crane 1935) qui côtoient l’un des derniers-nés, French Kiss (Briand 1986). Chez les 8mJI, le célèbre Aile VI (Pierre Arbaut 1928) rappelle le talent et le caractère de Virginie Hériot qui l’emmena sur la plus haute marche du podium lors des Jeux Olympiques en Hollande de 1928… Il doit faire face à Elsinore (Tore Holm 1930), Helen (Alfred Mylne 1936), France (François Camatte 1937), Anne-Sophie (Bjarne Aas 1938). Le plus ancien des 6mJI est le Suisse Midinette (1933) au coude à coude avec Astrée III (Bjarne Aas 1959) et l’un des derniers nés, Duclop… Tous les grands maîtres de l’architecture navale et de la voile au contact se sont testés sur la Jauge Métrique et briller dans ces classes reste toujours un challenge difficile !
Trophée Panerai
Pour sa cinquième édition, le Panerai Classic Yachts Challenge s’achèvera à l’issue des Régates Royales de Cannes. Organisé d’avril à septembre, ce challenge comprenait cette saison cinq épreuves en Méditerranée (Ajaccio-Antibes, 1-2 juin, les Voiles d’Antibes, 3-7 juin, Vela d’Epoca, 3-13 septembre, Porto Rotondo-Monaco, 14-15 septembre, Régates Royales de Cannes, 21-26 septembre) ainsi que quatre régates outre-Atlantique (Antigua aux Antilles, Nantucket et deux fois Newport aux Etats-Unis). Le Challenge Panerai est définitivement remis au yacht qui aura gagné trois fois le Panerai Classic Yachts Challenge. Les vainqueurs des trois catégories retenues (Big Boats, Yachts d’Epoque, Yachts Classiques) recevront une montre Officine Panerai, spécialement créée pour l’occasion : la Luminor 1950 Regatta, un chronographe à rattrapante 44mm. L’organisation des régates en Méditerranée sous le parrainage du Comité International de la Méditerranée, incombe aux principales associations nationales de voiles d’époque : Associazione Italiana Vela d’Epoca et l’Association Française des Yachts de Tradition.
Dragon d’Or
Unique dans le monde de la voile, le Trophée du Dragon d’Or a été créé à l’initiative de l’association Cannes Dragon International pour récompenser le plus régulier des barreurs de la classe sur les meilleurs résultats obtenus sur six épreuves en référence à un ensemble de 24 épreuves sélectionnées. Il faut en effet que les courses de Dragon rassemblent un minimum de 25 équipages pour être retenues afin d’établir un classement qui court entre septembre 2008 et septembre 2009. À l’issue de cette saison, le Dragon d’Or sera remis lors de la soirée du jeudi 24 septembre au Palm Beach. 465 barreurs établissent cette année le classement général du Dragon d’Or 2009, représentant 17 nations et 55 clubs européens. L’Allemand Thomas Muller (Champion du Monde 2007) sera sacré lors de cette soirée Dragon d’Or. Son dauphin est le Russe Anatoly Loginov, étoile montante de la série, suivi par le multiple Champion du Monde (dont 2009 en septembre dernier à Medemblik), le Danois Poul Richard Hoj Jensen. Le Français du Yacht Club de Cannes, Christian Boillot s’adjuge la quatrième place ! Les Régates Royales de Cannes ouvrent la nouvelle saison du Dragon d’Or, première épreuve retenue pour ce Trophée 2010.
Le vent et les courants ont beau avoir redoublé d’intransigeance et d’ingratitude pour faire traîner en longueur les arrivées dans les eaux de la cité du Ponant, aucun équipage n’a boudé son plaisir d’avoir disputé la première édition de cette course en trois étapes. Veolia Environemment et Paprec-Virbac 2 ont respectivement terminé en deuxième et troisième place de l’étape. En terminant quatrième à Brest Groupe Bel décroche la seconde place au classement général de l’Istanbul Europa Race.
Encore deux bateaux en mer : la course continue
Dans l’attente de 1876 (Guillermo Altadill) et de DCNS (Marc Thiercelin) qui progressent encore dans le golfe de Gascogne, il est difficile d’établir le classement général aux points à l’issue de cette course en trois étapes d’Istanbul à Brest en passant par Nice et Barcelone. Avant les délibérations du Jury, les deux premières lignes accordent la victoire finale à Michel Desjoyeaux (2è, 2è, 1er) sur Foncia et la place de dauphin à Kito de Pavant (3è, 1er, 4è) à bord de Groupe Bel. Pour connaître définitivement le nom de celui qui montra sur la 3è place du podium, il faudra attendre l’arrivée à bon port des Espagnols. Pointés à 340 milles de la ligne mouillée en rade de Brest, ils progressent à la latitude de la Vendée et affichent une vitesse de 8,8 nœuds. Mais gare à DCNS, qui dans la foulée d’une bonne journée hier sur des chemins plus décalés au large a déjà réduit son écart de 90 milles. Il n’accuse désormais plus que 60 milles de retard sur son prédécesseur sur la route de Brest en passant par Wolf Rock.
Temps de course sur l’étape Barcelone-Brest
Foncia – Michel Desjoyeaux : 7j 15h 50min 56s Veolia Environnement -Roland Jourdain : 7j 22h 11min 29 Paprec Virbac 2 – Jean-Pierre Dick : 7j 23h 05min 59s Groupe Bel – Kito De Pavant : 8j 01h 26min 53s
Une flotte de 11 bateaux Le Trophée Multicoque Prince de Bretagne-Côtes d’Armor sera l’occasion rêvée de voir réunie une belle flotte de Multi50, plusieurs générations de cette classe en plein développement étant représentées. En effet, 11 Multi50 seront à Saint-Quay-Portrieux les 25, 26 et 27 septembre et feront la part belle au spectacle en effectuant des runs et des parcours de régates à proximité de la côte. Ce sera aussi l’occasion de voir les trois nouveaux trimarans avant leur grand rendez-vous sur la Transat Jacques Vabre dont le départ sera donné au Havre le 8 novembre prochain.
Des tests et des rencontres Pour Hervé Cléris, le skipper de Prince de Bretagne, ce dernier week-end de septembre lui permettra de tester davantage son bateau tout récemment sorti de chantier. « En réalité, jusqu’ici nous avons très peu navigué, nos essais se résument à un convoyage de Lorient à Morlaix, où Prince de Bretagne a été baptisé samedi dernier, puis un autre petit convoyage jusqu’à Saint-Quay-Portrieux. Nous n’avons pas eu les conditions pour tester toutes les voiles, alors, ce Trophée, nous allons le mettre aussi à profit pour continuer de découvrir le bateau. Mais, nous sommes également ravis de montrer Prince de Bretagne à nos partenaires et au public. Nous allons faire tourner du monde à bord et comme la météo sera de la partie, nous pourrons évoluer à proximité de la côte, ce qui est toujours spectaculaire depuis la terre. Enfin, j’ai bien entendu hâte de découvrir les deux autres bateaux neufs (Crêpes Whaou et Actual), et de comparer nos performances, même si nous n’avons pas d’objectif de résultat sportif sur ce trophée ».