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Météo inattendue dans l’Océan Indien

Groupama 3
DR

Ce ne sont pas Franck Cammas et ses hommes qui sont en retard, c’est la zone de confluence entre deux systèmes météo qui s’est déplacée plus rapidement que prévue puisqu’elle est arrivée avec trois heures d’avance… Conséquence : Groupama 3 a vu sa vitesse chuter à moins de vingt noeuds dès le coucher du soleil, puis la situation s’est encore dégradée vers 4h00 (heure française) quand le vent est tombé à moins de dix noeuds. Bilan : 75 milles de perdu sur le temps de référence en douze heures !

Retour à la normale
« La confluence a rattrapé Groupama 3 avant que le trimaran ne parvienne à rejoindre le flux de Nord qui se décale lentement vers l’Est. Il faudra donc attendre mardi matin pour à nouveau accélérer, du coup dans des conditions moins violentes que celles qui étaient espérées pour la nuit dernière, » analysait Sylvain Mondon de Météo France.

Ce système météo ne fait pas les affaires de Franck Cammas et ses neuf équipiers qui vivent un paradoxe étrange : naviguer dans des vents faibles par 43° Sud en plein océan Indien ! Ce coup de frein imprévu est aussi un peu pénalisant car le flux de Nord qui va se lever avec le soleil s’annonce un peu moins puissant, mais une fois accroché dans la matinée, il va permettre au trimaran géant de reprendre sa trajectoire rectiligne vers les Kerguelen, en bordure Sud d’un gros anticyclone. Le vent régulier et la mer relativement bien organisée devraient lui permettre de revenir dans le match et de combler son retard de près de 300 milles sur le temps d’Orange 2 avant d’atteindre l’archipel austral.

Des hauts et des bas

Sylvain Mondon revient sur les conditions météo de cette dernière semaine entre les côtes brésiliennes et les caps de l’Afrique du Sud.

« La deuxième semaine de tentative de record autour du monde débute à proximité immédiate des côtes brésiliennes à des vitesses supérieures à 30 noeuds. Mais le contournement par l’ouest de la dorsale de l’anticyclone de Ste Hélène s’accompagne rapidement d’un ralentissement avec des vitesses variant entre 19 et 28nds le 9 février.

Cependant l’angle du vent est reste très favorable puisque Franck Cammas et son équipage parviennent à contourner la dorsale sur un seul bord sans empannage.

Ils atteignent ainsi la phase la plus délicate de l’Atlantique sud avec une confortable avance sur le temps de référence d’Orange (environ 1 jour et demi). A partir du 10 février, l’objectif est de rejoindre les 40èmes rugissants en gagnant au mieux vers le sud. Pour ce faire Groupama 3 doit slalomer entre plusieurs petits anticyclones venant de l’ouest (arrivant par tribord) et fusionnant avec l’anticyclone de Ste Hélène situé lui sur bâbord. Avec l’aide d’un premier front froid résiduel (mercredi 10) s’évacuant vers l’est puis d’un front chaud (jeudi 11) se décalant vers le sud, le trimaran géant parvient à se faufiler à une vitesse moyenne supérieure à 15 noeuds. Groupama 3 atteint 40 degrés Sud vendredi 12 au matin mais compte à cet instant une quinzaine d’heures de retard sur le temps de référence établi par Bruno Peyron en 2005.

C’est à ce moment que commence une course avec un front froid très rapide (32/36 noeuds de vitesse) venant de l’ouest qui produit des vents de Nord-Ouest particulièrement bien orientés avec une force idéale pour Groupama 3. Franck Cammas et son équipage exploitent au mieux ces vents et enchaînent les journées à plus de 700 milles en 24h de vendredi matin à lundi matin. La mer est peu formée et l’angle du vent est idéal pour que le potentiel du maxi trimaran s’exprime avec fluidité.
Franck Cammas et ses hommes laissent le cap de Bonne espérance sur bâbord la nuit de dimanche 14 à lundi 15 février puis atteignent l’océan indien au lundi 15 au petit matin en franchissant la longitude du cap des Aiguilles avec moins de 8 heures de retard sur Orange II. Les derniers milles en océan Atlantique ainsi que les premiers milles en océan Indien défilent rapidement puisque Groupama atteint des pointes de vitesse entre 40 et 42 noeuds lundi 15 au matin, les plus élevées depuis le départ de Brest deux semaines auparavant. »

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Une entreprise française sélectionnée par l’élite mondiale.

Karver - America s Cup
Karver - America s Cup

Karver fête ses 6 ans en juin. La jeune entreprise de Honfleur s’est imposée dans le monde de la course à la voile comme une référence en terme d’innovation, de performance et de design. Dès les débuts de Karver, ses emmagasineurs, hooks, solutions custom et poulies ont conquis les skippers des 60 pieds IMOCA et Mini6,50. Aujourd’hui, les bateaux de course (et les autres) du monde entier font confiance à Karver.
Crédibilisés par la réussite des tests en conditions extrêmes (sur le Vendée Globe 2004 puis 2008 notamment), les produits Karver équipent tous les supports les plus performants de la course à la voile : Volvo 70’, ACC, Mini 6,50, Multicoques Géants, Maxi Yachts, TP 52, etc.
 
Les produits connus et reconnus par les professionnels de la voile, sont de plus en plus adoptés par le grand public, régatiers aguerris comme plaisanciers occasionnels et au long cours apprécient la qualité des emmagasineurs et des poulies Karver.
De nouveaux horizons s’offrent à Karver avec l’intérêt croissant porté par les architectes de SuperYachts Customs pour les produits Karver ainsi que celui porté par les constructeurs de bateaux de série « course-croisière » qui proposent des séries « Karver racing » pour leurs unités les plus performantes.
 
La Coupe de l’America s’annoncait aussi passionnante que disputée, Karver a été fier d’y prendre part et s’implique plus que jamais au côté des équipes qui lui font confiance en travaillant sur des solutions innovantes et performantes. En travaillant avec les 2 teams, la jeune entreprise française prouve que le marché de l’accastillage n’est pas fermé et qu’il réserve une place de choix pour les entreprises mettant au centre de leur stratégie l’offre d’un produit unique et la collaboration étroite avec ses utilisateurs.
 
Les produits Karver sur la Coupe de l’America : secret pour l’instant !! L’entreprise peut tout de même dire qu’il y a des poulies et des emmagasineurs qui naviguaient sur le plan d’eau (des deux côtés…) de Valence ce mois de février.

Source : Karver
www.karver-systems.com

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Coup de vent à venir pour Groupama 3

Groupama 3
DR

Le temps des albatros est arrivé ! Et l’océan Indien va prendre des tours ce lundi après-midi avec la descente d’un vent de plus de quarante noeuds qui imposera de composer avec une mer plus agressive. Groupama 3 a donc franchi le cap des Aiguilles à 6h 43′ 47” (heure française) soit après 14j 15h 47′ 54”. Le trimaran géant avait ainsi sept heures et demie de retard sur le temps de référence au passage de ce premier cap du Trophée Jules Verne. Le promontoire africain est aussi le coup d’envoi pour l’un des records homologués par le WSSRC, la traversée de l’océan Indien, du cap des Aiguilles au Sud de la Tasmanie, record détenu par Bruno Peyron et son équipage en 9j 11h 04’…

« Dimanche, il y avait des tas d’oiseaux… Et ce matin, un énorme albatros nous suit depuis le lever du jour. Nous sommes ce midi dans une zone de transition entre le front qui nous poursuivait et le flux de Nord qui arrive avec 40 noeuds annoncés pour cette fin d’après-midi. On a même eu un moment de soleil et il ne fait pas trop froid : nous avons eu le temps de faire une petite pause ! Je n’ai même pas encore mis mes bottes... » indiquait Steve Ravussin lors de la vacation radio de 12h30.

Foc de brise et ris
Groupama 3 a dû effectuer un petit recalage dans le Sud juste avant de passer la longitude du cap des Aiguilles, afin d’éviter une zone de confluence où la brise était faible. Mais ce zigzag n’a pas été pénalisant, au contraire, puisque Franck Cammas et ses neuf équipiers n’ont plus que 200 milles de retard sur Orange 2. De plus, le catamaran détenteur du Trophée Jules Verne n’avait pas été favorisé dans sa traversée de l’océan Indien et le trimaran géant devrait logiquement combler son retard bien avant l’archipel des Kerguelen. En naviguant en bordure Sud d’un anticyclone, le bateau ne devrait pas trop souffrir car la mer n’aura pas le temps de se former.

« Nous allons être vent de travers dans ce vent musclé : nous avons préparé le foc de brise et nous prendrons des ris. Nous en aurons pour une vingtaine d’heures dans ce coup de vent. Cela ne sera pas très agréable, mais nous aurons la chance d’avoir une mer venant de derrière. Ça ne s’annonce pas comme il y a deux ans ! Nous avons fait un check-up général et tout va bien. Nous serons prêts pour affronter ces conditions avant la nuit… On essaye de naviguer sans forcer sur les foils, surtout le tribord qui a beaucoup travaillé depuis le départ. On dépasse ainsi rarement les 37 noeuds, parfois 42 noeuds comme hier. »

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Des conditions très variées à Monaco

Primo Cup 2010
DR

41 équipages de Surprise avait accouru cette semaine de 5 nations pour disputer dans le cadre de la Primo Cup la Coupe d’Europe de la Classe. Grande spécialité helvétique, le titre ne semblait pas devoir échapper à un spécialiste du Léman. Le spécialiste du match race suisse Eric Monnin, régulier tout au long des 7 courses, s’adjuge le trophée à bord de Va… Rhum. Il résiste au retour tonitruant des Toulonnais de Patrick Fiol (Zig Zag), particulièrement bien inspirés dans le vent tortueux de ce dimanche. Le Français complète un podium dominé par les Suisses puisque c’est le Genévois Jérôme Clerc (CER I Aéroport de Genève), longtemps en tête, qui monte sur la seconde marche du podium.

Les Melges 32 sont certainement les monotypes ayant démontré toute la semaine les plus grandes facilités à maîtriser les conditions changeantes du plan d’eau de Monaco. Venu à court de repère pour sa première régate de l’année, l’équipage américain champion du monde emmené par Pieter Taselaar aura tardé à trouver ses marques en Principauté. Ses trois premières manches se sont soldées par de cuisants échecs, que le champion a eu tôt fait de corriger, pour terminer cette Primo Cup-Trophée Credit Suisse en trombe, avec trois victoires lors des trois dernières manches. Un réveil un peu tardif pour revenir sur le jeune et talentueux Italien Luca Lalli qui place son B Linsailing.com sur la plus haute marche du podium. C’est un autre Italien, Edoardo Lupi (Torpyone) qui prend la troisième place d’une classe décidément très performante, professionnelle et spectaculaire.

Bon anniversaire Eckhard !
Il est le très beau deuxième chez les Longtze, derrière l’intouchable Nicolas Bérenger (Un maillot pour la vie), l’Allemand Eckhard Kaller (wetfeet.com) qui fêtait en ce dimanche illuminé son anniversaire, s’est offert les deux manches du jour. Laurent Berjon, qui prend la troisième place du classement général, constitue avec l’équipage de HEC-Ecole navale skippé par Stéphane Christidis les menaces émergentes pour contrer la superbe de Nicolas Bérenger.

Avec 18 J/24 engagés, la série du plan Johnstone constituait une des flottes les plus étoffées et les plus cohérentes de cette 26e Primo Cup. Les Monégasques de Blandine Medecin triomphent sans partage en leurs eaux, ne déplorant qu’une 4e place pour plus mauvais classement, et triomphant à 4 reprises pour 7 courses validées. Autant dire que l’Italien Claudio Buiati (J Di Quadri), deuxième du général, se contente des miettes et pointe à 11 longueurs du général. C’est un autre Monégasque, Pierrick Devic (Miaou) qui monte sur la troisième marche du podium.

Série ô combien populaire en Espagne, où se dérouleront d’ailleurs les prochains mondiaux (Alicante, juillet 2010), les Platu 25 voient un Allemand s’imposer à Monaco. Face aux spécialistes espagnols, mais aussi Italiens et Suisse, Jens Ahlgrimm (Farr Bar) n’aura en définitive montré de limites qu’en ce dernier dimanche de régates. Mais sa domination sans partage depuis vendredi lui a donné l’avance confortable qui lui permettait d’aborder en toute décontraction la houle du jour. C’est l’Italien Gianrocco Catalano (Nanuck) qui profite de ce relâchement pour se hisser sur la troisième marche du podium, derrière le très régulier Pepe Lis Santos (Xacobeo 2010).

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Groupama 3 entre dans l´Océan Indien

Groupama 3 au large de l`Afrique du Sud
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Le début de nuit n’a donc pas été facile pour l’équipage de Groupama 3 qui a dû se recaler dans le Sud en raison de l’arrivée d’un nouveau système météo venu d’Afrique qui modifie la stratégie afin d’aborder cette nouvelle phase plus au Sud. En se repositionnant sur le 42° Sud, Franck Cammas et ses neuf équipiers peuvent aussi bien négocier le fort coup de vent qui s’annonce la nuit prochaine. Car les 24 heures à suivre ne vont pas être de tout repos : après une phase de transition en milieu de journée, Groupama 3 va naviguer dans un fort flux de Nord qui va progressivement s’adoucir.

« Le recalage qui a été effectué cette nuit vers le Sud permet de choisir une meilleure latitude pour négocier l’approche de la confluence qu’ils vont laisser sur bâbord lundi à la mi-journée. Impossible de le réaliser avant. Le vent est resté de secteur Ouest tout le temps depuis qu’ils ont attrapé le front, » précisait Sylvain Mondon de Météo France.

Groupama 3 au cap des Aiguilles
– Lundi 15 février à 6h 43′ 47” (heure française) soit après 14 jours 15 heures 47 minutes 54 secondes
– Temps de référence sur le Trophée Jules Verne : 14j 08h 18′ (Orange 2 en 2005)
– Retard sur le temps de référence : 7h 30′

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La Coupe retourne en Amérique !

BMW Oracle reçoit l`aiguière
DR

L’équipe du milliardaire américain Larry Ellison, dirigée par le néo-zélandais Russell Coutts, désormais quadruple vainqueur de l’America’s Cup, ramène l’Aiguière d’Argent aux Etats-Unis après 15 ans d’absence. Le Golden Gate Yacht Club devient, ce soir, le Defender de la 34e America’s Cup.

Après plus de deux heures d’attente, c’est à 16h25, soit l’heure limite, que le Comité de Course a lancé cette seconde manche qui s’est jouée sur un parcours triangulaire de 13 milles de côté.

En Match Race, avant les cinq minutes qui précèdent le départ, les deux concurrents doivent impérativement être au-dessus de la ligne, mais au coup de canon, Alinghi était toujours dessous et les arbitres l’ont pénalisé. Le bateau américain s’est ensuite placé dans le sillage du catamaran, pour le gêner et l’oblige à lofer. Les hommes de James Spithill ont pris le départ, 24 secondes avant leur adversaire.

USA part à gauche, Alinghi à droite – avec le Français Loïck Peyron à la barre – et, très vite, le choix des suisses paie. La première bascule est en faveur du tacticien Brad Butterworth à bord d’Alinghi 5 et le catamaran maintient une avance constante d’environ 350 mètres sur l’ensemble du bord.

A l’intérieur du plan d’eau, USA arrive à revenir et vire le premier pour se mettre en layline de la première marque. L’avance sur le Defender fond à vue d’œil et les américains reprennent la main. L’équipage de Larry Ellison enroule la marque au vent 28 secondes devant celui d’Ernesto Bertarelli.

Viennent ensuite les deux bords de reaching. Dès qu’il abat, le trimaran dégage toute sa puissance et s’envole à des vitesses de 25/30 nœuds. Le spectacle est magnifiquement cruel pour l’équipage suisse. Les voiles rougissent dans le soleil couchant et "l’aile rigide" du trimaran noire s’échappe à l’horizon. A l’arrivée, 5 minutes et 26 secondes séparent les deux concurrents.

Pour remporter le DoG Match, deux victoires suffisent. Les équipiers d’USA étaient accompagnés à bord aujourd’hui par le fondateur et patron de leur team, Larry Ellison. BMW ORACLE Racing représente le Golden Gate Yacht Club de San Francisco qui devient, ce soir, le 28ème yacht club américain qui aura le privilège de défendre le trophée.

Russell Coutts invaincu

Avec quatre victoires de l’America’s Cup, le néo-zélandais Russell Coutts est invaincu dans « le Match » (la finale) depuis 1995 avec dix-sept manches gagnées. Lorsque l’équipe de Larry Ellison, BMW ORACLE Racing, menée par Chris Dickson, s’incline en demi-finales de la Louis Vuitton Cup en mai 2007 face à Luna Rossa (ITA), le patron de la firme américaine recrute Russell Coutts pour préparer la prochaine campagne. Aujourd’hui, c’est le jeune australien James Spithill qui, à 30 ans, vient de battre à la barre le catamaran armé et barré par Ernesto Bertarelli. Mais Russell Coutts est bien l’un des hommes, si ce n’est l’homme, qui a mené les Etats-Unis à la victoire, comme il l’avait déjà fait pour la Nouvelle-Zélande et la Suisse.

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Le retard de Groupama 3 s’amenuise

Groupama 3 - Franck Cammas
DR

La situation commençait à devenir de plus en plus maniable puisque Franck Cammas et ses hommes avaient envoyé sur le coup de midi (heure française), le gennaker lourd avec un ris dans la grand voile. En fait, le front froid que Groupama 3 a attrapé il y a 48 heures n’a pas réussi à les dépasser : comme il ralentit sa progression depuis 12h00 TU, la brise va progressivement mollir sans toutefois pénaliser le trimaran géant qui devrait poursuivre encore cette journée à des moyennes proches de trente nœuds. Le navigateur Stan Honey en collaboration avec Sylvain Mondon de Météo France, réfléchissent à la meilleure trajectoire pour entrer dans le système suivant : un flux musclé de secteur Nord venu du canal du Mozambique.

« Depuis deux jours, ça pédale pas mal ! Ce n’est pas très confortable, avec des mouvements très saccadés. Groupama 3 est en parfaite condition et nous aussi… Mais c’est gris, avec peu de visibilité et pas de lune la nuit. C’était assez difficile de bien barrer sans rien voir : il faut être très attentif, bien sentir le trimaran pour le placer au bon endroit afin qu’il ne tombe pas dans un trou à plus de trente-cinq, voire à quarante nœuds ! C’est un exercice subtil et passionnant : c’est un luxe d’être sur un bateau qui offre autant de sensations et de plaisir… » indiquait Thomas Coville à la vacation radio.

Une phase musclée lundi soir…

Calé pendant deux jours sur le 41° Sud, Groupama 3 devrait incurver progressivement sa route vers l’Est-Sud Est lorsque la brise de Nord va souffler lundi soir : cette descente est positive pour deux raisons. D’abord l’angle d’attaque à 100° du vent va permettre au trimaran de maintenir une vitesse élevée bien que l’état de la mer risque de se dégrader sensiblement. Mais surtout, en plongeant plus au Sud, Franck Cammas et ses hommes raccourcissent leur parcours autour de l’Antarctique : la Terre étant ronde (ou presque), la distance est moindre plus le bateau navigue sur les hautes latitudes…

« Les Quarantièmes ne sont jamais les mêmes, mais l’Océan Indien reste le plus mauvais des trois. La période devant nous est celle que je redoute le plus jusqu’au cap Leeuwin ! L’état de la mer est souvent très chaotique et cela sollicite la structure des bateaux : il faut bien s’y préparer, rester concentré, se préserver, manger et dormir dès que l’on peut. Nous n’avons pour l’instant pas entamé notre capital physique : nous faisons tous très attention aux autres. La navigation en équipage impose d’avoir le respect de soi et des autres : il faut que tout le monde se sente bien pour aller vite… Mais on est toujours émerveillé quand on navigue dans ces mers du Sud : c’est la septième fois que je viens par ici et c’est d’une pureté, d’une virginité qui fascinent. Pour l’instant, l’entrée n’a pas été brutale… »

Même si la trajectoire se révèle particulièrement pure depuis deux jours, les manœuvres s’enchaînent à bord de Groupama 3 pour maintenir ce tempo élevé. Et il devrait y en avoir encore plus ces prochaines heures avec le changement météorologique annoncé pour le début de semaine. Heureusement, la température extérieure et celle de l’eau (13°C) restent assez douces, ce qui est toujours plus agréable grâce à ces vents de secteur Nord qui viennent d’Afrique.

« Nous n’avons que quelques heures de retard sur le temps de référence, mais nous n’y pensons pas trop : on fait marcher au maximum. Nous devrions descendre plus au Sud après un petit passage un peu plus mou, mais ensuite, il y aura près de 40 nœuds de Nord et ça va être plus dur ! Logiquement, ça devrait bien glisser jusqu’au cap Leeuwin… Si nous passons sans encombre ce passage musclé travers au vent demain lundi, nous aurons un bon avoir sur cette traversée de l’Océan Indien. »

A 15 heures cet après-midi, Franck Cammas et ses hommes avaient 284 milles de retard sur le record de Bruno Peyron et son équipage.

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Banque Populaire V repasse en code rouge

Banque Populaire 5
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Tout était prêt et depuis 24 heures, l’équipage du Maxi trimaran aux couleurs de la Banque de la Voile attendait la confirmation d’un rendez-vous fixé de longue date avec le Trophée Jules Verne. D’abord jugée conforme aux attentes et réunissant les conditions propres à une belle entrée en matière, la fenêtre météo choisie avait commencé à donner quelques signes d’inquiétudes hier à la mi-journée. Au fil des fichiers, et jusqu’à ce matin, la situation n’a eu de cesse de se dégrader. En cause, une dépression positionnée sur Madère et attendant de pied ferme les treize hommes du bord d’ici à 48 heures ainsi que le confirmait Ronan Lucas, Directeur Technique du Team Banque Populaire, à la sortie d’une réunion avec les navigants : « Nous avons décidé de ne pas y aller parce que les conditions météo se sont sérieusement dégradées ces dernières 24h pour les jours à venir. Autant au Cap Finisterre nous nous attendions à des vents de 40 nœuds moyens au portant, le bateau étant conçu pour ça, reste qu’à l’approche de Madère sur un front secondaire, nous aurions été amenés à rencontrer des vents contraires au moins de la même intensité et avec un état de la mer se dégradant rapidement et présageant des creux de 8 à 9 mètres. »

« Nous n’avons pas d’autre choix »
Une fois encore le Team Banque Populaire va devoir s’armer de patience. Si la déception est grande ce matin à Brest, la raison l’emporte, tant il aurait été aléatoire de soumettre le Maxi à ces conditions dantesques. Mais l’aventure et le départ ne sont aujourd’hui que différés, comme le précise Ronan : "C’est une grosse déception parce que tout l’équipage était préparé à y aller. Nous avions tous mis nos sacs à bord. Nous sommes restés en code vert jusqu’à ce matin parce qu’il y avait encore un mince espoir. Nous continuons de regarder toutes les opportunités qui pourront se présenter pour les jours à venir. Notre motivation est intacte et plus que jamais tout l’équipage veut partir à l’assaut de ce Trophée Jules Verne ».

« Aujourd’hui, nous n’avions pas d’autre choix que de renoncer à cette fenêtre », résume et conclut Pascal Bidégorry.

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De belles bagarres à Monaco

Primo Cup 2010
DR

En Farr 30, le duel annoncé entre deux grands favoris du Tour de France à la voile, les doubles vainqueurs Dunkerquois de Courrier Dunkerque et les double vainqueur non consécutifs Hyèrois du Farr 30 Olympic s’est poursuivi tout au long des 4 courses du jour. Ces deux protagonistes ont cependant constaté aujourd’hui que le vieux renard Bernard Mallaret et sa jeune classe de Nouvelle Calédonie pouvaient aussi jouer les arbitres en s’intercalant à plaisir entre les deux ténors, quitte à mettre tous ses adversaires d’accord en enlevant le gain de la 3e course. De plus en plus à l’aise au fil des manches, Hyérois et Dunkerquois se sont mutuellement poussé à l’excellence, la moindre faute se voyant impitoyablement sanctionné par la prise de pouvoir de l’un ou l’autre de ces deux spécialistes français du Farr 30. Ainsi, lors de la dernière course du jour, Daniel Souben volait-il le départ d’un cheveu, mais oubliait de réparer et se voyait sanctionner d’un « OCS ». Fabien Henry et ses méditerranéens pointent ce soir à deux longueurs devant les hommes du Nord au classement général provisoire.

Nicolas Bérenger (Un maillot pour la vie), tenant du titre ici à Monaco en Longtze jouait littéralement à domicile aujourd’hui. Rien, des variations du vent vers l’est, aux inévitables trous d’air ou du méchant clapot n’a altéré sa soif de victoire ni son inspiration à toucher sans coup férir les veines de vent gagnantes. Il a empoché 5 des 6 manches courues depuis hier.  Son adversaire « historique » depuis un an que cette si séduisante série existe, l’Allemand Eckhart Kaller (wetfree.de) a alterné le pire et le meilleur, souvent menacé par un surprenant Laurent Berjon (Voiles et Voiliers), toujours placé depuis le début de ces régates monégasques. Philippe Claude (Athema) est à créditer d’une excellente journée.

Les élégants Melges 32 ont certainement offert les affrontements les plus serrés de la journée. Chaque passage de bouée et de ligne d’arrivée ont donné lieu au spectacle haut en couleur d’équipages à la bagarre et à la relance pour le gain d’une étrave, d’une demi-longueur souvent décisive. Dans ce contexte extrêmement tendu, les Italiens de B Linsailing.com à Luca Lali et Torpyone à Edoardo Lupi se taillent la part du lion au détriment, excusez du peu, de l’équipage champion du monde en titre de Bliksem à Pieter Taselaar barré par le quintuple champion du monde de 470, l’Australien Nathan Wilmot, et qui a attendu la dernière manche du jour pour se rappeler aux bons souvenirs des observateurs.

Impatience et engagement toujours aussi féroce chez les Surprise qui disputent leur Coupe d’Europe dans le cadre de la Primo Cup-Trophée Credit Suisse. Le lancement de la première manche du jour voyait l’assaut enthousiaste de 41 monotypes signés Joubert sur une ligne de départ pourtant très étirée. De guerre lasse, le Comité de course envoyait le très redoutable et très redouté « drapeau noir », annonciateur d’élimination directe de la manche pour le premier voilier contrevenant aux règles de départ. Las ! ce couperet pourtant définitif n’empêchait pas un nouveau rappel général! Toutes les manches suivantes seront lancées sous la règle du drapeau noir. Les favoris de l’épreuve ne s’en laisseront pas compter pour autant. Les Suisses Eric Monnin (Va… Rhum), JérômeClerc (CER I Aéroport de Genève) et Etienne David (Mirabaud), bien décidés à ramener le titre européen chez eux, ont su déjouer les pièges du jour pour s’imposer à tour de rôle.

Jean et Claude Rodelato épaulent cette semaine Blandine Medecin à bord du J/24 Real Immobilier au sein d’une flotte étoffée de 18 unités. Ils ont aujourd’hui encore laissé leurs adversaires à la portion congrue, s’adjugeant 3 des 5 manches validées. Ils caracolent ce soir en tête du classement général provisoire, avec pour seul mauvais résultat, une troisième place « subie » en début de journée au plus fort du clapot.

Spécialité reconnue des équipages espagnols, forts de leurs nombreuses flottes à Barcelone, Valence ou Alicante, le Platu 25 mérite à l’évidence à être connu. Venus en avocat enthousiaste du championnat du monde qu’ils organisent en juillet à Alicante, les équipages espagnols de Pepe Lis Santo (Xacobeo 2010) et Fernando Ros (Alicante 2010) subissent ce soir la loi de l’allemand de Stuttgart Jens Ahlgrimm intraitable depuis hier.

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En approche de Bonne Espérance

Groupama 3
DR

Franck Cammas et ses neuf équipiers sont passés en longitude Est samedi vers 23h30 (heure française) : ils ont maintenant tout l’océan Indien à traverser pour atteindre les antipodes au large de la Nouvelle-Zélande ! 180° de longitude, soit une douzaine de jours dans les eaux les plus tourmentées des mers du Sud… Car le rythme soutenu du trimaran géant va perdurer les prochains jours : depuis 48 heures, Groupama 3 aligne des moyennes de plus de trente noeuds et trace un grand trait vers l’Est dans des conditions idéales de mer et de vent.

Proche de 800 milles par jour !
« Groupama 3 parvient à rester en avant du front même si celui-ci se décale vers l’Est plus rapidement : il était une centaine de milles derrière le trimaran géant à 3h TU (300 milles derrière vendredi matin). La trajectoire plein Est depuis vendredi matin à des vitesses élevées a permis à Franck Cammas et son équipage de parcourir 797,9 milles en 24h, distance atteinte samedi soir quelques heures avant de franchir le méridien de Greenwich… L’influence du front va diminuer à partir de dimanche soir et Groupama 3 va se positionner pour entrer dans le prochain système météo : un flux de secteur Nord s’établissant sur l’extrême Ouest de l’océan Indien lundi, » analysait Sylvain Mondon de Météo France.

La jonction entre le flux d’Ouest (exploité depuis vendredi matin) et le flux de Nord s’annonce assez délicate puisqu’il faudra laisser sur bâbord une zone de confluence avec des vents faibles au large de Port Elisabeth (Afrique du Sud) avant de bénéficier à nouveau de vents soutenus. Un léger ralentissement est donc au programme de lundi, mais le rythme va reprendre des tours pour toute la traversée de l’océan Indien. En naviguant pratiquement trois noeuds plus vite qu’Orange 2 toute la nuit dernière, Groupama 3 n’a plus qu’une demi-journée de retard sur le temps de référence…

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