Giraglia. Départ pour une longue course lente raccourcie à 200 milles

La Rolex Giraglia est parti ce mercredi après deux jours de courses inshore mais s’annonce lente avec des orages sur la route. Les 141 bateaux ont pris le départ dont 20 maxis qui participent au cinquième des sept événements du Mediterranean Maxi Offshore Challenge 2021-22 de l’International Maxi Association.

“Plus de bouffe, plus d’eau, plus de crème solaire, plus de bonnes blagues à raconter !” était le mantra de préparation de l’as français de la voile Gérald Véniard, tacticien sur le Wally 60 Wallyño de Benoît de Froidmont, pour le départ d’aujourd’hui de ce que la plupart prédisent comme une course au large lente de la Rolex Giraglia, mais avec le potentiel de rencontrer de violentes tempêtes localisées. « Parfois la course dure 23 heures et parfois 48 heures. Cette fois, ce sera certainement 48… »

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Appréciant que cette Rolex Giraglia serait ultra-légère, le comité de course composé d’un amalgame de personnel du Yacht Club Italiano, de la Société Nautique de Saint-Tropez et de l’International Maxi Association, a annoncé hier soir que le parcours serait raccourci. Ainsi, la flotte n’avait plus à se diriger vers le sud-ouest le long de la côte jusqu’à la première marque de virage à La Fourmigue. Cela a réduit la distance du parcours de 241 milles à environ 200. Mais comme l’a observé Marcel van Triest, navigateur sur le Wallycento Magic Carpet Cubed de Sir Lindsay Owen-Jones : « Ce n’est pas une question de distance, mais vous utilisez le bon vent pour aller la mauvaise direction.”

La maxi flotte a été la première à décoller du Golfe de Saint-Tropez à 1200 CEST et ainsi avec le nouveau parcours, ils ont pu pointer leurs étraves directement vers le rocher de la Giraglia au nord-est de la Corse. Parmi les 141 inscriptions, envoyées en trois départs, figuraient 20 maxis, participant à ce qui est le cinquième des sept événements du Mediterranean Maxi Offshore Challenge 2021-22 de l’International Maxi Association. Après trois jours de course inshore, la flotte s’était étoffée de plusieurs maxis venus juste pour participer à l’offshore. Ceux-ci comprenaient le vainqueur en titre des honneurs de la ligne Rolex Giraglia (et récent vainqueur absolu du 151 Miglia Trofeo Cetilar) l’ARCA SGR de 100 pieds de Furio Benussi, le Black Legend 6 de 72 pieds conçu par Sam Manuard, le Mylius 60 Lady First III de Jean-Pierre Dreau, Jean-Michel Vismara 80 Luce Guida de Caye,

Heureusement pour l’heure de départ, des vents d’est sud-est de 5 à 7 nœuds ont suffi à éloigner la flotte, les gréements imposants des maxis étant capables de trouver de la brise au large. La stratégie jouait hors des blocs avec certains comme le Wallycento Tango tout noir de Charif Souki préférant rester haut (c’est-à-dire vers le sud) mais avec d’autres comme ARCA SGR et Wally 107 Spirit of Malouen de Jean-Luc Petithuguenin au départ de la rhumb direction le rocher de la Giraglia et direction nord.

Alors, comment cette course va-t-elle se dérouler ? “Lentement” semble être le seul consensus.

Flavio Favini, tacticien sur le maxi Capricorno IMS d’Alessandro Del Bono a conseillé : « Nous pensons que ce sera un jeu de patience. Nous savons que nous allons faire face à une édition légère. Nous avons tous fait de la Rolex Giraglia pendant de nombreuses années et nous savons que lorsque nous quitterons la côte, ce sera vitreux. Nous devrons nous assurer d’avoir suffisamment de nourriture et d’eau.
Le routage de Capricorno montre un ETA de 0600 vendredi. Ou 1800.

Le stratège du tango Thierry Peponnet estime : « Ça risque d’être long ! Le routage dit quelque chose comme 40 heures. Nous avons des fichiers météo qui montrent des orages se développant au large de Fréjus, qui pourraient amener 40 nœuds pendant environ deux heures à 2000. Nous espérons que ce ne sera pas le cas car tout le reste du parcours se fera dans du petit temps. Nous verrons.”

Le routeur/météorologue le plus expérimenté de la flotte est probablement Marcel van Triest de Magic Carpet Cubed qui a déclaré que leur routage indiquait « environ 36 heures environ pour se rapprocher de Gênes ! Cela pourrait être ‘rejoindre le jeudi soir avec le dernier’ ou vous pourriez passer la nuit à regarder les lumières de Gênes… » Key arrive avant 2100-2200. Wallycento connaît bien le chemin après avoir revendiqué les honneurs de ligne en 2013 et remporté la course sous IRC deux ans plus tard. Et les orages de Peponnet ? « Si vous regardez les modèles AROME, on parle de rafales à 70 nœuds. C’est une bizarrerie de modèle – mais j’espère que Tango apportera les voiles pour ça ! Magic Carpet Cubed avait réduit la taille de son équipage de 23 à 18.

Gérald Véniard sur Wallyño du président de l’International Maxi Association Benoît de Froidmont a conseillé : « Ce sera une course où il ne faudra pas prendre trop de risques car rien n’est écrit… C’est une situation générale avec zéro pression et pas d’isobares. Il y a de petites choses qui ne se produiront pas ou si elles se produisent, elles ne seront pas dans la position prévue. Chaque modèle montre une stratégie différente. Rien n’est digne de confiance.

« Ce sera une course pour les régleurs et l’équipage pour essayer de rendre le bateau le plus rapide possible en permanence. Nous avons une équipe solide et un bateau très bien préparé pour les petits vents.

Dans la maxi flotte, l’un des bateaux appelés à faire la course la plus longue sera Mariette de 1905.

La légende française de la voile Halvard Mabire est le navigateur à bord soutenu par sa femme britannique et concurrente du Vendée Globe Miranda Merron, qui lui a donné son avis sur ce qui l’attend : “Le temps s’annonce très compliqué car il y a quelques tempêtes de basse pression qui flottent autour et pas beaucoup d’un gradient de pression. Ce sera donc compliqué, « les yeux hors du bateau » et je doute fort que ce soit un parcours en ligne droite. Il y a des creux et les prévisions annoncent des orages très violents. Si tel est le cas, le jackyard doit descendre. Sur les voiles Mariette, il faut du temps pour manier.