Fabien Delahaye « Une envie de revanche »

© Loubsol

Fabien Delahaye est de retour en Figaro après 4 ans d’absence et fort de ses multiples expériences en course au large notamment en recherche de performance sur différents supports, Fabien Delahaye est déterminé à effectuer une belle Solitaire URGO Le Figaro, son objectif principal de la saison avec Loubsol comme partenaire.

Pourquoi revenir en Figaro après tes expériences hors du circuit ces dernières années ?
« Cela fait 4 ans que je navigue pour les autres et j’avais envie de naviguer pour moi. Le circuit Figaro est un circuit de référence et vraiment très intéressant sportivement. En plus le changement de support (le Figaro Bénéteau 3 a remplacé le Figaro Bénéteau 2 en début d’année ndr) est un argument qui pèse dans la balance : nouveau bateau, nouveau challenge ! C’est vraiment enrichissant de revenir alors que tout le monde sera à armes égales, sans l’avantage de l’expérience du support.
Et puis j’ai quitté le circuit Figaro en 2014 avec un petit goût amer : en raison d’une casse, j’ai dû abandonner la troisième étape de la Solitaire alors que j’étais en tête du classement général. Cette année-là je me sentais prêt. Je suis resté sur ma faim avec clairement une envie de revanche. »

Imoca, Ultim, Multi50, Volvo Ocean Race… Que vont t’apporter ces expériences des 4 dernières années ?
« Naviguer sur d’autres supports ouvre sur d’autres façons de faire de la course au large, cela apporte d’autres visions, des façons différentes de naviguer. En plus je faisais partie de projets sportivement pointus et qui jouaient la gagne donc ça tire vers le haut. Sur la Volvo Ocean Race par exemple (remportée à bord de Dongfeng Race Team ndr) j’étais en charge de la performance et j’ai participé à plusieurs étapes : ta seule préoccupation est de comprendre le bateau et de trouver comment le faire avancer plus vite. Ça met dans un état d’esprit où tu n’acceptes pas d’aller moins vite que l’autre. Ça a donc été pour moi l’occasion de développer une nouvelle casquette au-delà du poste de navigant, celle de l’analyse et de la recherche de performance. Avec l’arrivée du Figaro 3, il faut tout réapprendre, être capable de comprendre le bateau, créer des outils pour optimiser la stratégie… Je vais pouvoir profiter de mon expérience. »

Le Figaro 3 remet-il les compteurs à zéro ?
« Oui je le pense. Cependant un coureur qui a navigué en Figaro 2 est quelqu’un d’expérimenté et qui part donc avec une longueur d’avance. La voile, et la course au large en particulier, est une discipline d’expérience : plus tu as fait de solitaire au large et vécu de situations au large, plus ça te servira en Figaro 3. Même si tout le monde découvre le bateau, cela ne remet pas en cause l’exercice de la course au large. La connaissance du circuit devrait par exemple avantager certains d’entre nous : on sait ce qu’est la Solitaire, on connait le rythme qu’elle impose, on sait à quoi s’attendre.
Mais il faut aussi prendre en compte le nouveau bateau. Les manœuvres sont nouvelles, la façon de le gérer est différente, la manière d’aborder la stratégie également. Il y a des choses à penser autrement même si cela reste de la régate au contact et de la tactique. »

Qu’est-ce qui change par rapport au Figaro Bénéteau 2 ?
« Bien malin celui qui est capable de dire aujourd’hui qui va gagner la Solitaire car tout peut arriver, bien plus qu’en Figaro 2 ! Avant quand tu avais 30 minutes d’avance, tu pouvais essayer de gérer la flotte, de la contrôler ; en Figaro 3 les angles ne sont pas les mêmes, le jeu de voiles est un peu plus diversifié et donc les écarts peuvent être plus importants, ce qui va forcément changer la donne dans une course au temps. L’autre point c’est le différentiel de vitesse selon les angles et les choix de voile, autrement dit selon les allures tu peux vite combler un retard par un positionnement différent. A l’inverse les mauvais choix vont coûter plus cher qu’avant aussi. La stratégie sur l’eau est donc très différente car le cadre de jeu est bien plus grand. »

Dans quel état d’esprit es-tu à quelques jours du départ ?
« Je me sens bien, j’ai hâte d’être au départ et de commencer cette Solitaire. Cependant nous naviguons depuis peu de temps sur ce nouveau bateau, on n’a pas le recul nécessaire pour savoir comment se situer. La météo jouera beaucoup sur le fait d’être à l’aise ou pas et on va tous rencontrer des situations sur la Solitaire que nous n’avons encore jamais vécues avec ce bateau. Il va donc falloir y aller avec beaucoup de prudence et de rigueur pour apprendre le plus possible. Celui qui gagnera la Solitaire sera sans doute celui qui sera capable d’apprendre le plus vite au fur et à mesure des étapes. »

Quels sont tes objectifs sur cette Solitaire ? La victoire ?
« Je suis compétiteur, je n’y vais pas pour perdre. Donc si j’ai l’opportunité d’être devant, je vais évidemment la saisir. Mais je ne veux pas essayer de gagner une étape coûte que coûte, mon objectif c’est le classement général. La Solitaire est composée de 4 manches, il faudra être bien régulier. Je veux me servir de chaque situation pour en apprendre un peu plus sur le bateau et être meilleur à chaque étape. »