Deuxième journée de la Dragon Gold Cup

Dragon Gold Cup
DR

Motivés !
On peut considérer que trois populations de pratiquants de Dragon existent : Les purs régatiers, inconditionnels de ce support qui reste un outil exceptionnel entre leurs mains, les esthètes qui sont épris de la ligne du joli quillard et ceux qui viennent pour retrouver une famille, une ambiance, une communauté. Tout ce beau monde se mélange gentiment le matin sous la tente du village de la Gazprom International Dragon Gold Cup, avant de gagner les pontons et les bateaux où la concentration prend souvent le pas sur la décontraction.
Ce matin, les marins affichaient des visages différents selon leurs ambitions et leurs classements d’hier. Ainsi, pour Stéphane Maseden (FRA 402), «la gold Cup, c’est plié. Disqualifiés hier, nous ne pouvons plus espérer y briller, même si nous n’avions pas beaucoup d’illusion, compte tenu du plateau. En revanche, nous restons motivés comme jamais. Je dirais même que, comme il n’y a plus d’enjeu, nous allons nous battre un maximum et prendre des risques que nous n’aurions pas osés prendre. On va surtout s’amuser en régatant avec les meilleurs de la série, sans complexe, ni pression».
Pour l’équipage de Dimitry Samokhin (RUS 76) deuxième au classement d’hier et…. aujourd’hui, le challenge était naturellement tout autre : «Nous allons naviguer dans des vents légers, qui vont certainement varier en direction, ce qui veut dire que la course risque d’être longue. Dans des conditions pareilles tout le monde a sa chance et c’est une bonne chose, mais c’est aussi un défi, parce que chaque équipage devient du coup un concurrent potentiel, sans compter le facteur réussite. Dans ces conditions, il faut vraiment rester zen et garder son calme. En tout état de cause, notre tacticien, Andrey Kiriliuk va certainement avoir beaucoup de travail pour lire le vent sur le plan d’eau ».
Enfin, reste les marins ‘épicuriens’ qui viennent pour l’ambiance douarneniste, pour retrouver cette famille unie et pourtant hétéroclite. « J’ai fait 1200 kilomètres pour venir ici, naviguer dans cette baie et retrouver ces gens qui sont capables de remuer des montagnes » explique Kito de Pavant, méditerranéen et homme du large. «Je connais l’organisation par le Grand Prix Guyader auquel j’ai participé plusieurs fois avec mon 60 pieds Groupe Bel. Je pense que les gens d’ici vivent en phase avec leur environnement qui est exceptionnel ». Il est venu de plus loin encore, Tam Nguyen vit à Hong Kong et navigue à bord de Zéphyr (HKG 55). Il était tout sourire en considérant le ciel avant de prendre le départ : « C’est parfait, il fait chaud, le ciel est bleu, il souffle un petit zéphyr, on se croirait à Hong Kong ! » Enfin, Erik Orsenna, l’Académicien de la flotte, s’amusait des résultats de son équipage : «Nous avons une belle marge de progression je pense, il ne faut pas dévoiler notre potentiel dès les premiers jours…On se fait plaisir, c’est l’essentiel ».

Une belle victoire pour Jerboa
Avec les conditions annoncées, ils s’attendaient à un véritable jeu d’échec, un conflit entre le vent synoptique venu de l’est et le thermique de l’ouest, qui ne manquerait pas de se lever dans la journée. Jean Coadou, le Comité de course, était beaucoup plus détendu qu’hier et a su lancer ses ouailles avant cette bagarre céleste. Et c’est un bon et beau départ qui a pu être donné, comme à la parade, à 15 heures pétantes, dans un joli petit flux stable de 6 nœuds. Deux équipages russes (34 et 77) n’ont pas réparé leur départ volé et sont donc disqualifiés pour cette course.
Le choix, toujours cornélien en baie de Douarnenez, de partir à droite, à gauche ou au centre, s’est une nouvelle fois posé. Et c’était à gauche qu’il fallait jouer comme l’a démontré l’équipage de Gavia Wilkinson-Cox sur Jerboa (GBR 761). La Britannique s’est en effet emparé de la tête dès le premier passage de bouée et a largement gardé les commandes de la flotte en creusant l’écart, jusqu’à la ligne d’arrivée avec une meute de poursuivants à ses trousses.

Le trio gagnant est : GBR 761, HUN 57, GER 1133.