Dragon Gold Cup : Patience et longueur de temps

Dragon gold cup
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La classe des gentilshommes
A terre, ils forment une communauté, sur la ligne de départ, ils peuvent se montrer offensifs, en course, les Dragonistes sont civilisés. «Ce sont de vrais gentlemen» confie Catia Everhall-Blom (FIN 88), l’une des rares femmes engagées sur la Gazprom International Dragon Gold Cup. Dans un milieu souvent considéré comme macho, la classe Dragon fait apparemment exception. «Nous sommes traitées comme des princesses » poursuit Catia qui navigue avec deux autres représentantes de la gente féminine. « Je pense que les Dragonistes apprécient la présence de femmes au sein de leur classe et malheureusement nous ne sommes pas très nombreuses. Je participe à toutes les courses, toute l’année et, en moyenne, nous sommes 10 femmes pour 150 marins ».
Cette attitude respectueuse ne se limite pas aux relations entre équipages masculins et féminins. «En général, les Dragonistes sont fairplay » explique Vincent Hoesch, l’un des ténors du circuit (GER 1133) qui termine troisième aujourd’hui. «Nous sommes comme une grande famille qui se retrouve à travers le monde. Pour cette raison, dans cette série, il n’y a pas beaucoup de réclamations. Je pense que c’est aussi grâce à cette ambiance que la classe compte de plus en plus de membres. J’espère être un gentleman, en tous les cas, on le dit de notre équipage ».
Jean Sébastien Ponce, l’équipier du bateau italien de Giussepe Duca (ITA 56) a écumé de nombreux circuits sur de multiples supports avant de poser son sac à bord d’un Dragon. Plusieurs fois vainqueur du Tour de France à la voile, ce Cannois fait désormais partie du Club des Ambassadeurs du Grand Prix Guyader de Douarnenez. «Je suis un peu l’ambassadeur de Douarnenez à Cannes, j’ai ma licence de voile à la SRD et j’en suis membre. Je me sens bien ici, il faudrait d’ailleurs être fou pour se sentir mal… La Classe Dragon est constituée de propriétaires qui pourraient, pour la plupart, s’offrir des bateaux de 25 mètres, mais ils préfèrent rejoindre cette série qui permet de régater simplement, à armes égales. Il suffit d’avoir deux équipiers, une voiture, une remorque et évidemment, un Dragon. C’est une classe sympathique et internationale qui compte essentiellement des gens bien élevés ».
Abram de Wilde (NED 311) résume assez bien l’état d’esprit qui règne dans la série. « Sur l’eau, nous sommes naturellement à fond. Sur la ligne de départ, c’est quelque fois la guerre, mais, une fois la régate partie, on peut toujours échanger avec ses adversaires, même en cas de priorité sur l’eau, nous n’en abusons pas, nous ne passons pas en force. C’est une compétition, mais il n’y a pas d’agressivité. Nous nous connaissons bien, souvent depuis longtemps. Ces liens sont plus forts que notre potentielle rivalité ».

Une très belle journée de voile
La course N°4 de la Gazprom International Dragon Gold Cup a pu être lancée après une longue attente sur le plan d’eau. Pas un souffle de vent à l’horizon avant 17 heures… Jean Coadou et Jean Gabriel Le CLéac’h, son acolyte, scrutaient l’horizon et guettait l’arrivée de ce flux annoncé qui s’est fait attendre. «On savait que ça viendrait, il a fallu patienter, mais ça valait vraiment la peine » confiait Jean Coadou. Et c’est rentré, du sud ouest, 10 nœuds qui ont soulagé la baie écrasée de chaleur et libéré les patients 77 équipages. Après un premier rappel général, le bon départ a été donné sous pavillon noir, ne donnant lieu à aucune disqualification. A la bouée au vent, trois bateaux avaient pris l’avantage sur une flotte très étalée. DEN 406, GER 88 et GER 1133 étaient toujours les maîtres du jeu au passage de la deuxième marque et, magistral, du début à la fin de la course, Jorgen Schönherr a passé la ligne en tête avec ses deux poursuivants. «Ce sont d’excellentes conditions de navigation, les meilleures depuis le début de la Gold Cup» se réjouissait le Comité. «Il y a de l’air, du soleil, une belle luminosité, tout le monde se régale. C’est une vraie régate, avec du vent stable, pas compliqué et tordu comme hier».

En début d’après midi, Jorgen Schönherr (DEN 406) confiait naviguer pour le plaisir et ne souhaitait pas être classé parmi les professionnels. « Nous devons nos résultats à la force de notre passion et de notre motivation ». Celle-ci doit être de taille et intacte, Jorgen, déjà triple vainqueur de la Gold Cup (2003, 2004, 2005) vient en effet de remporter la course du jour.

Le podium de la course 4 : DEN 406, GER 88 et GER 1133