Veillée d´armes à Douarnenez

Dragon gold cup Douarnenez
DR
Rencontre 
Trois marins se sont retrouvés sur le port de Tréboul ce matin : Jean-Luc Nélias, l’un des meilleurs navigateurs français, grand spécialiste de la météorologie appliquée à la course au large, Erik Orsenna, l’Académicien qui, en plus de l’écriture et des voyages entretient une relation privilégiée avec la mer et la Bretagne et enfin, Yann Kersalé, l’artiste originaire de Douarnenez qui sculpte la lumière à travers le monde. Rencontre haute en couleurs bien entendu mais aussi riche d’émotion partagée quand il s’est agit d’évoquer la baie de Douarnenez. Aussi différents soient-ils, ces trois là se sont retrouvés autour d’un thème qui enchante. Venus du grand large, de l’Académie ou d’un atelier d’artiste, si leurs mots n’étaient pas les mêmes, ils disaient la même chose.

Aux vents de Douarnenez
«C’est pareil dans toutes les baies, sauf qu’ici c’est Douarnenez» a lancé d’emblée Jean-Luc Nélias. Soit, mais encore ? «C’est sauvage et beau, il n’y a pas de construction, on navigue dans du bleu entouré de vert. La baie est fermée par trois côtés, il y a du relief, le courant n’intervient pas ou peu dans les choix stratégiques et le vent trouve sa route et chemine là-dedans. C’est compliqué. Il faut essayer d’avoir une lecture de ce vent qui est souvent coquin. Quand il descend du Ménez-Hom (qui domine la baie de Douarnenez du haut de ses 330 mètres), il trace un sillage et oscille d’un côté à l’autre… Le plus dur ici c’est de prévoir, de ne pas subir telle ou telle côte ».
« Et comme il va faire beau toute la semaine, quelque chose de plus viendra perturber la lecture du plan d’eau, c’est le thermique. Quand il s’installe, tu le sens arriver, il peut avoir des parfums de foin coupé, de crème solaire, selon son chemin» explique Yann Kersalé. «Il y a le Vent des Mages, comme on appelle ce toboggan qui descend du Ménez-Hom et qu’on va chercher et l’ascenseur que représente le thermique. Toute la flotte peut partir à gauche sur le toboggan et toi tu prends tout seul l’ascenseur. L’idéal ! Le toboggan est certain et l’ascenseur reste possible». 

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Les lumières de la baie 
Cela a été écrit, peint… La baie de Douarnenez est reine au pays des couleurs. «Il y a une continuité dans les teintes » explique Erik Orsenna. « Ça glisse, il y a un enchaînement mélodieux de métamorphoses, c’est d’ordre musical. Il n’y a pas la mer qui dit je suis là et la côte qui répond je t’emmerde. On appelle ça la valeur des gris en peinture. Pour lire le plan d’eau, il y a le vent mais aussi la lumière et ses contrastes sur l’eau qui nous disent le chemin qu’empreinte le vent. Et le gagnant d’une régate, c’est le meilleur lecteur. Les livres sont loin d’avoir le monopole de l’endroit où il faut lire, la planète entière est à lire».

Vingt bateaux peuvent s’imposer sur la Gazprom International Dragon Gold Cup«C’est sûr que bien connaître la baie est un sérieux avantage, mais il vaut mieux être trois fois champion olympique » lâche Jean-Luc Nélias. «Le Dragon est un grand apprentissage de l’humilité et ça ne marche pas à tous les coups, même quand on a plusieurs titres olympiques » poursuit Yann Kersalé. «Il faut de l’humilité, tu as raison Yann, et de l’obstination. Il n’y a pas de route, c’est comme en amour» conclut Erik Orsenna.

Du lundi 19 au samedi 24 : Une seule course quotidienne. Départ à 15 heures, les bateaux quitteront le port autour de 13 heures.