Dragon Gold Cup : Une course sous haute tension

Dragon Gold Cup
DR

La contreperformance de Dimitry Samokhin (RUS 76), hier, est à ce titre édifiante : Classé 60èm, le talentueux équipage russe a probablement vu sa chance de victoire au général lui échapper. Du coup, ce matin, chacun y allait de ses commentaires et de son inventaire : «Rien n’est jamais plié », «il y en a 10 qui peuvent encore gagner », «il suffit de voir des pointures comme Samokhin ou De Groot (NED 309), un mauvais classement ou une disqualification et tu as tout perdu. Markus a pris une sérieuse option pour la victoire, mais il reste encore deux courses… ».
Pour sa part, Markus Wieser (UKR7), leader après quatre courses, affichait une belle sérénité :« Nous allons continuer sur notre lancée, ne pas changer de stratégie, ce ne serait pas une bonne idée. Nous ne nous mettons pas la pression, demain, peut être on regardera de plus près nos adversaires pour les contrôler». L’équipage de Thomas Müller (GER 1133) était plus offensif. Vainqueur en 2012, Thomas entend défendre son titre avec les dents s’il le faut :«On va se battre comme des chiens !» lâchait-il avant le départ. « Markus a été bon toute la semaine, mais il est atteignable. L’an passé, j’ai gagné la Gold Cup sur la dernière course alors que j’avais 21 points d’écart ». A bon entendeur…

Et nous en étions là à 15 heures, quand le Comité a lancé la course du jour. Cinq bateaux ont volé le départ, trois ont réparé, les deux récalcitrants sont donc OCS. Il s’agit de SWE 385 et de Dimitry Samokhin (RUS 76) qui avait peut être trop le mors aux dents…
L’homme du jour est sans conteste, Yevgen Braslavets (UKR 8). L’équipage ukrainien, par ailleurs troisième au classement de l’IDA (International Dragon Association), a pris l’ascendant dès le départ, passé toutes les bouées en tête et porté l’estocade finale sur la ligne d’arrivée. Derrière, la bataille a fait rage entre DEN 138 et GER 11 qui complètent le podium du jour.
«C’était une course un peu stressante à cause de la brume, on ne voyait pas la marque au vent avant d’être à 300 mètres d’elle. Nous sommes partis à gauche et c’est en virant la bouée que nous avons compris que nous étions premiers, c’était une belle surprise ! » se réjouissait Yevgen Braslavets à l’arrivée au ponton. Arrivé 10ème Markus Wieser garde la tête au général.

Juge de paix
Toutes les compétitions sont dotées d’un juge de paix, en voile comme pour d’autres disciplines. Sur la Gazprom International Dragon Gold Cup, c’est Yves Léglise qui remplit la délicate mission de présider le jury international. Cinq autres membres officient à ses côtés, ils viennent de Belgique, d’Allemagne, de Nouvelle Zélande et d’Ecosse. Terence Brownrigg qui siège aussi dans le jury, est le représentant de la Clyde Yacht Club Conference Association, propriétaire de la Gold Cup depuis sa création en Ecosse en 1937.

Yves Léglise : «Sur une épreuve internationale il faut cinq jury au minimum et trois nations doivent être représentées. Depuis le début de l’épreuve, nous avons traité essentiellement des demandes de réparation pour les OCS et les BFD. C’est logique puisque sur la Gold Cup, on ne peut pas faire sauter une manche et comme on a pu le voir, une disqualification compromet définitivement le résultat final. Cela dit, même si nous apprécions les concurrents, nous ne connaissons que les règles et les sentiments ne peuvent pas entrer en ligne de compte ». Pour info, quand un bateau vole le départ (OCS) sans réparer, il prend 78 points (le nombre d’engagés + 1), et si c’est sous pavillon noir (BFD), il prend 8 points de plus… A l’arrivée, l’addition est salée !

Le podium de la course 5 : UKR8, DEN138 et GER11