Premiers bords de la Gazprom International Dragon Gold Cup 2013

Dragon gold cup Douarnenez
DR

Vingt prétendants
Du 16 au 24 août la baie de Douarnenez va être le berceau de ce qui peut être comparé à un championnat du monde. Ils sont 77 équipages, représentent 17 nationalités et 19 concurrents sont Français.
Il se dit sur les pontons qu’au moins 20 d’entre eux peuvent prétendre à la victoire. Il se dit aussi que pour l’emporter il faudra essentiellement être régulier, pour une raison toute simple, sur la Gazprom International Dragon Gold Cup, il n’y a qu’une longue course quotidienne et toutes comptent pour le classement final. Donc pas de prise de risque envisageable, pas de départ prématuré, pas de disqualification au programme, de préférence… Avec 77 bateaux sur la ligne de départ, l’affaire n’était évidemment pas entendue. Ce qui signifie aussi que l’art de la régate, propre et élégante était normalement de mise…
Parmi les ‘nominés’ naturels on peut citer le champion du monde en titre, Lawrie Smith, le champion d’Europe en titre, Jose SM Matoso, le leader au classement de l’IDA (International Dragon Association), Markus Wieser, le triple vainqueur de la Gold Cup (2003-2004-2005) Jörgen Schönherr, le détenteur de la dernière Gold Cup, Thomas Müller et les animateurs de la flotte russe que sont, entre autres, Dmitry Samokhin, Anatoly Loginov, Mikhaïl Senatorov… Aucun Français n’a encore remporté la Gold Cup depuis sa création en 1937.
A Douarnenez trois équipages français au moins aimeraient jouer les trouble-fête : Celui de l’actuel champion de France, Rémy Arnaud, celui du médaillé olympique, Luc Pillot et celui du Grand-Mottois Jean Bréger. «Nous sommes venus à trois bateaux de la Grande-Motte »raconte Jean Bréger, le capitaine des sudistes. « Kito de Pavant fait partie de notre délégation et nous sommes très heureux de naviguer ici, même si nous savons que nous allons prendre une taule. Mais on préfère être les derniers des bons que les premiers des cons » lâche Jean avec le franc-parler qui le caractérise… Un peu visionnaire aussi puisqu’il ajoute : «Pour moi, Luc Pillot pourrait être le meilleur classé français, même s’il n’a probablement pas assez navigué ces derniers temps ». Information que confirmait d’ailleurs Luc Pillot avant de s’emparer de la troisième place aujourd’hui : «Nous n’avons pas régaté depuis le dernier Grand Prix Guyader en mai dernier, ça va être dur, notamment parce que si on fait une mauvaise course, on ne pourra pas l’enlever ».
Et pourtant, Markus Wiezer, le leader du classement de l’IDA, semble compter l’équipage de Pillot parmi ses principaux adversaires, même s’il n’aime pas beaucoup citer ceux qui pourraient lui donner du fil à retordre. Il a aussi évoqué au moins 10 autres prétendants à la victoire, parmi lesquels le Britannique Laurie Smith, son collègue ukrainien, Yevgen Braslavets et… presque tous les Russes !

Six procédures pour lancer la première course ! 
Malgré les intentions raisonnables affichées, les hostilités n’ont pas tardé sur la grande bleue au large de Douarnenez avec des rappels généraux et des départs sous pavillon noir qui ont provoqué leurs lots de victimes et de disqualifications. Jean Coadou, le comité de course, est un habitué des impatiences dragonistes et sait composer avec leurs ardeurs. Mais aujourd’hui il a qualifié la journée de « très, très difficile, pour eux aussi d’ailleurs ! ».
Le coup d’envoi de la Gazprom International Dragon Gold Cup a pu être donné à 16 heures 43, laborieusement, la faute au vent qui tournait et obligeait le Comité à modifier, à plusieurs reprises, la ligne de départ, sans parler de la tension qui régnait sur la ligne.
Un premier départ a bien été donné à 15 heures comme prévu dans un vent d’ouest, de 8 à 10 nœuds établis. Premiers départs volés, premier rappel général. Une deuxième procédure est alors mise en place qui n’aboutira pas, le vent a tourné de plus de 20°. Il faut alors envisager un changement de parcours avant la troisième procédure qui sera également interrompue tandis que le vent revenait à l’ouest. Nouvelle ligne, nouvelle procédure et nouveau rappel général ! Le cinquième départ sera lancé sous pavillon noir et fera 8 victimes. Enfin, le bon départ de la Gazprom International Dragon Gold Cup sera donné à la sixième procédure, sous pavillon noir, et cinq nouveaux bateaux seront disqualifiés. 

Deux Russes et un Français sur le podium
Ce premier jour de régate agité était aussi l’occasion de prendre un sérieux ascendant sur les camarades de jeu, sans perdre de vue le piège que cette tentation pouvait représenter. Markus Wiezer compare l’épreuve à une descente à ski et expliquait ce matin qu’il ne fallait pas se louper sur le passage des deux premières portes, soit les deux premiers jours de régate, et qu’ensuite, la confiance viendrait. «Il faut faire les bons choix tout de suite. Nous sommes un équipage plutôt agressif d’habitude, mais sur la Gold Cup, il faut être plutôt conservateur, ne pas prendre de risque et surtout ne pas se mettre en tête que l’on va gagner !». Manifestement, les équipages les plus attendus ont su préserver l’avenir. Aucun ne compte parmi les disqualifiés. Pour autant, chacun voulait bien faire, naviguer ‘propre’ et la déception est évidemment au rendez-vous pour ceux qui ont failli aujourd’hui. Le Hollandais André Du Pon (NED 414) confie que la pression et l’anxiété étaient palpables sur le plan d’eau et que c’est en partie ce qui les a conduits à la faute.
Vainqueur de cette journée ‘sur le rasoir’, l’équipage russe d’Anatoly Loginov (Rus 27) a réalisé une très belle course et gagné avec une avance confortable devant Dimitry Samokhin (RUS 76) et Luc Pillot (FRA 386). Les favoris sont bien présents à ce premier rendez-vous.