Au pays des dépressions…

Grossse vague à bord d'UUDS
Grossse vague à bord d\'UUDS

« Nous venons de traverser une petite phase de transition mais cela redémarre doucement » explique Vincent Riou (PRB) à la vacation. « Nous voilà repartis vers l’Est, direction le Sud de l’Australie. Mon petit coup se traduit par 5 milles de retard (ndlr, au classement de 11h00) pour l’instant. Finalement, je ne vais pas gagner grand-chose car ce matin, j’ai raté le passage à la caisse. Au petit matin, après le lever du jour, j’ai voulu aller dormir. Echo quasi instantané et satisfaction de son collègue de route, Jean Le Cam (Bonduelle) : « Et oui, nous avons eu une phase de transition… Je suis assez content de voir Vincent là, je le croyais partir beaucoup plus que cela ! Mais il est mieux placé que moi maintenant… S’il me met 30 milles, ce ne sera pas trop grave ! ». Ainsi le petit décalage au nord opéré il y a deux jours de Vincent a tout de même rapporté, même si le nouveau leader du jour est déçu d’être passé à côté de son coup. Quoi qu’il en soit, Vincent navigue maintenant sur la bordure nord de la dépression et a touché le vent quelques heures avant Jean. Mer moins formée les jours précédents, vent un zeste plus tôt, PRB en a profité pour s’échapper sur cette bordure dépressionnaire très nord par rapport aux systèmes qui défilent traditionnellement dans le sud. Vincent et Jean naviguent une fois de plus de concert dans 30 nœuds de vent. Les deux compères se trouvent à 255 milles pile dans l’ouest des Iles du Prince Edward. Derrière, les vitesses ont augmenté avec l’arrivée de la dépression qu’ils ont touchée plus tôt. Roland Jourdain (Sill et Veolia), Sébastien Josse (VMI) et Mike Golding (Ecover), après des nuits difficiles dans les phases de transition entre les systèmes, ont retouché du vent portant et glissent cap à l’est/nord-est.

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De quel côté de la dep’ ?
Autre dépression, autres aventures avec celle qui se trouve dans le sud-est de la pointe sud-africaine. Etalée, cette dépression née sur les côtes sud-américaines n’en finit de faire souffrir les marins du gros peloton. Car, si certains se trouvent du bon côté soit vent portant, d’autres à l’instar de Patrice Carpentier (VM Matériaux), Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) ou Hervé Laurent (UUDS). Hervé explique : « Ce n’est pas terrible en ce moment… Je suis passé de l’autre côté de la dépression et les conditions de navigation ne sont pas faciles ! Le vent est changeant, dans le nez et je ne fais pas la route. La dépression a l’air de s’immobiliser et du coup il faut que je reparte de l’autre côté de celle-ci pour y trouver des vents portants. Faut que je ressorte de celle-ci au près. Il y a de nouveau des heures ou des jours qui vont se perdre ici ! ». Navigation au près dans 25 à 30 nœuds de vent, pluie, bateau qui tape, ciel gris… Ambiance !

Petites avaries en série
L’Atlantique Sud et l’entrée dans l’Océan Indien commencent à prélever leur tribu en avaries, pépins et autres soucis techniques. Alex Thomson (Hugo Boss) déplore l’incident le plus grave de ce début de course : sa fixation de vit de mulet s’est arrachée et l’anglais fait cap sur la pointe sud de l’Afrique pour tenter de réparer. Il se trouve à 16 heures vendredi à 890 milles de Cape-Town. Problèmes de voiles en pagaille : latte de grand-voile brisée chez Roland Jourdain (Sill et Veolia) et Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec), Code 5 (petit gennaker) à l’eau suite à rupture de drisse pour Conrad Humphreys (Hellomoto), rupture de bout dehors, de balcon et perte de gennaker pour Marc Thiercelin (Pro Form), grand génois (n°1) déchiré à bord du Brother de Norbert Sedlacek, problèmes de communication informatique de Mike Golding (Ecover) et de Sébastien Josse (VMI), tous deux privés de Standard F (communication satellitaire à haut débit). Mais, au premier tiers de la course, aucun abandon n’est à déplorer.