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Vendée Globe. L’IMOCA Charal 2 coupé en deux !

Chantier Charal 2026 - découpe de l'étrave, premier jour du chantier chez Gepeto Composites. IMOCA Charal 2 (crédit photo : Marin Leroux - Polaryse / Charal)

L’équipe de Charal a pris la décision de changer son fond de coque plutôt que de construire un nouveau bateau. C’est un challenge technique aussi impressionnant qu’innovant. Ces dernières semaines, l’IMOCA Charal 2 a été coupé en deux afin de retirer le fond de coque qui sera bientôt remplacé. Encore jamais réalisée en IMOCA, cette opération imaginée depuis de longs mois a été entreprise après le retour victorieux de la Transat Café L’Or avec la collaboration de Gepeto Composite. Objectif ? Favoriser les phases de vol, gagner en performance dans certaines allures et faciliter l’usage du bateau en solitaire. Il devrait être remis à l’eau en juin prochain, ce qui laissera près de six mois afin de se préparer à la Route du Rhum, le grand objectif de la saison.

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1/ Pourquoi avoir décidé de changer de carène ?
Au sein de l’équipe, la recherche d’optimisation est une préoccupation de chaque instant. Depuis sa mise à l’eau en 2022, Charal 2 s’est dès le début distingué par ses safrans en V qui permettaient de maximiser son temps de vol. « En faisant voler le bateau à plat, on s’est rendu compte que la forme de la carène, en scow (en arrondi) n’était pas la plus adaptée », raconte Jérémie Beyou. « C’est ce qui nous a poussé à vouloir adapter la carène afin de voler longtemps en étant à plat ». « Avec nos foils, la gite était plus faible que ce qu’on s’imaginait », ajoute Nicolas Andrieu, qui est à la tête du bureau d’étude. « C’est ce qui nous a poussé à réfléchir à une nouvelle carène ». Celle-ci permettra d’améliorer la glisse du bateau. S’il y aura mécaniquement une légère perte en puissance – qui est induite par la gite – le gain sera compensé en améliorant notamment la traînée hydrodynamique.

Chantier Charal 2026 – découpe de l’étrave, premier jour du chantier chez Gepeto Composites. IMOCA Charal 2 (crédit photo : Marin Leroux – Polaryse / Charal)

2/ Pourquoi ce chantier est hors-norme ?

« Il faut imaginer une maison où tu as tout : les murs, la cloison, la structure et la charpente mais pas le toit », sourit Jérémie. « Visuellement, c’est assez dingue. On a l’impression que le bateau a été tronçonné, il a deux trous béants dans le fond de coque ». Si des équipes en IMOCA, dont Charal, avaient déjà refait une partie de l’étrave, jamais l’une d’entre elles n’a décidé de le réaliser de façon aussi conséquente.

3/ Comment se déroule le chantier ?
Dès l’hiver 2024, le cabinet VPLP et l’équipe Charal ont travaillé de concert pour le design de la carène. Ils se sont associés au cabinet de structure Gurit pour les modifications structurelles, cabinet qui avait déjà réalisé la structure initiale de Charal 2. Ensuite, les deux nouvelles demi-coques ont été façonnées toute l’année dernière chez Gepeto Composite, à quelques centaines de mètres du hangar de Charal. Le chantier sur Charal 2 a ensuite débuté une fois le convoyage retour depuis la Martinique où Jérémie a remporté avec Morgan Lagravière la Transat Café L’Or. « Nous voulions commencer à assembler le puzzle dès le mois de décembre », confie Nicolas Andrieu. Ainsi, depuis mi-décembre, les équipes de Gepeto Composite se sont donc évertuées… À couper le bateau en deux ! « Pendant trois semaines, ils ont découpé le carbone et on voyait des morceaux tomber », raconte Nicolas Ferellec, chef de projet au sein du Charal Sailing Team. Un travail fastidieux, dans la poussière et le bruit où le monocoque a été métamorphosé. « C’est comme s’il ne restait plus que le squelette ».

Depuis janvier, les techniciens modifient la structure afin de l’adapter à la nouvelle forme de coque. Il sera alors temps de poser chaque coque, une phase particulièrement délicate. « Tout doit être fixé au millimètre près », assure le responsable de projet. En mai, dès que l’aspect composite sera achevé, les systèmes mécaniques et électroniques seront réinstallés et le bateau pourra être remis à l’eau en juin. « C’est un chantier conséquent mais on est tous très motivés : on se bat pour faire progresser le bateau », s’enthousiasme Nicolas Ferellec.

4/ Qu’est-ce que cela va changer en mer ?

Jérémie Beyou se veut confiant sur la prise en main de son monocoque après ce chantier hors-norme. « Il faudra forcément du temps pour comprendre précisément sa nouvelle attitude et trouver les bons réglages mais ça n’a rien à voir avec la prise en main d’un bateau neuf ». Cette nouvelle carène devrait permettre de progresser dans les vitesses supérieures à une quinzaine de nœuds ainsi que dans les conditions légères, deux des points actuellement perfectibles du bateau. Il pourrait également être légèrement plus facile à manier en solitaire. « Au fil de la saison dernière en équipage et en double, on a pu constater qu’on tirait plus facilement le meilleur du bateau qu’en solitaire », précise Nicolas Andrieu. « Le but, c’est de rendre le bateau plus tolérant pour qu’il soit à 100% en vue de la Route du Rhum et du Vendée Globe ».
5/ Quel est le programme de Jérémie cette saison ?

Charal 2 sera mis à l’eau en juin prochain. Cela laisse environ six mois pour être au meilleur niveau au départ de la Route du Rhum, le dimanche 1er novembre prochain. « On est convaincu qu’on a pris la bonne option pour avoir le meilleur bateau possible dès le Rhum », assure Jérémie. Afin de garder le rythme, Jérémie disputera des courses en Figaro. En revanche, il ne participera pas à la Solitaire du Figaro afin de ne pas accumuler de la fatigue et « être à fond » dès la mise à l’eau de l’IMOCA. « Ensuite, on va tout faire pour enchaîner les navigations et monter en puissance ». Un programme d’entraînements qui sera dense pour peaufiner ses automatismes et se préparer comme il se doit pour la Route du Rhum. 2e en 2014, 3e en 2022, Jérémie espère pouvoir concrétiser une victoire sur la plus connue des transatlantiques.

Source CP