Yann Eliès « Quand on veut atteindre un but et que le mental suit, tout est possible. »

Depart de la grande course N°2 de la Sardinha Cup 2019 - Saint Gilles Croix de Vie le 11/04/2019 @ Alexis Courcoux

Yann Eliès est l’un des grands favoris de cette Solitaire même si une vingtaine de skippers peuvent prétendre à la victoire. Parti de Lorient dimanche en fin de journée avec Damien Guillou, son préparateur, Yann a profité de ce convoyage pour préparer le grand départ de dimanche « J’ai pu travailler ma navigation et dormir un peu aussi durant ce convoyage. Il faut savoir qu’avant de partir sur une étape, nous avons un gros travail de préparation de la navigation. C’est un peu technique, ça demande du temps. Il faut rentrer toutes les zones interdites dans l’ordinateur avec les différentes marques à passer également. C’est un travail indispensable en amont pour ne pas perdre de temps ensuite en course et éviter des erreurs qui pourraient compromettre la gagne. »

Sur la route du convoyage, Yann et Damien ont retrouvé les 46 autres concurrents sous le pont de Saint-Nazaire pour parader jusqu’à Nantes. Une paisible et agréable remontée de la Loire, très loin de la tension qui règnera dimanche au moment du top départ, « C’était sympa cette remontée de la Loire. Nous avons commencé la parade sous la brume et le crachin pour arriver à Nantes presque sous le soleil ! C’était joli, avec le Belem, l’Hermione. Nous avons senti que nous étions attendus ici ! Je suis vraiment très heureux d’être à Nantes, cette ville me rappelle plein de bons souvenirs ! Je me sens prêt, excité à l’idée de repartir en course ! Le départ c’est presque demain, vivement dimanche ! »

Une 20ème participation et toujours le même plaisir
Yann Eliès aime cette Solitaire et jusqu’ici elle le lui a plutôt bien rendu avec trois victoires au classement général en 2012, 2013 et 2015. Une course à part qui l’a façonné en tant que marin, mais aussi en tant qu’homme. « C’est une course qui m’est chère car j’y ai vécu beaucoup de choses. Des moments durs, d’autres sympas. A chaque fois j’y reviens avec énormément de plaisir en sachant que je vais une vivre une nouvelle fois d’intenses émotions. » Des émotions Yann en a connu et quand on lui demande de raconter son plus beau souvenir, on perçoit encore dans la voix du skipper briochin l’intensité des sentiments vécus à l’époque et la répercussion qu’ils ont eu dans sa carrière de coureur, « Mon meilleur souvenir sur la Solitaire, c’est ma première victoire d’étape en 2002. C’était la dernière étape et je l’ai gagnée pour la naissance de mon fils. J’avais le choix entre rentrer et passer 48h dans les transports pour aller le voir ou rester à Gijón et m’arracher pour essayer de gagner cette étape et c’est ce que j’ai fait. C’est un énorme souvenir, on voit vraiment sur les images à l’arrivée que je suis fier de moi ! » Une première victoire d’étape sur la Solitaire, mais pas seulement. Celle-ci marque surtout une réelle prise de conscience pour Yann. « Je me suis rendu compte avec cette étape que lorsque l’on veut atteindre un but et que le mental suit, tout est possible. » Un état d’esprit qui ne cessera de le guider, aujourd’hui encore. Cette quatrième Solitaire URGO Le Figaro, Yann Eliès la veut. Nul doute, qu’il va mettre tout en œuvre pour la remporter !