Yann Eliès : « Deux transatlantiques en double à gagner en 2021 »

Mercredi 4 mars,Paris, Conférence de presse de la Transat AG2R La Mondiale 2020. Yann Elies, FONDATION STARGARDT Wednesday March 4, Paris, Press conference of the Transat AG2R La Mondiale 2020. Photo Yvan Zedda

Yann Eliès fait l’actualité cette semaine. Après son annonce de Transat Jacques Vabre avec Sébastien Simon sur Arkea Paprec, il prendra le départ de la Transat en double ce week-end aux côtés de Martin Le Pape. Il a deux transatlantiques en double à gagner en 2021 et sur des projets qui peuvent potentiellement gagner.

Ce sera sa troisième Transat en Double après celle en 2000 et en 2010 qui ont été rocambolesques. « En 2000, j’ai pris le départ avec Ronan Guérin, un ami. C’était ma toute première transatlantique », raconte Yann. « La course a été un véritable chemin de croix. Il me semble que nous avons mis 27 jours à traverser. Il y avait deux étapes à l’époque. La première (Lorient – Madère) a été très dure, très ventée, nous avons pris 50 nœuds au cap Finisterre. Je n’étais pas prêt pour cet exercice. Dans la deuxième étape (Madère – Saint-Barthélemy), il y avait à l’inverse très peu de vent, nous avons mis cinq jours de plus que prévu. Nous étions à cours d’eau et de nourriture sur la fin de parcours. »

Yann Eliès est revenu sur la Transat AG2R LA MONDIALE (l’ancien nom de la Transat en Double) dix ans plus tard, avec Jérémie Beyou. « Nous sortions tous les deux de cinq mois de stand-by pour le Trophée Jules Verne (le record absolu du tour du monde à la voile, NDR), sans jamais partir. Nous étions très frustrés. Pour compenser, nous nous sommes inscrits à la Transat à la dernière minute », se remémore Yann. « La répartition des rôles à bord n’était pas claire, il y avait deux chefs à bord, c’est-à-dire un de trop. Cette histoire n’a pas été une réussite, mais nous ne sommes pas arrivés fâchés. »

Le fait que la Transat en Double 2021 se dispute pour la première fois en Figaro 3 a beaucoup joué dans la volonté de Yann de revenir cette année. « Le Figaro 1 et le Figaro 2 étaient des bateaux lents, sans surprise, assez basiques. Avec ce nouveau support, il y a un vrai défi de gestion du matériel et des marins pour arriver de l’autre côté de l’Atlantique. Il va falloir gérer l’intensité de l’effort », souligne-t-il. Son duo avec Martin Le Pape s’est formé il y a un an et demi. « Martin m’a contacté pour courir la Transat avec moi. Il était très motivé à l’idée qu’on parte ensemble, quoi qu’il arrive. Il ne m’a pas vraiment laissé le choix, sa détermination faisait plaisir à voir. Nous avons ainsi démarré une belle collaboration, qui s’est aussi transformée en amitié. »

« J’espère conjurer le sort avec Martin »

Après ses mésaventures dans la Transat AG2R LA MONDIALE, Yann a par la suite eu beaucoup plus de réussite dans ses navigations en double, remportant notamment trois fois la Transat Jacques Vabre, d’abord en Multi50 (avec Erwan Le Roux en 2013) puis en IMOCA (avec Jean-Pierre Dick en 2017 et Charlie Dalin en 2019). Yann va-t-il enfin réussir à obtenir un résultat à la hauteur de son expérience et de son talent dans la Transat en Double en Figaro ? « J’espère conjurer le sort avec Martin », annonce-t-il. « Il y a beaucoup de marins de grande qualité mais nous faisons partie des cinq duos qui ont la meilleure côte avant le départ. Nous avons bien travaillé durant notre préparation, j’ai la satisfaction du travail bien fait. Nous ne savons pas ce que nous réserve la course, mais nous sommes contents de ce que nous avons vécu pour le moment. »

« Deux transatlantiques en double à gagner en 2021 »

À l’issue de la Transat en Double – Concarneau – Saint-Barthélemy, Yann Eliès rejoindra un projet IMOCA (les monocoques du Vendée Globe) et participera à la Transat Jacques Vabre aux côtés de Sébastien Simon. « Mon programme pour la saison 2021 est idéal », se réjouit Yann. « D’abord une transatlantique à armes égales, puis une autre davantage orientée vers mes objectifs à long terme, la Route du Rhum 2022 et le Vendée Globe 2024. Je participe à des beaux projets, avec de vraies ambitions sportives. J’ai deux transatlantiques en double à gagner en 2021 ! »