Vendée Globe. Tanguy Le Turquais veut boucler la boucle

Tanguy Le Turquais, 32 ans se lance un nouveau défi : celui de réaliser l’un de ses rêves d’enfant, être au départ du Vendée Globe 2024.

Tanguy a été élevé sur un bateau par un papa passionné et attiré par la course au large, semant très tôt une petite graine dans la tête de ce jeune marin en herbe. A 20 ans il accompagne alors la Mini Transat sur un bateau de l’organisation et décide à son tour d’y participer sur un Mini6.50, d’abord en 2013 puis en 2015 avec deux titres de champion de France à la clé. Ces projets et performances ont vu le jour grâce au soutien sans faille de sa compagne, Clarisse Crémer. « En posant le pieds à terre après ma première mini en 2013, j’ai eu un déclic : ok j’ai vraiment envie d’en faire mon métier. Avec Clarisse, on était jeunes, on n’avait pas un sous en poche et on a réussi à deux à réaliser cette Mini Transat. Si on a été capables de faire ça avec rien, on sera capables de tout ensuite. » raconte Tanguy, heureux de se replonger dans ces beaux souvenirs.

Du Mini6.50 au Figaro … du Figaro au Vendée Globe
Ses expériences réussies en Mini6.50 (6e en 2013 et 3e en 2015) rendent son rêve de Vendée Globe un peu plus réalisable mais à cette époque, la marche est encore trop haute. Tanguy va donc passer par la case Figaro, un excellent tremplin, l’école la plus réputée de la course au large en solitaire. C’est la classe idéale pour poursuivre son apprentissage, se professionnaliser, gérer des projets et des budgets ambitieux dans le but de se structurer. Ces cinq années, sous les couleurs de Nibelis, Everial ou dernièrement le Groupe Quéguiner, furent très enrichissantes et jalonnées de beaux résultats. La caisse à outils du marin est donc bien remplie pour prétendre à vouloir participer au Vendée Globe 2024.

En parallèle, Clarisse progresse dans le milieu à vitesse grand V et se retrouve au départ de ce tour du monde en 2020. Tanguy va donc vivre la course de l’intérieur boostant encore plus son désir de s’attaquer à ce monument de la course au large. « J’ai envie de me jeter dans l’aventure, d’y aller à bras le corps et de rendre fier le gamin qui rêvait de Vendée Globe au sens propre du terme. C’était quelque chose de tellement lointain, que je ne pensais vraiment pas réalisable, mais maintenant, en voyant où j’en suis et le chemin parcouru, je me dis que le rêve pourrait devenir une réalité. » déclare Tanguy.

« Je veux boucler la boucle ! » le message est clair, Tanguy ambitionne d’être au départ de ce fabuleux tour du monde, sans escales et sans assistance dans 3 ans. Pourquoi ? Pour le terrain de jeu unique, le support technologique passionnant qu’est l’IMOCA et l’exigence de la compétition. Pour cela, il y a encore du travail mais il est confiant et se donnera tous les moyens pour parvenir à ses fins. La priorité numéro une est de trouver les investisseurs pour acheter un bateau et chercher les partenaires qui accompagneront le projet. En parallèle, Tanguy et son équipe sont prêts, le schéma pour y arriver est précis « Aujourd’hui, nous avons conscience que l’on a un produit marketing fort et rentable à proposer : Le Vendée globe. L’engouement incroyable autour de l’édition 2020 confirme son intérêt. Nous sommes très confiants dans l’intérêt et la pertinence de ce projet et savons que nous serons au départ, nous cherchons juste le chanceux qui nous rejoindra ! » s’amuse-t-il à raconter.

Le second objectif est d’engranger des milles sur l’eau, d’une part pour prendre de l’expérience et d’autre part pour se qualifier parmi les nombreux marins souhaitant y participer. En effet, le Vendée Globe attire de plus en plus de skippers, les places sont limitées et précieuses et la liste d’attente se rallonge… Seuls les navigateurs et navigatrices les plus expérimenté(e)s en IMOCA obtiendront leurs tickets d’entrée. « J’ai la chance de faire la prochaine Transat Jacques Vabre avec Denis Van Weynbergh sur son monocoque de 60 pieds Laboratoires de Biarritz. Cela va me permettre d’acquérir une première expérience en course en IMOCA et de démarrer mon compteur de milles pour la qualification au Vendée Globe. Aujourd’hui, j’ai toute légitimité pour prétendre être au départ car j’aurai déjà fait cette transatlantique. Je ne suis pas en retard. » explique le skipper. Ensuite, il faudra être au départ de la Route du Rhum de façon à poursuivre cette dynamique.

"Pour un premier Vendée Globe, il est très clair que je ne pars pas pour le gagner, l'objectif est de finir premier des bateaux à dérives droites et pourquoi pas aller titiller les vieux foilers. Mais je pars avant tout pour boucler la boucle, raconter une histoire et partager des valeurs. Je crois que l’on a comme atout avec mon équipe de bien les raconter. Nous voulons y aller avec un budget raisonnable et maitrisé, cela rapportera beaucoup plus que cela ne coute. "