Vendée Globe. L’option Golfe de Gascogne pour Charlie

ATLANTIC OCEAN, FRANCE - SEPTEMBER 3: French skipper Charlie Dalin is training on APIVIA for the Vendee Globe sailing race on the Atlantic ocean, France, on September 3, 2020. (Photo by Vincent Curutchet/Alea)

A moins de 24 heures de l’arrivée Charlie Dalin a basculé en mode Figaro avec comme objectif de couper en premier la ligne d’arrivée le plus vite possible.

Charlie distille ses empannages au millimètre calculant ses trajectoires, tantôt plein Ouest, tantôt au Nord et double le Cap Finisterre Espagnol. L’objectif : avoir le meilleur cap/ vitesse sur ces prochaines 24 heures, mener APIVIA à 100% et… couper en premier cette ligne d’arrivée distante ce matin 9 heures de 473,96 milles (877,77 km). Et à ce jeu, APIVIA est une vraie machine de guerre mené par un guerrier qui refuse depuis quelques temps tout contact avec la terre, focalisé, concentré, appliqué à définir la meilleure trajectoire. Il suffit de regarder les vitesses moyennes bâbord amures pour constater l’appétit du foiler.

Nul doute et preuve à l’appui que lorsque Charlie peut appuyer la coque sur son foil intact et opérationnel, les vitesses d’APIVIA tutoient des records. Et si la vitesse est là sur un bord, Charlie travaille encore et toujours sa vitesse tribord amures (vent venant de la droite), soit sur son bord affaibli. Ce matin 9 heures, deux options s’offraient encore à Charlie, soit une option Sud par le Golfe de Gascogne en multipliant les empannages, soit une option Nord, à l’ouest du golfe de Gascogne, en remontant suffisamment avant un dernier bord pour rejoindre les Sables d’Olonne dans un flux d’Ouest/Sud-Ouest forcissant. « Il y a un groupe avec celui de Yannick (Bestaven) et de Thomas (Ruyant), pour qui la situation est claire détaille Antoine Carraz (Directeur technique d’APIVIA). Ils vont faire deux bords en montant très Nord, puis bifurquer vers Les Sables d’Olonne en s’appuyant sur les vents générés par une dépression. Alors que pour Charlie, il reste deux options : faire la route comme eux très Nord ou alors couper par le Golfe de Gascogne, ce qui raccourcie la route, même s’il peut y avoir un vent moins stable. Si lui à ses deux options, les autres non… Il a encore le choix de la route qu’il veut faire en fonction des conditions météo qu’il étudie non-stop, sachant qu’il va certainement essayer de favoriser son côté favorable bâbord amure. On voit qu’il y a un delta de 2 à 3 nœuds de vitesse entre les deux bords et c’est à prendre en compte dans son choix stratégique. ».

A 14h le choix semblait clair c’était le Golfe de Gascogne. Un terrain qu’il connait particulièrement bien pour l’avoir traversé à maintes reprises sur la Solitaire du Figaro. Cela pourrait clairement l’aider pour distancer Boris Herrmann qui a décidé de le suivre.

Antoine Carraz (Directeur technique d’APIVIA) : « La situation météo est un peu complexe, ce que nous trouvons plutôt intéressant car Charlie est certainement un de ceux qui a le plus d’expérience en matière de stratégie météo dans le groupe de tête, d’autant plus dans ces endroits qu’il connaît très bien, comme le Cap Finisterre ou le Golfe de Gascogne. »

Charlie en mode stratège !

« Charlie s’est mis dans son mode régatier et s’est isolé de tout poursuit Antoine. Il se concentre vraiment sur les dernières heures et passe beaucoup de temps à travailler sa météo, même en ce moment. Je pense que la stratégie est prépondérante et il y a plus à gagner à aller au bon endroit, plutôt que de gagner 0,2 nœuds en réglant bien sa voile ». Alors, quel sera le choix de Charlie ? Que lui aura apporté ses dernières prévisions et analyses météo de ce matin ? Est-ce que ce sera au large ou le Golfe de Gascogne ? « Quand on s’approche des côtes, le vent est plus complexe et n’a rien à voir avec le large où les systèmes météo sont plus clairs et très étendus. Charlie doit trouver le bon passage au milieu de toutes ces informations. On sait aussi que l’avantage des nouveaux bateaux est de ne pas avoir besoin de beaucoup de vent pour aller très vite. C’est surtout la mer qui est prépondérante et il suffit d’une quinzaine de nœuds de vent pour avoir les vitesses les plus rapides pour APIVIA. S’il est sur son bon bord dans 18 nœuds de vent, APIVIA est capable d’aller très vite. Rien n’est joué… Les hommes et les bateaux sont fatigués et il peut se passer encore beaucoup de choses en mer et avec cette météo complexe ».

Oui, demain mercredi sera donc une dernière journée incroyable puisque APIVIA et Charlie boucleront ce tour du monde en solitaire et sans assistance de la plus belle des manières et de la plus belle des façons : soit en ayant jamais rien lâché. APIVIA terminera-t-il premier aux Sables d’Olonne ? APIVIA terminera-t-il premier au classement général de ce tour du monde unique au monde ? Nul ne le sait après 80 jours de mer, et bien devin qui peut aujourd’hui dire ce que sera l’ordre d’arrivée et le classement de ce 9e Vendée Globe, avec ou sans bonifications d’ailleurs… Incroyable scénario, formidable finish d’APIVIA, exceptionnel Charlie !

Source Apivia