The Ocean Race. Les VO65 et IMOCA à dérive à la fête

The Ocean Race Europe. Leg 3 from Alicante, Spain, to Genoa, Italy. On Board Offshore Team Germany.

A mi-course de la 3e et dernière étape de The Ocean Race, les VO65 devancent largement les IMOCA à foils. Ces derniers englués dans les calmes de la Méditerranée peinent à avancer. Seul l’IMOCA Team Germany avec ses dérives droites s’en sort et pourrait bien l’emporter à Gênes.

Les 12 équipes internationales engagées dans The Ocean Race Europe ont dû composer avec des vents très légers lors de leur première nuit en mer, après avoir quitté Alicante hier, en route vers Gênes.

Les prévisions avant le départ annonçaient des vents faibles tout au long de cette étape. Après une première nuit en mer, les cinq IMOCA et les sept VO65 progressent doucement, avec des vitesses rarement supérieures à 10 nœuds.

Malgré un rythme lent, les fans ont été scotchés à la cartographie après une option osée de deux équipes, qui ont fait le choix de passer au nord des îles Baléares.

En IMOCA, l’équipage d’Offshore Team Germany mené par Robert Stanjek s’est vite décidé à prendre cette trajectoire plus au nord, après avoir enroulé la deuxième marque de parcours située proche de l’île de Tabarca, au large d’Alicante.

« Le besoin que nous avons de rester dans la brise fait que nous ne pouvons pas tenir une trajectoire idéale, » expliquait Annie Lush, à bord de l’IMOCA à dérives Offshore Team Germany. « Jusqu’ici nous essayons de trouver un angle convenable avec le vent que nous avons. »

En VO65, tandis qu’il était clair que le gros de la flotte se positionnait pour passer au sud d’Ibiza, l’équipe néerlandaise Team Childhood-I, menée par le double-vainqueur de l’America’s Cup Simeon Tienpont a préféré rester au nord, espérant toucher de meilleurs vents. Cela n’a pas encore payé.

« Nous avons eu une nuit très calme. Hier, notre plan n’était pas de prendre l’option à la côte, mais nous avons pensé qu’il était intéressant de tenter cette option, » détaillait Simeon Tienpont. « Nous nous sommes alors engagés sur une route plus nord, alors que le reste de la flotte passe au sud. »

« Nous avons beaucoup moins de vent à présent, mais ils doivent encore franchir cette zone de molle pour remonter vers le nord… Il y a de grandes différences entre les prévisions météo, mais on croise les doigts. Nous sommes ici, loin du reste de la flotte et nous devons essayer d’en tirer le meilleur. »

Aujourd’hui à 14h30, tandis que les équipages approchaient de l’île de Mallorca – la plus grande des Baléares – dans des conditions très légères, Offshore Team Germany s’offrait une avance de 12 milles (22 kilomètres) sur les quatre autres IMOCA : CORUM L’Épargne (FRA), LinkedOut (FRA), 11th Hour Racing Team (USA), et Bureau Vallée (FRA), qui naviguent collés serrés à environ 50 milles (93 kilomètres) au sud de Mallorca.

« Cela ne pas pas être l’étape la plus rapide, » constatait Thomas Ruyant, le skipper de LinkeOut. « On a vraiment la Méditerranée dans toute sa puissance. Là on n’a vraiment pas beaucoup de vent et ça va être compliqué de trouver le bon chemin pour rejoindre Gênes. Mais nous essayons d’être appliqués et d’avancer avec ce qu’on a. C’est un exercice où il va falloir être plein de patience. »

En VO65, que le peloton a passé l’île de Cabrera (à 5 milles (10 kilomètres) au sud de Mallorca. Sailing Poland de Bouwe Bekking était en tête, devant le monocoque de la Mirpuri Foundation Racing Team, skippé par Yoann Richomme. Derrière, Viva México d’Erik Brockmann était troisième.

© Martin Keruzore/Mirpuri Foundation Race Team /The Ocean Race
« Mirpuri est juste derrière nous, et ils sont un peu plus rapides que nous, donc on doit continuer de naviguer intelligemment, » déclarait Bouwe Bekking. « Tout est question de trouver les meilleures zones de pression. C’est compliqué. Il y a un système de haute pression que nous devons traverser. Au final, je suis plutôt content de là où nous sommes. C’est mieux d’être premier que dernier ! »

Au nord de l’archipel, Team Childhood-I était en bas du classement, alors que l’équipage avait du mal à retrouver de la brise, le long de la côte.

Avec des conditions prévues pour rester très légères pour le reste de la semaine, personne ne peut dire laquelle des routes nord ou sud va payer. Les équipages sont toujours attendus à Gênes ce jeudi.

Pour l’heure, la préoccupation à bord des 12 bateaux est plutôt de continuer d’avancer, tandis qu’ils doivent se frayer un chemin entre les trous sans vents qui se présenteront à eux la nuit prochaine.