Safran arraché : Hervé Laurent abandonne

UUDS - Laurent - Dans les 40èmes
UUDS - Laurent - Dans les 40èmes

Samedi, alors qu´il était en plein cœur de la tempête (lire ci-dessous), le skipper de “UUDS”” avait fait part de ses inquiétudes concernant son safran bâbord : “”Le bateau était devenu volage, mais je n´arrivais pas à savoir d´où ça venait. Je suis allé voir mes safrans de plus près et là… une vision d´horreur quand j´ai constaté que j´avais perdu le safran, qu´il était cassé au raz de la coque. Je ne comprends pas ! Dans la tempête, j´ai dû toucher quelque chose, il y a dû avoir un choc””.


“”L´aventure est finie””

Un choc très certainement violent car la pelle était neuve :””L´aventure est finie. Tout s´effondre d´un coup pour une pièce qui cède : c´est désolant !””
Dimanche, la mer s´était un peu rangée et le vent avait baissé d´un cran (25 nœuds) : “”Je fais route vers Cape Town et je verrai là-bas : faut-il en fabriquer un neuf ou me faire livrer un safran de secours ? Dans le moment, mon but est de rallier Cap Town rapidement car je ne veux pas traîner par ici : il a une grosse dépression qui arrive et elle va générer des vents forts que je vais devoir affronter au près. Je n´imagine pas tirer des bords là-dedans avec un safran en moins…””


“”ça reste un échec””


Présent à la vacation radio, dimanche midi, le Suisse Bernard Stamm a immédiatement proposé à Hervé Laurent (47 ans) de lui prêter les safrans de son 60 pieds : “”Merci Bernard, c´est très sympa de ta part. On va étudier ça””, lui a répondu le Lorientais visiblement abattu par ce coup du sort : “”On n´y peut rien, mais la déception est très forte : ça reste un échec””.
S´il parvient à éviter cette dépression, Laurent (3e du Vendée Globe 97), qui navigue sur l´ancien “”Geodis”” de Christophe Auguin (1er en 97), pense être mardi soir dans le port sud-africain. Forcément, qui dit escale signifie abandon automatique.
Un sacré coup dur pour ce marin éclectique, fin stratège, au palmarès long comme un jour de pétole, qui attendait tellement de cette course…



P.E


Je me suis senti tout petit…
Dimanche, lors de la vacation, Hervé Laurent est revenu sur les conditions dantesques rencontrées samedi : “”Un vent très fort, une mer croisée avec des creux de plus de 10 mètres. Les vagues déferlaient, se croisaient. J´ai eu 50 nœuds au près et 70 nœuds lors du passage du front. La mer est devenue très mauvaise, les crêtes des vagues étaient décapitées : elles partaient en fumée sous la force du vent, les embruns volaient. La mer était blanche et j´avais des tonnes d´eau qui me tombaient dessus toutes les quinze secondes. Oui, je me suis senti tout petit…””