Partis du Havre les 25 et 26 novembre derniers, les 74 concurrents nous auront fait vivre une Transat passionnante, dont l’épilogue arrive ce jeudi avec les premières arrivées. En ULTIM, SVR-Lazartigue aura mené la course presque de bout en bout, réussissant à tenir à distance ses adversaires, dont le plus proche, SODEBO Ultim’ 3, toujours resté en embuscade.
En Ocean Fifty, la bataille fut âpre. Les trois chavirages ont frappé la flotte avant qu’Edenred 5 ne prenne la tête une bonne partie de la course, mais au prix d’un engagement permanent. Les autres n’ont rien lâché et l’arrivée s’annonce spectaculaire.
En IMOCA, les premiers devraient arriver vendredi. Le suspense reste entier quant au vainqueur. Jérémie Beyou et Morgan Lagravière sur Charal devraient conclure une course exceptionnelle, eux aussi au prix d’un engagement incroyable, lorsqu’on connaît les conditions à bord de ces foilers particulièrement exigeants. Tout risque de se jouer dans les derniers milles entre plusieurs bateaux : Macif, Allagrande Mapei, Association Petits Princes et 11th Hour.
En Class40, le chemin sera un peu plus long pour cette deuxième étape : les premiers sont attendus le 15 novembre.
Charal 2 - crédit photo : Morgan Lagravière - Charal
Déjà en tête au large des côtes portugaises, le duo de skippers sur Charal a repris les commandes de la Transat Café L’Or dans la nuit de samedi à dimanche. Alors qu’ils filent dans les alizés, ils ont conservé cette place de leader grâce à une énorme débauche d’énergie. Le duo, qui a 40 milles d’avance sur ses rivaux au classement de 16h ce mardi, compte bien conserver cette première place jusqu’au bout.
Jérémie Beyou et Morgan Lagravière avaient déjà dominé la course en première semaine, notamment entre le cap Finisterre et la latitude des côtes marocaines. Ensuite, le regroupement général après Madère et jusqu’aux Canaries les avait délogés de la première place mais jamais du peloton de tête. Et au cœur de la nuit de samedi à dimanche, alors que les IMOCA ont commencé à pointer leur étrave vers l’Ouest, Charal a repris les commandes. Un retour en haut de l’affiche au meilleur des moments puisqu’il a permis d’aborder dans une position préférentielle les alizés, ces fameux vents chauds qui traversent l’Atlantique et mènent jusqu’aux Caraïbes. Mais pour y parvenir, il a fallu s’employer sans compter. « Ça a été très intense pendant plus d’une vingtaine d’heures dans le week-end, expliquait Jérémie Beyou lundi matin. On a cassé nos quarts et on est tous les deux sur le pont depuis dimanche midi ». Un sacré tempo qui a pesé sur les organismes, accentué la fatigue mais pas la détermination.
« Ça a été très intense » (Jérémie) Un retour en haut de l’affiche au meilleur des moments puisqu’il a permis d’aborder dans une position préférentielle les alizés, ces fameux vents chauds qui traversent l’Atlantique et mènent jusqu’aux Caraïbes. Mais pour y parvenir, il a fallu s’employer sans compter. « Ça a été très intense pendant plus d’une vingtaine d’heures dans le week-end, expliquait Jérémie Beyou lundi matin. On a cassé nos quarts et on est tous les deux sur le pont depuis dimanche midi ». Un sacré tempo qui a pesé sur les organismes, accentué la fatigue mais pas la détermination.
Le skipper est avare en mots parce que la décharge d’énergie est intense. Surtout, les deux marins savent que la réalité du moment ne présage jamais celle du lendemain. Ils en ont eu une nouvelle illustration dimanche soir : « on a buté dans une dorsale (une zone sans vent ndlr) qui nous a fait perdre une trentaine de milles sur nos poursuivants… Ce n’est pas vraiment drôle à vivre ». Pourtant, avec sang-froid et détermination, Jérémie et Morgan ont fait face et sont parvenus à repartir. Depuis, ils imposent le tempo alors que les compteurs se sont affolés toute la journée de lundi. Charal progressait ainsi à plus de 27 nœuds de moyenne dans l’après-midi !
À bord, la vigilance et le sang-froid sont à leur paroxysme pour conserver leur avance précieuse. « On a décidé de couper avec l’extérieur pour rester le plus concentré possible » reconnaît Jérémie. Charal est attendu ce vendredi en Martinique avec le doux espoir de pouvoir conclure la course en beauté !
À 850 milles de l’arrivée, soit environ trois jours de mer, le suspense est relancé aux avant postes de la flotte des 87 skippers en course. Benoît Marie (1067 – Nicomatic-Petit Bateau) et Mathis Bourgnon (934 – Assomast) se livrent une belle bataille pour la victoire. Ce mardi midi, moins d’une quarantaine de milles sépare ces duettistes, prêts à tout donner pour goûter à la primeur de la ligne d’arrivée.
« On sait que Benoît Marie a connu une avarie, qu’il a beaucoup perdu pendant deux-trois jours. Mais là, il commence à reprendre beaucoup de terrain. Ce matin, il est nettement plus rapide en vitesse pure », souligne Annabelle Moreau de la direction de course. Benoît est-il parvenu à réparer son foiler supersonique ; et va-t-il parvenir à nettement prendre l’ascendant sur son plus coriace concurrent ? Le mystère reste entier. D’autant plus qu’on peut miser sur ce dernier, pourtant engagé à la barre d’un bateau archimédien moins rapide, pour ne pas lui laisser la partie facile.
De l’audace et de la ténacité, Mathis n’en manque pas. 30 ans après son père, Yvan, vainqueur de la course en 1995, le jeune skipper suisse – qui n’a ni foils, ni spi médium -, a déjà montré qu’il dispose d’autres atouts pour progresser au pas de charge. Pour arbitrer ce match, on peut aussi compter sur le flux d’alizés, juge de paix de cette bataille de l’Atlantique. « Les alizés sont établis à 16-20 nœuds, mais sont très instables », souligne Christian Dumard, le météorologue de la course. Une constante sur cette édition de la transat, sur un océan Atlantique agité cet automne par la circulation d’un cortège de dépressions très creuses. Si ces systèmes n’impactent pas directement la flotte, ils bousculent les zones anticycloniques, les repoussant plus au sud. Tout cela génère aussi beaucoup d’instabilité dans l’air, avec des variations importantes du vent au passage de lignes de grains, obligeant les solitaires à redoubler de vigilance pour éviter de se faire suspendre par les rafales dans les grains ; et à rester opportuniste pour empanner au bon moment. La course en est d’autant plus ouverte et tout reste à écrire. Dans le sillage des deux leaders, d’autres protagonistes n’ont pas dit leur dernier mot. C’est le cas de Robinson Pozzoli (1026 – UOUM) et d’Alexandre Demange (1028, – DMG Mori Sailing Academy II) qui progressent en embuscade. Sans oublier Julien Letissier (1069 – Frérots Branchet). Sur une route médiane entre ces deux bateaux, le Finistérien reste plus que jamais dans le coup pour mériter une place sur la podium.
25 ans de course au large dans un mouchoir de milles Dans cette partie d’échecs, difficile de ne pas souligner les belles remontées de Basile Gautier (945 – Nasse Wind / Les Edg) et d’Adrien Marchandise (754-MiniLab), tous deux engagés à la barre d’un proto auquel ils ont offert une nouvelle vie en les équipant de foils. S’ils affichent du retard, ces deux skippers ont d’ores et déjà rejoint le top ten. Enfin dans la meute des poursuivants, les écarts restent infimes entre Olivier Le Poitevin, à la barre du doyen de la flotte (198 – Des Pied et Des Mains, Karen Liquid’) et Matéo Lavauzelle, à bord d’un des dernier nés, le 1044 – Brest Don du sang bénévole). Ces deux-là, que plus de 25 ans ans de course au large séparent, se tiennent en une poignée de milles.
Séries : des pointus chez les scows Dans le camp de séries, séparés par des beaucoup plus petits écarts sur des trajectoires moins divergentes, Paul Cousin (981 – AFP – Groupe Biocombustibles) garde la main. En tête depuis quatre jours, celui qui s’est entraîné et préparé avec beaucoup d’assiduité pour gagner en confiance dans la navigation au large, progresse en pointe. Mieux, il imprime un rythme soutenu.
Dans les rangs compacts de la flotte la plus fournie de La Boulangère Mini Transat, la bataille d’empennages bat aussi son plein. Ce petit jeu sourit pour l’heure à Pierrick Evenou (966 – Unicancer – seeds Bekina) et Thomas Biasse (880 – Une Spondy en Mini). Ces deux solitaires progressent dans le premier wagon, alors qu’ils mènent tous deux des bateaux d’ancienne génération : des « nez pointus » comme on les appelle, pour les distinguer de l’armada de scows à l’étrave arrondie.
Thiemo Huuk sous gréement de fortune. Pour eux aussi, les prochains jours seront décisifs, alors que tout l’enjeu – comme le rappelle le récent démâtage du skipper allemand Thiemo Huuk (1003-Europe) -, consiste également à se démener face à la casse et aux avaries. Ce concurrent progresse désormais sous gréement de fortune vers l’arc antillais, qu’il devrait rejoindre après 16-20 jours de mer. Au chapitre de la persévérance, saluons aussi la belle combativité dont fait preuve Awen Le Huec (900 – NST Racing) qui rencontre des problèmes persistants au niveau de son bout-dehors. En dépit de ses déboires, la jeune navigatrice s’accroche et continue sa route pour rallier la Guadeloupe, coûte que coûte…
Pépins en série pour Antoine de Malleray
Antoine de Malleray (950 – Emmeraude Voile Solidaire) connaît décidément une transat mouvementée. Après une première escale à Mindelo le week-end dernier, le skipper a repris la mer avant d’être contraint, hier, de faire demi-tour pour rejoindre à nouveau le port capverdien. Victime d’un départ au tas, il fait désormais face à de nouvelles avaries : ses batteries sont hors service et sa connexion GPS ne fonctionne plus.
Uros Krasevac jette l’éponge
Le Slovène Uros Krasevac (759 – Ashika II) vient d’annoncer son abandon à la direction de course. Après un bon début de deuxième étape, le skipper a rencontré un problème de vérin de pilote automatique. Il a fait escale à Mindelo, au Cap-Vert, afin de procéder à la réparation, mais la pièce de rechange n’est pas arrivée à temps pour lui permettre de repartir.
La flotte des Ocean Fifty est désormais à moins de 1000 nm de l’arrivée. Alors qu’ils menaient la flotte depuis plusieurs jours, Basile Bourgnon et Emmanuel Le Roch sur Edenred 5 ont du considérablement ralentir après une avarie sur leur barre de liaison.
Vers minuit, Basile Bourgnon et Emmanuel Le Roch ont prévenu leur équipe technique d’une avarie de barre de liaison sur Edenred 5. « Nous naviguions sous grand gennaker quand la queue de malet a explosé et arraché la barre de liaison qui relie le safran bâbord au safran de la coque centrale », explique Manu Le Roch. La queue de malet est une sorte de tangon (une barre horizontale en carbone) fixée à l’arrière du trimaran dont le rôle est de reculer le point d’écoute du grand gennaker, la plus grande voile d’avant de l’Ocean Fifty Edenred 5. À l’arrêt complet pendant près de deux heures le temps de réparer la barre de liaison, notre duo a perdu une trentaine de milles. « Nous avons décidé de manchonner la barre de liaison qui était cassée en trois avec notre canne à algues qui est carbone. Nous avons collé, vissé et nous sommes repartis sous J 0,5, notre petit gennaker qui ne s’amure pas au même endroit. » Si la course est loin d’être finie pour nos deux marins, la route vers la Martinique se jouera essentiellement en tribord amure, or, Basile et Manu ne pourront plus utiliser leur grand gennaker sur cette amure. « Nous allons être pénalisé pour la suite de la course sans cette grande voile d’avant, mais nous allons faire le maximum pour faire avancer notre Edenred 5 au plus vite jusqu’à Fort-de-France », ajoute Manu.
À 7h00 ce matin, les deux skippers d’Edenred 5 progressaient à la troisième place à 25 nœuds avec 39,3 milles de retard sur Viabilis Ocean. Basile et Manu faisaient course en tête depuis plusieurs jours et avaient livré jusque là une course exceptionnelle. On pense très fort à eux et on peut compter sur leur combativité pour se battre jusqu’à la ligne d’arrivée.
En une semaine de course, cette 17e édition nous a déjà bien régalé dans toutes les classes. Toutes les classes font route vers la Martinique et les premières étraves devraient entrer dans la baie de Fort-de-France le 6 novembre. Et rien n’est encore joué. En Utim, SVR-Lazartigue impose son rythme mais il reste encore des pièges météos sur la route. EN IMOCA, Charal a repris la tête de course mais il y a une meute à sa poursuite. En Ocean Fifty, le leadership d’Edenred 5 est fortement contesté. En Class40, la partie d’échec ne fait que commencer.
Les quatre ULTIM se sont envolés dès les premiers milles, offrant un départ aussi impressionnant que spectaculaire. La traversée de la Manche jusqu’à la pointe bretonne a donné lieu à un duel de haute volée entre le Maxi Banque Populaire XI et SVR-Lazartigue.. Victimes d’une avarie de safran dans la nuit de dimanche à lundi, les tenants du titre, Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse ont dû s’arrêter à Lorient pour réparer avant de repartir. Depuis, Tom Laperche et Franck Cammas dominent leur sujet. Ils ont d’ailleurs été les premiers à sortir du Pot-au-Noir ce dimanche, conservant une avance confortable sur leurs deux rivaux, Sodebo Ultim 3 et Actual Ultim 4. Néanmoins, la flotte ayant été fortement ralentie dans cette zone “maudite”, la direction de course a décidé de raccourcir leur parcours en supprimant le waypoint “Ascension” dans l’hémisphère sud, pour permettre aux maxi trimarans d’arriver en même temps que leurs camarades en Martinique.
Un départ anticipé pour les Ocean Fifty
C’est au niveau des Canaries que les ULTIM ont dépassé les Ocean Fifty avant le week-end. Les dix Ocean Fifty s’étaient élancés un jour plus tôt afin de se prémunir des conditions les plus fortes dans la Manche. Ils avaient vu leur parcours rallongé en laissant l’archipel à tribord pour compenser. La première nuit a été particulièrement éprouvante puisque trois bateaux ont chaviré (Lazare x Hellio, Koesio, Inter Invest). Les sept autres ont poursuivi leur route. Wewise a longtemps mené les débats avant un regroupement aux Canaries. La bataille le long des côtes africaines a profité à Edenred (Emmanuel Le Roch et Basile Bourgnon) qui a pris les commandes et ne les a plus jamais quittées. Le passage du Cap-Vert leur a permis de creuser l’écart et d’aborder avec une avance intéressante la traversée de l’Atlantique.
Des Canaries récalcitrantes pour les IMOCA
Après un départ fulgurant depuis Le Havre, les dix-huit monocoques sont rapidement entrés dans le vif du sujet dès les premiers jours de course. Vent soutenu et mer formée : marins et bateaux ont été mis à rude épreuve. Un quatuor de tête s’est néanmoins détaché : Macif Santé Prévoyance, Charal, Association Petits Princes – Quéguiner et Allagrande Mapei.Au large des Canaries, que les IMOCA devaient laisser à tribord, les équipages se sont retrouvés piégés dans une zone sans vent, provoquant un regroupement général de la flotte. Ce dimanche, le retour des alizés a redistribué les cartes : une véritable nouvelle course a débuté.
Une pause expresso pour les Class40
Peu avant leur départ dimanche dernier, les 42 Class40 savaient qu’une forte dépression menaçait la façade atlantique. Si les autres classes, plus rapides, pouvaient passer le front, les petits monocoques ont dû faire étape à La Corogne par sécurité. Les trois premiers jours (et nuits !) de course ont toutefois été éprouvants, laissant des traces aussi bien sur les marins que sur leurs montures. La halte espagnole était la bienvenue pour panser les plaies. Aujourd’hui, 40 bateaux* ont repris la course et vont devoir désormais opérer quelques choix stratégiques pour rallier les Antilles.
A noter : Abandon de ESATCO et RÊVE DE LARGE 5 en Class40 avant la seconde étape. Chavirage de Lazare x Hellio, Koesio et Inter Invest en Ocean Fifty la nuit du 25 au 26 octobre. À quand la Martinique ?
Maintenant que les quatre classes filent vers les Antilles, un acronyme bien connu des marins commence à se murmurer : ETA (Estimated Time of Arrival). Cette date d’arrivée estimée pour chaque bateau est attendue tant par les équipes que par le public, tous impatients d’accueillir les marins. Mais celle-ci peut être aussi capricieuse et versatile que le Pot-au-Noir. En effet, les marins nous l’expriment chaque jour, la route vers la Martinique est loin d’être toute droite et constante. Entre les ULTIM ralentis près de l’équateur, les Ocean Fifty à très vive allure sur les alizés, les IMOCA englués plusieurs jours à l’ouest des Canaries et les Class40 contraints de s’arrêter pour leur sécurité, les routages vers Fort-de-France n’ont eu de cesse d’évoluer. Les aléas et le charme de la course au large.
Selon les dernières estimations effectuées ce dimanche par la direction de course, les ETA prévues sont :
6 novembre pour les ULTIM
6 et 7 novembre pour les Ocean Fifty
À partir du 7 novembre pour les IMOCA
Les Class40 étant repartis il y a tout juste 24 h, leur ETA est trop approximative à cette heure-ci pour être communiquée.
Afin de respecter des arrivées groupées à Fort de France, le parcours des ULTIM a été réduit. Exit donc l’île d’Ascension ! Les confettis que forment San Pedro et San Paolo en bordure de l’équateur géographique seront la dernière marque de parcours, à laisser maintenant à tribord. L’ETA des grands trimarans est désormais fixée au 6 Novembre à Fort de France.
Avec des vitesses de 15 noeuds depuis le début de la nuit, les trois ULTIM de tête laissent progressivement derrière eux le Pot au Noir dans lequel est rentré hier soir le Maxi Banque Populaire XI, nettement moins ralenti pour l’instant que ses prédécesseurs. « On croit toujours que c’est fini mais il ya encore pas mal d’activité. Ça va beaucoup mieux qu’hier matin à la même heure mais l’histoire aura duré presque 36 heures, c’était un Pot au Noir consistant » relevait ce matin à la vacation Tom Laperche sur SVR-Lazartigue.
Les vents sont encore faibles à la sortie de la Zone de convergence Intertropicale et la progression au près serré reste assez lente pour les ULTIM, qui ont reçu hier soir un avenant de la Direction de course pour une modification de parcours. Afin de respecter des arrivées groupées à Fort de France, le parcours des ULTIM sera réduit. Exit donc l’île d’Ascension ! Les confettis que forment San Pedro et San Paolo en bordure de l’équateur géographique seront la dernière marque de parcours, à laisser maintenant à tribord.
Il reste donc 2500 milles à Sodebo Ultim 3, Actual Ultim 4 et au Maxi Banque Populaire XI pour contester le leadership de SVR-Lazartique. L’hémorragie qu’a connu le trimaran bleu hier à l’entrée du Pot au Noir n’aura duré que 4 ou 5 heures mais Tom Laperche et Franck Cammas ont tout de même perdu une cinquantaine de milles dans l’histoire et pas mal d’énergie : « On est resté arrêté un moment, il a fallu beaucoup manoeuvrer. Les dernières heures ont été plus cool avec un plus fort espacement des masses nuageuses et on a pu reprendre notre rythme de quarts avec Franck ». Le plus rapide dans l’exercice a été Actual Ultim 4 qui a complètement recollé au tableau de Sodebo Ultim 3 et pour qui tout est à nouveau possible.
Si les 200 milles qui séparent les ULTIM de San Paolo et San Pedro ne bouleverseront sans doute pas la hiérarchie aujourd’hui, les 2200 milles du tronçon final – « une section large et très ouverte ou rien n’est acquis » – dit Tom Laperche, s’annoncent plus propices à lancer des attaques. Au portant, les performances des trois ULTIM de tête sont très proches et SVR n’aura plus l’avantage qu’il détient au près. Avec quatre bateaux à 100% de leur potentiel, cette course en ULTIM reste passionnante à suivre.
Trois bateaux ont terminé à quelques minutes d’écart à La Réunion après une longue étape dans le Sud, la deuxième de cette Globe40 en 29 jours et 22 heures. C’est l’équipage belge BELGIUM OCEAN RACING CURIUM qui s’impose, suivi par NEXT GÉNÉRATION, deuxième à 4 minutes, puis CRÉDIT MUTUEL, troisième à 9 minutes.
Ce 1er novembre, Renaud Dehareng et Benoit Hantzperg ont signé un exploit remarquable lors de la deuxième étape du Globe40, le tour du monde en double. Parti de Mindelo, à bord du Class40 “187 Curium”, ils ont franchi la ligne d’arrivée à la Réunion après 29 jours, 22 heures et 5 minutes de course. Après une étape particulièrement exigeante entre le Cap de Bonne Espérance et les systèmes météo complexes, le Belgium Ocean Racing Curium s’impose avec seulement quelques minutes d’avance sur ses concurrents directs.
En plus de cette victoire, le Belgium Ocean Racing a pulvérisé le record du monde de vitesse en Class40, avec une distance de 457,41 milles nautiques parcourus en 24 heures, un record désormais homologué par World Sailing.
Benoit Hantzperg, co-skipper : « Quel parcours ! Ce fut un réel défi physique et technique pour nous, un véritable labyrinthe météo entre Bonne Espérance et l’arrivée. Sportivement, nous avons rempli notre objectif de performance, passant en tête à tous les points de passage et battant le record des 24h. Techniquement, en revanche, nous avons été mis à rude épreuve : de gros problèmes d’énergie nous ont contraints à naviguer parfois à l’aveugle. Malgré ces difficultés, l’émotion reste immense. Et surtout, humainement, ce fut une expérience exceptionnelle avec Renaud. Merci à lui pour ce moment extraordinaire ! »
Renaud Dehareng, co-skipper et propriétaire du 187 Curium : « On a vécu une fin de course incroyable ! Nous sommes allés puiser dans toutes nos réserves, mais toujours avec le sourire. Pour ceux qui se demandent pourquoi on s’impose ça ( un mois à bord, peu de sommeil, des repas lyophilisés, la gîte permanente et des vagues secouantes) c’est pour ce sentiment unique d’accomplissement. Traverser le Pot-au-Noir, doubler le cap de Bonne Espérance… c’est une aventure qu’à peine une centaine de marins ont vécue. »
Jonas Gerckens, skipper et à la tête du projet Belgium Ocean Racing : « La passe de trois ! Quel finish ! Rarement vu un tel suspens en course au large. Bravo aux trois équipes. Je suis évidemment très fier de notre équipe : Renaud et Ben ont fait un boulot énorme. La performance est exceptionnelle — remporter la plus longue étape, passer premier au général et battre un record du monde des 24h… une fabuleuse passe de trois ! On va profiter, mais sans oublier que ce n’est que la deuxième étape du Globe40 : la route est encore longue. Quelle victoire d’étape ! »
Ian Lipinski : « Quelle drôle de fin d ‘étape ! C’est un peu décevant pour nous, mais c ‘est comme ça. À deux trois reprises durant ces dix derniers jours, nous avions su nous ménager quelques dizaines de milles d’avance sur nos concurrents, tout en sachant que nous serions tous les trois ensemble face à la ligne d’arrivée. Au niveau émotionnel, j’ai plutôt bien géré à la fin, je ne me suis pas énervé… contrairement aux dix derniers jours au cours desquels, à chaque fois qu’on partait devant, on se faisait rattraper dans les vents faibles. On n’a jamais eu la solution pour filer tout seuls. Ç’a été le plus dur pour moi. Sur la toute fin de cette énorme étape, on savait que ce serait aléatoire. Puisqu’on n’avait pas été payés en naviguant près des côtes des îles précédents, on a choisi d’aller au large. Les deux autres bateaux ont navigué à la côte, et ils ont eu le vent qu’on n’avait plus. On a regardé Next Generation Boating Around the World filer vers la ligne pendant qu’on était à l’arrêt, et ça fait 1’56 de différence à la ligne, en leur faveur. Maintenant, nous avons trois petites semaines pour récupérer de tous les efforts que nous avons fournis. »
Classement de l’étape :
BE- Belgium Ocean Racing – Curium o Arrivée : 01/11/2025 – 13:05:00 UTC o Temps de course : 29j 22h 05min 00s
DE- Next Generation Boating Around the World o Arrivée : 01/11/2025 – 13:12:26 UTC o Temps de course : 29j 22h 12min 26s
FR- Crédit Mutuel o Arrivée : 01/11/2025 – 13:14:22 UTC o Temps de course : 29j 22h 14min 22s
Prochaine étape : cap sur Sydney La troisième étape du Globe40 partira le 21 novembre depuis l’île de La Réunion. À bord du 187 Curium, Jonas Gerckens rejoindra Benoit Hantzperg pour cette nouvelle traversée. D’ici là, les préparateurs du bateau vont s’atteler à remettre le Class40 en parfait état, en particulier sur les systèmes énergétiques et le moteur, fortement sollicités durant cette deuxième étape.
CORUNA, SPAIN, NOVEMBER 01 : Class 40 teams are taking a new start to Fort-de-France after the safety stop, during the Transat Café l'Or, in La Coruña, Spain, on November 01, 2025. (Photo by Vincent Curutchet / Alea)
Le « top départ » de la 2e étape entre La Corogne et Fort-de-France a été donné ce samedi à 13 heures. Les Class40 avaient fait escale dans le port de Galice afin de se préserver face à une forte dépression qui s’est abattue sur la côte Atlantique ces derniers jours. Sur la ligne de départ, située au bout de la digue du port de la Corogne, les conditions sont particulièrement clémentes avec 10 à 11 nœuds de vent. « On a la chance d’évoluer sous un beau soleil, précise Yann Chateau de la direction de course. L’ambiance était détendue sur les pontons et de nombreux plaisanciers sont venus assister à ce nouveau départ ».
Ils sont 37 binômes à avoir pris le départ : les trois non-partants sont Innovad..group – XLG (Jérôme Delire et Caroline Dieu), RDT Logistic – Forvis Mazars (Renaud et Gilles Courbon) et Ocean Connect – The Sea Cleaners (Jean Baptiste Ternon et Gaëtan Thomas). Ils ont jusqu’à mardi à 13 heures pour débuter cette 2e étape. Désormais, près de 3200 milles attendent les skippers Class40 jusqu’à Fort-de-France. Ils devront atteindre les Açores et laisser l’archipel à tribord avant de faire route vers les Antilles.
Le match s’annonce particulièrement intéressant d’autant qu’il pourrait y avoir deux routes distinctes, une au nord, l’autre au sud. « Les routages au Nord restent gagnants assure Yann Château de la Direction de course, mais si on dégrade un peu les polaires pour tenir compte de l’état de la mer sur la route directe, la route Sud devient gagnante. Bref, ça s’annonce très ouvert ! » À noter que les premiers Class40 sont attendus autour du vendredi 14 novembre à Fort-de-France. La victoire à la TRANSAT CAFÉ L’OR Le Havre Normandie dans cette classe se jouera au cumul de temps des deux étapes (Le Havre – La Corogne, La Corogne – Fort-de-France).
Depuis mercredi, Élodie Bonafous et Yann Eliès, co-skippers de l’IMOCA Association Petits Princes – Quéguiner, sont confrontés à un problème technique affectant les performances du bateau. Après avoir tenté différentes réparations en mer, le duo a pris la décision d’effectuer une escale afin d’y remédier dans les meilleures conditions. Ce samedi matin, ils s’apprêtent à rejoindre Lanzarote, où les attend leur équipe technique. L’objectif : intervenir rapidement pour remettre le bateau à son plein potentiel avant de reprendre la course vers la Martinique. Conformément aux instructions de course de la Transat Café L’Or, la durée minimale d’une escale est fixée à quatre heures. Tout sera mis en œuvre pour permettre un redépart dans les plus brefs délais.
Mercredi, Benoît Marie a su profiter des conditions favorables pour passer la surmultipliée et afficher une vitesse moyenne de progression inédite au grand large à bord d’un petit bateau de 6.50 mètres. Le 1067 Nicomatic-Petit Bateau, équipé d’une paire de foils en U, de safrans avec des plans porteurs, repousse encore plus loin les curseurs de la performance. Il a cependant rencontré des problèmes techniques ce jeudi. Il reste en tête de la flotte devant le Suisse Mathis Bourgnon (934 – ASSOMAST). Benoit a battu plusieurs records de vitesse ces derniers jours avec une moyenne de 14,69 nœuds sur 24h00.
Ce foiler, développé par Benoit et sa femme, Caroline Boule, en étroite collaboration avec l’architecte naval Sam Manuard, sidère les observateurs sur cette La Boulangère Mini Transat 2025. Mercredi, le leader de la course, qu’il a déjà remportée en 2013, a battu à trois reprises, coup sur coup dans les pointages, le propre record du bateau, établi en juillet 2024 par Caroline Boule. Au final, son meilleur score du jour s’établit à 352,59 milles parcourus en 24 heures (entre le 28 et le 29 octobre,17h TU) à la vitesse moyenne de 14,69 milles. « C’est assez hallucinant puisqu’on est à niveau de performance équivalent à un Class40 (bateau de 12,28 mètres, ndlr) moyen », commente le directeur de course Denis Hugues. « Ce record, ce n’était pas un objectif en soi, mais Benoît a optimisé sa trajectoire dans des conditions favorables. Il y a eu très peu de vent les jours précédant, permettant une mer très plate propice aux accélérations quand l’alizé s’est établi », commente Caroline. « Pour tenir ce type de moyennes, il s’agit d’éviter les pics de vitesse et que le bateau retombe dans les vagues. Il s’agit de privilégier la stabilité de vol. À mon avis, Benoît, qui a tenu une moyenne de 14 nœuds sur 48 heures, a dû barrer la journée ; et il a dormi la nuit, passant le relais au pilote automatique, contraint, sans doute, à une vitesse maximum de 20 nœuds », imagine Caroline. A terre, elle peut se réjouir de voir son propre record tomber à bord de ce prototype révolutionnaire : « un foiler sans compromis, qui marche bien dans le petit temps et reste facile d’usage ».
Avec de telles vitesses, pas étonnant que Benoît Marie s’échappe devant et qu’il parvienne à constituer un matelas d’une centaine de milles d’avance, cumulés en une journée, sur ses plus proches poursuivants. Pourtant dans son tableau arrière, ceux-là n’ont pas démérité, comme le certifient les 316 milles enregistrés au compteur de Mathis Bourgnon (934 – Assomast). Bien décidé à tout donner, le skipper suisse qui s’est préparé à l’ancienne dans le jardin familial, pousse son plan Bertrand de 2017 dans ses retranchements. Au coude à coude avec Alexandre Demange (DMG Mori Sailing Academy II) toujours présent aux avant-postes, la bataille redouble d’intensité dans le sillage de l’intouchable premier de cordée.
Benoit Marie (1067 – Nicomatic Petit Bateau) a informé la direction de course cette nuit qu’il avait rencontré un problème technique. La Direction de Course a la confirmation qu’il est à bord mais ne dispose pas de plus de détails concernant cette avarie. Elle observe cependant une baisse de vitesse significative.
En tête, les solitaires plongent désormais au sud, cap au 180, afin de rester dans le flux d’alizé, sous la menace de l’arrivée d’une dorsale anticyclonique par le nord. Ils ont imité le Slovène Uros Krasevac (759 – Hashika II) et Robinson Pozzoli (1026 – UOUM), les plus prompts du premier peloton à empanner cette nuit pour s’éloigner de la route directe. Ils descendent à la chasse aux alizés profonds, garantissant de belles glissades sous spi, mais appelant également à une vigilance de tous les instants au passage de fréquentes lignes de grains. Une option suivie très tôt par les deux bateaux de l’écurie concarnoise menés par Thaïs Le Cam (1068 – Frérots Ad ) et Julien Letissier (1069 – Frérots Branchet). Ce dernier, pointé à plus de 12 nœuds en 6 e position, le plus rapide de la flotte ce midi, n’a visiblement pas dit son dernier mot.
« 80% de la flotte se dirige déjà vers le sud », notait ce matin Denis Hugues, qui surveille aussi de très près les progressions de ceux qui ont signalé des problèmes et qui pourraient faire escale au Cap Vert. C’est le cas de Timothée Villain-Amirat (756-Speedy Maltese), qui rencontre un problème de pilote. Idem pour Antoine de Malleray (950-Emeraude Voile Solidaire), qui a indiqué à l’un des six bateaux accompagnateurs escortant la flotte, subir « un back out », soit une panne électronique généralisée le privant de ses outils d’aide à la navigation et de l’usage se son pilote automatique.
De son côté Félix Oberle (1019 – Big Bounce), qui avait signalé faire escale en raison d’un problème de quille, semble avoir décidé de poursuivre sa route. Il a désormais dépassé la longitude du Cap Vert et progresse à une vitesse sur le fond d’une dizaine de nœuds suggérant que tout va bien à bord.
La direction et l’organisation de la course restent par ailleurs en contact étroit avec le bateau accompagnateur Señor Blue, skippé par l’architecte naval Etienne Bertrand, bord à bord depuis la nuit dernière avec Foucauld Malard (621 – L’arche Lille & Mare E Vela), privé de ses deux safrans. Après avoir essayé d’installer un aviron en guise de gouvernail de fortune, le skipper lillois a dû, cet après-midi, se résoudre à embarquer à bord de Señor Blue, qui fait route vers Mindelo.
Paul Cousin prend les commandes chez les séries Chez les séries, le vent du changement souffle en tête de flotte. Ce jeudi, Paul Cousin (981 – AFP Groupe Biocombustibles) s’empare du leadership grâce à une trajectoire précise et rapide, bien décalée dans le sud du plan d’eau. Le skipper, qui progresse à belle allure sur sa route vers la Guadeloupe, imprime désormais le rythme d’une flotte en pleine glissade vers les alizés.
Plus au nord, l’Espagnol Hugo Ramon (1054 – Cristal Mina-Majorica) et Matéo Lavauzelle (1044 – Brets–Don du sang bénévole) voient leur progression ralentir sensiblement dans un vent de nord-est tombé sous les 10 nœuds ce jeudi midi. Tandis que les plus méridionaux continuent de filer, la hiérarchie pourrait bien se stabiliser sur cette autoroute du sud où les vitesses redeviennent soutenues.