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PRB à 36 milles de Bonduelle

Jean Le Cam / Bonduelle
Jean Le Cam / Bonduelle

Mais que va chercher Jean Le Cam (Bonduelle) ? En s’éloignant de la route directe et en suivant un cap de 20° plus abattu que Vincent Riou (PRB) depuis 4 heures, Jean sait qu’il est en train de tourner le dos au classement pendant quelques heures. Un investissement dans l’est qui n’est, bien évidemment, pas anodin quant on connaît la qualité et la finesse d’analyse du roi Jean. Sept Solitaire du Figaro dont trois victoires laissent indéniablement des traces… Il a donc vu quelque chose et en bon investisseur parie une fois de plus sur l’avenir. Situé quasiment à la même latitude, Vincent Riou qui est revenu à 36 milles de la pôle position pointe à 86 milles dans l’est du Cap Pembroke (Iles Falklands), là où Jean en est à 176 milles. Belle différence de cap, légère différence de vitesse, Vincent suit un cap nord-est plus proche de la route directe, grignote au classement et devrait toujours plus titiller Jean au classement de 11 heures. Aussi, c’est vers l’avenir qu’il faut donc regarder la situation de ce petit matin. Est-ce que le décalage entretenu par Jean vers l’est ne serait pas en prévision d’une grosse zone de vents erratiques qui s’étalerait comme un long haricot sous l’Uruguay dans les deux jours à venir ? Une fois de plus, chacun y va de son approche en fonction, tant des qualités de son coursier que de son analyse météo. Mike Golding (Ecover) est, de son côté, conservateur et entretient une position médiane entre les deux leaders. Il est ce matin à 86,4 milles de Jean et à 50,4 milles de Vincent. Une situation diablement passionnante où chaque mille sur ce tour du monde révèle son importance !

Sébastien Josse (VMI) devrait bien passer le Cap Horn la nuit prochaine. Il pointe ce matin à 280 milles du mythique rocher et affiche 330,9 milles parcourus en 24 heures, soit la vitesse moyenne la plus élevée de la flotte. Il tient à distance ce matin Temenos de Dominique Wavre qui grignotait son retard par poignées de dix milles à tous les classements précédents.

Et si, en privilégiant une route nord, Nick Moloney (Skandia) se met relativement aux abris des icebergs, l’australien continue d’écoper de sérieux coups de vent. Nick évoquait 50 nœuds hier avec son équipe à terre. Aussi il doit encore s’attendre à ce régime dans les heures à venir avec cette fameuse dépression qui monte via son sud-est, qui va être stationnaire un temps puis redescendre en se creusant toujours plus. Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) devrait également avoir de la pression dans les voiles aujourd’hui. Les vents devraient une fois de plus tutoyer les 50 nœuds avant d’accrocher demain après-midi les 75 noeuds… Par chance personne ne sera dans cette tempête ! Le Sud use, on comprend toujours plus pourquoi.

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) a enfin mis du nord dans sa route. Il est toujours par 55° Sud mais doit maintenant penser à la première porte Pacifique qui se trouve à 385 milles dans son est/nord-est.

Enfin, Patrice Carpentier (VM Matériaux) fait toujours route vers Christchurch (Nouvelle-Zélande). Il vient de contourner la pointe sud de l’île du Sud et se trouve ce matin à 220 milles de Steep Head, pointe rocheuse placée juste avant la ville et le chantier où se trouve déjà le bateau de Marc Thiercelin (ProForm). Une distance assez courte sauf que Patrice navigue sans bôme et à la vitesse moyenne de… 3,2 nœuds sur 24 heures. Un vrai calvaire pour Patrice qui fêtera son anniversaire dans 4 jours, soit la date possible de son arrivée à Christchurch !

(Source Vendée Globe)

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Nicorette : retour sur une victoire à la dure

Nicorette au portant
Nicorette au portant

Seulement 19 jours après avoir effectué les premiers essais sous voiles, le 90’ flambant neuf (et construit en 88 jours !) Nicorette s’alignait au départ de l’édition 2004 du « Fastnet des antipodes »… avec l’ambition clairement annoncée de s’emparer des honneurs de la ligne. A bord de cette machine de guerre au rodage à peine entamé, Ludde Ingvall était entouré de Richard Bouzaid (Alinghi), Ed Smyth et Rodney Daniel (Oracle), ce trio de choc composant la cellule arrière. Après 2 jours, 16 heures et 44 secondes d’une course particulièrement éprouvante, Ingvall s’emparait malgré des conditions très difficiles de sa seconde victoire dans cette épreuve, et déclarait à son arrivée à Hobart : « Ce sont les moments les plus durs que l’on peut passer en mer, et j’ai l’impression d’avoir fait trois semaines de course ». Une course marquée certes par le naufrage de Skandia et l’abandon de Konica – Minolta, mais qui n’aura pas été sans heurts pour les vainqueurs non plus…

Ludde Ingvall : « Je savais que la zone de départ serait trop étroite et encombrée, aussi mon plan était de partir sous les autres Maxi, et d’utiliser le gros potentiel de Nicorette au près pour regagner du terrain une fois que le plan d’eau serait plus dégagé. Ce potentiel est à mettre au crédit de notre canard avant, équipé d’un trimmer, que je peux actionner grâce à un bouton (…) Le départ est donné, nous partons derrière Konica, à plus de 11 nœuds, j’appuie sur le bouton en question et voilà que le bateau part du mauvais côté ! Un frisson parcourt mon échine – j’ai actionné le mauvais bouton, le trimmer pousse l’étrave vers les bateaux spectateurs !!! Je corrige mon erreur, mais le volet est coincé dans la mauvaise position, car le moteur, en surcharge (trop de fonctions hydrauliques sont activées en même temps) s’est arrêté. Ty Oxley se rue à l’intérieur pour tout réenclencher (…) »

Environ deux heures après le départ, alors que Nicorette se trouve coincé entre Konica et Skandia (devant), une avarie de gennaker oblige l’équipage à envoyer le grand spi.
« Avec ses 600 mètres carrés, cette voile était cruciale pour nous lors de la première nuit, car elle est 150 m2 plus grande que le reacher, plus légère aussi. Il s’agissait de notre seul spi réellement capable de nous faire descendre, aussi n’avions nous aucune marge d’erreur (ndlr : pour être jaugé en IRC, Nicorette a dû sérieusement réduire sa garde-robe). Ce qui s’est passé ensuite nous a vraiment mis à l’épreuve : sur une simple erreur de communication, notre précieux spi s’est trouvé enroulé autour de l’étai et finalement est parti en lambeaux. J’étais effondré (…) Il a fallu une heure avant que nous puissions établir une autre voile de portant, moins adaptée, une heure pendant laquelle nos rivaux creusaient l’écart. Nous pensions que la course était probablement perdue, et que toutes les critiques que l’on aurait pu nous adresser alors se seraient trouvées parfaitement justifiées ».

Alors que la météo s’est considérablement dégradée, Ludde Ingvall décide d’adopter une stratégie conservatrice – on navigue à la côte le long de la Tasmanie, et la vitesse doit être considérablement réduite. Une option payante, pas toujours facile à appliquer cependant…
« Par moments, je limitais la vitesse du bateau à 8 nœuds et dans les pires endroits, nous tâchions de ne pas dépasser 6 nœuds. Ce qui est bien plus difficile à faire qu’à dire, car pour un bateau comme Nicorette, il est hors de question de se traîner à 6 nœuds dans 30 nœuds de vent. J’ai suggéré de mettre des traînards à l’eau, ou encore de sortir le système de propulsion rétractable, mais cela n’aurait pas eu beaucoup d’effet. Le meilleur moyen de ralentir était de mettre la quille dans l’axe, et parfois même nous l’avions sous le vent lorsque les conditions étaient vraiment rudes (…) De vives discussions se sont engagées avec les barreurs, qui parfois pensaient qu’il fallait pousser un peu plus (…) Je suis reconnaissant à l’équipage d’avoir suivi mes ordres, car je sais que ce n’est pas toujours facile. On m’avait demandé cela alors que j’étais un jeune barreur, dans la Whitbread 85 – 86, et que nous étions pris dans une tempête au large de l’Afrique ». La stratégie de Ludde Ingvall s’avère clairvoyante, et bientôt Konica Minolta, le leader, est en vue : le Maxi a tardé à s’abriter, et constitue maintenant une cible de choix pour Nicorette… alors que l’annonce du retrait de Skandia tombe. 10 minutes plus tard, Konica abandonne à son tour : il reste alors 100 milles à courir dans des endroits mal pavés, il faut continuer à jouer la prudence, mais la victoire est désormais à portée d’étrave.

JB

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Ellen à la limite de l’épuisement …

Ellen MacArthur / Castorama
Ellen MacArthur / Castorama

. Les trois jours de conditions instables ont poussé Ellen au bout de ses limites … “Je ne me suis jamais sentie aussi mal. Je suis absolument épuisée. Le vent passe de 12 à 46 nœuds…”” Ces 12 dernières heures, le vent a soufflé en moyenne à 7 nœuds, puis 12 nœuds, puis 17 nœuds avec d’énormes différences entre les vitesses minimales et maximales. L’attention constante nécessaire au réglage des voiles et à la sécurité du bateau pèse sur Ellen. Elle est en permanence sur la corde raide pour garder le contrôle de Castorama dans les fortes rafales et pour lutter contre son épuisement. C’est dans ces moments là qu’elle est le plus vulnérable car une fatigue aussi extrême peut parfois mener à commettre de graves erreurs. Lire la transcription de son appel téléphonique avec son équipe à terre vers 7h00 GMT ce matin.. Premiers signes de la bascule de vent à l’ouest. Le vent est en effet passé de SW à WSW et continue de tourner vers l’ouest (269 degrés)… Espérons que cela ne soit pas qu’une simple oscillation mais bien les premiers signes de la bascule prévue à l’ouest. Si c’est le cas, Ellen pourra alors empanner bâbord amures aujourd’hui pour faire cap NE et profiter des vents de nord-ouest plus stables pour récupérer tout en progressant à bonne vitesse vers l’est. Un autre coup de vent est annoncé pour vendredi et l’objectif sera de rester à l’avant de celui ci pour se rapprocher rapidement du Cap Horn, à quelques 3020 milles devant les étraves.. Castorama a atteint les 16 000 milles parcourus à la vitesse moyenne de 17,5 nœuds. Il lui reste donc moins de 10000 milles à parcourir sur la route théorique jusqu’à l’arrivée. Son avance sur le record de Francis Joyon approche les 3 jours (exactement 2 jours et 21 heures, soit 8,22% du temps restant) car au même moment de sa tentative, le skipper français ne bénéficiait pas non plus de conditions favorables. Il venait notamment de casser sa ferrure de têtière de grand-voile et avait passé 5 heures à réparer, avec la voile sur le pont. Il s’était ensuite fait prendre au piège au centre d’une dépression avec des vents faibles et une mer très agitée, après quoi il avait enfin retrouvé une bonne vitesse avec des moyennes de plus de 500 milles par jour.Appel d’Ellen du jour : “”je n’ai jamais navigué dans de telles conditions, ou en tous cas, pas aussi longtemps. 24 heures de temps instable, c’est une chose, mais pendant trois jours et demi, ça commence à faire long. C’est incroyable ! Je n’ai vraiment, jamais, jamais vu ça. C’est tellement dur, et ça souffle tellement fort. J’ai eu 44 nœuds tout à l’heure. J’avais un ris dans la grand voile et le solent. J’ai cru qu’on allait chavirer. A l’instant même, ça souffle à 18 nœuds. Avec ça, on pourrait filer facilement à 18 nœuds mais au lieu de ça, on marche à 13 nœuds parce que le prochain nuage approche et que nous sommes contraints de naviguer sous toilé. Je sais que Francis Joyon avait un peu galéré au même moment, mais c’est impossible de se reposer, de fermer les yeux et de dormir. Quand le vent faiblit il faut continuer de faire avancer le bateau. On fait maintenant cap au 155 et les vagues viennent frapper les coques sur le côté. On a soit 35 nœuds, soit 15… La dernière fois que je vous ai appelé, on avait 38 nœuds et des énormes grêles à l’intérieur du bateau. Il y en a partout : dans les voiles, à l’intérieur… Le cockpit est une vraie patinoire… C’est vraiment pénible…””(Source Team Ellen)”

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Patrice Carpentier ira à Christchurch

Patrice Carpentier
Patrice Carpentier

Patrice en route vers Christchurch(N-Z)…

Patrice Carpentier (VM Matériaux) s’arrêtera donc à Christchurch, port situé en Nouvelle-Zélande, non loin de là où se trouve déjà Marc Thiercelin et son ProForm (ndlr, à Akaroa Bay). Et comme ce dernier, Patrice souhaite réparer puis reprendre sa route vers le port vendéen qu’il rejoindra alors hors course pour assistance extérieure : « Rien à faire, je vais donc m´arrêter au stand. Au début, je pensais Wellington mais sans grand-voile, ça le faisait pas. Je me suis donc laissé emporter au bon plein vers le sud. Donc a priori et même sûrement désormais, je ferai escale à Christchurch pour réparer et je repartirai tout seul pour rallier les Sables-d’Olonne via le cap Horn, loin du Vendée Globe. Patrice ». Ce matin 5 heures, Patrice se trouve à 330 milles du port néo-zélandais et à 17 milles dans le sud de l’île Stewart. Rappelons que les premières réparations de sa bôme cassée en deux n’ont pas tenu et que celle-ci s’était de nouveau rompue dimanche 2 janvier dernier.

En tête de flotte, la progression se fait toujours au près dans un vent de secteur nord/nord-ouest de 10/15 nœuds. Les trois leaders se trouvent actuellement dans le sud des Iles Falkland. Jean Le Cam (Bonduelle) pointe son étrave ce matin à 124 milles du Cap Pembroke, pointe ouest située à côté de la ville de Stanley. Deux choses à noter en cette fin de nuit : le décalage plus dans le nord de Jean Le Cam et de Vincent Riou (PRB) par rapport à Mike Golding (Ecover) et ce même décalage toujours un peu plus nord de Vincent Riou par rapport au leader Jean Le Cam. Compte tenu des conditions météo à venir, soit encore du prés pour la journée, il est intéressant de voir comment se placent les trois bateaux pour gérer au mieux cette zone de transition et leur positionnement par rapport au futur proche. Ils sont dorénavant trois dans un mouchoir de poche de 100 milles à quelques heures de ce 60e jour de course, Mike Golding étant à 93,7 milles du leader ce matin.

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) continue de glisser cap à l’est/sud-est. Déjà par 55° Sud hier, le rochelais continue de couper le fromage et se trouve seulement à 28 milles de la position la plus sud de Jean Le Cam dans ce Vendée Globe 2004. Et si Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) est sorti de son côté de la zone sensible de glaces ce matin, Benoît est au cœur de celle-ci puisque proche d’icebergs signalés par Jean Le Cam positionnés de l’autre côté de l’antéméridien. Point positif : Benoît est passé en longitude Ouest cette nuit.

Classement de 04h00 TU (05h00 heure française) :- Jean Le Cam (Bonduelle) à 6 720,2 milles
2. -Vincent Riou (PRB) à 54,1 milles du leader
3. -Mike Golding (Ecover) à 93,7 milles du leader

(Source : Vendée Globe)

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Spirit of Sark remporte la seconde étape du Global Challenge

Spirit of Sark / Global Challenge
Spirit of Sark / Global Challenge

36 jours, 7 heures, 2 minutes et 33 secondes de mer, voilà le temps qu’il aura fallu à Gillespie et ses troupes pour avaler les 6100 milles (sur la route théorique) séparant Buenos Aires de Wellington. Et ce temps est un grand motif de satisfaction pour Gillespie, qui bat le record de ce parcours établi en 2001 par un certain Conrad Humphreys, qui s’était en outre adjugé la victoire finale lors de la dernière édition du Global Challenge… L’Ecossais Gillespie, à 38 ans, a lui aussi disputé l’édition précédente, mais en tant qu’équipier – s’adjuger une victoire d’étape pour sa première participation en tant que chef de bord revêt naturellement une dimension particulière. Ajoutez à cela le fait que cette seconde manche peut être considérée comme une des plus exigeantes du parcours, et vous aurez une bonne idée de la joie de Gillespie à son arrivée à Wellington, hier à 23h57 GMT. Talonné par BP Explorer (doublé dans les dernières heures de course !), à seulement 35 minutes derrière lui, Spirit of Sark aura dû batailler ferme dans 40 nœuds de vent pour contenir les assauts d’un rival déterminé, mais finalement impuissant.

Voir le Horn…
Le passage du Horn, que l’ensemble de la flotte a choisi d’attaquer après avoir embouqué le détroit de Le Maire (séparant la Terre de Feu de l’île des Etats), restera un des grands moments de cette étape pour les équipiers amateurs, venus ici chercher leur Graal (pour la modique somme de 37 585 Euros, tout de même !!!). A bord de Spirit of Sark, Rachel Morgan raconte : « 40 nœuds de vent, des vagues grises et vertes explosant sur le pont, la masse très sombre d’un grain se profilant devant nous, avec la promesse d’un renforcement du vent… J’étais sur la plage avant, la silhouette du cap Horn se détachant au-dessus des vagues, mystérieuse et magnifique à travers la piqûre des embruns. C’est ça ! C’est ça que je suis venue chercher, et rien d’autre. Je suis en bas du monde, mais j’ai l’impression de flotter au-dessus ». Rappelons que 12 monotypes de 72 pieds sont engagés dans cette compétition où seuls les skippers sont des marins professionnels. Trois bateaux sont aujourd’hui arrivés à Wellington (BG Spirit, en troisième position, talonnait BP Explorer de 3 petites minutes !), le second paquet étant attendu cet après-midi aux alentours de 17 heures GMT.

JB

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Les conditions instables mettent Ellen à l’épreuve …

Ellen MacArthur / Castorama
Ellen MacArthur / Castorama

. Les conditions très instables en force et en direction depuis hier causent des soucis à Ellen : “je suis mon propre ennemi dans ce type de situation. J’aimerais toujours que Castorama navigue du mieux possible, mais c’est difficile avec un vent si changeant dont la force et l’angle sont si durs à prévoir…”” Le vent tourne en effet de 40 à 50 degrés et passe de 8 à 38 nœuds, ce qui rend le choix des voiles très compliqué…. Chute de grêles et démons en furie … “”””Et bien les choses n’ont pas été très faciles ces derniers jours… Nous avons des conditions très instables et notre pauvre Castorama n’a pas arrêté de ralentir et de redémarrer. Le ciel est assez bleu mais il y a beaucoup de nuages. Certains méchants. D’autres non. Ils arrivent vers nous comme des démons en furie pour nous attaquer avec leurs méchantes rafales glaciales. Hier le vent a atteint plus de 38 nœuds pendant 40 minutes… Le ciel est devenu noir, la mer toute grise et de la grêle a commencé à tomber des nuages. Castorama surfait sur les vagues à plus de 20 nœuds. J’ai profité du deuxième coup de vent pour aller récolter un peu d’eau douce. Je suis allée en pied de mât placer un seau sous la voile. L’eau venait de fondre et elle était presque aussi froide qu’un glaçon. Quand j’ai levé la tête pour regarder le ciel, les gros grêlons venaient me piquer la peau et cogner contre le pont. Ils devaient sans doute tomber de très haut ! J’ai pu garder 2 litres d’eau potable et utiliser le reste pour laver des vêtements. Ca ne sent pas trop mauvais à bord pour l’instant car il fait froid, mais les choses vont changer quand les températures vont remonter ! Hier soir, le vent soufflait dans toutes les directions et passait de 5 à 38 nœuds. C’est à la fois frustrant et épuisant car il faut souvent changer les voiles (11 fois en 24 heures). J’ai réussi à dormir quelques heures, d’un sommeil un peu agité à cause de l’alarme de vent qui me réveillait toutes les cinq minutes. J’ai émergé du sol où je m’étais blottie toute habillée dans une couverture en laine polaire et j’ai regardé le ciel pour découvrir un autre nuage noir menaçant… Même si la nuit a été dure et fatigante, nous avons aussi des moments agréables avec de magnifiques couchers de soleil et des lueurs orangées sur les vagues. C’est impressionnant de voir les nuages les plus sombres à côté du bateau qui brille comme à la lueur d’un feu de cheminée en hiver. Vraiment magnifique. Il ne fait jamais complètement noir la nuit. On a toujours cette lueur dorée à l’horizon. Le crépuscule se mélange à l’aube et donne naissance à une nouvelle journée. L’avantage c’est que les nuits sont courtes. Ce matin, les conditions sont un peu plus stables et la question est maintenant savoir quelles voiles porter. Je suis mon propre ennemi dans ce type de situation. J’aimerais toujours que Castorama navigue du mieux possible, mais c’est difficile avec un vent si changeant, dont la force et l’angle sont si durs à prévoir. Mais j’essaie de me rendre utile. Je renforce les lashings du trampoline et je vide l’eau du flotteur au vent… J’ai essayé de refaire un joint un peu plus fort avec de la silicone. Ca fait une drôle d’impression d’être à l’intérieur du flotteur avec simplement votre tête qui dépasse. C’est étroit en largeur mais environ aussi grand que moi en hauteur, donc quand la trappe est ouverte vous pouvez vous mettre debout à l’intérieur avec la tête dehors. J’avais l’impression d’être un personnage dans une course un peu loufoque, avec ma petite tête qui sortait de cette énorme forme très gracieuse. Cela m’a fait rire, mais j’imagine que c’est le fait d’être ici toute seule !””. Des prévisions assez pessimistes : “”A court terme, vers 12h00 TU ce mardi, les nouvelles ne sont pas très bonnes. Une dépression va se former près de 49-50S / 148-150W et se déplacer vers Castorama. Le vent sera très instable en force et en direction””. Ces conditions devraient perdurer jusque ce soir, pour devenir enfin plus stables demain.. Castorama parvient à garder son avance de 2,5 jours et se trouve actuellement dans le SE de l’île Chatham. Ellen est en mer depuis plus de 37 jours, soit la moitié du temps record de Francis Joyon (72 jours, 22 heures et 55 minutes). Il lui reste donc encore 36 jours pour essayer de battre ce record du monde en solitaire…(Source Team Ellen)”

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Et trois en Atlantique !

PRB passe le cap Horn
PRB passe le cap Horn

Ils sont deux de plus ce matin à être sur le dernier versant Atlantique vers les Sables-d’Olonne. En effet, Vincent Riou (PRB) a passé le Cap Horn hier soir, le 3 janvier, à 21h45 (heure française) soit 20h45 TU. Vincent aura donc mis 57 jours 08 heures et 43 minutes pour virer le célèbre cap soit 15 heures et 30 minutes de plus que Jean Le Cam (Bonduelle). Mike Golding (Ecover) a passé la longitude du Cabo de Hornos cette nuit à 02h15 (heure française) soit à 01h15 TU. L’anglais aura donc mis 57 jours 13 heures et 13 minutes de course soit 20 heures de plus que le leader et 4h30 de plus que Vincent Riou. S’ils sont trois à naviguer ce matin dans l’Atlantique, l’autre information du petit matin sont les écarts entre ces trois protagonistes. En effet, ils ont fondu comme neige au soleil depuis hier même heure. Ainsi, de 190,6 milles hier au classement de 5 heures, l’avance de Jean Le Cam sur Vincent Riou a fondu ce matin à… 61,2 milles. Jean a buté sur une vaste zone de vents mous dans lequel sont venus tour à tour se placer Vincent Riou et Mike Golding. Un coup d’élastique dans le mauvais sens pour le roi Jean qui voit donc ses deux poursuivants se caler dans son sillage et dans le même système météo que le sien. Point positif pour Jean, il a stoppé l’hémorragie depuis hier soir 20 heures où Vincent était revenu à… 59,5 milles derrière lui. Mais c’est bien un nouveau départ qui vient d’être donné à l’entrée de l’Atlantique. Si Jean est ce matin à 38 milles dans le sud de l’Ile des Etats, Vincent est à 44,9 milles dans le sud-est du Cap San Pio (Terre de Feu) et Mike est à 13 milles dans le sud-ouest du Cap Horn.

Si Conrad Humphreys (Hellomoto) était bien entré dans la zone à icebergs en signalant la présence de deux blocs de glace hier matin, l’anglais a averti la Direction de Course de la présence de deux nouvelles montagnes dérivantes hier à 19h00 TU. «One size of Wembley Stadium » écrivait-il sur son message ! Situés par 51°31 75’ Sud et 178° 58 85’ et 49’ Est, l’un était donc de la taille du stade de Wembley (Londres). Impressionnant… Mais si ce dernier peut être détecté par radar, ce sont une fois de plus les growlers qui peuvent graviter autour qui en sont les principaux dangers.

Petites vitesses pour ce qui est de la flotte de queue. En effet, Anne Liardet (Roxy) et Patrice Carpentier (VM Matériaux) progressent au près dans un vent d’est de 15 nœuds tandis que Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) et Karen Leibovici (Benefic) sont aux prises avec une vaste dorsale anticyclonique sous la Tasmanie. 5 400 milles séparent ce matin Jean Le Cam de Karen, soit sur la carte, la taille de… l’Océan Pacifique !

(Source : Vendée Globe)

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Jean qui râle , Vincent qui sourit

Jean Le Cam / Bonduelle
Jean Le Cam / Bonduelle

Piégé dans les dévents de la Cordillère des Andes alors que ses poursuivants continuaient à cavaler , Le Cam n´a donc pas pleinement savouré ce franchissement du Horn qui sonnait comme une délivrance. Le leader était tout de même soulagé de refermer la porte du Grand Sud . ” Cela fait du bien de revenir dans un monde civilisé. Comme je l´ai franchi de nuit , je n´ai pas vu grand chose mais je savais qu´il était là dans la pénombre. C´est super bien et satisfaisant d´arriver à cette marque en tête. Maintenant une autre histoire commence… “”

Le Cam en colère
Outre le fait qu´il ne s´attendait pas à être aussi ralenti , on sentait le skipper de Bonduelle chiffonné et un brin crispé. Et comme ce finistérien a son franc parler , le “” taiseux”” qu´il est a fini par cracher le morceau. Il était irrité par la transparence des trajectoires : “” Hier soir j´ai fait deux empannages pour me recaler et ce matin je l´ai appris par le journal. Je n´ai rien à ajouter… Quand tu es devant et que tu tombes dans la pétole ce n´est pas drôle mais que tout le monde soit rapidement au courant je m´étonne. Je n´ai jamais fait une course où tout le monde a accès à toutes les données .”” lâchait il carrément remonté. Il s´en est suivi un grand blanc avant que Denis Horeau le directeur de course apporte quelques explications techniques. (*)

Jean Le Cam fatigué à la sortie de cette navigation parfaitement maitrisée dans le Pacifique mais si stressante quand il a fallu jouer à cache cache avec les icebergs a consenti à raconter un peu son approche du cap mythique. “” Juste avant le passage, j´ai vu une île c´était la première fois que je voyais la terre depuis les Sables. Cela m´a fait penser à Astérix quand ils disent Terre Terre. Deux mois sans voir la Terre c´est bizarre. J´étais comme un gamin. “”

Arrêt au stand du Horn ?
Après cette parenthèse poétique, place à la course avec un casse tête météorologique pour débuter cette remontée vers les Sables. Et là , le leader était avare de détails sur sa situation météo du moment. C´est de bonne guerre mais vu l´abondance d´informations en circulation , Vincent Riou n´avait nul besoin des confidences du roi Jean pour imaginer le scénario. Et le bigouden se réjouissait forcément de voir l´écart se réduire comme peau de chagrin : “” Cela risque de faire un nouveau départ. Comme cela on va s´amuser. La question est y aura t´ il un arrêt au stand pour tout le monde où cela ne concernera t´il que Jean ? Les prévisions météo jouent plutôt en notre faveur. Je pense que Bonduelle devrait repartir avant nous et garder une petite centaine de milles d´avance “” confiait le skipper de PRB lui aussi soulagé à l´idée de quitter le Grand Sud. “” L´océan indien a vraiment été difficile et le Pacifique stressant avec cette vigilance constante aux icebergs. Remonter vers des latitudes plus clémentes c´est sympa “”. Et comme l´effet d´élastique semble cette fois en faveur des chasseurs , le jeu s´annonce très ouvert. “”Cela peut faire une belle régate et que le meilleur gagne ! “” a conclu le skipper de Loctudy;G.Dréan – Le Télégramme* La direction de course dispose de positions toutes les 30 minutes. Avec un petit délai celles- ci apparaissent en différé sur la cartographie du site officiel. Les trajectoires sont ainsi visualisées dans le détail.”” Ce qui permet de rendre la course très compréhensible du grand public. Inconvénient on a un regard perçant et percutant sur la stratégie des uns et des autres”” convient Denis Horeau. “

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Interview d´Ellen, superwoman !

Castorama / Ellen MacArthur
Castorama / Ellen MacArthur

– Vous venez de croiser deux icebergs que votre radar n´a pas détecté. Pas trop angoissée ?
Ellen MacArthur : “Il est vrai que c´est toujours un choc de voir des icebergs surtout lorsqu´on file à 20 nœuds. Ce qui est inquiétant, c´est que ces icebergs sont très nord. Ça fait peur, surtout la nuit, car mon radar ne les a pas détectés : il est altéré par le solent en fibre de carbone qui ne laisse pas passer les ondes. Je suis vraiment tendue… “”

– Deux jours et demi de moins que Joyon à mi-parcours : vous attendiez-vous à une telle avance ?
E.M. : “”Je ne m´y attendais pas et je suis assez étonnée d´avoir cette avance-là. De plus, les vents ne vont pas être mauvais d´ici au cap Horn, mais il faut toujours être prudent, car la ligne d´arrivée est encore loin. Je me souviens qu´Olivier de Kersauson et son équipage avaient perdu 6 jours entre l´équateur et Brest, donc méfiance. Bien sûr, ça aide mentalement d´avoir de l´avance à mi-parcours, mais le bateau est plus usé et moi aussi. La seule ligne qui compte, c´est l´arrivée et elle est loin. Alors, je reste concentrée””.

– Quelles différences existent-ils entre un tour du monde sur monocoque de 60 pieds et sur multicoque de 75 pieds ?
E.M. : “”Le stress ! Physiquement, un trimaran est certes plus exigeant qu´un monocoque, mais le stress n´est pas le même. Ici, ça va plus vite, à 20-22 nœuds. Tout arrive tellement plus vite, surtout les ennuis. Donc, il est difficile de se détendre. Je suis toujours sous pression, stressée””.

– Rassurez-nous, vous prenez quand même du plaisir à naviguer ?
E.M. : “”Oui, bien sûr, même si j´ai vraiment eu du mal lors des deux premières semaines. Là, ça va mieux. Hier, j´ai eu droit à un coucher de soleil, soleil que je n´avais pas vu depuis quatre jours : il y avait de belles couleurs, des oiseaux partout : c´était super beau. Ces moments-là sont magiques et me procurent énormément de plaisir””.

– Dans quel état se trouvent le trimaran… et son skipper ?
E.M. : “”Le bateau n´est pas en mauvais état. Certains bouts sont usés, mais ça va. J´effectue régulièrement un check-up complet du bateau et tout va bien. Je touche du bois… Quant au skipper, il est un peu fatigué, mais ça va mieux maintenant. En fait, mon état dépend de la météo””.

– Avez-vous le temps de suivre le Vendée Globe, notamment la progression de Nick Moloney qui navigue sur votre ancien “”Kingfisher”” ?
E.M. : “”Oui, je suis de près cette course. Chaque jour, je note la position des concurrents afin de ne pas les percuter car je vais plus vite qu´eux. Le Vendée Globe est une course géniale avec ses joies et ses peines. Sinon, je suis à 700 milles de Nick. On ne va pas changer nos routes pour se faire un petit coucou, mais j´avoue que ce serait génial de se voir en pleine mer””.

– Que peut-on vous souhaitez en ce début d´année 2005 ?
E.M. : “”Oh rien, il faut d´abord avoir une pensée pour tous ses gens qui ont été touchés par le tsunami…””

Propos recueillis par Philippe Eliès”

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Jean Le Cam franchit le Cap Horn …

Jean Le Cam / Bonduelle
Jean Le Cam / Bonduelle

Double empannage sous la terre de feu, et Jean Le Cam, en laissant les îles Diego Ramirez à tribord, double le troisième des grands caps d’un tour du monde à la voile, le Horn. Espérons que la lune aura eu la gentillesse de laisser filtrer ses rayons, afin d’offrir au Finistérien une image plus poétique que la blafarde lumière d’un écran GPS et d’un point sur un logiciel de routage. Depuis son franchissement de l’antéméridien le 22 décembre, Le Cam a réalisé une Transpacifique étonnante de réalisme et d’efficacité ; de l’est, et seulement de l’est. Bien calé sur la latitude des deux portes de sécurité et porté par une énorme dépression généreusement étalée en travers de l’océan, Bonduelle a tracé un sillage rectiligne vers le continent sud américain. Masquant sous sa bougonnerie légendaire le stresse lié aux icebergs, indésirables invités si haut sur la route des concurrents, Jean a su placer son plan Lombard avec une diabolique précision en bordure des dépressions. En jouant la carte de la vitesse pour rester au sein des systèmes dépressionnaires, il a économisé les empannages intempestifs et les milles sur la route. Une stratégie qui lui a permis de compter jusqu’à 265 milles d’avance sur Vincent Riou et 340 milles sur Mike Golding. Ces derniers, plus que jamais en embuscade vont profiter aujourd’hui d’un léger tassement des vitesses du leader pour revenir très fort dans ce vent de nord ouest bien établi. Les deux hommes sont à l’attaque et Riou, flashé à 23 nœuds en vitesse instantanée signe une journée à 402 milles ! Mike n’est pas en reste et se réjouit sûrement de voir son souhait d’un retard inférieur à 300 milles au Horn en passe de se réaliser.

Deux nouveaux duels se mettent en place en arrière de la course : en bagarre pour la 4ème place, Dominique Wavre (Temenos) et Sébastien Josse (VMI) ne luttent pas forcément à armes égales. Sébastien, benjamin de la course, navigue dans un flux d’ouest qui l’oblige à tirer des bords de portant. Las ! Il ne dispose plus de ses voiles d’avant depuis la perte de son bout dehors lors du choc avec un growler. L’expérimenté Dominique Wavre a su, avec un sang froid remarquable, préservé son bateau tout en alignant les milles à haut débit lors de deux terribles coups de vent consécutifs à 24 heures d’intervalle. Il a replacé son Temenos à 346 milles seulement de VMI, après avoir compté plus de 700 milles de retard !

En vue de l’antéméridien, l’américain Bruce Schwab (Ocean Planet) fait de la résistance. Le Pacifique est un peu le jardin du californien et Bruce se voit mal dans la peau de la 8ème « victime » du boulimique Conrad Humphreys (hellomoto), revenu en boulet de canon de la 17ème à la 10ème place. Les deux hommes naviguent à cap et vitesse sensiblement égaux dans un léger vent de sud ouest, à la recherche de la pression qui a enfin permis au Dunkerquois Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) de démarrer 400 milles devant leurs étraves.

En queue de peloton, Karen Leibovici (Benefic) a réduit son retard sur Raphaël Dinelli (Akena Verandas) à… 124 milles.

Source : Vendée Globe

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