La pétillante Clarisse Crémer a les yeux qui pétillent moins depuis qu’elle a appris que son sponsor Banque Populaire a décidé de la débarquer pour le prochain Vendée Globe après son retour de maternité. La décision de la Banque Populaire, partenaire de la Fédération Française de Voile et des clubs est difficilement compréhensible. La réaction de Clarisse.
J’ai donné naissance en novembre 2022 à une petite fille. Alors que rien ne m’y obligeait, j’avais informé mon sponsor Banque Populaire dès février 2021 de mon projet d’enfant. Ils m’ont tout de même choisie pour ce nouveau Vendée Globe et ont communiqué sur notre engagement mutuel à l’automne 2021.
J’ai appris vendredi dernier que Banque Populaire avait finalement décidé de me remplacer. Par leur décision, et malgré ma volonté constante, je ne serai pas au départ du Vendée Globe 2024.
Les règles du Vendée Globe pour l’édition 2024 imposent à tous les skippers une concurrence basée sur le nombre de milles parcourus en course. Sur ce critère, j’ai bien sûr pris du retard face aux autres concurrents au départ, cette maternité m’ayant empêchée d’être présente sur les courses qualificatives pendant un an.
Aujourd’hui Banque Populaire décide que cela représente pour eux un « risque » qu’ils ne souhaitent finalement pas courir.
Je suis sous le choc, d’autres projets lancés bien plus récemment continuent pourtant sans sourciller. Il restait 2 saisons complètes et 4 transatlantiques pour revenir au niveau, j’étais à fond pour finir ma rééducation au plus vite.
Mais pour Banque Populaire ce serait « laisser le destin choisir à leur place », alors qu’ils « se doivent » d’être au départ du Vendée Globe. Ils sont prêts à assumer le risque d’un trimaran géant, et tous les aléas naturels, techniques et humains liés à la course au large, mais visiblement pas celui de la maternité.
Si la course au large existe aujourd’hui c’est parce que des sponsors la choisissent comme levier de communication et s’en servent pour raconter de belles histoires sportives et donc, a priori, humaines. Je suis dans l’incompréhension totale face à l’histoire que ce sponsor fait le choix de raconter aujourd’hui : « Le Vendée Globe, à tout prix. »
L’organisation du Vendée Globe se contente par ailleurs d’être “désolée pour moi” mais “ne peut rien faire”. C’est pourtant elle qui écrit les règles. Rappelons qu’il y a 4 ans j’aurais été sélectionnée automatiquement car finisseuse de l’édition précédente. Rappelons que 13 bateaux neufs (1/3 de la flotte) bénéficient d’une dérogation pour être sélectionnés d’office au prochain Vendée Globe au nom du soutien à l’innovation.
Les règles d’une compétition sont censées garantir l’équité et l’esprit sportif. Aujourd’hui, force est de constater que les règles choisies par le Vendée Globe interdisent à une femme d’avoir un enfant, quand bien même elle serait une sportive reconnue, déjà finisseuse de l’édition précédente. Au 21e siècle, à qui veut-on faire croire que de telles règles seraient équitables ? On a beau jeu de déplorer, ensuite, le faible nombre de femmes sur les lignes de départ.
Je tiens à remercier les personnes qui m’ont soutenue et qui se reconnaîtront. Je suis déterminée à revenir naviguer, sous les couleurs d’un partenaire de confiance dont je partagerai les convictions humaines. Ma passion pour la voile reste entière, et je saurai dépasser rapidement la désillusion que je vis aujourd’hui.
Je pense surtout à toutes les femmes, les sportives et les autres, qui traversent des difficultés similaires sans avoir cette opportunité de prendre la parole. Que signifie l’égalité pour les femmes ? Se comporter en tout point comme les hommes et donc surtout ne pas être enceinte ? Si je m’exprime aujourd’hui, ce n’est pas par vengeance, pour attirer l’attention ni me faire plaindre, mais pour susciter la réflexion, et dans l’espoir de faire progresser notre société.
Vendée Globe. Clarisse Crémer à quai, son sponsor Banque Populaire la lâche après son congé de maternité !

Vendée Globe. Banque Populaire décide de remplacer Clarisse Crémer et met en cause l’organisation du Vendée Globe

Banque Populaire a décidé de changer de skipper pour le prochain Vendée Globe 2024. Une décision qu’elle se voit contrainte de prendre en mettant en cause l’organisation du Vendée Globe. Son remplaçant pourrait être Nicolas Lunven.
En avril 2021, quelques mois après l’arrivée du Vendée Globe, Banque Populaire se réengageait pour la 4ème fois de son histoire dans cette course mythique aux côtés de Clarisse Crémer. En octobre 2021, l’organisateur du tour du monde annonçait une nouvelle méthode de qualification inédite ne permettant plus aux finishers d’être directement qualifiés pour l’édition suivante. Elle instaurait un système d’accumulation de points à acquérir entre l’hiver 2021 et l’été 2024 par la participation à des courses du circuit pour l’attribution des 40 places de l’épreuve (dont une wildcard).
Pour se conforter à ce nouveau règlement, le Team Banque Populaire a loué un bateau afin de participer aux courses de la saison 2022 et de se donner ainsi toutes les chances avec Clarisse de marquer des points nécessaires en attendant la livraison du monocoque Banque Populaire XII en décembre 2022 (ex-Apivia). N’ayant pu participer à ces courses pour des raisons heureuses de maternité, Clarisse est aujourd’hui dans une situation qui ne lui permet pas d’espérer obtenir le nombre de points nécessaires pour se qualifier pour le Vendée Globe 2024.
Conscient de ce risque depuis plusieurs mois, le Team Banque Populaire avait entrepris des échanges avec la SAEM Vendée dès l’été 2022 pour aborder la situation singulière de la navigatrice, 12ème du Vendée Globe 2020/2021, 1ère femme et détentrice du record féminin. Déterminé à prendre le départ de la course à ses côtés en 2024, plusieurs solutions ont été proposées par le Team Banque Populaire à l’organisateur pour que le règlement prenne en compte la situation des femmes dans le Vendée Globe et la question de la maternité.
Toutes ces propositions, ainsi que les demandes d’attribution d’une garantie de wildcard, ont été rejetées, y compris celle formulée il y a quelques jours encore, et c’est regrettable.
Afin, malgré tout, de garantir l’avenir du projet sur le prochain Vendée Globe et au regard des investissements humains (constitution d’une équipe) et financiers (acquisition d’un bateau), le Team Banque Populaire doit malheureusement se résigner à faire évoluer son projet en confiant la de Banque Populaire XII à un nouveau dont le nom sera communiqué dans les prochains jours.
Banque Populaire aurait aimé que l’histoire initiée il y a 4 ans connaisse un autre dénouement et souhaite remercier Clarisse pour toutes les émotions vécues et partagées sur terre comme en mer.
Cette situation malheureuse qui impacte le destin de Clarisse Crémer, une navigatrice talentueuse que le Team Banque Populaire a accompagnée depuis ses premiers bords en , doit permettre d’ouvrir plus largement le sujet des femmes et de la maternité dans la voile.
Engagée dans ce sport depuis 34 ans, Banque Populaire est attachée aux valeurs de mixité et d’égalité des chances et est déterminée à participer aux travaux nécessaires avec les différents acteurs pour le faire progresser.
Alain Leboeuf, Président du Vendée Globe réagit à la situation de Clarisse Crémer
Banque Populaire a trouvé regrettable que la SAEM Vendée en charge de l’organisation du Vendée Globe n’ait pas accepté ses propositions, ainsi que les demandes d’attribution d’une garantie de wildcard qui ont été rejetées prenant en considération le cas de Clarisse suite à sa maternité. Alain Leboeuf, Président du Vendée Globe réagit.
L’Organisation du Vendée Globe vient d’apprendre le choix du Team Banque Populaire de changer de skipper, au motif que la participation de Clarisse Crémer à la prochaine édition n’est pas garantie.
Face à une course de plus en plus attractive, l’Organisation a dû faire évoluer son règlement pour l’édition 2024. À la demande générale de le publier très tôt, il a été dévoilé dès le mois d’octobre 2021 afin d’apporter la plus grande visibilité sur les règles de participation à tous les prétendants et leurs sponsors, à plus de 3 ans du départ.
Cette demande était tout à fait légitime, le processus de qualification et de sélection se déroulant sur 4 ans.
Précisons d’ailleurs que les principes généraux de qualification et de sélection au Vendée Globe 2024 se sont notamment appuyés sur des réflexions et des propositions débattues et votées par la Classe IMOCA en Assemblée Générale, en août 2020.
Afin de préserver l’équité envers l’ensemble des prétendants au prochain Vendée Globe, l’Organisation de la course ne peut en aucun cas se permettre de changer les règles, alors que le processus de sélection était déjà engagé.
Quant à la Wild Card, c’est une possibilité qui a été évoquée avec le Team Banque Populaire et Clarisse Crémer. Celle-ci ne pourra être fléchée avant la fin du parcours de sélection, le Vendée Globe ne connaissant pas les skippers qui pourraient y prétendre.
Rajoutons, qu’à ce stade, aucun skipper n’est assuré de participer au prochain Vendée Globe.
Il n’est d’ailleurs pas certain que le processus de sélection soit activé, puisque rappelons-le, il ne le serait qu’au-delà de 40 skippers qualifiés.
Dans le courrier adressé à Clarisse Crémer, en octobre 2022, le Président du Vendée Globe exprimait son souhait de la voir sur la ligne de Départ le 10 novembre 2024.
« Je réitère mon souhait qu’un sponsor puisse l’accompagner dans cette formidable aventure », réaffirme Alain Leboeuf, Président du Vendée Globe.
The Ocean Race. Ralentissement en vue !
La flotte va buter dans des zones avec moins de vent dans les prochaines heures. Guyot est le premier à ralentir mais il profite de son décalage le plus à l’est alors que le reste de la flotte poursuit son chemin à l’ouest. Il reste encore 3000 mn à parcourir. Rien n’est joué sur cette 2e étape.
Sortis du pot au noir dans la nuit de mardi, les cinq IMOCA en lice dans The Ocean Race engloutissent désormais les milles de la course vers le sud jusqu’au Cap. Défiant les idées reçues selon lesquelles “l’ouest est le meilleur” pour une traversée en plein marasme, GUYOT environnement – Team Europe conserve une mince avance construite sur une navigation de moins de milles depuis le départ via une position à l’est par rapport au reste de la flotte. Maintenant, c’est une course vers le sud. Tous les bateaux ont profité de vents du sud-est dans la plage de 12 à 18 nœuds. L’équipe Malizia, cinquième, avec la navigatrice Rosalin Kuiper, se dit heureuse d’être de retour dans les alizés, de naviguer vite et de chercher des occasions de reprendre contact. “Nous sommes toujours derrière les autres. Dans le marasme, le côté ouest n’était pas trop favorable. C’était donc difficile“, a déclaré Kuiper. “Mais pour le moment, nous avons 18 nœuds de vent et un angle de vent réel d’environ 085 degrés, donc ce sont de très bonnes conditions pour nous. Mais on se sent un peu limité par les alarmes des foils, donc on essaie de trouver le bon mode et de faire en sorte de ne pas abîmer les foils. C’est frustrant car on sait qu’il y a plus de potentiel et de vitesse dans le bateau. On continuera à pousser.“
Ce jeudi matin, les vitesses de Guyot sont passées à 12,5 nds et Holcim-PRB à 14,5 nds. Cette journée s’annonce intense pour les équipes.
Classements de la deuxième étape à 1200 UTC – 1er février 2023
1. GUYOT environnement – Team Europe, distance à l’arrivée, 3304,4 milles
2. Team Holcim-PRB, distance au leader, 67,5 milles
3. Biotherm, distance au leader, 98,6 milles
4. 11th Hour Racing Team, distance au leader, 114,2 milles
5. Team Malizia, distance au leader, 178,3 milles
America’s Cup. TNZ s’entraine avec ses deux bateaux
L’équipe Team New Zealand, défenseur de la Coupe de l’America, a lancé son programme d’essais à deux bateaux dans le port Waitemata d’Auckland.
Ce n’est que maintenant que l’équipe a pu naviguer avec ses deux AC40 après deux violents cyclones qui ont touché la ville cette semaine. À bord des AC40 lors d’une session de 3,5 heures se trouvait l’équipage de Peter Burling et Nathan Outteridge à la barre avec Blair Tuke et Andy Maloney sur l’AC40.1. Liv MacKay a échangé les fonctions de conduite bâbord avec Leonard Takahashi tandis que Josh Junior était à la barre tribord du deuxième AC40 avec Sam Meech et Marcus Hansen aux commandes.
Il n’a pas fallu longtemps pour que la compétitivité des marins se manifeste, s’engageant dans une action de match-race. Josh Junior a expliqué: «Nous étions rapidement dedans et nous avons pu rapidement nous confronter bord à bord.“
The Ocean Race. Le bon coup de Guyot !
Sortis du Pot au noir, les 5 Imoca engagés dans cette deuxième étape Cap-Vert – Le Cap plongent vers le sud. Guyot-Environnement avec Sébastien Simon à la stratégie a réalisé un joli coup et pointe en tête avec 60 mn d’avance sur Holcim, 2e.
A bord de l’ancien Hugo Boss l’ambiance est à la confiance, et l’équipe, skippée sur cette étape par le régatier olympique allemand Robert Stanjek, savoure sa position en tête du classement après presque six jours de mer depuis le départ de la seconde étape depuis le Cap-Vert. Plus tôt dans la journée, Guyot environnement-Team Europe, dont l’équipage comprend également le navigateur et tacticien français Sébastien Simon, la Française Anne-Claire Le Berre et l’Allemand Phillip Kasüske, a été le premier à franchir l’équateur alors que les bateaux reprenaient de la vitesse en touchant les premiers alizés du sud-est.
L’IMOCA noir possède une avance de 60 milles sur ses poursuivants qui ont choisi ou sont contraints d’aller vers la côte brésilienne pour aller aussi vite que Guyot. De manière significative, Guyot environnement-Team Europe a également parcouru le moins de milles pour atteindre l’hémisphère sud – un total de 1 269 milles, soit 6 milles de moins que Biotherm, 135 milles de moins que Team Holcim-PRB, 144 milles de moins que Mãlama, et 231 de moins que Team Malizia.
Dans un entretien avec la Classe IMOCA, Robert Stanjek, skipper du bateau sur cette deuxième étape, explique comment l’équipe s’est frayée un chemin après un départ en demi-teinte. En effet, l’équipage fermait la marche à l’ouest du peloton, tandis que les autres filaient plein sud depuis Mindelo.
“La première nuit, nous nous sommes retrouvés du mauvais côté du jeu, alors les autres bateaux plus à l’est ont pris de l’avance en touchant plus de pression”,déclare Robert. “Mais nous sommes restés patients. Nous avons continué à naviguer ; à aller de l’avant, puis nous avons pu sortir l’A2 sur quelques très beaux angles de vent arrière.”
Robert Stanjek affirme que Sébastien Simon a été excellent pour faire fonctionner le bateau dans des conditions de vent très variables, tant en angles qu’en pression. “Il a été très patient avec ces bascules très oscillantes“,explique-t-il. “Nous avons fait cinq ou six empannages et bien réussi à progresser pour recoller avec la flotte. Puis, sa décision a été de nous positionner un peu plus à l’est que les autres, et de rester à l’intérieur par rapport à la route directe.“
Au début, Sébastien craignait qu’ils aient fait un mauvais choix, car les bateaux à l’ouest, Biotherm en tête, menaient la danse dans les vents légers et variables du Pot-au-Noir. Et finalement, la position de Guyot environnement-Team Europe a porté ses fruits. Selon Robert, l’équipage a réussi à naviguer sur une route plus directe et efficace vers le sud.
“Je suis très fier de la façon dont toute l’équipe a travaillé de manière très précise en naviguant sur une trajectoire stable vers le sud”, déclare-t-il. “Si vous regardez la cartographie, les lignes des autres bateaux sont beaucoup plus nerveuses que les nôtres, avec quelques empannages et des angles d’adaptation. Nous avons vraiment essayé d’investir dans chaque mètre pour gagner vers le sud, et je pense que c’est probablement l’un des secrets de notre réussite actuelle.“
L’équipe de Guyot environnement-Team Europe apprend en permanence comment tirer le meilleur parti de son bateau, qui a sept ans de plus que les quatre autres IMOCA de cette course. Robert dit qu’il essaie de ne pas s’inquiéter du fait qu’ils pourraient avoir du mal à être compétitifs dans toutes les conditions face à leurs rivaux plus récents.
“Notre bateau est sept ans plus vieux et un peu plus lourd, donc nous naviguons simplement sur un bateau différent et nous devons en tirer le meilleur “, explique-t-il. “C’est aussi une étape complexe, avec d’importants ajustements pour trouver les bons réglages et prendre les bonnes décisions en matière de tactique et de routage. Vous savez, vous devez bien connaître ces bateaux pour performer, donc je ne veux pas trop me prendre la tête pour l’instant.“
Le marin berlinois raconte que sa famille lui manque mais il savoure chaque minute passée sur The Ocean Race et notamment de son premier passage de l’équateur. ”J’apprécie énormément cette course”, déclare-t-il. “Pour moi, c’est la première fois que je navigue dans l’hémisphère sud, que je traverse l’équateur, que je suis dans les alizés et le Pot-au-Noir, et tout cela est très excitant. J’apprends beaucoup, vraiment beaucoup. Je viens de la voile olympique, et je suis très enthousiaste de tout ça. En fait, je n’ai jamais autant aimé la voile qu’en ce moment.“
Nous avons demandé à Robert son regard sur Sébastien Simon et sur Benjamin Dutreux, qui dirige la campagne dans son ensemble. Benjamin Dutreux skippait l’équipe sur la première étape et sera de retour pour la troisième dans les mers du Sud. Il prend un peu de repos après une période d’enchaînement intense entre la Route du Rhum et The Ocean Race. Robert Stanjek affirme que ce sont deux personnalités contrastées, mais tout aussi efficaces à bord.
“Ils sont un peu différents, mais j’aime naviguer avec les deux“,explique-t-il. “Il faut un certain temps pour comprendre comment travailler ensemble, établir une communication efficace et il faut aussi un certain temps pour comprendre quand on peut demander certaines choses, quand ils sont probablement trop stressés et trouver la meilleure façon d’échanger. Sébastien est beaucoup plus rationnel – Ben est plus émotionnel, mais ils font tous les deux du bon travail et je suis très heureux de cette étape. Nous avons fait quelques erreurs, mais nous avons aussi pris beaucoup de très bonnes décisions.“
Benjamin Dutreux, à terre commentait la trajectoire de son équipe : “La difficulté dans le passage du Pot-au-Noir, c’est de trouver une porte qui te permette de passer sans être trop ralenti. Tu dois constamment jouer avec les nuages, les cartes satellites, les prédictions météo, etc. C’est compliqué d’anticiper ce qui s’y passe, les phénomènes sont très rapides. Les nuages y grandissent très vite et s’y épuisent tout aussi vite. Je pense qu’ils ont essayé de passer le plus à l’est possible pour raccourcir au maximum leur route, ils ont dû voir une ouverture sur les cartes satellites. Ils ont plutôt bien avancé ces dernières 24h, c’est encourageant, mais les conditions changent tellement vite qu’ils pourraient aussi se retrouver coincés ! Des fois, on a l’impression qu’on est à la sortie du Pot-au-Noir et d’un coup, il n’y a plus de vent et on est à l’arrêt. J’espère qu’ils vont retrouver des nuages qui ressemblent à des nuages d’alizés du sud et que ce sera bientôt fini. Pour l’instant, leur progression est plutôt bonne et il faut retenir que toute la route qu’ils n’ont pas faite vers l’ouest est un gain pour après. S’ils sortent du Pot-au-Noir sur une ligne d’égalité avec les autres, ils auront un meilleur angle pour descendre vers le sud. On suit ça de près !“
Robert Stanjek nous a rappelé qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre Cape Town, suffisamment pour que Biotherm, Holcim-PRB ou 11th Hour Racing Team se réaffirment en tête du classement, tandis que Team Malizia, poursuit ses efforts pour rattraper son retard.
Ed Gorman (traduit de l’Anglais)
La Solitaire du Figaro 2023 au départ de Caen !
La 54e édition de La Solitaire du Figaro sera donné le 27 août prochain de la Ville de Caen. La Ville de Caen, tournée depuis toujours vers la mer, renoue avec la course cette année et l’accueillera pour la quatrième fois de son histoire.
« Nous sommes très heureux chez OC Sport Pen Duick d’organiser avec la Ville de Caen le Grand Départ de La Solitaire du Figaro. Toujours, elle a su réserver un excellent accueil dans une ambiance à la fois sportive, festive et conviviale. D’un point de vue sportif, cette destination nous offre l’opportunité de proposer aux skippers un beau parcours et un challenge à l’image de l’excellence de cette institution de la course au large. Cela devrait permettre de pimenter les débats sur l’eau et d’ouvrir le jeu », se félicite de son côté Joseph Bizard, directeur général d’OC Sport Pen Duick. « Un Grand Départ qui marque aussi l’évolution du partenariat liant OC Sport Pen Duick et le Département de Loire-Atlantique, Partenaire Majeur de l’épreuve. A compter de 2023 et jusqu’en 2026, nous avons en effet décidé avec la Loire-Atlantique de concentrer nos efforts sur l’accueil au cœur du département du Grand Départ ou de l’arrivée. Une décision qui nous permet de diversifier les parcours de chaque édition, tout en pérennisant son ancrage au sein du territoire dans le temps. » , explique-t-il.
Ils ont dit :
Joël BRUNEAU, Maire de Caen :
« Accueillir la Solitaire du Figaro est une superbe opportunité. C’est l’occasion d’affirmer Caen comme une véritable ville de sport, capable d’accueillir les plus grandes et prestigieuses compétitions, et également de montrer le caractère maritime de Caen, avec son port en centre-ville. »
Aristide OLIVIER, Maire-adjoint en charge de la Jeunesse, des Sports , de la Vie étudiante et prévention de la délinquance :
« Depuis 2014, nous nous sommes engagés à accueillir chaque année à Caen une grande compétition sportive nationale ou internationale. Avec l’accueil de la Solitaire du Figaro, nous confirmons cette ambition et le lien qu’entretien Caen avec les sports nautiques. »
Thibault PETITHUGUENIN, Directeur du sponsoring Paprec :
« Nous sommes très heureux que la ville de Caen ait été retenue comme ville de départ. Cela fait sens pour nous car Paprec est un acteur industriel important du territoire normand et pleinement engagé pour réussir la transition écologique de ses territoires »
Route du Rhum. Les coulisses de l’équipe de François Gabart
François Gabart est arrivé 2e de la Route du Rhum à bord de son trimaran SVR-Lazartigue. Une très belle performance et le résultat d’un travail d’équipe qui a décidé de dévoiler les coulisses du défi et de l’aventure que c’est de faire la Route du Rhum. Superbe et passionnant. A voir absolument.
Golden Globe Race. Kirsten Neuschäfer, la seule femme de la course est en tête !

L’étonnante Kirsten Neuschäfer a pris la tête de la Golden Globe race après l’abandon du leader Simon Curwen qui a cassé son régulateur d’allure. Il ne reste plus que 4 bateaux en course.
Après avoir plongé trois fois la semaine dernière pour un total de 8 heures afin d’enlever les berniques de la coque de Minnehaha, Kirsten Neushafer (ZAF) a réalisé la meilleure performance de la semaine sur la distance en 24 heures avec 185,6 miles, mais aussi ce matin la meilleure distance hebdomadaire avec 1129,5 miles en 7 jours. Cela lui a permis de rattraper samedi Abhilash Tomy, qui se reposait, et de prendre la tête de la Golden Globe Race !
Incapable de réparer son système de régulateur d’allure Hydrovane endommagé en mer, le leader de la course Simon Curwen (GBR) est passé en classe Chichester, et se dirige vers le nord-est, en direction d’un port chilien pour effectuer les réparations. Avec 70% de la distance parcourue à son actif et un écart de mille milles avec ses plus proches rivaux, Simon Curwen (GBR) semblait intouchable la semaine dernière alors qu’il dévalait les 50° hurlants en route vers le Cap Horn, au point que ses poursuivants avaient abandonné tout espoir de le rattraper ! Hélas, la GGR est cruelle, et une pièce cruciale de son Hydrovane s’est brisée lorsque le bateau a été couché par une vague le vendredi 27 janvier dernier. Simon a essayé d’émuler son héros, Sir Robin Knox Johnston, qui a mené Suhaili sans régulateur durant la dernière partie du voyage de 1968 jusqu’à l’arrivée et à la victoire. L’équilibrage des voiles s’avère toutefois plus difficile sur son Biscay 36 gréé en côtre que sur le Suhaili gréé en ketch et Simon progresse lentement. Il s’expose ainsi à de nouvelles tempêtes dans les semaines à venir, alors qu’il tente de doubler le Cap Horn. Écoutez son rapport ICI.
” J’ai essayé toutes sortes d’options pendant des jours pour que ce bateau avance au portant et il ne veut pas. J’étais optimiste hier avec le vent de sud-ouest mais maintenant je n’arrive pas à le faire aller dans la bonne direction. Avec tous ces systèmes météo qui passent dans la zone et l’impossibilité de maintenir mon cap, je dois penser à la sécurité. En plus du risque pour moi et le bateau, il y a aussi un risque potentiel pour toute personne qui pourrait venir me sauver.“
Le PC Course lui a proposé une liste de ports sur la côte ouest du Chili, où le Britannique pourrait s’amarrer en toute sécurité, recevoir la pièce et la remplacer en un temps minimum. A l’approche d’une côte sous le vent, le contrôle de la course surveille sa progression et lui transmet des mises à jour régulières de la météo. Simon a reçu une dérogation spéciale pour utiliser son GPS de secours afin d’assurer une sécurité maximale dans les jours à venir. C’est une décision déchirante pour le charismatique marin qui a mené la flotte depuis le Cap Finisterre, mais une décision sage. Son partenaire Howden’s lui apporte tout son soutien dans cette épreuve difficile.
Nous sommes surtout soulagés que Simon soit sain et sauf après l’incident de vendredi dernier. Nous sommes en discussion avec l’équipe de Simon et les organisateurs de la course pour savoir comment fournir un soutien logistique utile pour aider aux réparations pendant qu’il se dirige vers un port Chilien. Simon a été remarquable jusqu’à présent dans la course et bien que la catégorie de compétition ait changé, son aventure continue, tout comme notre soutien.
Abhilash Tomy est un solide second, mais il doit maintenant s’occuper de lui et de son bateau.
Abhilash Tomy (IND) a été victime d’un grave accident pendant la GGR 2018. Son voilier Thuriya, une réplique ERIC 32 du Suhaili original, a été renversé et démâté dans l’océan Indien, ce qui a impliqué un sauvetage dans les règles de l’art impliquant les gouvernements indien et français. Abhilash s’est gravement endommagé le dos et, après une lourde opération chirurgicale, a mis des années à remarcher, à naviguer et finalement à piloter à nouveau des avions dans la marine indienne.
Abhilash est tombé sur le dos dans l’océan Indien, et a passé douze heures à la barre la semaine dernière lors d’un coup de vent, avant de subir peu après de fortes douleurs dorsales et à des engourdissements des membres. Il en a parlé à ses médecins en Inde qui lui ont donné des exercices pour retrouver le contrôle de sa jambe, ainsi qu’aux médecins officiels de la course MSOS pour le traitement de la douleur. Il lui a été conseillé de se reposer et de se soigner pendant quelques jours avant de s’occuper de la liste d’entretien et la réparation sur Bayanat et plonger vers le Cap Horn, notamment au niveau du gréement et du rail de grand-voile.
Il navigue désormais de manière à maintenir le bateau stable sous des voiles réduites, plutôt que de courir au portant. Cela rend sa route plus longue et plus lente que celle du Cape George 36 de Kirsten, qui a eu bien du mal à rattraper Bayanat dans le Pacifique Sud jusqu’à présent. Cela pourrait durer encore quelques jours. Abhilash est sain et sauf, n’a pas besoin d’assistance et maîtrise parfaitement la situation. Il sait qu’il doit se reposer maintenant, afin de maîtriser les douleurs. GGR suit la situation de près.
Le départ des Sables d’Olonne a été difficile pour le marin qui a souffert de stress post
traumatique pendant les 10 premiers jours de course, ne pouvant rien manger. Il s’est rétabli mais a de nouveau souffert lors du dépôt du film au Cap, déclarant que la GGR n’était “pas une course” mais un jeu de hasard et qu’il n’était pas en course. Il pensait avoir mis ses démons derrière lui lorsqu’il a dépassé la longitude de l’Océan Indien où il avait été secouru en 2018 et il était heureux lors du dépôt de film à Hobart d’être de retour dans le jeu! Maintenant, les souvenirs sont de retour et le hantent de manière plus physique que psychologique.
Le fort mental d’Abhilash a permis de surmonter ses traumatismes de 2018, mais son corps n’a pas encore totalement récupéré. Il a passé tous les contrôles médicaux requis pour participer à la GGR 2022. Crédit : GGR 2018 / Christophe Favreau
Capitaine GUGG sur Nuri Sardines, désormais 3ème de la flotte, est impressionnant de régularité et de préparation.
La révélation du Pacifique est sans aucun doute Michael Guggenberger (AUT) qui, depuis
l’Atlantique Sud, a trouvé le mode d’emploi de son Biscay 36 Nuri Sardines, gréé en ketch, égalant les vitesses de l’autre Biscay de la flotte, le Clara, gréé en côtre, de Simon Curwen. Bien qu’ayant toujours 1200 miles de retard sur les seconds, Nuri n’a pas perdu de terrain sur les marins les plus expérimentés de la flotte, ce qui est déjà un exploit!
Nuri Sardines ne scintille pas autant que la boule à facettes de Captain Gugg, mais brille sur l’eau! Crédit : Nora Havel / GGR2022
Ce n’est pas seulement le rythme de Nuri Sardines qui force le respect. Débutant dans la voile il y a 10 ans, Michael a égalé à la fois le rythme et le niveau de préparation de marins beaucoup plus expérimentés, son voilier n’ayant souffert aucune avarie importante après 18000 miles éreintants dans la GGR. Son seul problème sont ses réserves d’eau, qu’il conserve jusqu’au 19 mars à raison d’1,5 litre/jour.
Puffin arrive en 4ème position et à toute vitesse dans le Pacifique !
GGR2022 Ian Herbert Jones (52) / UK / Tradewind 35 – ” PUFFIN ” – 6ème voilier à la porte de Hobart, maintenant 4°. Picture Crédit : GGR2022/ DD&JJ
Le dernier navigateur de la classe Suhaili qui joue le jeu de l’usure avec succès est
bien Ian Herbert-Jones (GBR). Tant de fois depuis Les Sables d’Olonne, s’est-il remis en question et a-t-il sérieusement envisagé d’abandonner. Le bateau va bien, mais l’isolement et le manque de contact avec la famille et les amis sont difficiles ! L’arrivée en 5e position à Hobart a balayé tout ceci. Il appréhende le Cap Horn, mais il est prêt et se rapproche de la ligne!
Il a quitté Hobart un jour après Jeremy Bagshaw (ZAF), maintenant en classe Chichester pour s’être arrêté quelques jours nettoyer sa coque infestée de berniques. Tous deux ont fait la traversée de la mer de Tasmanie la plus rapide de la flotte, en seulement 8 jours, soit une semaine plus vite que les autres. Ils recevront du vent de nord soutenu cette semaine, qui les enverra rapidement au nord de la zone d’exclusion et dans le Pacifique Sud.
Guy Waites (GBR) a affronté du gros temps ces quatre derniers jours sous l’Australie, et ce n’est pas fini. Il a navigué en fuite à sec de toile, le plus souvent avec les traînards. Une autre grosse dépression est en route avec une mer de 11 mètres et des vents de 50 à 60 nœuds. Guy est fatigué, mais il se prépare. Il confirme que tout va bien à bord de Sagarmatha et qu’il a hâte de faire une pause. Il ne s’est pas présenté à temps à la porte de Hobart et sera retiré de la GGR dès qu’il aura passé la longitude de Hobart.
Jeremy Bagshaw (ZAF), maintenant en classe Chichester pour s’être arrêté quelques jours nettoyer sa coque infestée de berniques.3. Crédit : GGR2022 / DD&JJ
Le skipper Guy Waites à bord du Sagarmatha. Crédit : Nora Havel/GGR2022
The Ocean Race. Lenteurs à bord d’Holcim-PRB
Le temps s’écoule lentement, trop lentement pour l’équipage de l’IMOCA Holcim-PRB sur cette 2e étape. Kevin Escoffier, Sam Goodchild, Tom Laperche, Susann Beucke et Georgia Schofield (OBR) prennent leur mal en patience dans cette longue traversée du Pot-au-Noir…
« Ça aura été l’un des Pot-au-Noir les plus longs que j’ai connu. Ainsi que pour l’équipage même si pour certains, c’est le premier. Ça commence bien ! » commente un brin amusé Kevin Escoffier. En 24 heures, Holcim-PRB n’a parcouru que 74 milles (entre 8h hier matin et 8h ce lundi) soit une infime portion de route ! L’ambiance cette nuit au milieu de l’Atlantique était comme un tableau de Turner auquel on aurait enlevé la lumière. Le paysage était superbe même s’il est un peu angoissant quand on est en course. Pas un souffle, une mer d’huile, des couleurs noires intenses, quelques nuages au loin difficiles à repérer et une petite houle désagréable qui faisait battre les voiles… Il a fallu attendre les premières lueurs du soleil pour distinguer un peu plus les conditions proposées par ce Pot-au-Noir avec lequel les marins d’Holcim-PRB vont encore devoir négocier toute la journée et probablement une bonne partie de la nuit prochaine.
Dans cette zone où s’affrontent les masses d’air de l’hémisphère nord et celles de l’hémisphère sud, Kevin Escoffier et ses équipiers n’ont pas le choix… S’ils sont habituellement les maîtres de l’anticipation et de la planification, ils doivent ici laisser de côté leurs méthodes et oublier pour quelques heures les frissons de la navigation à haute vitesse. Essayer de se placer au mieux, exploiter la moindre risée, imaginer la sortie de cette zone particulièrement épaisse dans laquelle ils évoluent depuis déjà plus de 24 heures… Dans ce contexte, l’intuition prend parfois le pas sur le rationnel. Et Holcim-PRB s’en sort plutôt bien. Kevin Escoffier et son équipage sont 3e ce matin. Les écarts ont fondu et le bateau vert et bleu navigue à 24,1 milles (à 11h heure française) de Guyot Environnement, nouveau leader. Décalé dans l’Est, l’équipage franco-allemand progresse plus proche de la route directe. Mais l’enjeu est surtout d’être le plus sud de la flotte pour espérer redémarrer en premier. C’est le cas d’Holcim-PRB qui avance tout près de Biotherm même si les speedomètres des deux monocoques semblent comme déréglés… 2,4 nœuds de vitesse moyenne sur 24 heures pour Paul Meilhat, 2,9 nœuds pour Holcim-PRB. Des vitesses que l’on ne voudrait jamais relever à bord de ces monocoques de haute technologie. « Il faut être patient. Il faut faire progresser le bateau vers le sud. L’objectif est d’être le plus sud possible pour attraper le nouveau vent, les alizés de l’hémisphère sud. Aujourd’hui, j’espère que l’on sortira d’ici une vingtaine d’heures, entre 50 et 75 milles. Tout se passe bien à bord. Ça permet aussi de se reposer, de faire deux-trois petites bricoles, d’assécher le bateau, d’optimiser le matossage. Tous les poids sont sur l’avant, tout le monde dort sur l’avant. Ce sont des conditions que l’on n’aime pas trop. Ça fait souffrir les voiles qui flappent beaucoup mais c’est comme ça. Nous sommes au contact de 11th Hour Racing Team, avec Biotherm et aussi Guyot qui a pris une option très est. Et Team Malizia une option ouest car ils avaient un peu de retard donc il fallait qu’ils tentent quelque chose. Ça fait une course intéressante. » analyse le skipper du projet GO CIRCULAR.
L’ambiance à bord du monocoque suisse est appliquée pour ne rater aucune occasion de s’extirper de cette zone sans vent. La flotte est resserrée, le démarrage se fera probablement en groupe. Chaque mille pris sur l’adversaire est donc particulièrement précieux. Ce début de semaine s’annonce un peu contre-nature pour les marins qui recherchent constamment la vitesse. Mais ce n’est qu’une fois qu’ils toucheront les alizés de sud-est qu’ils renforceront le rythme pour un long bord dans un premier temps vers les côtes brésiliennes.













