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Une flotte compacte …

Alignés
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Cette nuit, la flotte a continué sa progression à 7-8 nœuds de moyenne, vent de travers, bâbord amure. Les 44 solitaires sont encore groupés (5,4 milles du premier au dernier) et naviguent au large de Groix, décalés au vent de la route directe. Quelques options se dessinent ou plutôt quelques choix de placement. L’écart entre le bateau le plus à la côte (Gildas Morvan, Cercle vert) et celui le plus au large (Christophe Lebas, Armor Lux) se monte à 12 milles, mais pour l’heure, ce ne sont pas les axes latéraux qui payent.
 
A 400 milles de l’arrivée, Armel Le Cléac’h (Brit Air) pointe en tête, talonné à son vent par le bizuth Erwan Israel, successeur de Jérémie Beyou sur Delta Dore. Thierry Chabagny, le skipper de Littoral, 2e du classement général, est toujours là aussi, en 3e position, à 0,4 mille de Le Cléac’h. La liste du top 5, complétée par Jeanne Grégoire (Banque Populaire) et Kito de Pavant (Groupe Bel) tient en… 900 mètres d’écart au but. Nicolas Troussel (Financo), le très solide leader du classement général est toujours dans le coup, à un mille de la tête de course.
 
Cette route sur un seul bord vers Ouessant, que les concurrents devraient atteindre samedi dans l’après midi, est animée par des passages de grains et un trafic maritime intense avec de nombreux bateaux de pêche qui circulent la zone. Vendredi en fin de journée, les solitaires ont même croisé le 60 pieds open de Marc Guillemot, ainsi que le trimaran Gitana XI, venus à leur rencontre.
 
Au petit matin, le vent a molli et la flotte est peut-être sur le point de vivre un des premiers moments clés de cette étape avec plusieurs bascules de vent prévues dans les heures qui viennent et qu’il faudra négocier. Pour l’instant, sous la nuit étoilée et dans un froid qui se fait plus mordant, les marins restent concentrés sur leurs réglages.

Messages de la nuit
Christian Gout, à bord du bateau Direction de Course à 4h52 ce matin :
« Ralentissement. Le vent a molli, autour de 8 noeuds. Direction : 240° environ. Mais ça bouge toujours avec 8/15 noeuds et plus dans les grains …Toujours bâbord amure au reaching à jongler entre écoute de génois et short sheet. La mer est plus plate. La flotte s’étire gentiment du nord au sud. Gildas (Morvan) toujours dans le nord, Christophe (Lebas) au sud a trouvé quelques copains pour l’accompagner. Un joli croissant de lune nous accompagne. C’est humide avec les grains et un peu frais, peut-être un avant goût d’Irlande. »
 
Jean Yves Chauve à bord du bateau médical :
« Nuit tranquille à bord de Médical. Le ciel s’est bien dégagé laissant apparaître des milliers d’étoiles. Comme chaque année la terre traverse le nuage des Ephéïdes, zone d’astéroïdes qui, en percutant l’atmosphère, provoquent ces magnifiques étoiles filantes qui, au-delà du spectacle, vont combler tous nos vœux. Il commence à faire froid et on imagine les coureurs emmitouflés dans leur cockpit et profitant de ces conditions stables pour emmagasiner du sommeil. Ils doivent toutefois rester vigilants car le trafic maritime est intense. Certains marins-pêcheurs ne semblent pas bien comprendre les conditions de navigation des skippers comme en témoignent les dialogues saisis à la VHF. Yann Elies a dû éviter de justesse un bateau avec apparemment personne à la passerelle. »

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Au coeur de l´anticyclone …

Mini Transat 1991 Départ Douarnenez
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D’accord, c’est toujours le même pack qui mène la danse mais le danger vient désormais de partout et les cartes vont être totalement redistribuées, et ce n’est pas fini ! Quand certains marchent à six nœuds sur la route directe comme David Sineau (Bretagne Lapins), d’autres doivent faire du Nord-Est pour progresser difficilement à cinq nœuds tel Ronan Deshayes (PCO Technologies), d’autres font du Nord à quatre nœuds comme Isabelle Magois (Voilerie Quantum), et certains naviguent au Nord Ouest à deux nœuds comme Dominique Barthel (Yamm) !
De fait, seuls les premiers arrivent encore à naviguer à peu près sur la route directe et ils sont une douzaine de prototypes et une dizaine de voiliers de série à pouvoir toujours grappiller des milles entre cinq et sept nœuds. Pour combien de temps encore ? Difficile à dire car les hautes pressions noient l’Atlantique des Açores à la Bretagne et il est même prévu que le centre de l’anticyclone soit à minuit, par 42° Nord et 20° Ouest, c’est-à-dire exactement là où seront les leaders cette nuit !
 
C’est simple : la flotte est actuellement dispersée de 200 milles en longitude et de 150 milles en latitude… Ce qui signifie que certains solitaires totalement décrochés, pourraient revenir du diable vauvert en quelques jours pendant que le groupe de tête restera bloqué dans un vent nul ou presque et venant de nulle part puis s’en allant aussi vite. Avec les faibles moyens météo disponibles à bord des Minis, les navigateurs vont s’arracher les cheveux à guetter les bouffées d’air le jour, et à scruter les ténèbres la nuit car la lune est désormais aux abonnés absents…
Reste qu’il faut avancer, de préférence du bon côté (mais lequel est-ce ?) et prendre son mal en patience. Car la situation ne va pas changer puisque l’anticyclone gonfle et se déplace en même temps que la flotte ! Et il faudrait attendre mercredi d’après les prévisions, pour voir apparaître une faible dépression par l’Ouest… La porte de sortie semble donc être de gagner le plus vite possible dans le Nord, quitte à rallonger la route, pour toucher en premier un flux modéré de Sud Ouest. A ce rythme, il est probable que les Minis vont se regrouper mais ils n’aborderont l’entrée du golfe de Gascogne que mercredi ou jeudi !
Mais pour l’instant, ceux qui ont choisi de rester caler sur la route directe ont pris le commandement : Peter Laureyssens (Ecover), Andraz Mihelin (Adria Mobil Too), David Sineau (Bretagne Lapins) mènent le bal chez les prototypes ; Thomas Bonnier (architecture élémentaire), Vincent Barnaud (STGS.fr), Bertrand Catelnérac (Alan France), Hervé Piveteau (Jules) et Thibault Reinhart (Les blouses roses-Colas) s’en sortent le mieux parmi les voiliers de série. Le week-end s’annonce donc peu véloce, sous une chape de plomb. Pas facile…

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Départ en peloton vers l’Irlande

passage bouée 3ème étape
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Ce matin au ponton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, les skippers sont arrivés au compte goutte, retardant au maximum l’heure de quitter le plancher des vaches. La deuxième étape a laissé des traces sur les visages, sur le moral de certains aussi, mais avec un peu de méthode Coué et la volonté affichée de tourner la page, les discours de nos marins se voulaient positifs. Sûr qu’ils auraient bien passé une nuit de plus à terre. Pourtant, il va falloir tenir bon pendant cette remontée de l’Atlantique qui promet d’être agitée.

Pellecuer en tête à la bouée Radio France

Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) est le premier à larguer les amarres et à emprunter le chenal de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, applaudi par un public nombreux posté aux abords du village de la course. Dehors, sous les rais de lumière, la mer est d’un vert émeraude, une houle d’un mètre secoue les bateaux qui s’élancent en ligne à 13h00, dans un vent de sud-ouest de 15 nœuds. Le ciel perturbé passe du bleu au gris avant de se charger de grains qui ne tardent pas à s’abattre sur la flotte… comme un avant goût d’Irlande.

Fred Duthil (Brossard), bien inspiré sur la ligne de départ, enroule en tête la bouée de dégagement, mais c’est Laurent Pellecuer (Cliptol Sport) qui prend l’avantage 12 milles et 1h30 plus tard à la marque Radio France, sous l’île d’Yeu. Le Méditerranéen, vainqueur l’année dernière en Irlande, se réjouissait de son entrée en matière : « C’est génial. C’est trop bien de passer cette bouée en tête, c’est de bon augure. Je me sens libre devant et j’ai choisi ma route.»

Derrière, au débridé, à 8 nœuds de moyenne, Jeanne Grégoire (Banque Populaire), Armel Le Cléac’h (Brit Air), Fred Duthil (Brossard), Gildas Morvan (Cercle Vert) et Marc Emig (A.ST Groupe) lui emboîtaient le pas.

Sur un bord jusqu’à Ouessant

Les marins vont profiter de ces premières heures de navigation. Le vent de sud-ouest (15 nœuds), travers aux bateaux, va leur permettre de tracer la route sur un seul bord (bâbord) jusqu’à Ouessant, à des vitesses plus qu’honorables. Ils y sont attendus dimanche. « Le bateau avance vite, les voiles sont ouvertes, c’est puissant. Ca nous permet de progresser sur la route », continuait Pellecuer. Gildas Morvan avait même tenté d’envoyer le spi, mais sans succès. Jeanne Grégoire, quant à elle, comptait profiter de ces conditions agréables pour aller dormir. Pourtant, il faut dès maintenant choisir son camp, au vent ou sous le vent de la flotte, pour anticiper le passage à la pointe de la Bretagne qui s’annonce délicat avec une zone de vent mou et perturbé. Entre ceux qui auront choisi de ‘pointer’ davantage et ceux qui se laisseront glisser en accélérant, le verdict sera donné dimanche.

Une course d’endurance

Ensuite, la remontée vers l’Angleterre pourrait se corser au passage d’un front. Les skippers se sont préparés à affronter ce long épisode de navigation au près, dans du vent plus fort et une mer difficile. « A priori, on risque d’avoir 300 milles de près et c’est à celui qui tiendra le plus longtemps à la barre » annonçait Oliver Krauss (AXA Plaisance) ce matin. Franck Le Gal (Lenze) : « ça va bouger, ça va taper et il y aura une sélection naturelle qui s’opèrera avec ceux qui vont baisser les bras ".

Les skippers les plus expérimentés et ceux qui auront réussi à bien gérer leur sommeil sortiront certainement gagnants de cette course d’endurance. 

Source: Solitaire Afflelou Le Figaro

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Tout droit vers Les sables

mini les sables
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Les leaders de la première étape jouent de nouveau les éclaireurs : huit prototypes sont roue dans roue et cinq voiliers de série se sont échappés. Le peloton est déjà à plus de quinze milles, voire à trente et plus. Karen Leibovici (Tam Tam) ferme la marche des prototypes à plus de 110 milles du leader slovène et les deux solitaires revenus à Horta pour réparer, Pierre Brasseur (Peintures Ripolin) et Hugo Ramon (Emotion), naviguent à plus de 130 milles du premier voilier de série, Thomas Bonnier (architecture élémentaire) ! Alors que la flotte a encore plus de 1000 milles à parcourir jusqu’aux Sables d’Olonne et que Horta n’est qu’à 200 milles derrière…

En tête, Andraz Mihelin (Adria Mobil Too) après être passé au Nord de l’île de Graciosa dans la nuit du départ, a choisi de laisser courir dans le vent de secteur Nord, huit à douze nœuds qui sévit actuellement sur la zone : il se retrouve donc le plus au Sud avec Peter Laureyssens (Ecover) et son compatriote Kristian Hajnsek (Adria Mobil) sur la même trajectoire dans son tableau arrière. Alors qu’à une vingtaine de milles dans son Nord, un groupe compact comprend Adrien Hardy (Brossard), Jérôme Koch (Meteor), Isabelle Joschke (Degrémont), Xavier Haize (Carben Composites) et François Salabert (Aréas Assurances). Un chassé-croisé en plein milieu de l’Atlantique. Tous suivent un cap compris entre 60° et 80°, ce qui devrait disperser ce groupe en latitude ces prochains jours. Les uns choisissent de faire route un peu en dessous pour privilégier la vitesse (6,5 nœuds au 75°), en espérant que la brise va encore tourner au secteur Nord Ouest : l’idée est alors de faire la « cuillère espagnole » par le Sud en se recalant au niveau du cap Finisterre. Les autres optent pour faire du cap (6 nœuds au 60°) afin de grappiller des milles dans le Nord pour terminer le parcours sans approcher les côtes ibères : une « louche bretonne » pour profiter de brises thermiques avant d’aborder la Vendée.

Cuisine météorologique

Car le vent s’est bien stabilisé en direction, même s’il a molli et qu’il tendra encore à diminuer à l’avenir : la dorsale anticyclonique s’installe doucement en recouvrant les solitaires. Les skippers anticipent donc sur ce qui va se passer en abordant le golfe de Gascogne : du vent mou, voire des calmes et une brise qui peut aussi bien rentrer de l’Ouest le long des côtes bretonnes, et de l’Est près des rivages ibères. Un régime minceur de toutes façons qu’il va falloir cuisiner… à la table à cartes en épluchant les bulletins météo !

Même motif, même punition pour les voiliers de série si ce n’est qu’ils ne sont que cinq à avoir fait le break : Thomas Bonnier construit méthodiquement son avance avec Vincent Barnaud (STGS.fr) dans ses basques ainsi qu’avec l’étonnant Bertrand Castelnérac (Alan France) qui fait marcher remarquablement son vieux Pogo 6.50, le jeune Thibault Reinhart (Les blouses roses-Colas) et l’animateur nordiste de la première étape, Hervé Piveteau (Jules). La différence en latitude est même supérieure à 80 milles entre le partisan du plus au Sud, Antoine Debled (ADD Modules) et les deux « Islandais » décalés dans l’extrême Nord, Gerard Marin (Escar l’escarla-CN Llanca) et Dominik Zurrer (Ubik 245).

Là encore, les écarts vont augmenter au fil des heures car ce groupe naviguent à plus de 5,5 nœuds de moyenne tandis que les retardataires peinent à 4 nœuds… Tout comme les prototypes où le différentiel entre ouvreurs et « fermeurs » de marche atteint plus d’un nœud ! Et la situation ne va qu’empirer puisque les calmes arrivent par derrière… A ce rythme, il faut compter neuf jours de mer au moins pour les premiers (soit une arrivée vers le 25-26 août) et deux à trois jours de plus pour les retardataires (soit vers le 28-29 août). Les organisateurs de la course Les Sables-Les Açores-Les Sables ont d’ailleurs décidé de reculer la remise des prix au 29 août au soir pour accueillir tous les concurrents.

Source: Les sables – Les açores – Les Sables

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Ca secoue encore chez les minis

andraz Mihelin
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Cette deuxième étape ressemble à s’y méprendre à la première ! Même si le rythme est moins soutenu qu’il y a deux semaines, les Minis ont été et étaient encore jeudi après-midi sérieusement secoué par une mer plutôt chaotique. En tête, les partisans du virement de bord précoce pour sortir des îles açoriennes, sont emmenés par Xavier Haize chez les prototypes et par Thomas Bonnier pour les voiliers de série.
 
Et du près ! Encore du près… Décidemment cette nouvelle épreuve du circuit Mini n’est pas de tout repos et cette deuxième étape, un retour entre Horta (Açores) et les Sables d’Olonne, a des allures de répétition. Dans le golfe de Gascogne, les Minis avaient tout de suite été pris dans une dépression jusqu’en Espagne. Cette fois, c’est une dépression qui les accompagne dans leur Sud et l’anticyclone des Açores qu’ils bordurent, génère des vents instables de secteur Nord à Nord-Est sur une mer très croisée. Car après le départ donné mercredi à 15h40 (heure française) dans une belle brise de Nord Est vingt nœuds, il a fallu monter dans le Nord pour sortir de l’archipel, parer Sao Jorge avant de retrouver le grand océan. Un méchant clapot, du courant de marée, des rafales brusques, des dévents soudains, des bascules de vent : la fin de journée et toute la nuit ont été plutôt fatigantes pour essayer de s’extraire le plus rapidement possible de ces reliefs volcaniques.
 
Le premier choix tactique était pris dès le soleil couchant mercredi quand il a fallu opter soit pour un virement afin de passer entre les îles de Sao Jorge et de Graciosa, soit pour un bord prolongé vers le Nord. Et dans cette deuxième stratégie, il y a encore eu différentes façons d’aborder cette bordure anticyclonique, certains virant en milieu de nuit, d’autres en milieu de journée ! Résultat : la flotte était dispersée sur plus de cinquante milles jeudi midi en latitude et les partisans du virement précoce pointaient en tête… Mais pas si longtemps que cela puisque le vent était très oscillant : des bascules de plus de 20°, une brise de huit nœuds à peine avec quelques bouffées imprévues sous les nuages, un ciel plombé, et surtout un clapot très désordonné qui oblige les skippers à barrer, à régler, à s’adapter en permanence et à trouver l’angle le plus favorable pour ne pas « planter des pieux », c’est-à-dire s’arrêter à chaque vague…
 
Deux options qui se ressoudent
 
Ainsi chez les prototypes, le groupe du Sud (Hardy, Joschke, Salabert, Laureyssens, Haize, Koch, Sineau) qui était passé avant la nuit entre les îles en virant entre Sao Jorge et Graciosa, cherche à se recaler vers le Nord Est pour croiser devant la route des partisans du bord prolongé… mais pas trop (Vidal, Mihelin, Hajnsek, Brennan, Kaczorowski). Car ceux qui ont attendus encore plus longtemps avant de virer de bord, cap à l’Est, n’ont pas tiré de bénéfice de cette option : Cusin, Vadeleau, Bonvin, Bloom, ne sont pas en situation favorable très au Nord !
Du côté des voiliers de série, même topo : les « Sudistes » (Bonnier, Reinhart, Barnaud, Castelnérac) ont pris le commandement, mais cherchent eux aussi à se recadrer devant les bateaux plus au Nord (Lobato, Marsset, Vidal…) alors que les extrêmes du Nord (Quélen, Bouw, Riou…) ont déjà plus de 25 milles de retard sur les leaders, sans parler des partisans du « Pôle » (Marin, Hupin, Girolet, Zurrer) qui concèdent plus de cinquante milles ! Après une journée de mer, ça fait très mal… Quant aux deux skippers revenus à Horta dans la nuit de mercredi à jeudi, ils ont pu réparer et repartir à 11h00 TU ce jeudi : Hugo Ramon a remplacé sa ferrure d’étai rompue et Pierre Brasseur a circoncis son court circuit de pilote automatique.
 
Le vent généré par l’anticyclone de Açores, qui se replace ces prochaines heures sur l’archipel, va bien tourner au Nord vendredi pour une douzaine de nœuds, et les hautes pressions vont engluer la flotte des retardataires ! Il ne faut pas traîner… au risque de rater le coche pour l’Espagne. De toutes manières, l’installation progressive d’une dorsale anticyclonique des Açores à la Vendée va forcément ralentir tous les Minis un moment ou un autre, avant les Sables d’Olonne. Pour l’instant, les solitaires avancent difficilement autour de six nœuds dans un vent variable en force et en direction et un clapot chaotique. De quoi soulever les cœurs, barbouiller les estomacs et fatiguer les corps. Il faut être attentif et il est probable que ceux qui passeront la nuit à la barre, à régler et à suivre les variations de la brise en observant le ciel et le baromètre, vont faire le break…

Source: Les Sables – Les açores – Les sables

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Départ aujourd’hui à 13h pour Dingle

pontons saint Gilles2
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La souris a accouché d’une montagne. La plus petite étape de cette 37e Solitaire, la plus courte, a vu se créer des écarts monstrueux. L’exploit insensé réussi par Nicolas Troussel (Financo) et Thierry Chabagny (Littoral), partis seuls dans l’ouest, laisse groggys 42 des 44 navigateurs. L’immense majorité de la flotte a la gueule de bois aujourd’hui, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Crucifiés chez les Gillocruciens. Jimmy Le Baut (Port Olona) a fermé la marche cette nuit hors temps, plus de vingt heures après Nicolas Troussel. Tous les grands favoris accusent des retards compris entre sept et onze heures. On fait grâce des minutes… Des exemples ? Pourtant signataire d’une belle 4e place à l’étape, Gérald Véniard (Scutum) est désormais également 4e du général, mais avec 6h33’ de retard. Gérald vient en outre d’écoper d’une pénalité de 24 minutes sur la première étape pour dépassement du poids à embarquer (lire par ailleurs). Mais il n’a pas perdu pour autant toutes ses illusions de voir briller ses couleurs orangées sur le sol irlandais. Il dit : « mon objectif est toujours de finir dans les 10 premiers au général et je vais me battre bec et ongles. »
 
Chez les grands favoris, on a déjà fait les comptes. Info ou intox, façon peut-être de mettre la pression sur les deux leaders, on leur accorde volontiers déjà les deux premières places à Concarneau. On répète à qui veut l’entendre que seule la troisième place d’Armel Le Cléac’h est éventuellement attaquable. On simplifie. C’est un peu tôt. En fouillant, on finit par dénicher des raisons d’espérer. Par trouver un Erwan Tabarly (Iceberg Finance, 7e au général à 7h32) qui tempère l’écrasement en se souvenant : « une fois, à l’arrivée à Dingle justement, j’étais juste derrière le trio de tête. Et puis le vent est tombé pile devant moi et ils m’ont mis six heures dans la vue. Six heures ! Alors même si Nico et Thierry ont une énorme avance, tout est encore du domaine du possible. » On l’a déjà écrit ici : impossible n’est pas figariste. Et si un coup tel a statistiquement peu de chances de se reproduire, son impossibilité totale n’est inscrite nulle part.
 
479 milles vers la verte Erin
 
Armel Le Cléac’h (Brit Air, 3e à 5h29) sait mieux que quiconque, qu’il ne faut jurer de rien, lui qui a déjà gagné La Solitaire pour 13 secondes. « En distance, on n’est pas encore à la moitié de l’épreuve. Il peut se passer beaucoup de choses dès cette étape, notamment après la pointe Bretagne où on va tirer des bords dans de la mer et du vent fort, sans doute 30 nœuds dans l’axe ».
Car voilà. Fourbus ou pas, revigorés ou pas par deux petites nuits de sommeil et des passages chez les kinés de la course où l’on sait que certains sont déjà allés taquiner la limite (avalanche d’hallucinations de fatigue : certains ont vu des pelleteuses en pleine mer, d’autres ont perdu 5 kg depuis le départ), ils repartent demain.
La direction et le comité de course leur ont toutefois accordé deux « faveurs », prévues par le règlement : le départ sera donné à 13h au lieu de 11h et surtout, on fera route directe vers l’Irlande, sans descendre au préalable virer la bouée du pertuis d’Antioche. « Nous les faisons partir directement vers une porte sous l’île d’Yeu, puis ils doivent laisser Ouessant et le Fastnet sur leur tribord » résume Christian Gout, directeur de course.
Raboté de 70 milles, le parcours se trouve « réduit » à 479 milles. Près de deux fois l’étape qui vient de faire tant de dégâts. C’est toujours à un Tourmalet de la voile que vont être confrontés les 44 solitaires… Et comme souvent quand on parle d’accéder à la verte Erin depuis le bas des cartes, on s’attend à ce que ce ne soit pas un concours de poésie. Le fighting spirit (l’esprit de combat, ndr) cher aux rugbymen du trèfle va s’appliquer aussi aux marins : il va falloir ferrailler ferme pour espérer, qui gagner l’étape, qui revenir au général, qui jouer le classement Bénéteau des bizuths où Christopher Pratt (Espoir Crédit Agricole) met jusqu’ici tout le monde d’accord.
Pour l’instant, on voit la flotte arriver à Ouessant 24 heures après le départ, doubler les Scilly un jour plus tard et toucher Dingle dans la nuit de lundi à mardi. Mais la dernière étape a prouvé que la météo n’était pas près d’émarger au rayon des sciences exactes. Enfin, on rappelle avec Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) et Thierry Chabagny qu’il ne faut jamais perdre de vue que « la voile est d’abord et avant tout un jeu ». Et dans la plupart des jeux on peut tout perdre à tout moment. Ou tout gagner.
 
L’écho du Large:
 
Nicolas Troussel, (Financo, leader) : « Le temps de récupération est extrêmement court, même pas eu le temps de fêter la victoire et on repart. Franchement, j’aurais bien pris un jour de repos supplémentaire…Et encore pour moi ça va, mais j’ai une pensée pour ceux qui sont arrivés dans la nuit, ceux qui n’ont pas assez de budget pour avoir un préparateur. J’ai été dans ce cas là souvent et je sais que ce n’est pas évident. Je vais me plonger dans la météo dès ce midi et me reposer encore pour être d’attaque demain. »
 
Thierry Chabagny (Littoral, 2e à 1h31’) : « Nico et moi avons fait un bon coup, mais en ce qui me concerne je n’ai pas encore épanché ma soif de victoire d’étape. Alors bien sûr que je vais attaquer et tenter de gagner ! »
 
Armel Le Cléac’h (Brit Air, 3e à 5h29’) : « L’écart créé par Nico et Thierry n’est pas un drame. C’est la place qui compte et pour l’instant troisième c’est déjà très bien. Je suis sur le podium, avec du monde qui pousse derrière. Je vais continuer à faire ma course sans penser aux deux premiers, pour l’instant je suis dans le bon tempo. »

Le Prix Argos pour Christophe Lebas (Armor Lux)
Christophe Lebas (Armor Lux) a remporté le Prix Argos de la deuxième étape qui récompense le skipper ayant réalisé la meilleure progression entre la bouée Radio France (dernière marque du parcours côtier de Santander) et l’arrivée. Parti en 35e position, Christophe Lebas a gagné 22 places tout au long du parcours vers Saint-Gilles-Croix-de-Vie où il est arrivé 13e.
 
Record Hublot et Grand Prix Suzuki pour Nicolas Troussel (Financo)
Vainqueur à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, le skipper de Financo cumule les récompenses. Il a réalisé la plus grande distance parcourue sur 24h00 entre le 15 et le 16 août : 153 milles, à 6,4 nœuds de moyenne. Il remporte donc le prix Hublot, décerné par le chronométreur officiel de la Solitaire Afflelou le Figaro. En tête à la marque des Birvideaux, il s’adjuge également le Grand Prix Suzuki.
 
Bouleversement chez les bizuths
Cette deuxième étape a provoqué du remue-ménage dans le classement Bénéteau des bizuths. En tête, Christopher Pratt (Espoir Crédit Agricole) a pris la place de Gildas Mahé (Le Comptoir immobilier) et dispose désormais d’une confortable avance d’une heure sur ce dernier. Erwan Israel (Delta Dore), régulier, complète le podium. Ce trio se tient en 1h37 et laisse sur le carreau la plupart de ses poursuivants qui ont accusé, comme l’ensemble de la flotte, des écarts importants à l’arrivée. Les grands gagnants du parcours Santander/ Saint-Gilles-Croix-de-Vie sont Robert Nagy (Théolia) et Jean Pierre Dick (Virbac-Paprec) qui ont respectivement gagné 5 et 6 places au classement général. A l’inverse, Corentin Douguet (E.Leclerc Bouygues Telecom) a beaucoup perdu sur ces 314 milles de course. Il est passé de la deuxième à la septième position et cumule désormais 5 heures de retard sur Christopher.

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La deuxième étape pour Nicolas Troussel,

Nicolas Troussel
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Il fait encore nuit. Le ponton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie a bien du mal à contenir la famille, les amis de Plougasnou, les journalistes. Nicolas Troussel arrive. Incroyablement calme. Il sourit et murmure juste son mot fétiche de Finistérien pur jus, ce mot qui est sa signature dans le monde de la course au large : « Pecab’ ! ». Et oui, pour être impeccable, c’est impeccable. Le skipper de Financo vient de frapper un coup énorme dans l’histoire de La Solitaire. Ce n’est plus un wagon comme ils disent, c’est un train d’avance. L’étape. Le général. Et la perspective d’être trois amis sur ces deux même podiums, avec Thierry Chabagny et Armel Le Cléac’h. Un rêve éveillé.

Heureux, Nicolas Troussel ?

Pecab’ ! C’est génial, une grande émotion. Je me sens très, très content pour mon partenaire Financo et pour tous ceux qui ont cru en moi, avec qui je travaille tout l’hiver. C’est à eux que je dédie cette victoire. Gagner une étape de La Solitaire, c’est un rêve qui se réalise. C’est le travail qui paie, aussi, car comme on dit au centre de Port-la-Forêt pour gagner il faut manger Figaro, penser Figaro, vivre Figaro, ce qui n’est possible qu’avec une approche professionnelle et donc un partenaire financier solide. En tous cas, je me suis fait plaisir. C’est bon de passer les bouées avant tout le monde et d’arriver en sachant que les autres sont encore en mer pour un petit moment. C’était tout de même un peu long sur la fin, avec le vent qui mollissait.

Cette grande option à l’ouest, c’était prémédité ?

Un peu. J’avais bien regardé la météo à terre et je voulais tenter d’être plus à l’ouest que les autres. Mais je n’avais pas les classements le premier jour, je ne savais pas où ils étaient et j’ai fait ma route tout seul. J’ai croisé Thierry (Chabagny, NDR) la première nuit et après on s’est quitté. Je suis content pour lui aussi. Je m’étonne que tous les autres aient choisi l’est, qu’on n’ait pas été plus nombreux à tenter ce coup-là. Pour moi c’était un risque mesuré, même si les routages au départ disaient d’aller dans l’est mais je n’y croyais pas. Je voyais que ça pouvait passer dans l’ouest et c’est ce qui s’est passé. En même temps, l’avantage d’être seul c’est que tu n’as pas à contrôler les autres. Je faisais ce que je voulais.

On ne doute pas tout de même dans ces cas-là, seul contre tous ou presque?

Bien sur que si ! Tu doutes toujours, en voile. Car si tu te plantes dans ton option, c’est sûr que tu te retrouves loin derrière. Le fait que Thierry Chabagny y soit allé aussi me rassurait un peu, et puis je n’arrivais pas à avoir de vacations, je ne savais pas trop où étaient les autres. Je n’ai pas calculé les autres, j’ai fait ma route seul. Le vent n’était pas stable et il suffisait d’une petite bascule pour tout remettre en cause. Mais je suis parvenu à aller vite et à tirer les bons bords, à ne rien lâcher, tout le temps à fond. J’ai réussi à bien dormir la deuxième nuit, mais je suis fatigué quand même. Il faut que j’aille me coucher !

Tu as creusé des écarts considérables au général.

Thierry Chabagny n’est pas très loin, et je n’ai pas trop calculé pour les autres, je verrai ça demain, il fera jour. On me dit que je vais avoir beaucoup d’avance sur le troisième. C’est sûr que je vais être plus motivé et plus concentré que jamais pour tenter de garder cette avance. On va déjà profiter de la joie d’avoir remporté cette étape et après on verra. Mais vous savez, on vient tous pour gagner et la course n’est pas finie. Il y a déjà eu deux étapes avec des écarts. C’est à Concarneau qu’on fera les comptes. Je veux rester lucide.

As-tu conscience d’avoir réalisé une performance qui fera date?

Je ne réalise pas trop encore, les autres n’ont pas encore passé la ligne. Mais ça me fait penser à Philippe Vicariot en 1995 (lequel avait pris une avance d’une heure avant d’être battu sur le fil par un certain Philippe Poupon). On est à la moitié de la course, on a de l’avance, c’est vrai. mais je le répète, ce n’est pas fini.

Le podium d’étape et le général provisoire ce sera probablement Troussel, Chabagny et Le Cléac’h, trois copains à terre et en mer.ça fait quoi ?

Ah la la. (il soupire en souriant, les yeux dans le vague), alors là. alors là. ça tu vois, ça, ça c’est pecab’ de chez pecab’ ! On est vraiment super potes et si ça pouvait être le même podium à Concarneau. alors là. là il y aurait une fiesta énorme !

Recueilli par Bruno Ménard

Source: Solitaire Afflelou Le Figaro

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Du jamais vu sur la Solitaire

brit air 2006
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De mémoire de figariste, on n’a jamais vu ça. Certes en 1979, à l’époque révolue des half-tonners, et dans une flotte décimée par la tempête, Patrick Eliès s’était imposé avec un total de 14 heures d’avance. Mais à l’ère de la monotypie et de la régate océanique, celle où la flotte avance compacte, en privilégiant souvent la tactique à la stratégie, les écarts sont d’ordinaire infimes. La Solitaire 2006 fera certainement exception. Un cru qui sera marqué par l’option occidentale de Troussel et Chabagny, une option ambitieuse et dévastatrice pour le reste de la flotte. Ces deux concurrents qui partagent une amitié à terre, ont partagé les mêmes points de vue en mer et ont eu raison du reste du monde. Peu inspirés par les prévisions météorologiques avant le départ de Santander, ils ont tenté le tout pour le tout, n’hésitant pas à partir en travers de la route pour se positionner 60 milles dans l’ouest de leurs adversaires. Leur coup de poker s’est transformé en coup de maître. Ce soir, ils sont respectivement premier et deuxième du classement général provisoire après deux étapes.
 
Les options extrêmes existent mais ne payent pas toujours
« Ce qui est le plus frappant, c’est que ça a payé énormément. C’est presque miraculeux » explique Christian Le Pape, responsable du Pôle Finistère Course au Large – où s’entraînent les deux leaders-, et témoin de La Solitaire depuis plus de 15 ans. « Car il y a toujours eu des stratégies extrêmes. En 1995, Philippe Vicariot avait créé la surprise sur la première étape avec une grosse avance sur ses poursuivants. Des coureurs comme Marc Thiercelin ou Christophe Lebas ont souvent été des partisans d’options radicales. Mais ça paye rarement, donc on en parle peu. »
 
Troussel, Chabagny et Le Cléac’h à l’abri
Le podium de Saint-Gilles-Croix-de-Vie sera t-il celui de Concarneau dans moins de 15 jours ? Les espoirs des concurrents de pouvoir renverser la vapeur sont maigres, même si tout n’est pas fini. Armel le Cléac’h, lui, n’est pas le plus mal loti : « Leur avance est considérable, irrattrapable même, mais pour l’instant, je suis sur le podium et il reste encore deux longues étapes ».
 
Derrière lui, les arrivées se sont succédées, preuve que dans l’est, la bagarre a été intense. Au près, dans la brise et une mer hachée, les poursuivants ont eu droit à un finish difficile.
Gérald Veniard (Scutum) termine 4e, suivi d’Erwan Tabarly (Iceberg Finance) et de Yann Eliès (Groupe Generali assurances), trois coureurs qui réussissent ainsi deux étapes très solides. Conscient que la victoire leur a probablement échappé, leur discours s’accordent sur une chose : ils n’ont aucun regret. « Je suis en accord avec moi-même. Les infos météo que j’ai eu à disposition étaient floues. Quand c’est comme ça, je reste avec la flotte et j’essaye de lui régler son compte» déclarait Yann Eliès à l’arrivée. Septième, Eric Drouglazet (PIXmania.com) lui fait écho : « Il y a toujours des attaquants qui sont prêts à tout jouer. Je n’aurais pas fait ce qu’ils ont fait. Je pense avoir navigué intelligemment par rapport aux modèles météo américains, anglais et allemands que j’avais. »
 
Viser une victoire d’étape
Dès lors, les enjeux se déplacent vers d’autres objectifs : gagner une étape et pourquoi pas tenter de ravir la troisième place du général à son actuel occupant, Armel Le Cléac’h. Le départ de la troisième manche vers Dingle (Irlande) longue de 545 milles sera donné vendredi à 11 heures. D’ici là, les 44 figaristes, déjà bien fatigués, n’auront eu que très peu de temps pour récupérer. Cette variable pourrait être déterminante dans le déroulement de ce troisième acte.

Echos des pontons

Nicolas Troussel (Financo), vainqueur de l’étape et 1er au général provisoire
« C’est une grande émotion. Je suis très content pour mon partenaire Financo et pour tous ceux qui ont cru en moi, avec qui je travaille tout l’hiver. Gagner une étape de La Solitaire, c’est un rêve qui se réalise. J’avais bien regardé la météo à terre et je voulais tenter d’être plus à l’ouest que les autres. Mais je n’avais pas les classements le premier jour et j’ai fait ma route tout seul. J’ai croisé Thierry Chabagny la première nuit et je suis content pour lui aussi. Je m’étonne que tous les autres aient choisi l’est, qu’on n’ait pas été plus nombreux à tenter ce coup-là. Maintenant on me dit que j’ai de l’avance au général. On va essayer de la gérer mais la course n’est pas finie. Ceci dit un podium d’étape et du général avec mes deux copains Thierry et Armel, c’est ‘pecab !’’»
 
Thierry Chabagny (Littoral), 2e de l’étape et 2e du classement général provisoire :
« Je suis allé chercher cette place à la force du poignet. Avec Nicolas, on n’a pas eu froid aux yeux. J’avais ce coup dans un coin de ma tête avant le départ. Au bout d’une heure de course, je savais que Nico et moi on allait chercher quelque chose dans l’ouest, où les autres n’iraient pas. On y a trouvé de l’or, ça a marché. Cette décision, il fallait la prendre dès le premier jour de course. Mais j’avoue que le lundi soir, j’ai eu très peur. On n’entendait pas les autres à la VHF, je n’avais ni météo, ni classement. C’était quitte ou double. Mais bon, quand il y a du risque, il y a aussi du plaisir »
 
Armel Le Cléac’h (Brit Air), 3e de l’étape et 3e du classement général provisoire :
 « C’est l’étape qui tue !  La plus courte et celle qui fait le plus mal au classement général. Ce n’était pas simple du tout. La fin était longue car le vent est monté fort dans le nez et on s’est retrouvé à tirer des bords dans une mer courte (…)  Je suis super content pour Nico et Thierry, on a souvent navigué ensemble sur les mêmes bateaux, mais là, ils ont été opportunistes et ça a payé. On rêve tous de ce schéma idéal de gagner avec 6 ou 7 heures d’avance sur le peloton,  eux l’ont fait. Il reste deux étapes, leur avance est considérable, voire irrattrapable, mais pour l’instant je suis sur le podium et la route est encore longue, il peut se passer beaucoup de choses. Une chose à prendre en compte, c’est qu’il y a très peu de temps de repos ici.»
 
Gérald Veniard (Scutum), 4e de l’étape, perd son leadership au général provisoire : « Je me doutais un peu que je n’allais pas rester en tête du classement général jusqu’à la fin. J’ai un objectif, finir dans les 10 premiers. Sur cette étape, je n’ai pas de regret parce que je n’avais aucune info me permettant de croire que leur option était la bonne. C’était osé, je ne l’aurais pas fait. En tant que leader, je me suis interdit toute prise de risque. Mais je suis très admiratif de ce qu’ont fait Nico et Thierry. Depuis le temps, ils méritaient d’y arriver. »
 
Christopher Pratt (Esprit Crédit Agricole), 12e de l’étape et 1er bizuth : « J’ignorais qu’on pouvait repousser les limites du sommeil aussi loin. Au départ, je suis bien resté dans le paquet de tête, simplement il n’y avait pas de vent dans l’est. Je suis vraiment content pour Nico (Troussel) avec qui je naviguais sur le Tour de Bretagne. De belles histoires comme celles qu’il vit en ce moment n’arrivent pas si souvent. J’ai revu à la baisse mes ambitions au général après la 1ere étape. Maintenant je vise le classement des bizuths et je suis vraiment content d’être le premier des débutants dans la course aujourd’hui. On a eu des moments magnifiques sur cette étape, avec des couchers de soleil et une mer plate incroyable, mais par moments c’était vraiment dur… Je suis complètement cassé et j’ai du mal à tenir debout. Les seules choses que je veux faire maintenant, c’est voir ma chérie, dévorer un bon steak-frites et aller dormir ! »

Source: La Solitaire Afflelou Le Figaro

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Les Danois leaders du championnat d’Europe

Lac de Come
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Les conditions météorologiques orageuses qui ont présidé tout au long des trois jours de compétition de cette étape italienne, courue dans la partie nord du lac de Côme, n’ont permis de courir que quatre manches. Entre la forte brise du vendredi qui a couché un a un les 13 bateaux engagés et l’absence du moindre souffle pour la clôture dominicale, les coureurs n’ont eu que la journée de samedi pour se confronter dans un vent soutenu en début d’après-midi puis rapidement mollissant.

A la véritable loterie que représentait le choix du bon gréement, les partisans de la surface maximum ont finalement été les plus inspirés. A bord de GP Covers, emmené par un solide équipage de brise, la chance n’était pourtant pas la seule invitée. Un sens tactique aigu et une excellente habilité à enchaîner les manœuvres ont permis aux Danois, comme souvent, de faire la différence. Sous des dehors de pères tranquilles, Flemming Clausen, Thomas Eblev et Martin Friedrichsen (qui navigue également à bord de Ler Ole, autre équipage danois vainqueur du récent Grand Prix d’Allemagne) démontrent une étonnante efficacité dès qu’ils s’agit de faire glisser leur fabuleuse monture.

Lorsque l’on connaît le degré d’exigence qu’impose cet engin extrême qu’est le 18 pieds australien, on ne peut que saluer la performance de ces trois hommes mais plus largement de tous les régatiers venus d’horizons divers, souvent prestigieux. Cet heureux mélange qui combine sport, spectacle, innovation et convivialité donne au circuit européen toute sa couleur et son originalité. Rendez-vous donc à Carnac les 15, 16 et 17 septembre prochains, pour voir d’un peu plus près le roi des skiffs débouler au portant. L’étape française avait ouvert les hostilités de très belle façon en 2005. En clôturant le circuit cette année, elle promet un incroyable final…à ne pas manquer !

Classement final du Grand Prix d’Italie :
1 – GP Covers : 3 pts
2 – Elcotec : 7 pts
3 – Wet Protect : 8 pts
4 – Flawless : 8 pts
5 – Whitestuff : 12 pts
6 – 4US : 13 pts
7 – Magic Marine : 18 pts
8 – Uti : 22 pts
9 – Geneva 18 Foot Sailing Team : 25 pts
10 – Blue Star : 27 pts
11 – Velamareskiff Team : 32 pts
12 – Ernst & Young : 39 pts
13 – RSG-SBM : 42 pts

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Record du Tour des Iles Britanniques pour Thomas Coville

Thomas Coville - Sodebo
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« Je ressens d’abord une délivrance. Cette dernière nuit était stressante. Le bateau filait à 25 nœuds à travers le champs des plateformes pétrolières de la Mer du Nord. »

« Je garderais longtemps en mémoire les images du Nord de l’Ecosse. Une contrée splendide, isolée, une nature pure, où j’ai ressenti le large et la solitude comme je ne l’avais pas vécu depuis le Trophée Jules Verne et le Vendée Globe. Avec la tension supplémentaire d’être en multicoque. »

« Ce record ressemble à l’ascension d’un sommet. Avec une montée longue et difficile, au près face au vent jusqu’aux Shetland puis cette descente, comme en ski, où l’on retrouve le plaisir de la glisse mais aussi comme en cordée avec le risque de la chute. Quand Sodeb’O a tapé contre cet objet, j’ai pensé que tout s’arrêtait mais le bateau était « safe » et nous avons terminé. »

 « J’ai dormi 15 heures en 6 jours. J’ai beaucoup parlé seul et j’ai eu des hallucinations. »

 « Cette mise à l’épreuve fait partie de la préparation de la Route du Rhum. Faire des gammes encore et encore pour ne plus être impressionné par la vitesse, gérer les situations imprévues et savoir jusqu’où peut aller le bateau. »

 « J’ai beaucoup pensé au nouveau Sodeb’O en construction actuellement en Australie et à mon futur tour du monde en solitaire qui ressemblera sûrement à cette navigation autour des Iles Britanniques. Ce record était aussi dans cette perspective. »

LE FILM du record 
Lundi 7 août :  Départ reporté de 24 heures en raison d’une dépression se creusant dans le Nord des Îles Shetlands, risquant de provoquer des vents de 30 à 35 noeuds. À trois mois du départ de la Route du Rhum, Thomas ne souhaite par prendre trop de risques pour son bateau.

Mardi 8 août :  Sodeb’O quitte Cherbourg à 8h00 et coupe la ligne de départ sous l’Ile de Wight à 14h51’13’’. Navigation au près pour le départ en Manche et la première partie du parcours.

Mercredi 9 août :  Fidèle à sa réputation, la Mer d’Irlande rend les conditions de navigation éprouvantes pour le bateau et son skipper, avec une houle courte et des creux de 2,50 mètres. Toujours au près, Thomas tire des bords jusqu’à la pointe Sud-Ouest de l‘Irlande qu’il atteint à minuit.

Jeudi 10 août :  Virement de bord. Le trimaran progresse plein Nord, route directe vers St-Kilda. Vent de 20-25 nœuds, creux de 3 mètres, l’eau et l’air sont à 15 degrés.

Vendredi 11 août :  Le trimaran reste bloqué plus de 10 heures dans une zone sans vent à partir de minuit. Il passe St-Kilda vers midi, cap vers les Shetland.

Samedi 12 août :  Thomas a retrouvé du vent (27 nœuds) et passe au Nord des Iles Shetland à 17h40. Sur une mer plate, il entame la descente vers le Pas de Calais, en zizaguant entre les plates-formes pétrolières.

Dimanche 13 août :  Dans la nuit noire, le trimaran heurte un OFNI à 4h40 du matin. Les « crash box » de l’étrave de la coque centrale et du flotteur tribord sont endommagées mais cela n’empêche pas Sodeb’O de poursuivre sa route. Il accélère à 25 nœuds au large de l’Écosse.

Lundi 14 août :  Le trimaran avance entre 10 et 20 nœuds, atteignant une pointe à 23 nœuds. Il sort du Pas de Calais vers 13h et coupe la ligne d’arrivée à 21h31’44’’. Record battu !

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