100 milles effectués depuis de départ. 100 milles qu´il a fallu conquérir de haute lutte tellement le vent a été variable en force et en direction toute la nuit. « Toute la garde robe y est passée, raconte le skipper de Temenos. Spi, gennaker, génois, on a même eu un moment un vent au sud-est, ce qui n´était pas du tout prévu ». Joint également lors de cette première vacation, Jérémie Beyou faisait grise mine. Il y avait de quoi puisque son Delta Dore, tout comme le Generali de Yann Eliès, avait concédé 21 milles au leader. « On a vécu une sale nuit. Visiblement on a eu des trous d´air que les autres n´ont pas eu… »
. Ces deux bateaux ont emprunté une route légèrement plus sud, donc plus au large des côtes anglaises, que leurs adversaires. En parfaite position de contrôle, avec des concurrents de part et d´autre mais derrière, PRB ouvre la route. « On vient de toucher du vent de nord-ouest, 15 à 16 nœuds, annonce Vincent Riou. La première bulle est passée, on devrait être ralenti à nouveau dans l´après-midi lorsqu´il faudra traverser un front qui se désagrége. Tout va bien à bord ». Le rythme des quarts a été pris et Vincent laissait entendre que c´était le pilote automatique qui était en train de barrer par cette heure matinale… En 5ème position, Roxy a suivi la même trajectoire qu´Artémis Océan Racing, soit une route plus proche des côtes. « Je vois presque la maison, rigole Samantha Davies qui habite sur l´île de Wight. Cela a été du sport, mais je suis très contente de notre nuit. Là, il y a deux filles qui dorment et Mirranda qui est toujours à sa table à carte, même si le brouillard s´est levé ». Mirranda Merron, à l´instar des autres navigateurs, a passé la nuit collé à son écran de radar.
Heureusement, grâce au progrès du matériel de détection, naviguer dans le brouillard, même en pleine Manche, est beaucoup moins stressant et dangereux qu´auparavant.
Une première nuit studieuse …
Groupama à mi-parcours
Bien que cette nuit les moyennes du bateau aient sensiblement chuté, la cadence reste soutenue et les quarts se relayent sans relâche sur le pont de Groupama 3 pour tirer le meilleur du plan Van Peteghem – Lauriot Prévost. A des vitesses oscillant en permanence entre 25 et 30 noeuds, l’équipage imprime le rythme et ne cesse d’accroître l’avance sur le record de PlayStation. Au dernier classement, Franck et ses neuf équipiers possédaient plus de 100 milles de crédit sur Fossett. Avec 480 milles restant à parcourir, Groupama 3 pourrait atteindre New York la nuit prochaine, bien entendu si les conditions actuellement rencontrées sur l’eau se maintiennent …
Arrivée prévue la nuit prochaine à New-York
A ce rythme là, ils devraient atteindre le Phare d’Ambrose à la sortie de la baie de New York, où sera jugée l’arrivée de ce record, la nuit prochaine (heure française). Ils amélioreraient ainsi considérablement le temps établi par Steve Fossett en 2001, qui rappelons-le est de 2 jours 5 heures 54 minutes et 42 secondes.
30,5 noeuds de vitesse moyenne sur les quatre dernières heures !
Depuis son départ de Miami, le maxi trimaran aligne les milles à plus de 30 noeuds de moyenne et compte au pointage de 15h, plus de 200 milles d’avance sur le temps de Playstation. Une performance pourtant rendue délicate par l’état de la mer, comme en témoignait Franck Cammas à 12h ce lundi : « Il y a une heure que la mer s’est calmée et c’est déjà bien plus agréable. Mais, depuis le départ, nous avons dû composer avec une mer très croisée, qui nous a obligé à freiner et à réduire énormément la toile. Là nous sommes sous trois ris trinquette et le bateau file à plus de 30 noeuds! La mer était impressionnante. A certains moments, il y avait des crêtes de déferlantes qui arrivaient de derrière et de côté sur Groupama 3 frappant de gros coups sous les bras… Tout vibrait à bord ! »
Groupama 3, baptisé dans le « gros temps »
Contrairement à la Route de la Découverte, où le vent a rarement dépassé 30 noeuds, Miami-New York offre un tout autre registre à l’équipage de Groupama 3. A commencer par de la brise soutenue, comme le décrivait Franck lors de la vacation du jour : « nous avons eu jusqu’à 42 noeuds de vent mais là c’est légèrement retombé à 33 noeuds ». Mais aussi avec une mer croisée et formée, peu propice aux grandes glissades auxquelles s’étaient habitués les équipiers entre Cadix et San Salvador : «La nuit dernière, c’était étonnant parce que la dépression était juste devant et levait une mer très creuse. Ce sont des conditions dans lesquelles nous ne pouvons pas du tout faire glisser le bateau. »
Sur la phase finale de leur sprint en direction de New York, Franck et ses hommes devront composer avec les effets de la dépression tropicale qu’ils suivent depuis Miami : « Nous nous approchons progressivement du coeur de la dépression mais nous avons de la chance car elle semble se combler un petit peu en rentrant dans les zones plus froides. Du coup le vent devrait être moins violent. Là, nous sommes sous le vent de la côte et la mer se calme. Car même si le vent est assez refusant puisqu’on s’approche du centre de la dep , on pourra aller relativement vite si la mer est moins formée. Nous devrions garder un vent d’Ouest Sud-Ouest, ce qui devrait nous permettre d’atteindre la ligne sur un bord et toujours avec du vent. Mais il faut rester prudent, ce ne sont que des prévisions. »
Selon les dernières estimations, Groupama 3 pourrait franchir la ligne d’arrivée la nuit prochaine (heure française), en fin de journée pour eux aux Etats-Unis.
Jean Le Cam en tête de la flotte
Avant de larguer les amarres de son Generali dimanche dernier à Calais, Yann Eliès savait qu’il ne faudrait pas manquer le bon « wagon ». Alors, quand il a lu le classement après une nuit passée dans le brouillard le plus total, le coup a été forcément rude. « Cela a été la soupe à la grimace, mais, en bon Figariste, nous n’allons pas lâcher le morceau comme cela ». D’évidence, cette mise en jambe n’était pas l’idéal pour découvrir son nouveau bateau. « Nous n’avons pas encore les boutons. Entre spi, gennaker, code 0, génois, on patauge, mais quand nous avons eu un moment un bon vent de travers, nous avons tout de suite vu qu’on avait la balle… » S’ils ne savaient pas se remonter le moral, les skippers devraient changer de métier ! Cet art de rebondir, Pascal Bidégorry le manie aussi parfaitement. Delta Dore, un des favoris de la course, est à inscrire au compte des victimes de cette première journée. « Nous sommes tombés dans deux bulles. Une je veux bien, mais deux non. On est resté planté une bonne heure et demie. La route est encore longue… »
A quelques milles près
Une fois de plus, tout cela se joue à pas grand-chose. A quelques milles près, les conditions peuvent être radicalement différentes. « C’est super, nous sommes enfin sous le soleil », lâche Dee Cafari, contente de son début de course sur Aviva, un des « vieux » coursier de la flotte. Quelques minutes auparavant, non loin de là, Arnaud Boissières décrivait son Akena Vérandas avançant cahin-caha sous spi, avec 8 à 10 nœuds de vent de secteur Est. « On a trois cent mètres de visibilité, parfois on ne voit même pas la tête de mât ». Même cas de figure pour Roxy, avec une Samantha Davies encore échaudée par un croisement limite avec ce même Akena Vérandas. « Nous ne l’avions pas vu sur le radar, c’est le signal sonore de l’AIS (système automatique de détection NDLR) qui nous a averti ». Résultat des courses, un empannage en catastrophe et une chauve-souris, bizarrement réfugiée en tête de mât, qui tombe à l’eau. Entre ce fait divers et les nombreux croisements avec toutes sortes de navire que l’on entend mais que l’on ne voit pas, la nuit et la mâtinée ont été riches en émotion.
Beaucoup plus loin devant, Vincent Riou (PRB) avait vu le brouillard disparaître bien avant le lever du jour, avec un vent de Nord à Nord-Ouest d’une quinzaine de nœuds qui le propulse bien gentiment depuis cinq heures du matin. « Cela ne va pas s’arranger pour ceux de derrière dans les heures qui viennent » , explique sans fanfaronner le skipper qui sait bien qu’il est passé de justesse entre les piéges d’un invisible filet. « Les zones de molles ne sont pas là où elles sont indiquées. Nous avons une route tranquille jusqu’à l’Irlande. Sur le pont, il ne va pas y avoir beaucoup de boulot, nous sommes quatre à nous relayer à la barre. C’est une course de vitesse pure jusqu’au Fastnet ». Dans cette course commencée pour eux au lever du jour, force est de constater que Dominique Wavre et Bernard Stamm ont du mal à suivre le rythme. Incontestablement, cela part « par devant », avec certainement un peu plus de pression pour PRB et VM Matériaux. Avec un Jean Le Cam ravit d’être aux commandes de cette Calais Round Britain Race. « On a PRB par le travers, c’est un bon lièvre ». Jean sait de quoi il parle, souvenir de la dernière édition du Vendée Globe oblige.
« Mission de skipper temporaire ».
Le skipper Lalou Roucayrol, 43 ans, grand spécialiste des courses en multicoques doté d’un beau palmarès, souhaitait appréhender la course au large différemment. Persuadé que le temps n’est plus aux machines fragiles, souvent dangereuses dans des conditions extrêmes et exigeant des investissements de plus en plus lourds, il a basé son projet sur un concept très novateur : Lalou a souhaité un bateau simple, confortable, marin et rapide sans être ruineux. Conçu par lui même avec le concours de l’architecte naval Bernard Sourisse, la construction du trimaran a démarré il y a plusieurs mois : coque centrale chez Gepeto (Lorient) par Lalou et son équipe, bras de liaison aux ateliers du Boiseau (Paimbœuf) pour la structure puis Gepeto pour les renforts carbone, flotteurs au chantier Strato Compo (Grayan) qui est également en charge de l’assemblage final à Port Medoc (partenaire de longue date de Lalou), pour une mise à l’eau prévue en septembre.
Il y a quelques semaines Pierre van den Broek, breton d’adoption, et Lalou devaient se rencontrer grâce à un ami quimpérois commun. Le courant est passé immédiatement entre les deux hommes qui se sont découvert beaucoup de points communs : « Notre partenariat explique Lalou, est d’abord une rencontre de marins qui partagent une passion avec la même vision de la navigation : le plaisir d’être sur l’eau, la convivialité et la performance. »
Pierre van den Broek ne part pas sans expérience. Il a déjà effectué le parcours France Brésil en croisière avec son épouse et passe ses week-ends sur l’eau sur son trimaran Formule 28. A 48 ans, le patron de NIM, dont l’activité consiste à déléguer des managers et dirigeants pour des missions temporaires, montre l’exemple en remplissant une « mission de skipper temporaire ». Il entend prouver ainsi que les quadras et les quinquas sont plus que jamais dans la course, ce qui est aussi son credo au plan professionnel ! « Je suis frappé par les étonnantes similitudes entre le milieu marin et l’entreprise, entre le skipper et l’entrepreneur. Je considère pour ma part que les principales qualités qui me servent aujourd’hui dans ma vie professionnelle ont été développées dans ma pratique de la voile, explique Pierre. En premier lieu le sens des responsabilités : sur un bateau, impossible d’échapper à ses responsabilités et aux conséquences de ses actes. Mais aussi la capacité à s’adapter à l’environnement, le discernement, l’anticipation, la persévérance, autant de qualités développées en mer comme en entreprise. »
Pour Pierre van den Broek « le sponsoring voile ne se réduit pas à un achat d’espace publicitaire : un voilier est en fait une plate-forme multifonction pouvant servir les objectifs de l’entreprise de bien des manières, notamment en embarquant ponctuellement des personnes dans le cadre de relations d’affaires ou de programmes de motivation. Le bateau que nous mettons au point sera l’outil idéal pour cela. Les partenaires qui souhaiteraient nous rejoindre dans cet esprit sont les bienvenus. »
NIM est l’unique cabinet français indépendant créé et développé exclusivement autour du concept d’Interim Management. Le cabinet est en mesure de mobiliser un manager ou un dirigeant dans un délai très court, en puisant dans un vivier, entretenu en permanence, de personnes qualifiées pour mener à bien une mission spécifique.
Source NIM
Plus d’informations sur : www.lalou-multi.net et www.nimeurope.com
Wavre, Riou et Beyou aux commandes
Vincent Riou, placé au vent, sait rapidement faire parler la vélocité de son nouveau plan Farr pour prendre la tête de la flotte avant de se la faire reprendre par le Suisse Dominique Wavre. Les premières heures seront dédiées à la vitesse pure puisque les monocoques doivent longer la côte afin de se tenir éloignés du célèbre rail maritime et de son trafic incessant. Dès le milieu de l’après midi, ils laisseront Boulogne sur leur bâbord afin de prendre la route de l’Angleterre. Déjà, le premier casse tête météorologique se posera pour les concurrents qui devront trouver la meilleure route pour franchir la bulle située au sud de l’île de Wight. Entre la route la plus courte, au milieu, et les chemins des écoliers nord ou sud qui peuvent offrir des vents plus consistants, les tacticiens devront prendre leur premier choix dès ce soir. Ce sera le premier d’une longue liste car ce Tour des Iles Britanniques promet de nombreux pièges. Dès demain matin, les équipages bénéficieront d’un flux de secteur nord plus consistant qui les accompagnera jusqu’aux îles Scilly. Ce vent se renforcera ensuite pour leur permettre de longer l’Irlande à la vitesse grand V mais la pétole devrait reprendre ses droits à l’approche de l’Eire en raison de la présence d’une dorsale anticyclonique.
Classement à 15h50 GMT
1. Temenos
2. PRB à 0.4 miles
3. Delta Dore à 0.5 milles
Le doute s’installe chez les Italiens
MATCH 3 – Emirates Team New Zealand bat Luna Rossa Challenge. DELTA 1:38
C’était le match à ne pas perdre pour les Italiens. Après une première rencontre très serrée vendredi, et une seconde déjà moins réussie hier, Luna Rossa devait absolument marquer un point cet après-midi pour éviter de voir l’incertitude gagner du terrain. Le match avait pourtant bien commencé pour l’équipage transalpin.
Dans le pré-départ, Spithill parvient à emmener son adversaire côté comité et à revenir plus vite sur la ligne. Il s’élance du côté gauche avec une longueur d’avance sur les Kiwis. Mais cette position s’avère rapidement défavorable puisque le bateau noir n’a aucun mal à doubler ITA 94 dès le premier bord. S’agit-il d’une erreur de l’équipe météo italienne – ce qui est peu probable – ou du choix du barreur australien qui craignait peut-être de revivre le même scénario qu’hier, en privilégiant l’option météo plutôt que le placement au départ ?
Quoiqu’il en soit, NLZ 92 s’impose très vite en maître du jeu, grâce à une meilleure vitesse et à un meilleur cap. Il faut dire que le Class America néo-zélandais est plus à l’aise que son homologue italien dans un vent inférieur à 10 nouds. A la première marque, les Kiwis ont déjà 40 secondes d’avance. Le reste du match tourne à la punition pour les hommes de Luna Rossa qui assistent impuissants à la suprématie néo-zélandaise. Ils résistent un moment en maintenant l’écart à 55 secondes à la dernière marque, mais dans le dernier portant, les guerriers kiwis enfoncent un peu plus le couteau dans la plaie, avec plus de 400 mètres d’avance à l’approche de la ligne d’arrivée.
La pilule est dure à avaler pour les Italiens. Il y a quelques jours, tout le monde s’attendait à des finales très disputées, mais match après match les deltas ne cessent d’augmenter aux passages de bouées et l’équipe d’Emirates Team New Zealand paraît de plus en plus sûre d’elle.
Demain, les deux finalistes auront un jour de repos. L’occasion pour les Italiens de se remettre de leurs émotions et de tenter éventuellement des modifications de dernière minute pour revenir dans le jeu. Outre les performances du bateau, l’équipe de Luna Rossa connaît les points à améliorer. "Ces trois derniers jours, Emirates Team New Zealand a été meilleur que nous dans sa manière de prendre les départs et dans son aptitude à bénéficier de la première bascule de vent. C’est dans ces secteurs qu’il faut progresser", déclarait Ben Durham de la cellule arrière italienne. Une journée suffira t’elle ?
Les Kiwis mènent 2-0
Match 2 : Emirates Team New Zealand bat Luna Rossa Challenge. DELTA 0:40
Une fois de plus, c’est avant même le coup de canon que s’est décidée l’issue du match. Cette victoire sans bavure de l’équipage de NZL 92 est acquise dès le pré-départ où Dean Barker, très incisif, parvient à accumuler les obstacles pour empêcher ITA 94 de s’élancer correctement. Spithill, impatient de prendre la droite du plan d’eau, le paie finalement très cher en se faisant coincer à une minute du coup d’envoi. Au top départ, Emirates Team New Zealand a déjà un avantage d’une longueur. Commence alors le travail de sape dans lequel les Kiwis excellent : consciencieusement, ils vont s’échiner à perturber le vent de leur adversaire en multipliant les virements de bords. Cette solide brise ther mique qui souffle sur le plan d’eau de Valencia n’est pas pour leur déplaire : impeccables dans leurs manouvres, ils vont, en l’espace de 10 minutes, tripler leur avance et passer la première marque de parcours avec une marge de quatre longueurs (25 secondes) sur leur rival.
Sous spi, James Spithill et ses compères n’ont d’autre choix que d’attendre patiemment la risée ou la bascule qui leur permettrait d’inverser la tendance. Mais cette opportunité ne se présentera jamais. Malheureusement pour eux, le vent reste très stable, en force comme en direction. Avec le clapot qui agite la zone de course et qui rend les grands spinnakers volages, l’autre possibilité pour ITA 94, était de provoquer un duel d’empannages en espérant une manouvre ratée de leur adversaire. Mais les quelques tentatives échoueront elles aussi. A la porte sous le vent, Emirates Team New Zealand a encore augmenté son avance : 35 secondes.
Les deux derniers bords seront à l’image de ce début de course : des Kiwis qui ne cessent de creuser face à des Italiens impuissants. Le challenger de l’hémisphère sud franchit finalement la ligne d’arrivée avec un delta de 40 secondes.
Cette régate du jour a prouvé une fois de plus qu’il était très difficile, pour ne pas dire impossible, de revenir lorsqu’on est mené dès les premières secondes de course, surtout dans des conditions de vent aussi stables. Qui plus est, NZL 92 est apparu rapide à toutes les allures. Magnus Holmberg, le skipper de Victory Challenge qui commentait aujourd’hui les courses, pointait du doigt la surface et la légèreté de la grand-voile néo-zélandaise, visiblement différente de la veille.une information confirmée quelques minutes plus tard en conférence de presse par leur stratégiste Ray Davies.
Quoi qu’il en soit, ce score de 2-0 fait monter la courbe de confiance dans le camp Kiwi qu’on ne voyait pas aussi dominateur après sa prestation en demi-finale. Aujourd’hui, plus qu’hier encore, Dean Barker et son groupe sont apparus aussi solides que déterminés. De leur côté, les Italiens vont devoir résister au découragement s’ils veulent redresser la barre dès demain dimanche.
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Top départ de la Calais Round Britain Race
Un parcours très ouvert et surtout très technique de 1 850 milles pour « monter » jusqu’au 61° Nord et parer les îles Shetlands : voilà ce qui attend les 55 équipières et équipiers qui ont déjà pu se jauger lors des deux régates préliminaires devant la plage de Calais ! Une semaine de mer voire plus pour exploiter l’extraordinaire potentiel de ces voiliers de 18,28 mètres portant près de 300 m² de voilure au près et pouvant aligner plus de 22 nœuds de moyenne au portant… Les monocoques Imoca, conçus en priorité pour les courses en solitaire autour du monde et les transatlantiques en double, vont devoir s’exprimer en équipage sur un terrain de jeu totalement différent : le tour des îles britanniques. Un parcours très complexe puisqu’il fait la part belle aux pièges de la régate côtière, à la stratégie à moyen terme sur les phases de « large » (mer d’Irlande, Atlantique, mer du Nord) et à la tactique en contrôlant les trajectoires des concurrents.
Des jours sans nuit…
Ce format de course est inhabituel tant pour les bateaux que pour les skippers : des changements climatiques très rapides, des conditions de mer très variées, des paramètres typiques de la régate au contact tels les courants de marée et les effets de côtes, mais aussi une navigation à cinq équipiers qui permet de répartir les tâches (navigation, tactique, barre, réglages) et donc de tirer la quintessence de ces 60 pieds Open. Pour cette troisième édition, les conditions météorologiques vont rendre encore plus délicate la négociation de ces moult caps et pointes qui parsèment ce tour des îles. Les skippers ont décidé, en accord avec la Direction de Course de la Calais Round Britain Race, de tourner dans le sens des aiguilles d’une montre, comme lors des précédentes éditions, soit du Pas de Calais vers les îles Scilly, puis à déborder les côtes occidentales de l’Irlande, laisser à tribord l’île isolée de Saint Kilda, longer les falaises déchiquetées des Hébrides, contourner l’archipel des Shetlands, par 61° Nord ! Une latitude extrême où, à trois semaines du solstice d’été, les jours durent pratiquement 22 heures… Mais des latitudes aussi où la température au large peut descendre en dessous de 10°C, où la mer peut se lever très rapidement, où le vent peut se transformer en tempête en quelques heures !
C’est donc presque les quatre saisons que peuvent affronter les onze monocoques en moins de huit jours ! D’ailleurs les prévisions météorologiques à moyen terme laissent entendre que ce scénario pourrait bien correspondre parfaitement à la réalité du terrain : du tout petit temps pour démarrer dans le Pas de Calais juste après le départ à 14h30 prévu avec une petite brise de Nord Est 10-14 nœuds ; un flux de Nord poussif le long des côtes anglaises pour sortir de la Manche ; un front dégénéré à gérer avant d’aborder la mer d’Irlande ; un régime de Nord-Est modéré avant d’atteindre l’Irlande ; un passage de dorsale anticyclonique sans grand vent au large du Connemara ; un nouveau passage à niveau au large de l’Eire ; des brises contraires de Nord Est mollissantes pour grimper jusqu’aux Shetlands ; enfin un bon souffle accélérateur pour traverser la mer de Nord… Sans compter les aléas météorologiques : soleil, pluies, brouillards, ciel plombé, nuages erratiques, bruines, averses, éclaircies, grains, orages, rafales. Tout le panel des incertitudes maritimes sera revisité !
La bataille des anciens et des modernes
Il y aura donc une perpétuelle remise en cause du statut hiérarchique de chacun, surtout que les deux régates prologues courues devant Calais vendredi et samedi, dans le même type de temps que les premiers jours de la Calais Round Britain Race, tendent à prouver que le différentiel entre les monocoques Imoca, de première, deuxième ou dernière génération, n’est pas si sensible que cela. Même s’il faut bien constater que trois des quatre nouveaux venus (PRB, Delta Dore, Temenos) semblent déjà bien au point face aux quatre meilleurs voiliers des années précédentes (VM Matériaux, Artemis, Roxy, Cheminées Poujoulat). Le bon résultat du bateau mené par Arnaud Boissières et Jean-Philippe Chomette (Akena Vérandas) démontre qu’il ne faudra pas oublier la génération précédente à l’image aussi de Aviva ou de Maisonneuve. Yann Eliès qui vient tout juste de prendre en main son nouveau prototype Generali aura quant à lui à cœur de trouver le mode d’emploi de ce plan Finot extrêmement puissant qui devrait faire un malheur au dessus de dix nœuds de vent.
Sans aucun doute, le programme proposé pour ce tour des îles britanniques s’annonce plein de retournements de situation avec des échappées et des regroupements, mais chacun des onze skippers aura également dans le collimateur sa préparation au tour du monde en solitaire 2008 : trouver les bons réglages rapidement, faciliter la vie à bord, soigner l’ergonomie, limiter les déplacements… Ces impératifs peuvent être à l’occasion de cette course, plus facilement résolus en naviguant en équipage, c’est-à-dire en échangeant des points de vue et en visualisant les autres hommes et femmes du bord travailler sur le pont. La prochaine édition Vendée Globe du démarre réellement à l’occasion de cette Calais Round Britain Race !
Sept, huit ou neuf ?
Si tous s’élanceront dimanche avant tout pour vaincre et ajouter une ligne à leur palmarès, chacun a d’abord comme objectif de progresser encore pour la navigation en solitaire et d’améliorer toujours leur machine. La seule question restant en suspens est le temps de course pour avaler les 1 850 milles du parcours. Certains tablent sur sept jours, d’autres sur huit, d’autres encore sur neuf jours… Les calmes annoncés au large de l’Irlande et de l’Ecosse en décideront, alors que la phase finale en mer du Nord se présente déjà comme un sprint particulièrement rapide. Avec onze monocoques, la Calais Round Britain Race démontre aussi que la Classe Imoca est en pleine effervescence puisque tous (ou presque) seront au départ du Vendée Globe… Le souffle nouveau de la course océanique !
Le plateau au 2 juin 2007 – Onze monocoques
AKENA VERANDAS : Arnaud Boissières (FRA)
ARTEMIS OCEAN RACING : Jonny Malbon (GBR)
AVIVA : Dee Caffari (GBR)
CHEMINEES POUJOULAT : Bernard Stamm (SUI)
DELTA DORE : Jérémie Beyou (FRA)
GENERALI : Yann Eliès (FRA)
MAISONNEUVE : Alexandre Toulorge (FRA)
PRB : Vincent Riou (FRA)
ROXY : Samantha Davies (GBR)
TEMENOS : Dominique Wavre (SUI)
VM MATERIAUX : Jean Le Cam (FRA)
Pacé mise sur les Kiwis
– Vous étiez avec les Néo-Zélandais en 2003 : vous attendiez-vous à les retrouver à ce niveau-là en Espagne ?
"Disons que je ne suis pas trop surpris. Ils étaient solides avant : il n’y avait donc pas de raison que cela change même si la direction générale a été modifiée avec l’arrivée de Grant Dalton. Mais si on regarde bien, c’est le même noyau dur même s’il y a eu des départs et des arrivées".
– Et Luna Rossa ?
"Lors des demi-finales, je savais que ça allait être difficile mais que ça finirait par tourner en notre faveur. Au départ, je pensais que ce serait du 55 pour nous et du 45 pour eux… (ndlr : Luna Rossa a battu Oracle sur le score sans appel de 5 à 1) En revanche, dans l’autre demi-finale, j’avais annoncé que c’était du 70-30 : 70 pour les Néo-Zélandais et 30 pour les Espagnols".
– Vous n’attendiez donc pas les Italiens à ce niveau de la compétition ?
"Ce syndicat existe depuis trois ans : il a recruté dans tous les domaines, design team, équipage, etc. C’est du solide. En revanche, je trouve "spéciale" la façon dont ils naviguent. Avec eux, c’est un peu "ça passe ou ça casse" : c’est peut-être séduisant pour le public et les journalistes, mais je ne pense pas que cela marche longtemps. Comme je ne crois pas qu’ils puissent gagner la Coupe en navigant ainsi. Cette façon de naviguer "jusqu’au-boutiste" est rarement payante en voile : ça peut marcher un coup ou deux mais pas à chaque fois. Pour toutes ces raisons, je pense que les Néo-Zélandais, qui régatent de manière plus "classique, plus match-race", passeront l’obstacle".
– Du coup, cela donnerait une finale "Team New Zealand" – "Alinghi", soit la revanche de mars 2003 avec l’humiliation subie par les Kiwis à Auckland (5 à 0) ?
"Nous n’en sommes pas encore là mais si ça devait arriver, je crains que les Suisses soient vraiment plus rapides au près. Ils vont tellement vite à cette allure-là que ça s’annonce dur pour l’adversaire. Il y a deux jours, "Alinghi" a disputé deux régates d’entraînement contre les Néo-Zélandais et ils ont gagné les deux. Oui, les Suisses ont travaillé dans le bon sens : c’est sûr, ils seront là, durs à battre".
– Et la situation personnelle de Bertrand Pacé ?
"Je suis sous contrac avec BMW Oracle jusqu’à fin du mois de juillet et j’ai encore des choses à faire. Disons juste que je ressors de cette expérience avec une dose de frustration importante. Et que j’ai envie d’évacuer tout cela assez vite".
PE
Nota : Champion du monde de match-racing en 94, sextuple vainqueur du Tour de France à la Voile, Bertrand Pacé participait à Valence à sa sixième campagne pour la Coupe de l’America au sein du richissime défi américain "BMW Oracle" (budget de 150 millions d’euros). Né à Dunkerque il y a 45 ans, d’une famille bretonne, Pacé est resté dans l’ombre de Chris Dickson.


















