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Entre le 10 et le 13 février à Barcelone

Paprec virbac
DR

"Plusieurs routes sont possibles, et il reste avant l’arrivée des défis loin d’être négligeables", résumait parfaitement Jean-Pierre Dick lors de la vidéo conférence du jour. "Je nous vois arriver à partir du 10 février, au pire vers le 12, 13 mais c’est le scénario pessimiste." Et si Hugo Boss a effectivement réduit l’écart de manière significative en termes de distance au but, la situation n’est pas aussi limpide que l’on pourrait l’envisager. Deux fois la route, trois fois la peine… Le régime ne change pas en effet pour Paprec-Virbac 2 qui continue de progresser au près, même si comme l’avouait Damian Foxall cet après-midi, les conditions sont agréables avec une température plaisante, un vent établi quoi qu’un peu faible, et une mer relativement plate. Le bateau de tête n’avance qu’à une dizaine de noeuds, ce qui reste modeste eu égard au potentiel de ces engins, et la partie reste délicate. Jean-Pierre Dick : "C’est une portion tactique, difficile et il y a plusieurs routes. On a vite fait de faire des erreurs. Physiquement, on a beaucoup donné depuis le début. On a fatigué les organismes. On a besoin de sommeil. Depuis le Horn, on a accumulé les vents contraires. On a toujours été au près. Malgré notre avance, nous restons attentifs." Car en effet, la course n’est pas gagnée, mais il n’en reste pas moins que l’avance du tandem Dick – Foxall est loin d’être négligeable même si Hugo Boss a fait un retour remarqué en termes de distance au but (à peine plus de 400 milles d’écart, contre plus du double la semaine dernière).

Hugo Boss : 2 jours de retard

Un retour que s’empresse de minimiser Alex Thomson : "Cela ne veut rien dire du tout, il faut regarder l’écart entre les deux bateaux pour avoir une vision réaliste, pas la différence en distance au but." Et selon ce critère, environ 700 milles (ou 2 à 3 jours de mer, selon Damian Foxall) séparent les deux bateaux, contraints de tirer des bords. "Si on reste dans le sillage de Paprec-Virbac 2 et que l’on continue sur la même route que lui, notre gain théorique ne se traduira pas dans les faits", poursuivait Alex, "et il n’y aura pas d’occasion de modifier notre tactique entre ici et le Cap Vert." Le jeu est donc pour l’heure fermé, mais cela ne signifie pas pour autant que la situation est verrouillée à long terme bien entendu… "Il faut nous faut continuer à gagner dans le nord rapidement, et ensuite on verra ce qui se passe", terminait un Alex Thomson résigné.
Du côté du duel opposant Temenos II et Mutua Madrileña, l’avantage est désormais assez nettement du côté du tandem Wavre – Paret, qui va progressivement mettre des milles entre son tableau arrière et l’étrave du monocoque espagnol. "Pour le moment, expliquait Javier Sanso, nous n’avons pas vraiment d’autre choix que celui de les suivre, et ils sont plus rapides que nous, donc logiquement, ils vont nous distancer progressivement." Et si la situation fait naturellement écho à celle vécue en tête de flotte, Javier est pour sa part plus disert qu’Alex quant à la suite des événements : "Aux environs du Pot au Noir, c’est une nouvelle course qui va commencer entre nous et Temenos II, puisque ce sera un peu du "tout ou rien" ! Perdre 30 milles ou en perdre 300 n’aura pas d’importance, on n’hésitera pas à jouer des coups stratégiques – cela dit il est encore tôt pour savoir comment va se passer la traversée du Pot au Noir pour nous."
Aux prises aujourd’hui avec des airs faiblards et erratiques en termes de direction, Javier Sanso et Pachi Rivero se plient à une discipline faite de réglages incessants afin de conserver une vitesse satisfaisantes, tandis que Temenos Ce dernier évolue pour sa part maintenant dans un flux stable. A l’arrière de la flotte, Educacion Sin Fronteras subit à l’instar de Mutua Madrileña des conditions légères, mais Servane Escoffier observe avec ravissement la remontée régulière et déterminée du thermomètre : "A mon avis, demain ou après-demain, je mets le tee-shirt. Youhou, j’ai hâte !", s’enthousiasme la jeune navigatrice.

Le classement du 30/01/08 à 15h

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 2329 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 433 milles des leaders
3 TEMENOS 2 à 1540 milles
4 MUTUA MADRILENA à 1621 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2806 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB

(source : BWR)

Groupama 3 bat tous les records à l’Equateur

Groupama 3 - Franck Cammas
DR

En naviguant déjà dans l’hémisphère Sud mercredi après-midi, Groupama 3 confirme ce qu’il avait déjà démontré l’été dernier en s’octroyant quatre records dans l’Atlantique : s’il n’a aucun complexe dans les vents supérieurs à 25 noeuds par rapport au maxi catamaran de Bruno Peyron, il s’avère sans conteste le plus rapide des multicoques géants en dessous de quinze noeuds de brise ! Car pour arriver sur la ligne de changement d’hémisphère en six jours 6 heures et 24 minutes, alors que les conditions météorologiques n’ont pas été très favorables, il faut bien que le potentiel du trimaran soit à la hauteur… « La vitesse de Groupama-3 est étonnante tout en restant très sécurisante : ces multicoques géants sont des métronomes quand on analyse la moyenne à la fin de la journée ! On arrive en un peu plus de six jours à l’équateur, ce qui est le meilleur temps réalisé pour l’instant. C’est une bonne surprise. Pourtant la fenêtre n’était pas très favorable avec beaucoup de trous de vent et il a fallu se battre… Je pense que nous aurions pu mettre cinq jours avec un bon enchaînement, comme celui qu’a eu Francis Joyon ! » indiquait Franck Cammas à la vacation de ce mercredi midi.

Franchi mercredi à 15h15

Groupama 3 franchissait la ligne de changement d’hémisphère ce mercredi à 15 heures 15 (heure française). Repartis à plus de vingt noeuds dès le début de l’après-midi, Franck Cammas et ses neuf équipiers vont recommencer à accroître leur avantage sur Orange II puisque celui-ci naviguait encore dans le Pot au Noir il y a trois ans, jour pour jour. En effet, les alizés de l’hémisphère Sud se présentent bien : du secteur Sud-Est 15 noeuds à l’équateur, ils vont passer rapidement à une brise d’Est forcissant. L’accélération à plus de 25 noeuds est donc déjà programmée avant la fin du jour et ce, au moins jusqu’au week-end ! « La prochaine question stratégique est le contournement de l’anticyclone de Sainte Hélène et l’entrée dans les 40èmes : à priori, il y a une ouverture devant et il faut la saisir. Si nous faisons aussi bien que Orange II, nous serons très contents. Nous n’avons pas de complexe vis-à-vis du détenteur du Trophée Jules Verne dans le Grand Sud… Il sera simplement difficile de faire mieux sur cette tranche de parcours… »
Le maxi catamaran avait en effet mis 7 jours 5 heures 22 minutes pour atteindre la longitude du cap de Bonne Espérance car il avait profité d’une situation météorologique très favorable lui permettant alors de piquer très tôt, cap au Sud-Est, et donc de raccourcir sensiblement la route qui impose habituellement de longer les côtes brésiliennes jusqu’à l’île Trinidade avant d’obliquer vers Cape Town. Or, ce phénomène semble bien se réitérer sur l’Atlantique Sud, ce qui mettrait Groupama 3 sur des rails pour attraper un front argentin ! En attendant, le trimaran géant démontre qu’il n’a pas de problème de vitesse, surtout dans les petits airs, qu’il ne craint pas de faire du près et qu’il allonge la foulée dès quinze noeuds de vent réel. Ce score à l’équateur est un premier encouragement sur les traces de Phileas Fogg et de son domestique Jean Passepartout…

Ils ont dit

Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : "Il a fallu manoeuvrer beaucoup et se donner à cent pour cent sans économiser ni l’équipage ni le bateau, mais on arrive quand même en six jours et quelques heures à l’équateur ce qui est le temps le plus court pour un voilier sur ce parcours … Chacun est concentré et hyper motivé, je suis très content et très fier d’être avec cet équipage […] avec le beau monde qu’il y a autour de moi, on arrive toujours à un consensus qui est le meilleur, et très rapide."

Wichard et Profurl : partenaires techniques de l´exploit de Francis Joyon.

IDEC
IDEC

"En coupant la ligne d’arrivée à Brest, Francis Joyon et son trimaran IDEC viennent de marquer l’histoire de la course au large. Il devient ainsi le solitaire le plus rapide autour du monde en 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes en battant le record détenu par Ellen Mac Arthur de 14 jours, 44 minutes et 27 secondes.
Comme à l’occasion de son précédent tour du monde, Francis Joyon a fait confiance à Profurl et Wichard pour réaliser cet exploit : notamment le trimaran IDEC est équipé de systèmes d’enroulement de voiles d’avant Profurl (deux stockeurs 16t et 30t pour la trinquette et le solent et d’un emmagasineur pour le gennaker) ainsi que de différentes pièces d’accastillage Wichard.
 
En tant que partenaires techniques, Wichard et Profurl tiennent particulièrement à remercier Francis pour cette superbe navigation autour du monde."

Source Wichard – Profurl
www.wichard.com
www.profurl.com

Jeanne Grégoire et Nicolas Lunven en duo sur l’AG2R

Jeanne Grégoire - Banque Populaire
DR

Nicolas Lunven, jeune vannetais qui a débuté le circuit Figaro en 2007, ne laisse personne indifférent, à commencer par Jeanne Grégoire. En février 2007, au premier entraînement des figaristes au pôle France de Port La Forêt, Nicolas Lunven – dont c’est la première navigation à bord d’un Figaro – passe la bouée au vent en tête et termine premier de la manche. On connaît la suite : un espoir qui a largement fait ses preuves sur la Solitaire en remportant le classement bizuth et en se classant 14e au général.
Jeanne Grégoire explique : « J’avais envie de partir avec quelqu’un de nouveau dans le circuit, qui ne soit pas encore formaté « figariste », un marin avec une culture plus diversifiée. Pour être performant sur ce type de transat, il est nécessaire d’avoir vécu d’autres expériences. C’est difficile de trouver quelqu’un avec qui tu as envie de passer presque 3 semaines en mer seuls sur le même bateau ».Nicolas Lunven, de son côté, assure : « C’est vraiment une chance pour moi de faire équipe avec elle. Jeanne va beaucoup m’apporter sur cette transatlantique : son approche du large, la météo, la gestion de la course, autant d’éléments que je ne maitrise pas encore, compte tenu de ma jeune expérience. Ca sera ma première transatlantique, je n’ai jamais navigué plus de 6 jours d’affilée mais j’ai vraiment très envie de faire une transat en Figaro, je me sens à l’aise sur ce support ». Jeanne Grégoire, dont ce sera la quatrième participation à la Transat ag2r, s’était adjugé la troisième place du podium lors de la dernière édition, aux côtés de Gérald Veniard. En attendant, c’est sur le plan d’eau de Port La Forêt que les deux marins vont apprendre à se connaître vraiment en participant aux entraînements du Pôle France. Après 5 mois de chantier (Jeanne avait démâté lors de la dernière étape de la Solitaire en 2007), le Figaro Banque Populaire sera remis à l’eau dans quelques jours, le 7 février.

Dates de la Transat AG2R
Départ le dimanche 20 avril 2008 de Concarneau, arrivée prévue aux environs du samedi 10 mai 2008 à Saint Barth’.

80 jours de course et encore 2500 milles à courir

Paprec virbac
DR

Avec les moyennes actuelles, l’estimation d’arrivée est autour du 7 ou 8 février. Une question se pose pour les deux équipages qui n’ont pas fait d’escale technique – ni de ravitaillement – à Wellington (Paprec-Virbac 2 et Educacion sin Fronteras) : auront-ils assez de réserves de nourriture et de gasoil jusqu’à l’arrivée ?
Car cette remontée de l’océan Atlantique s’opère sur un mode piano. Depuis le 25 janvier, la vitesse moyenne du leader Paprec-Virbac 2 est inférieure à 10 noeuds… et ce n’est guère mieux pour les poursuivants. Aujourd’hui, Jean Pierre Dick et Damian Foxall sont toujours au près, à la latitude de Cap Vert, dans un alizé de nord-est forcissant, rendant les conditions de navigation pénibles : « ça cogne, ça tape, ça mouille. Depuis le cap Horn, nous avons presque toujours navigué au près. Je trouve que Sylvie Viant – la directrice de course- a mouillé la bouée au vent un peu loin ! » confiait Jean Pierre à son équipe. Encore un peu de patience. D’ici 24 heures environ, le vent devrait basculer à l’est. Les hommes de tête seront alors en mesure de choquer les écoutes et d’accélérer la cadence jusqu’à Gibraltar.

Hugo Boss dans l’hémisphère nord

460 milles à leurs trousses, Alex Thomson et Andrew Cape qui ont passé l’équateur dans la nuit, peuvent se réjouir d’une traversée du pot au noir idéale. Pas de coup de frein brutal, juste une légère décélération pendant soixante milles. « Quand on pense que nous allons croiser Groupama – le trimaran de 30 mètres parti le 24 janvier dans une tentative de record autour du monde en équipage – . Ils sont 20 milles dans notre Est, ils déboulent à 18 noeuds et leur objectif est de faire le tour en 45 jours. ça laisse songeur » plaisantait Alex Thomson. Et de souligner que jusqu’à présent, les conditions de navigation dans cette Barcelona World Race ont été plus que clémentes : « nous n’avons jamais pris le troisième ris et au près, nous n’avons jamais hissé la trinquette » poursuit Alex. « Depuis le détroit de Cook, les conditions sont plutôt tranquilles. Nous n’avons pas connu de grosse tempête ».

Temenos II et Mutua Madrileña soulagés

A défaut de tempête, derrière on eût droit à quelques casse-tête au milieu des grains, comme l’ont vécu hier les équipages de Temenos II et Mutua Madrileña. Ces deux compagnons de route et dversaires (toujours séparés d’à peine 60 milles) sont aujourd’hui sortis d’affaire, comme le laissaient penser les mines réjouies de Xavi Sanso et Pachi Rivero à la vacation du jour. Ils ont retrouvé un léger flux d’est (10 noeuds) leur permettant de se caler sur un seul bord jusqu’à la porte de Fernando de Noronha (ETA le 1er février). En bas du tableau, par 37 ° de latitude sud, Albert Barguès et Servane Escoffier poursuivent leur ascension de l’anticyclone au large de l’Uruguay. Pour eux aussi, les prochains jours en Atlantique s’annoncent compliqués question météo.

Le classement du 29/01/08 à 15h:

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 2491,0 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 463,2 milles des leaders
3 TEMENOS 2 à 1628,4 milles
4 MUTUA MADRILENA à 1687,9 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2846,8 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB

Groupama 3 à l’équateur demain, en six jours…

Franck Cammas et Jacques Caraes à bord de Groupama 3
DR

A l’exception du premier jour de mer et de quelques grains au large des Canaries, Groupama 3 a essentiellement navigué dans des brises faibles à modérées, pratiquement toujours inférieures à vingt noeuds… Et pourtant, le trimaran géant est parfaitement dans le timing d’un record autour du monde puisqu’il devrait déjà s’adjuger un premier temps intermédiaire au passage de l’équateur ! Six jours onze heures vingt-six minutes : voilà le score qu’avait réalisé Geronimo en 2003… Tandis que Orange II, lors de son périple victorieux autour du monde en 2005, n’avait pas été très rapide puisqu’il n’avait atteint la ligne de changement d’hémisphère qu’après sept jours deux heures cinquante-six minutes… Au rythme de vingt noeuds de moyenne ce mardi, Franck Cammas et son équipage devraient ainsi « passer au Sud » entre 8h00 et 14h00 mercredi, soit une descente depuis Ouessant en six jours, à quelques heures près.

Le Pot est peu actif

En fait, tout va dépendre de la situation dans le Pot au Noir qui, d’après le prévisionniste, Sylvain Mondon de Météo France, est étendu mais peu actif même s’il annonce des orages la nuit prochaine. Mais impossible de prédire avec certitude cette zone marquée par la confrontation des alizés du Nord et du Sud et l’affrontement des vagues associées, par la très forte évaporation de la mer créant de grosses masses nuageuses chargées d’humidité et enfin par la présence de calmes imprévisibles en raison du faible gradient barométrique. Bref, malgré tous les moyens techniques, les modèles numériques de prévision ou encore les images satellites, cette micro météorologie n’est pas discernable précisément de la terre. A quelques kilomètres près, un navire peut bénéficier d’un vent de plus de vingt noeuds régulier tandis qu’un autre « patine » dans une brise évanescente et volage des heures durant.

Toutefois, la bonne nouvelle vient des autres voiliers qui ont traversé cette Zone de Convergence Inter Tropicale ces jours derniers : Lionel Lemonchois et son équipage sont passés par là il y a seulement six jours en route vers le cap Horn au départ de New York. Ils n’ont rien vu ou presque, si ce n’est un ciel bleu sans quasiment un seul nuage ! Et le duo Dick-Foxall sur le chemin retour à l’occasion de la Barcelona Wolrd Race, a aussi franchi la ligne il y a quatre jours… Un tandem avec lequel Steve Ravussin a pu échanger quelques mots à la vacation radio de ce mercredi midi : ils ont subi des grains mais n’ont pas mis beaucoup de temps pour sortir du Pot au Noir. Pour l’heure, le Suisse du bord indiquait qu’il avait fallu changer de voiles ce mardi matin car la brise, si elle était stable en direction, était plus variable en force. « Je me réveille tout juste. J’ai bien dormi, mais pas beaucoup : une petite heure… Parce que nous avons dû manoeuvrer pas mal cette nuit. On a mis le gennaker léger ce matin parce que le vent a un peu molli : 13 noeuds au lieu de 23 cette nuit ! Un beau ciel, un vent stable en direction et une belle mer : nous sommes ce midi bâbord amure à 23 noeuds… » précisait Steve Ravussin. La nuit prochaine sera peut-être un peu plus agitée sur le pont de Groupama 3 mais gageons que l’équipage pourra ainsi s’offrir une journée d’avance sur le record lors de ce passage de la ligne équatoriale.

Ils ont dit

Steve Ravussin :
« Nous ne sommes pas très fatigués parce que nous pouvons faire nos quarts de sommeil sans être réveillé. Nous avons super bien mangé pendant les trois premiers jours grâce aux plats préparés par le cuisinier Rochas et maintenant nous sommes passés au lyophilisé avec d’excellentes sauces… L’ambiance est super bonne à bord de Groupama 3 et tout se passe très bien : Franck s’est bien adapté à la situation avec un équipage plus important que sur un 60 pieds. »

Repères :

Temps à battre : 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes – Vitesse moyenne : 17,89 noeuds. Record détenu par Bruno Peyron, à bord du maxi-catamaran Orange 2, depuis mars 2005.
Temps à battre de Ouessant à l’équateur : 6 jours 11 heures 26 minutes (Geronimo en 2003)

Les chiffres du jour :
Départ le jeudi 24 janvier 2008 à 7h50’17”TU
Arrivée avant le : Samedi 15 mars 2008 à 00h09’21” TU
Jour 5 à 7h 45′ TU :
*Distance parcourue sur l’eau en 24 heures : 551,1 milles
*Distance parcourue depuis le départ : 2 571 milles
*Distance par rapport à l’arrivée : 21 959 milles
*Moyenne du jour 5 : 22,96 noeuds
*Moyenne depuis le départ : 21,42 noeuds
*Avance par rapport à Orange II : 420,4 milles

Groupama 3 assuré d’être dans les temps à l’équateur

Groupama 3 - Franck Cammas
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Le premier dimanche fut finalement une relativement bonne journée si on regarde les conditions météorologiques que Franck Cammas et son équipage ont dû subir pour se dégager d’une dépression orageuse en phase finale qui a généré des grains et des calmes, des sautes de vent et des bouffées inattendues… Beaucoup de manoeuvres pour finalement une journée à plus de 500 milles qui a permis à Groupama 3 d’atteindre l’archipel du Cap Vert en un temps record de trois jours et vingt heures !

Le prochain obstacle est le Pot au Noir, cette Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) qui sévit entre le 8° et le 4° Nord, à environ 600 milles des étraves du trimaran géant. Avec un alizé de Nord-Est qui s’est construit au fil des milles gagnés dans le Sud, l’équipage peut envisager une entrée dans cette zone de vents capricieux dès demain mardi : en fonction de l’activité et de l’étendue de ce « marasme climatologique », Groupama 3 pourra consolider son avantage sur Orange II mais est, à ce stade du parcours, déjà assuré d’être au moins aussi rapide au passage de l’équateur !

Lutte acharnée pour la 3e place

temenos II
DR

Pour l’heure, avantage au tandem franco-suisse, certes très fatigué, mais qui mise, en guise de dénouement, sur un simple coup d’élastique. Toutefois, il reste encore 4300 milles à courir pendant lesquels Dominique Wavre et Michèle Paret auront du mal à se ‘débarrasser’ de cet adversaire ambitieux. Dimanche, en quelques heures, Dominique Wavre et Michèle Paret ont perdu plus de 50 milles sur leur poursuivant. La faute à un long front situé au nord Rio et qui barre, sur tout l’Atlantique, le passage des concurrents. Comme ce fut le cas pour Paprec-Virbac 2 et Hugo Boss, le couple franco-suisse s’attendait à être ralenti lors de sa traversée. Ils ont été servis. Ils sont aujourd’hui épuisés. Michèle Paret : « pendant 24 heures, dans les grains qui se succédaient, nous avons manoeuvré sans arrêt. Toutes les heures et demi en moyenne il y avait quelque chose à faire, donc, nous sommes assez fatigués. La pluie nous a rafraîchi mais malheureusement, pas le temps de sortir le savon. Je n’aurais pas voulu me retrouver en train de manouvrer la tête pleine de shampoing ! »
L’hémorragie s’est enrayée au moment où le tandem espagnol butait à son tour dans cette zone de calme. Le résultat ce soir, au moment où Temenos II retrouvait un vent plus régulier : 44 milles d’écart entre les deux concurrents. La lutte sera chaude jusqu’à Barcelone.

Remontée délicate pour la tête de course

Aux avant-postes, Jean Pierre Dick et Damian Foxall, sortis du pot au noir en l’espace 24 heures ce week-end, naviguent au près dans les alizés de l’hémisphère nord depuis une bonne journée et demie. Cette remontée vers la maison s’accompagne d’une petite baisse progressive de la température. Pratiquement à équidistance entre le nord de l’Amérique du Sud et la corne occidentale de l’Afrique, ils s’apprêtent à passer de très nombreuses heures sur ce mode : face au vent, tribord amures. Une perspective presque ennuyeuse à entendre Jean Pierre Dick, mais qui n’empêche pas le duo de cogiter ardemment sur la stratégie à venir. Entre les alizés (modérés) mais établis jusqu’aux Canaries et le régime de dépressions hivernales plus au nord, il leur faudra choisir la bonne voie pour continuer à caracoler en tête jusqu’aux quais de Barcelone.

Hugo Boss bientôt à l’équateur

Car mine de rien, Hugo Boss progresse. Certes, pas de record de vitesse dans ces alizés faiblards de l’Atlantique. Mais il suffit d’un ou deux noeuds de différence pour qu’un écart de 800 milles passe en l’espace de 3 jours à 535 milles. Typiquement le cas d’Hugo Boss. Qui plus est, Alex Thomson et Andrew Cape ont de la chance. Après avoir franchi la porte 7 de Fernando de Noronha ce matin à 04h29 GMT, ils s’apprêtent à aborder un pot au noir très peu actif. Ils ne devraient donc pas être ralentis pour leur entrée dans l’hémisphère nord.
Enfin, les jours se suivent et se ressemblent pour l’équipage d’Educacion sin Fronteras. En traversant par sa face Est un bel anticyclone argentin, Albert Barguès et Servane Escoffier progressent au près depuis plus de 72 heures, avec dans les jours à venir, une dépression à négocier.

Le classement du 28/01/08 à 15h:

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 2660,4 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 545,8 milles des leaders
3 TEMENOS 2 à 1638,1 milles
4 MUTUA MADRILENA à 1682,2 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2930,9 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB

400 milles d’avance : à fond vers le Pot au noir

Groupama 2 Franck Cammas
DR

Sous gennaker dans un bel alizé de secteur Nord-Est de 18 nœuds et sur une mer peu formée, le trimaran géant pouvait aligner des moyennes de plus de 27 nœuds ! Ce cinquième jour de mer s’annonce sous d’excellents auspices puisque l’équateur n’était plus, ce lundi midi, qu’à 950 milles des étraves… « Nous sommes sur du long terme : pour le passage du Pot au Noir, nous avons programmé un long bord vers le Sud-Ouest avant d’empanner et de de piquer plein Sud. Nous devrions passer l’équateur avant le lever du jour du 30 janvier … Nous allons toucher des alizés plus forts ce lundi après-midi et nous allons probablement gagner encore du temps sur Orange II. Il se confirme en plus que la suite s’annonce favorable dans l’hémisphère Sud ! » précisait Franck Proffit, à la vacation radio diffusée en direct sur le site internet Groupama tous les midis.

Un crochet avant le direct
La fin du week-end a en revanche été moins positive avec « seulement » 443 milles au compteur, soit moins de vingt nœuds de moyenne dimanche. Un ralentissement dû à une perturbation orageuse au Sud des Canaries qui a fait alterner le vent de 7 à 30 nœuds et n’a pas rendu la trajectoire très pure. Groupama 3 a, en effet, dû empanner deux fois en milieu de journée pour se décaler vers l’Ouest afin de parer le Cap Vert. Une double manœuvre qui n’a pas suffi puisqu’au lever du jour, l’équipage se voyait contraint de faire route à 90° du cap normal pour déborder Santo Antao, l’île la plus au Nord-Ouest de l’archipel. « Nous sommes dans une belle mer d’alizés, relativement plate sans un nuage à l’horizon. Ce matin, nous avons découvert l’île de Santo Antao au lever du soleil : superbe ! » s’exclamait Franck Cammas ce lundi midi.

Ce bord de deux heures pour éviter le dévent du Tope de Coroa (1 979 m) était suivi d’un autre recadrage deux heures plus tard pour aller chercher ce fameux 28° Ouest, point d’entrée pour passer le Pot au Noir. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que Franck Cammas et ses neuf équipiers devaient engager un dernier empannage pour faire route directe, plein Sud vers l’équateur. Groupama 3 restera ainsi un long moment en bâbord amure puisque derrière l’équateur, ce sont des vents réguliers de secteur Sud-est puis Est qui l’attendent.

Ils ont dit (lundi après-midi) :

Franck Proffit, responsable opérationnel, chef de quart-barreur de Groupama 3 : « Je viens de finir mon quart et Steve Ravussin me remplace sur le pont. Il a fallu gérer des zones sans vent, ce qui est assez délicat avec des trajectoires en zigzag, mais on s’en sort pas mal… On a eu une très bonne rotation du vent à gauche qui nous a permis de nous dégager du Cap Vert et maintenant, nous allons à 28 nœuds : c’est plutôt positif. Les conditions de navigation sont excellentes et on devrait être à l’équateur en moins de six jours. Mais surtout, la mer est belle, ce qui ne sollicite pas du tout le bateau. Ca tourne vraiment à merveille entre nous tous et l’organisation à bord est très bonne : tout le monde est rentré dans son rythme de quart dès Ouessant ! Il faut garder nos 13m² propres et chacun met la main à la pâte. Nous surveillons le matériel et l’entretien est quotidien : chacun à un rôle à bord côté voiles, gréement, cordages…
On regarde la trace d’Orange II depuis 24 heures seulement : Yves Parlier suit cela de sa table à cartes, ce qui nous ferait une quinzaine d’heures d’avance ce lundi midi. Mais l’important, c’est d’avoir une bonne stratégie météo à moyen terme : pour le passage du Cap Vert, nous attendions un peu plus de pression avant d’arriver sur l’archipel et nous n’avons pas pu glisser autant que prévu. Il a fallu empanner pour éviter la zone tampon qui sévit derrière l’île »

Les chiffres du jour

Départ le 24 janvier à 7h50’17” TU
Arrivée avant le samedi 15 mars 2008 à 00h09’21” TU
Jour 4 à 7h 45′ TU
*Distance parcourue sur l’eau en 24 heures : 442,7 milles
*Distance parcourue depuis le départ : 2 055 milles
*Distance par rapport à l’arrivée : 22 475 milles
*Moyenne du jour 4 : 18,45 noeuds
*Moyenne depuis le départ : 21,4 nœuds
*Avance par rapport à Orange II (mardi à 07h30) : 411,4milles

Alinghi estime le défi en multi d’Oracle non recevable

BMW Oracle Racing Demi final
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La bataille juridique pour la Coupe de l’America n’en finit plus. Lundi soir, c’est au tour d’Alinghi – via la Soiété Nautique de Genève – d’attaquer en arguant que le défi proposé en multicoque par Oracle, via le Golden Gate Yacht Club, n’est à ses yeux pas recevable.
La SNG estime que les nouveaux arguments qu’elle présente "demandés par le juge Justice Cahn le 23 janvier dernier, démontrent notamment, à travers des rapports d’experts, qu’un "quillard" ne peut être considéré comme un multicoque, ce qui vient contrarier le certificat ambigu et contradictoire avancé par le défi du GGYC."
Et la SNG poursuit "le certificat du défi est un document capital requis par le Deed of Gift. Il permet de donner au Defender une description précise du bateau challenger, tout en lui laissant au moins 10 mois pour dessiner et construire le bateau de la défense."
Or, toujours selon Alinghi via la SNG, "dans son certificat, le GGYC décrit le bateau challenger comme un "quillard", un terme utilisé dans le vocabulaire nautique pour faire la distinction avec les multicoques. Or le GGYC annonce qu’il propose un défi en multicoque. Toute ambiguïté ou équivoque est non conforme au Deed of Gift et entraîne la non validité du certificat et du défi. "
En clair, Alinghi estime que le défi lancé par Oracle n’est pas recevable.
“Le certificat du GGYC doit être examiné aussi scrupuleusement que le sont les conditions demandées à un yacht club pour devenir Challenger of Record, comme le veut le Deed of Gift", explique Lucien Masmejan, principal avocat de la SNG, qui se défend aussi d’être à l’origine de cet incroyable imbroglio juridique : “C’est le GGYC qui a décidé de porter et de poursuivre cette affaire en justice. Ils ont ainsi poussé la SNG, en tant que trustee, à défendre par tous les moyens disponibles l’intégrité de l’America’s Cup.”
Et le communiqué de la SNG conclut : "Pour ce qui est de l’avenir de la 33e America’s Cup, la SNG et Alinghi maintiennent leur objectif d’organiser une épreuve ouverte à plusieurs défis en 2011 à Valencia, avec les 12 autres challengers inscrits suivant la jauge et le règlement présentés en novembre 2007." En clair, Alinghi demande grosso modo un retour à la case départ! On attend évidemment d’un instant à l’autre la réponse d’Oracle via le GGYC et vogue la galère… Une chose est sure : le sport nautique ne sortira certainement pas grandi de cet impensable feuilleton juridico-financier. Et DONC, on ne sait toujours pas quand il y aura une prochaine Coupe de l’America, sur quel support… et au final s’il y en aura bien une! Qu’en pensent les éventuels partenaires financiers? Le moins qu’on puisse écrire c’est que l’ambiance générale autour de la plus vieille épreuve sportive du monde ne les incite sûrement pas à se bousculer au portillon. La suite au prochain numéro. Comme d’habitude.

B.M.

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