Steve White, à bord de son Open 60 Spirit of Weymouth, a terminé The Artemis Transat cette nuit en 9ème position au terme de 17 jours, 15 heures, 4 minutes et 54 secondes de mer; Il complète la flotte IMOCA, qui compte 9 bateaux à l’arrivée contre 13 au départ. L’aventure de ce skipper témoigne de sa grande détermination, et de sa passion dévorante pour la course océanique. L’arrivée de Steve White à Boston prouve qu’il existe encore, malgré la professionalisation grandissante de la discipline, une place pour les "aventuriers", véhiculant d’une certaine façon l’esprit d’origine de la navigation océanique en solitaire – celui-là même qui a présidé à la création, en 1960, de l’épreuve originelle (OSTAR) dont The Artemis Transat est l’héritière.
Un "aventurier"
Ancien restaurateur de voitures classiques, l’homme a décidé de tout plaquer un beau jour, à la suite d’une navigation enthousiasmante aux abords du Fastnet – "Il y avait 40 nœuds, les rafales nous faisaient décoller de nos bottes. c’était fantastique. Sur le chemin du retour, dans ma voiture, j’ai décidé que je participerais un jour au Vendée Globe. Je venais de suivre les aventures de Christophe Auguin, elles m’avaient passionné." Nous sommes alors en 1998, et Steve lâche son boulot, se reconvertit dans la construction navale et intègre l’équipe de Pete Goss, travaillant alors sur le chantier du maxi-catamaran Team Phillips. Puis il travaille pour Chay Blyth, en tant qu’entraîneur des équipages engagés dans le Global Challenge (course autour du monde à l’envers par étapes, pour amateurs). Steve et son épouse hypothèquent leur maison, rachètent l’ancien Gartmore (plan Finot) à Josh Hall, et se mettent en quête de sponsors, fonctionnant sur un budget minimal mais investissant toute leur énergie. Le rêve ultime de Steve reste le Vendée Globe, et venant de prouver sa détermination et sa capacité à mener une campagne sérieuse, il a désormais à 36 ans une crédibilité qu’il s’est forgée sur l’eau. Car si être au départ est bel et bien un premier défi, parvenir à l’arrivée est une vraie réussite, quelque soit le résultat sportif. Ce soir aura lieu la cérémonie de remise des prix au Boston Harbor Hotel.
Le classement complet en IMOCA 60 :
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) en 12j 11h 45’35 (redressement 2h30 inclus) 2- Armel Le Cléac’h (Brit Air) en 12j 19h 28′ 40” à 7h 43′ 05” du premier 3- Yann Eliès (Generali) en 13j 15h 00′ 22” à 1j 3h 14′ 47” du premier 4- Marc Guillemot (Safran) en 14j 21h 18′ 47” à 2j 9h 33′ 12” du premier 5- Samantha Davies (Roxy) en 15j 10h 00′ 51" à 2j 22h 15′ 16" du premier 6- Yannick Bestaven (Cervin EnR) en 15j 14h 31′ 17” à 3j 02h 45′ 42" du premier 7- Arnaud Boissières (Akena Verandas) en 15j 16h 00′ 03" à 3j 04h 14′ 28" du premier 8- Dee Caffari (Aviva) en 16j 02h 05′ 34" à 3j 14h 19′ 59" du premier 9- Steve White (Spirit of Weymouth) en 16j 15h 04′ 54" à 4j 03h 19′ 19" du premier
74 milles derrière Giovanni, Boris Herrmann est en seconde position, naviguant avec la trinquette et un ris dans la grande voile. « Je suis un peu sous toilé, mais d’ici peu cela sera parfait !» et le skipper allemand ajoute « Je suis un peu fatigué ce matin. Le téléphone n’a pas arrêté de sonner, je n’ai pas pu dormir » La ligne d’arrivée étant à 270 milles devant lui, un ‘fan club’ s’est formé : « mes sponsors m’ont appelés, l’ancien propriétaire du bateau ainsi que des amis. Le décalage horaire entre ici et l’Europe n’est pas à mon avantage.» expliqua le jeune Hermann à 10h30 GMT, alors que le soleil commençait à pointer son nez. En lui demandant si son sponsor était content, Boris Herrmann répondît « Je pense que oui, ils m’ont dit que j’avais intérêt à gagner mais je ne crois pas que cela soit réalisable. Même si je ne gagne pas, je pense qu’ils seront contents du résultat. »
74 milles d’avance sur Herrmann
En ce qui concerne la météo des prochains jours, le skipper Allemand de 27 ans, est septique : « Juste avant mon arrivée à Marblehead, le vent risque de tomber.» Il y a bien un scénario que Boris Herrmann voudrait éviter : « Quelques années auparavant, j’ai passé mon anniversaire sur un mini, dans la pétole de la baie de St Malo. Demain c’est mon anniversaire, et je ne voudrais pas passer la journée à essayer d’atteindre la ligne d’arrivée pour faute de vent. » Cette après-midi, Beluga Racer suit Telecom Iatlia de 85 milles, perdant 11 milles depuis que Giovanni Soldini a lancé son bateau à plein régime (10.6 noeuds)
En 3ème position, Thierry Bouchard, âgé de 49 ans, avouait : « Je suis vraiment fatigué » ce qui était clairement vérifiable dans le son de sa voix. « Les derniers jours ont été durs, les derniers résultats n’ont pas été exceptionnels! » Ne remettant pas en question la capacité de son Class40, Thierry ajoute « Ce n’est pas mon bateau, c’est juste ma faute, je n’arrive plus à le faire avancer aussi vite. » Thierry Bouchard navigue entre la 2ème et la 3ème place depuis le 8ème jour de The Artemis Transat, et ces 19 jours en tête de la course commencent à l’éreinter. « Plus que deux bords avant la ligne d’arrivée » dit-il avec mélancolie. Mistral Loisirs – Pole Santé ELIOR a repris, au cours de la journée, 21 milles sur son poursuivant Louis Duc
Au contraire, le skipper de Fujifilm en pleine forme lors de la conférence de ce matin, raconte : « Si vous parlez à Mistral Loisirs, dîtes lui que je compte bien revenir sur lui». Alors que le vent faisait son apparition entre 18h00 et 19h00 GMT la nuit dernière, Alex Bennettt a choisi l’option sud, ce qui a, au final, porté ses fruits : « J’ai pris 50 milles d’avance sur Miranda Merron (40Degrees) ». Hier Fujifilm naviguait à vue de Groupe Royer « j’ai réussi à me mettre à son vent ce qui m’a permis de toucher la brise de sud-ouest le premier et après il a suivi une route plus au nord. » C’est une grosse erreur se réjouit Bennett qui, avec Fujifilm, poursuit sa route au sud, en direct sur Marblehead de manière à être bien positionné quand les vents tourneront au nord ouest à l’approche de l’arrivée. Ce matin, Fujifilm naviguait entre 15 et 20 nœuds dans une brise de sud-ouest avec un ris et génois. « Chaque mille navigué dans cette configuration est un bonus », admet-il. « Ça peut tomber à tout moment, comme ça peut tenir jusqu’au bout ! » Miranda Merron, admet, ce matin dans un mail que, d’avoir emmené 40Degrees dans le nord, n’a pas été un de ses meilleurs choix tactiques : « Les autres ont trouvé beaucoup plus de vent que moi, leurs vitesses ont augmentés, ma route n’a pas été la bonne. » Depuis la dernière position hier soir à 18h00 GMT, 40 Degrees est passé de la 4ème position à la 7ème. Elle commente : « C’est la chose la plus énervante dans ce sport, un bord différent et tu te retrouves loin derrière les leaders ». Miranda Merron, afin de faire son choix, s’était basée sur les analyses des fichiers météo, et reste pragmatique sur le résultat : « Ce n’est pas comme si j’avais pris une option radicale, la route était juste un peu différente mais cela n’a pas fonctionné. » Hier, au cours de la journée, scotchée dans la dorsale, Miranda Merron a dû prendre des mesures pour combattre la fatigue : « Je n’avais plus de ressources. Je me parlais lors des manœuvres afin de ne pas faire n’importe quoi ! »
Parnaudeau : "ça attaque dans tous les sens"
Prévoir Vie a rejoint 40 Degrees au nord. Benoît Parnaudeau, quant à lui, était très ‘relax’ lors de la vacation de ce matin : « Tout va bien ici, la mer est plate, le bateau glisse tout seul. » Cette après-midi Prévoir Vie est en 8ème position à 14 milles derrière 40 Degrees « J’en profite pour me reposer, je monte de temps en temps sur le pont pour vérifier les réglages, le compas, et retourne m’allonger. » Cependant Benoît affirme que la compétition n’est pas terminée et ajoute « J’adore cette course, elle est vraiment passionnante car ça attaque dans tous les sens avec des options différentes. » Suivant Benoît Parnaudeau de 44 milles cette après-midi, Groupe Partouche a tenu la 9ème ou la 10ème position tout au long de la course, avec une rapide apparition à la 7ème place. « Depuis le premier jour de la course, j’ai ma caisse à outils ouverte. » raconta-t-il, un peu déçu, ce matin lors de la vacation. « J’ai eu le moteur qui a surchauffé, puis la voile qui a éclaté lors de la tempête de l’autre jour et maintenant c’est une fuite au niveau de la quille. La fuite n’est pas grave, il faut juste que j’éponge de temps en temps ». Christophe Coatnoan n’a donc pas pu utiliser le maximum de son bateau. En 11ème position, Simon Clarke sur Clarke Offshore Racing suit Groupe Partouche de 57 milles après avoir subi un vent du nord la nuit dernière : « J’ai encore perdu 20 milles la nuit dernière ce qui est vraiment frustrant. Je ne pouvais prendre le risque de rester coincé là, donc j’ai optionné vers le nord. » Être le dernier de la course n’est pas facile pour Simon Clarke, bien qu’il ne s’est jamais plaint de sa place, et rajoute même « C’est vraiment dommage pour Miranda, elle a perdu beaucoup de milles en choisissant l’option nord, c’est elle qu’il faudrait plaindre. Elle avait effectué une très jolie course jusque-là, et a tout perdu en un jour. » Gardant un œil sur la bataille qui se livre à 80 milles devant lui, Simon Clarke ajoute : « Je peux me tromper, mais il est possible qu’elle puisse se glisser juste derrière les autres. »
Le boat captain du super maxi, l’Australien, Chris Sherlock est rejoint notamment par Paul Standbridge (ex-Team Shosholoza) et les membres habituels de l’équipage du 100 pieds. Ayant déjà battu le record de la Rolex Fastnet l’année dernière, les douze hommes espèrent réduire de quelques heures le temps de référence : 8 jours, 3 h et 29 minutes.
Normalement, la fenêtre météo actuelle devrait permettre à ICAP Leopard de dépasser les 25 nœuds sur les trois premières journées du parcours.
Cependant, en examinant les résultats, Alfa Romeo domine avec quatre victoires cette semaine et remporte ainsi la Semaine de Capri. Réaction de l’intéressé contacté par téléphone à Monaco, où il suit le Grand Prix, "Je suis heureux, car hier je donnais pas beaucoup à nos chances de victoire, surtout après notre erreur d’il y a deux jours. Je suis content que l’équipe a pu corriger cela aujourd’hui." La concurrence était plus rude en Swan 45, où trois bateaux avaient encore une chance de victoire ce matin. Au terme de la première course de la journée, Earlybird semblait se mettre hors jeu, car le bateau a pris un bien mauvais départ pour être en quinzième place à la marque au vent et n’a pas pu remonter la pente. A l’opposé, Vertigo, restait collé au vainqueur de la course, Ulika, tandis que le troisième bateau en lice pour la première place, WISC a terminé cinquième, ce qui a suffi pour lui donner une avance de quatre points au classement avant la dernière course. Une course, qui a de nouveau était une déception pour les Allemands sur Earlybird, tandis que les Italiens sur Vertigo avec Vasco Vascotto aux commandes ont brillé et les Anglais sur WISC ont fait ce qu’il fallait pour rester au somme du classement.
Les podiums :
MAXI 1. ALFA ROMEO Neville Crichton NZL, 18 pts 2. FAVONIUS Roel Pieper Iles Vierges, 18 pts 3. SPIRIT OF JETHOU Sir Peter Ogden GBR, 20 pts
Marc, quel est ton premier sentiment après cette arrivée ?
« Je suis à bon port et pas mécontent, car ce n’était pas du tout gagné suite à ma blessure…Finalement, je me suis battu et je suis très satisfait d’être allé au bout, par rapport à moi-même, par rapport à la préparation du Vendée Globe, pour toute l’équipe et toutes les personnes de SAFRAN qui m’ont soutenu. Je suis très fier, voilà ! »
Comment vas-tu, physiquement ?
« Hier soir, ça allait très bien, mais cette dernière nuit on a eu droit à beaucoup de manœuvres dans du vent instable. Je me suis cogné à une dérive et la douleur s’est un peu réveillée, mais globalement ça va. Je vais aller passer des radios dès demain par mesure de sécurité.. »
Quatrième, c’est une place qui était inespérée après ta blessure, non ?
« C’est vrai que j’ai pensé que j’allais finir très loin. Je ne savais pas si j’allais avoir la détermination nécessaire pour me battre seul. Alors c’est sûr que je suis content et que c’est un bon résultat…même s’il y a eu des abandons devant, mais ceux-ci font aussi partie de la course ! Et je préfère être quatrième ici que dans le port de la Trinité-sur-mer… »
Du portant, peu de vent, des zones instables… cette Transat anglaise a été curieuse…
« Un paradoxe par excellence ! D’ordinaire, ces transats sur l’Atlantique Nord, dans ce sens, on les passe à enchaîner les dépressions les unes après les autres. Celle-ci a été vraiment particulière : du portant jusqu’aux Açores, puis du petit temps… Or, contrairement à ce qu’on peut croire, c’est plus dur, cela entraîne beaucoup de fatigue. Car si prendre des ris est la manœuvre la plus facile, affaler sans cesse le spi et le remplacer par un code zéro ou un gennaker est beaucoup plus fatiguant. Je suis très fatigué, en fait. »
Des enseignements à tirer de ces 15 jours de course ?
« Beaucoup… Adapter sans cesse le bateau aux conditions a été très, très riche. C’est énorme tout ce que j’ai appris dans la perspective du Vendée Globe ! Par exemple sur les enchaînements de manœuvres, sur les voiles que j’avais embarquées en plus grand nombre que je ne le ferai sur le Vendée. Cette course de petit temps va apporter énormément à tous ceux qui sont arrivés ici. Je le répète c’est très, très riche…Et le retour en solo va l’être aussi, passionnant et enrichissant, j’en suis persuadé. »
As-tu décelé des améliorations potentielles à faire sur Safran ?
« Il y en a toujours, dès qu’on monte sur un bateau, on y pense ! J’ai pas mal de trucs en tête, mais on verra ça plus tard. On fera sans doute des petites améliorations lors du chantier prévu en juillet, mais les grosses modifications – s’il y en a – ne se feront maintenant qu’après le Vendée Globe. »
Un mot sur le podium ?
« Super ! C’est un super beau podium. On s’imagine toujours en être avant le départ, mais c’est marrant de retrouver Loïck (Peyron) et Armel (Le Cléac’h) sur les deux plus hautes marches car ce sont les deux bateaux que j’ai croisés avant mon gros ‘vrac’. Loïck a fait une superbe course, très intelligente, Armel aussi et en plus il a gagné son ticket d’entrée pour le Vendée Globe, donc c’est génial. Chapeau aussi à Yann Eliès, qui est arrivé avec un gréement fatigué et a réussi à bien terminer. Franchement, c’est super. Bravo à eux ! »
Les 4 premiers à Boston :
1. Loïc Peyron (Gitana Eighty) en 12 jours, 11 h45’35’’ (nouveau record) 2. Armel Le Cléac’h (Brit Air) en 12 jours, 19h28’40’’ 3. Yann Eliès (Generali) en 13 jours, 15h00’22’’ 4. Marc Guillemot (Safran) en 14 jours, 21h18’47’’
Solarinox, deuxième de l’AG2R, reconduit son engagement avec Energies Autour du Monde. La société Solarinox, spécialisée dans les véhicules électriques (voitures, scooters, bicyclettes) annonce qu’elle poursuit la saison de course 2008 avec l’écurie « Energies autour du Monde » et Ronan Guérin qu’elle accompagnera dans les deux prochaines courses en solitaire : – La Solitaire du Figaro, du 19 juillet au 17 août – Cap Istambul, du 9 septembre au 11 octobre – en solitaire de Nice à Istambul.
Une course à rebondissements : « Solarinox » a remporté un challenge risqué en décidant de jouer cavalier seul et de piquer plein Sud dès le passage des îles de Madère. A cette date, Ronan Guérin et Luc Poupon n’étaient pas en bonne posture. Quelques petits ennuis de voile dans le Golf de Gascogne, puis un rendez-vous manqué avec la météo près des côtes portugaises…Les deux marins n’étant plus en ligne de mire, ils s’offrent l’échappée belle…
Si aujourd’hui, confortés par une place de deuxième, les navigateurs prétendent pudiquement avoir fait le choix paresseux de la châleur et des longues glissades, abandonnant le Nord aux "masos", c’est pour mieux dissimuler les heures passées sur les fichiers météo à spéculer sur des évolutions logiques au regard de leur expérience des zones tropicales, partagés entre leur conviction profonde et l’angoisse de se retrouver isolés dans cette voie. Huit jours plus tard, ils sont craints comme le loup blanc ! Solarinox toujours en embuscade, remonte inexorablement. S’il n’apparait pas encore dans le trio de tête, sa position très décalée dans le Sud lui permet d’attaquer la remontée sur Saint-Barth avec un meilleur angle que les autres prétendants à la victoire. Et Ronan Guérin comme Luc Poupon sont des gars des îles… Le redoutable « Roi Jean » sur Cercle Vert démasque le premier cette menace « du-dessous », portée par Solarinox et Snef & Cliptol Sport. L’avenir devait lui donner raison….
Jean-Paul Mouren, vainqueur de cette édition, saluait élégamment le scénario des hommes de Solarinox, "qui ont su investir longtemps, ont capitalisé, nous ont fait peur et c’est pourquoi ils sont à cette place à présent" !
Essai transformé pour Energies autour du Monde et Solarinox : Premier parrainage, premier podium.
Les derniers milles de Marc Guillemot n’ont pas été de tout repos : du petit temps au Sud de la Nouvelle-écosse dimanche, du vent variable dans la nuit et une brise de Sud-Ouest pour finir ce lundi matin après deux virements de bord. De quoi encore solliciter un corps déjà bien fatigué par cette blessure aux côtes dès le troisième jour de mer ! Mais le Breton est un roc, un menhir, un Bigouden pur beurre qui a préféré perdurer jusqu’à l’arrivée à Boston, en acceptant la douleur et la rétrogradation dans le classement, pour encore accumuler de l’expérience et revenir à La Trinité/mer en solitaire, en compagnie de Loïck Peyron comme cela avait été prévu au départ de Plymouth ! Une persévérance et un courage que tous ont salués à l’arrivée au ponton de Marc Guillemot sur Safran, ce lundi à 10h 18′ 47” UTC (soit 12h 18′ 47” heure française), après 14 jours 21 heures 18 minutes et 47 secondes de course. Et une quatrième place dans cette The Artemis Transat 2008.
Commentaire à terre
Marc Guillemot (Safran) à son arrivée au ponton à Boston « Super ! La course a été plus longue que je ne l’avais imaginée car par rapport aux conditions normales d’une transat Nord où on enchaîne les dépressions, c’était du petit temps : ce qui veut dire beaucoup plus de travail ! Plus de confort côté humidité et shaker car on pouvait bien dormir dans la bannette, mais beaucoup de présence sur le pont et de manœuvres. A choisir, je me demande si ce n’est pas mieux quand ce sont des conditions normales ! Là, cinq à six manœuvres par nuit au minimum : encore cette nuit, je me suis cogné contre la dérive. Côté côtes, pendant les trois jours qui ont suivi mon choc, je me suis demandé si cela avait encore un sens de persévérer. Parce que continuer en sachant que je ne pourrais pas être au maximum de mes performances. Et les Açores n’étaient qu’à 300 milles. Mais en réfléchissant, je me suis dit que c’était mieux d’arriver neuvième que de ne pas arriver du tout à Boston ! Et deux jours après, je pensais à la 7ème place, et puis voilà. Mine de rien, j’ai grattouillé des places même si j’étais bien distancé par les premiers. C’est la particularité de cette transat Est-Ouest : quand tu pars par devant, tu creuses l’écart puisque tu es en avance sur le système qui arrive sur toi ; a contrario de l’autre sens de la traversée de l’Atlantique où tu peux être ralenti devant et rattrapé par tes poursuivants. De Plymouth à Boston, les premiers ne font qu’amplifier leur avance. Ils touchent toujours les nouvelles conditions en premier. Bravo à eux ! Bravo à Loïck qui a fait une superbe course. »
Un peu moins d’une journée
Pour l’attribution de la cinquième place de The Artemis Transat, Samantha Davies (Roxy) semble à l’abri d’un retour du duo qui ne s’est pas lâché depuis Plymouth ! La jeune Britannique a réussi avec brio à s’échapper dans une dernière zone de molle la nuit dernière. Et comme justement, le vent de Sud-Ouest s’installe désormais au large des côtes américaines, les possibilités tactiques sont quasi nulles et ce n’est qu’une longue ligne droite vers l’arrivée qui ne devrait pas avantager un bateau plus que l’autre. Sam Davies devrait donc logiquement franchir la ligne devant Boston entre minuit et trois heures du matin (heure française) puisqu’elle avait moins de 130 milles à parcourir ce lundi après-midi.
Avec plus de soixante dix milles de retard, Arnaud Boissières (Akena Vérandas) ne se faisait plus d’illusion pour cette cinquième place mais surveillait attentivement son camarade Yannick Bestaven (Cervin EnR) qui a choisi de se caler à son vent en prévision d’une rotation lente de la brise vers le Sud. Seule une huitaine de milles séparent les deux anciens de la Mini Transat mais, avec cette petit différence d’angle due à un écart latéral, le final est très ouvert et de toutes façons, les distances à l’arrivée à Boston seront infimes entre ces deux solitaires. A leur suite, Dee Caffari (Aviva) va leur concéder une demie journée et Steve White (Spirit of Weymouth), une journée entière. Tous les monocoques Imoca encore en course seront donc à Boston avant les premiers Class’40 attendus en fin de journée mercredi.
Commentaire en mer
Arnaud Boissières (Akena Vérandas) « C’est quasiment ma dernière nuit en mer ! Le jour s’est levé depuis trois heures : c’était une nuit fraîche, et j’ai viré de bord avant Cervin. Je suis passé juste derrière lui et je fais route vers Boston, direct. Il n’y aura qu’à réduire la toile quand le vent va monter. Et arriver le plus vite possible ! Samantha a passé une super nuit car elle nous a bien largué. Moi, j’ai réussi à grappiller deux-trois milles sur Yannick par ci par là. On verra bien à l’arrivée, demain mardi en fin de nuit. On a quinze nœuds mais ça va monter à vingt-cinq nœuds de Sud à Sud-Ouest, au débridé ! Et puis voilà. Un bon reaching pour terminer même s’il y a un peu de stress d’avoir un bateau derrière moi, mais très proche. Il y a de plus en plus de trafic ici. Et puis voilà. »
Yannick Bestaven (Cervin EnR) « Ca glisse bien pile poil sur la route directe à douze nœuds. C’est une course de vitesse avec Arnaud, qui est devant moi mais sous mon vent, plus au Nord ! On va voir ce qui va se passer quand le vent va tourner plus au Sud. C’est pour ça que je me suis décalé plus au Sud : ça va être serré sur la ligne d’arrivée. On devrait arriver en matinée (heure française). La nuit dernière, dans le petit temps, Samantha s’est échappée ! J’étais collé dans cette bulle : un triste sort que le mien. Le bilan personnel de cette première transat sur l’Atlantique Nord est d’abord sa variété : on a eu tous les types de temps, du près et du portant, des calmes et du vent fort ! Je suis content des progrès de mon bateau depuis l’année dernière. Même si j’ai encore du mal au près par exemple, l’amélioration est sensible par rapport à Roxy. J’arrive à la tenir sans avoir perdu de potentiel dans les allures débridées où Cervin est toujours aussi rapide. A bord, tout est en état ! C’est une bonne nouvelle quand on voit de belles machines toutes neuves qui rentrent à la maison : il y aura du match à la fin de l’année aux Sables d’Olonne ! Ce sera plein de rebondissements. Cette transat a vraiment été bien pour moi, pour la suite du programme. Après, je monte à Québec et en équipage, on fera la transat Québec-Saint Malo en juillet prochain, avec un superbe parcours sur le Saint Laurent. »
Le sacre du printemps
En ce printemps plutôt calme sur l’Atlantique Nord, Loïck Peyron peut savourer un succès exceptionnel puisque sur cinq participations à cette transat, il s’en est offert trois ! La « reine des transat » comme l’on surnomme la plus ancienne épreuve en solitaire de toute l’histoire de la voile océanique, a ainsi été « honorée » par ce courtisan français, ce « ménestrel » du multicoque passé aux aubades du monocoque. Par trois fois ! Artiste de la viole et virtuose de la voile, ce troubadour des flots a fait succomber de ses accords monocordes, Artemis déesse grecque de la chasse, fille de Zeus et gardienne de la Lune. Un astre qui a illuminé le marathon de Loïck Peyron qui, détaché du peloton à l’occasion d’une porte glaciaire, dut se détourner pour porter assistance à Vincent Riou. Autre travail, comme les douze d’Hercule, avant de déclamer son ode à cette treizième transat. Loïck III, enfin sacré roi de l’Atlantique Nord ! Et quelle préparation avant le Vendée Globe, lorsque les deux dernières épreuves en solitaire lui sont dévolues. Le long ruban de la mer océane qui mène jusqu’aux Sables dorés de la conquête du globe, se déroulera-t-il devant son sillage magistral.
Commentaire à terre
Loïck Peyron (Gitana Eighty) « C’est avec cette course que tout a commencée en France, alors la gagner trois fois est forcément une incroyable satisfaction ! Je crois que lorsque l’on fait du bateau à voile en France, nous le devons quelque part à Eric Tabarly. Nous marchons tous sur ses traces . Mais paradoxalement, j’ai moins pensé à lui cette année que lors de ma victoire en 1996. Il s’agit de ma troisième victoire sur cette épreuve mais de la première en monocoque. Et je suis particulièrement heureux de l’offrir au Gitana Team. J’ai une équipe exceptionnelle, qui peut travailler en toute confiance grâce au soutien inconditionnel d’un armateur tout autant passionné que passionnant : le Baron Benjamin de Rothschild. En deux ans, le Gitana Team remporte deux épreuves majeures en solitaire : la Route du Rhum 2006 brillamment enlevée par Lionel Lemonchois et cette année la Transat Anglaise. C’est une belle récompense pour tout ce travail d’équipe. Je suis heureux mais fatigué ! Ce sont des bateaux physiquement très fatigants. Faire des traversées sur ces monocoques est beaucoup moins stressant que sur les multicoques mais c’est aussi beaucoup plus physique. Il y a du travail en permanence pour tirer la quintessence de nos machines. Gitana Eighty est un bateau bien né, un « beau bébé » qui me donne pleine satisfaction. Et la très bonne nouvelle de cette transat est que malgré mon grand âge j’arrive à tenir la cadence (rires). On apprend tous les jours et c’est pour cela que je continue. Ma victoire dans la Transat BtoB en décembre dernier, et celle-ci me mettent en confiance mais le Vendée Globe sera une autre histoire. Il y a de très sérieux clients . un casting hallucinant où tout se jouera au détail. Avec ces nouvelles générations de bateaux, nous sommes en mode régate en permanence : sur cette transat, c’était du figaro à l’échelle Atlantique et dans quelques mois ce sera du figaro à l’échelle planétaire. »
Classement du lundi 26 mai à 16h00 (heure française) 1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) le samedi 24 mai à 3h15’35” UTC en 12j 11h 45′ 35 (redressement de 2h30 du Jury inclus) 2- Armel Le Cléac’h (Brit Air) en 12j 19h 28′ 40” à 7h 43′ 05” du premier 3- Yann Eliès (Generali) en 13j 15h 00′ 22” à 1j 3h 14′ 47” du premier 4-Marc Guillemot (Safran) en 14j 21h 18′ 47” à 2j 9h 33′ 12” du premier 5- Samantha Davies (Roxy) à 107 milles de l’arrivée 6- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 174 milles 7- Yannick Bestaven (Cervin EnR) à 180 milles 8- Dee Caffari (Aviva) à 304 milles 9- Steve White (Spirit of Weymouth) à 393 milles Abandon- Vincent Riou (PRB) Abandon- Unai Basurko (Pakea Biskaia 2009) Abandon- Sébastien Josse (BT) Abandon- Michel Desjoyeaux (Foncia)
Après avoir réussi à réaliser une réparation de fortune en mer, Yvan Noblet fait actuellement route vers le port le plus proche : St Pierre et Miquelon…
C’est vendredi à 15h30, qu’Yvan a contacté la direction de course afin de lui signaler l’apparition d’une fissure ayant engendré un suintement d’eau à l’avant de son bateau. Ce dernier naviguait alors au près dans un vent de plus de 30 nœuds établis et une mer déchainée. Le bateau martelait alors violemment chaque vague, risquant à tout instant de transformer la fissure naissante en une importante voie d’eau. Le skipper d’Appart’City s’est donc au préalable préoccupé de sa propre sécurité, envisageant même de quitter le bateau pour le cas où la situation venait à s’aggraver… La course était alors terminée et la priorité était de rejoindre sain et sauf la terre ferme. La Direction de course a immédiatement alerté les secours ainsi que les concurrents les plus proches d’Yvan : Beluga Racer (Boris Herrman), alors à 35 miles devant lui et 40 Degrees (Miranda Merron), à 45 milles derrière.
Yvan quant à lui, en bon marin constructeur, s’est rapidement lancé dans une réparation de fortune afin ne pas abandonner son Class 40 au milieu de l’Atlantique Nord et risquer de le perdre définitivement. Aux alentours de 20h30, le skipper d’Appart’City annonçait à son équipe technique qu’il avait réussi à maîtriser son problème. Du cycaflex, une planche de contre-plaqué positionnée sur l’ensemble et solidement étayée avec un tubes prélevé sur l’une de ses bannettes, lui ont permis de pouvoir mettre le cap de mettre le cap sur St Pierre et Miquelon, l’escale la plus proche de sa position, située à 520 milles de son étrave. Il lui restait alors environ 1032 milles à réaliser, ce essentiellement au près, pour rallier la ligne d’arrivée. « Pour tenter de sauver le bateau, la question ne se posait pas, il fallait abandonner la course ! »
« Je ne comprends vraiment pas pourquoi ça a claqué à cet endroit. Le bateau a percuté deux jours auparavant un tronc d’arbre : ce choc a peut être amorcé une faiblesse qui s’est dégradée à force de taper violemment dans les vagues au près. » N’ayant pu visualiser l’ampleur des dégâts sous le bateau, Yvan ne pourra analyser son avarie que lorsque son Class 40 se trouvera hors d’eau à St Pierre dans quelques jours. Sandrine, sa préparatrice, organise d’ores et déjà la sortie d’eau d’Appart’City pour sa réparation. Elle sera sur place pour l’accueillir à partir de mardi.
Haute vigilance pour Appart’City : Icebergs droit devant !
Toujours surveillé avec attention par l’organisation de course, Appart’City progresse aujourd’hui sur une mer belle et avec un vent d’Est, lui permettant de naviguer sur la bonne amure (la fissure se trouvant à tribord). « Tout se passe bien à bord. La météo est plutôt clémente maintenant, mais ça commence à cailler un peu (l’eau est à 7°) ! J’ai fais une route assez Ouest afin de déborder la zone des glaces connues. Pour le moment j’ai une bonne visibilité : pourvu que ça dure !! »
Yvan commence à se détendre un peu et à retrouver le moral, car les premières 24h et tout particulièrement la première nuit suivant l’avarie ont été très éprouvantes : « Le vent de Sud – Sud Ouest établi à 30 nœuds avec des claques atteignant 45 nœuds et la mer forte, pas très haute mais vraiment très croisée ont énormément sollicité le bateau. La réparation a malgré tout tenu ! Je pense que le plus dur est passé.Je devrais atteindre la côte dans la nuit du 26 au 27. J’ai réussi à me reposer un peu, mais la présence sur cette zone de nombreux icebergs va dès à présent m’imposer une veille très attentive… »
Côté météo :
Le vent va progressivement virer a l’Ouest – Sud Ouest dans la nuit, se renforcer dans l’après midi du 26 et forcir encore le 27 au matin. Yvan ne doit pas traîner, pour tenter de précéder le coup de vent annoncé… Les soixante derniers milles s’annoncent délicats à négocier et pour cause… une densité importante de glaçons a été repérée sur cette zone et des vents violents risquent à nouveau de maltraiter le bateau.
La seconde et dernière journée de l’Open de Rolle a démarré sur le coup de 10 heures pour le plus grand plaisir des passionnées de voile. Le vent a joué des tours aux D35. Malgré les conditions très complexes, avec un vaudron de 6 nœuds dans la première manche, de la bise à 10 nœuds dans la deuxième et un vent de sud-ouest de 6 nœuds dans la dernière manche, trois belles régates ont pu être disputées.
La journée a vu Okalys, Alinghi et Ladycat gagné respectivement les trois manches de la journée. « Les régates étaient engagées, la concurrence omniprésente, et nous avions un très bon équipage, auquel je dis bravo. Bravo aussi aux filles de Ladycat, qui ont fait une belle montée en puissance durant le week-end !», se réjouit Pierre-Yves Jorand, du team Alinghi.
Cette victoire est une magnifique première pour les filles, qui étaient ravies à leur descente du bateau comme nous l’explique Karine Fauconnier : « Le vent se calmait, nous pensions arriver 3ème et nous étions déjà contente. Nous avons tout donné et pris une belle avance !
Nous avons bien navigué, et toutes les filles ont bien pris le bateau en main, malgré la marge de progression qu’il nous reste par rapport à Alinghi ! Mais je suis très contente de notre résultat» !
Les équipages amateurs se sont démarqués ce week-end, à l’image de Cadence qui a remporté une manche hier et qui est arrivé second lors de la 1ère manche du jour, ou Smarthome qui a obtenu une belle troisième place pour la dernière manche de la journée : « Je suis content, ça vient gentiment, même si nous subissons encore la loi des pros », commente Christian Michel.
Les résultats de ce week-end ont permis à Alinghi de prendre la tête du classement général du Challenge, talonné par Okalys qui a gagné une manche durant le week-end. A noter encore les belles prestations de Foncia et Ladycat qui se situent respectivement 3ème et 4ème !
L’Open de Rolle à peine terminé sur un magnifique spectacle, les navigateurs vont commencer à se préparer pour la première grande classique Genève-Rolle-Genève qui aura lieu le 7 juin prochain.
Si d’un point de vue purement comptable, le tableau de chasse de South Australia de Jacques Fauroux laisse peu de places à la concurrence, cette domination ne doit pas occulter le formidable spectacle offert par ces voiliers de légende naviguant dans l’écume et dans le vent avec pour cadre l’enchanteur décors des plages de Porquerolles. William Borel, second avec son Challenge Twelve repart enchanté : "Non seulement l’accueil du Yacht Club de Porquerolles est chaleureux, mais le contexte insulaire de cette régate rapproche davantage encore les équipages. Les régates en deviennent d’autant plus acharnées sur l’eau que l’amitié règne à terre. On s’est battu comme des chiffonniers, tant l’envie de bien faire était grande sur tous les bateaux, et aussi parce que dans la brise, ces voiliers deviennent intenables. Des bateaux de "grands garçons" en quelque sorte." Numéro Un à bord de ce même Challenge Twelve, Louis Hecky est le mieux à même d’en parler ; "Les départs sont "chauds bouillants" dans la brise car les bateaux sont très réactifs et qu’avec l’immense surface de voiles qu’ils portent, il est fondamental de trouver très vite du vent frais et de se démarquer. Or, le jeu consitse précisément à se suivre au plus près et à se voler le vent un peu comme en Match Race…" Les joutes nautiques ont parfaitement traduit cet état d’esprit. Challenge Twelve, plus lourd et plus ancien, a su tenir la dragée haute à South Australia, un des derniers nés de la Classe "défunte" en 1987. "Ils nous reprennent en vitesse pure sur la fin mais on a montré que bien que ne jouant pas tout à fait dans la même catégorie, on avait à bord les ressources pour faire de beaux coups " conclut Borel.
Kookabura III faisait à Porquerolles son grand retour en compétition depuis… 1987. En chantier à Antibes chez Tréhart depuis de longs mois, il a prouvé qu’avec de l’expérience, il allait rapidement retrouver son rang en tête des classements. Dans la brise du jour, les 4 voiliers ont navigué davantage au contact qu’hier. Le vénérable Ikra, magnifiquement rénové l’an passé, s’est malgré son poids, remarquablement battu.
Classement général après 5 courses 1 – KA 8 – South Australia / Jacques Fauroux 2 – KA 10 – Challenge Twelve / William Borel 3 – KA 15 – Kookaburra III / Trehard Christian 4 – K3 – IKRA / De Rosny Olivier