Accueil Blog Page 1674

Enfin au portant, Dick aux commandes

Jean-Pierre Dick qualifié
DR

Tous les skippers s´attendaient à une première journée de course extrêmement dure, voir violente : ils ont été servis et les huit retours au port ou avaries définitives qui se sont succédés depuis le départ des Sables d´Olonne dimanche, ont jeté un froid… Ceux qui ont fait le dos rond, préservant leur bateau et patientant face à six mètres de creux, quarante nœuds de vent contraire, des rafales à plus de cinquante nœuds et des pluies diluviennes, ont pu enfin virer de bord derrière ce front froid très brutal. Mais que la brise mollisse et tourne de 90° en quelques minutes ne modifie pas l´état de la mer : il a fallu non seulement changer de cap pour piquer vers le Sud-Ouest, mais aussi renvoyer de la toile, ce qui a imposé beaucoup d´efforts. A ce jeu, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) ont parfaitement géré l´enchaînement pour prendre la direction des opérations en persévérant vers l´Ouest le plus longtemps possible. Quant à Loïck Peyron (Gitana Eighty), il a préféré virer de bord avant tout le monde pour se retrouver sous le vent de la flotte et donc plus près des côtes espagnoles.

Trois abandons attendus

À plus de quinze nœuds de moyenne dans cette brise de Nord-Ouest 25 nœuds, les premiers vont bénéficier d´une mer qui s´assagit rapidement et d´un vent qui va tourner au Nord en mollissant un peu : de quoi reprendre des forces après cette tempête qui a provoqué moult avaries. Si Dominique Wavre (Temenos II) a pu repartir rapidement lundi, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) et Michel Desjoyeaux (Foncia) doivent patienter encore un peu avant de reprendre la mer : le Suisse et le Breton devraient repartir ensemble ce midi. Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) et Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) étaient encore à une centaine de milles des Sables d´Olonne qu´ils devraient atteindre dans la soirée. Quant aux trois skippers sérieusement touchés par une avarie grave, Alex Thomson (avarie structurelle sur Hugo Boss), Kito de Pavant (Groupe Bel) et Yannick Bestaven (Aquarelle.com) qui ont démâté, ils sont encore à 150 milles de la Vendée : ils devraient annoncer leur abandon prochainement car la ligne de départ sera fermée dans huit jours et il est difficilement imaginable qu´ils puissent réparer aussi rapidement…

DBo.

- Publicité -

Hugo Boss 8e bateau touché, le point sur les retours

hugo boss
DR

. Dominique Wavre, Temenos II : problème électrique, retour aux Sables d´Olonne, le 9 novembre. A repris la mer le 9 novembre au soir.

. Bernard Stamm, Cheminées Poujoulat : abordage avec un cargo, retour aux Sables d´Olonne, dans la nuit du 9 au 10 novembre.

. Michel Desjoyeaux, Foncia : problèmes électriques consécutifs à une fuite de ballast. Arrivée prévue aux Sables d´Olonne dans la nuit du 10 au 11 novembre.

. Jean-Baptiste Dejeanty, Groupe Maisonneuve : panneau de pont endommagé dans la matinée du 10 novembre. Arrivée prévue aux sables d´Olonne dans la matinée du 11 novembre.

. Derek Hatfield, Algimouss Spirit of Canada : problèmes électriques dans l´après-midi du 10 novembre. Arrivée prévue aux Sables d´Olonne dans la matinée du 11 novembre.

. Yannick Bestaven, Aquarelle.com : démâtage dans l´après-midi du 10 novembre. Arrivée prévue aux Sables d´Olonne dans la nuit du 11 au 12 novembre.

. Kito de Pavant, Groupe Bel : démâtage dans l´après-midi du 10 novembre. Arrivée prévue aux sables d´Olonne dans la nuit du 11 au 12 novembre.

. Alex Thomson, Hugo Boss : problème de structure dans l´après-midi. Voie d´eau. Arrivée prévue aux Sables d´Olonne dans la nuit du 11 au 12 novembre.

- Publicité -

Destins contrastés dans le coup de chien

Marc Guillemot - Safran
DR

Premier coup de vent et premières victimes : en vingt-quatre heures, déjà trois navigateurs solitaires ont du revenir aux Sables d’Olonne. Paradoxalement, ce n’est pas la structure du navire ou la tenue du gréement qui sont en cause, mais des soucis périphériques qui engendrent de véritables dysfonctionnements, mis à part la fortune de mer de Bernard Stamm. Le navigateur de Cheminées Poujoulat est entré en collision avec un cargo sous pavillon maltais, alors que quelques minutes plus tôt, il avait vérifié que les routes des deux navires ne pouvaient pas être de collision. Bout dehors démantelé, Bernard Stamm a préféré rallier les Sables d’Olonne, plutôt que de devoir se lancer dans un tour du monde sans pouvoir utiliser ses voiles de portant, spis et gennakers.

Petites causes et grands effets

Pour Michel Desjoyeaux et Dominique Wavre, on pourrait évoquer le syndrome de l’aile du papillon. Il a suffi dans un cas, d’un composant électrique défectueux pour priver le skipper de Téménos II de toute possibilité de recharger ses batteries. Dans l’autre, Michel Desjoyeaux reconnaissait avoir sous-estimé l’effet d’une fuite sur un de ses ballasts. En conséquence de quoi, de l’eau s’infiltrait dans le compartiment moteur et grillait les circuits électriques de Foncia. C’est un coup rude pour le vainqueur du Vendée Globe 2000-2001 qui affichait une sérénité évidente sur les pontons de Port Olonna. Pour ces trois-là, il va falloir maintenant cravacher pour revenir sur la tête de flotte : il n’est qu’à espérer, pour l’intérêt de la course, qu’un système météo ne vienne pas ruiner toutes les chances de ce petit groupe de poursuivants. Mais le Vendée Globe a déjà démontré qu’un arrêt au stand n’était pas forcément rédhibitoire : en 2000, Roland Jourdain avait du rentrer précipitamment aux Sables d’Olonne. Cela ne l’avait pas empêché de revenir sur les talons de Michel Desjoyeaux et d’Ellen Mac Arthur aux portes du Cap Horn. D’autant que si Bernard Stamm et Michel Desjoyeaux repartent ensemble des Sables d’Olonne, on peut compter sur eux pour se forger une saine émulation.

Pincée de Safran

Marc Guillemot aurait-il décidé d’épicer la course ? Le skipper de Safran, non content d’afficher depuis le départ une vitesse plus qu’honorable, a décidé de jouer tactique dans le Golfe de Gascogne. Un petit contre-bord astucieux lui a permis de se positionner un petit peu plus au sud de la flotte et de prendre un avantage de 10 milles au classement de 16h (TU +1). Pointé en tête, Marc affichait, comme nombre de concurrents, une certaine fatigue et une inquiétude non feinte sur les risques que faisait courir ce mauvais temps de face à la flotte. Il reste que le navigateur trinitain a réalisé là un joli coup : pour peu que la bascule de vent au passage du front suffisamment rapide, il pourrait se retrouver légèrement en dessous de la route du reste de la flotte et bénéficier d’une trajectoire plus favorable pour descendre sur le Cap Finisterre. L’occasion pour lui d’enfoncer le clou et d’introduire un peu plus de perplexité chez ses adversaires qui savent bien le potentiel du plan Verdier – VPLP aux allures portantes. Pour l’heure la flotte fait le dos rond. Seule, Sam Davies à bord de Roxy, affichait un enthousiasme communicatif : la jeune Britannique qui avait passé une grande part de son temps à bricoler à l’intérieur du bateau et se reposer reconnaissait être avantagée par son absence de sensibilité au mal de mer. Sam disait avant le départ du Vendée Globe a quel point elle aimait être en mer : son bonheur affiché en est sûrement la meilleure preuve.

Voix du large…

Michel Desjoyeaux (Foncia) : « ” J’avais une fuite sur un capot de ballast et j’ai sous-estimé son importance : de l’eau est entrée dans la cale moteur. Quand j’ai fait tourner le moteur, au bout de 40 minutes, j’ai senti une odeur de cramé. C’était la première leçon de nage du moteur, il n’a pas aimé. Le faisceau électrique est foutu : j’ai décidé de revenir aux Sables d’Olonne pour réparer. Impossible de faire un tour du monde sans électricité ! L’équipe technique est déjà prévenue de l’ampleur des dégâts. J’arriverai ce lundi soir vers 22h mais j’espère que l’état de la mer me permettra de rentrer au port… Peut-être pourrais-je repartir dès mardi matin. Ce sera une chasse à ceux qui sont devant. ” »

Samantha Davies (Roxy) : « “C’est une patinoire ! Un bidon d’huile moteur s’est renversé quand j’ai viré de bord la nuit dernière. Je vais devoir tout nettoyer dès que la brise va mollir car là, j’ai 30-40 nœuds sous trois ris dans la grand voile et foc de brise… Il y a de l’huile partout et ça va me prendre du temps de tout remettre en ordre. ” »

Yannick Bestaven (Aquarelle.com) : « “On plante des pieux ! Je navigue sous deux ris dans la grand voile et foc de brise. Je pense même que je vais devoir prendre le troisième ris bientôt. C’est une entrée en matière rude, mais tout se passe bien, même si Aquarelle.com n’est pas particulièrement à l’aise au près ! ” »

Marc Guillemot (Safran) : « “La vache ! Ca tape… Il y a trente nœuds de vent avec de bonnes claques. On en a encore pour tout l’après-midi avant que la bascule au nord-ouest arrive. Je suis assez fatigué avec mon double virement de la nuit et je ne suis pas encore totalement amariné. Mais savoir que j’ai pris un peu d’avance est toujours agréable. Maintenant est-ce que mon décalage un peu plus sud sera bénéfique ? ” »

Classement à 16h (TU + 1) :
1- Marc Guillemot (Safran) à 24 491,4 milles de l’arrivée
2- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 10,1 milles du premier
3- Roland Jourdain (Véolia) à 12,1 milles du premier
4- Kito de Pavant (Groupe Bel) à 14,2 milles du premier
5- Sébastien Josse (BT) à 15,9 milles du premier

(Source Vendée Globe)

- Publicité -

Michel Desjoyeaux envisage une réparation express

FONCIA MICHEL DESJOYEAUX
DR

Michel Desjoyeaux : « J´avais une petite fuite sur un capot de ballast et j´avais un peu sous-estimé son importance et les dégâts qu´elle pourrait faire. De l´eau est entrée dans la cale moteur… Je pensais qu´il y en avait très peu et ce matin quand j´ai fait tourner mon moteur, au bout de 40 minutes de charge, j´ai senti une odeur de cramé… A priori, le faisceau du moteur a appris à nager. C’était sa première leçon ce matin et cela ne lui a pas plu du tout !… Je sais déjà ce que c´est de faire un bout de tour du monde avec un moteur qui ne démarre pas facilement, alors avec un moteur qui ne démarre pas du tout, cela ne me plaît pas trop. Alors j´ai décidé de faire demi-tour et de revenir aux Sables d´Olonne pour réparer. »

Le skipper de Foncia a également expliqué : « J´espère arriver ce soir aux Sables d´Olonne en espérant que la mer me permettra de passer l´entrée du port. Quand je vois déjà, hors plateau continental, comment la mer est formée, je me dis que devant nous, cela va être assez fort. Mais bon, je pense que cela passera ! Je pense entrer vers 22h (heure française) dans le chenal. L´équipe technique est déjà prévenue de l´ampleur des dégâts que j´ai pu constater, maintenant je n´ai pas tout ouvert non plus. L´équipe va déjà rassembler les morceaux mis en cause dans les dégâts. On repartira au mieux à la marée du lendemain matin sachant que nous devons faire un diagnostic très précis, chose qu´il est impossible de faire dans les conditions actuelles ».

Un demi-tour forcément douloureux pour Michel alors que le skipper de Foncia était en tête de son option Ouest, face à la majeure partie de la flotte : « Cela m´énerve un peu car au classement de 4 heures du matin, j´avais vraiment fait un joli trou sur mes poursuivants. On repartira dès que ce sera réparé et on partira ensuite à la chasse de ceux qui sont devant. »

L´équipe technique en attente…

D´ores et déjà prêt à accueillir Michel Desjoyeaux et son monocoque, l´équipe technique envisage de terre tout ce qu´il est possible d´être amené à réparer. « Nous sommes tous sur zone et nous essayons déjà de récupérer des pièces de moteur dans l´éventualité  d´avoir à les changer. Chose qui n´est déjà pas facile compte tenu du pont du 11 novembre, déclare Jean-Paul Roux, directeur de Mer Agitée. Michel nous a expliqué la situation et nous profitons du retour du bateau vers les Sables d´Olonne pour faire à distance un diagnostic plus complet du bateau. Nous essayons de scénariser les problèmes en posant des questions à Michel qui confirme ou pas. » Si une équipe travaille sur les problèmes moteur, une autre se consacrera sur la problématique fuite ballast. Simple problème de plomberie ou réparation composite, toutes les solutions sont envisagées… Le compte à rebours pour reprendre la mer au plus vite a commencé.

- Publicité -

Bernard Stamm espère repartir dès ce mardi

Casse bout dehors Stamm
DR

C’est un coup dur pour Bernard Stamm, ses partenaires et son équipe. Partir 48 heures après la flotte change considérablement les choses. « C’est beaucoup de travail remis en cause, ce n’est plus la même régate évidemment. J’ai cramé un paquet de jokers, c’est sûr. Maintenant, je vais essayer de les rattraper le mieux possible. L’intérêt est différent, mais sans espoir il n’y a aucune raison de faire les choses. Ma motivation et ma volonté sont intactes tout comme celles de mes partenaires et de tous les gens qui m’entourent. Ça reste un tour du monde, il peut se passer plein de choses et celui qui gagne, c’est déjà celui qui finit la course ».

L’équipe technique de Bernard Stamm, épaulée par des préparateurs d’autres concurrents s’est activée toute la nuit sans relâche. « C’est une course contre la montre, mais il y a des choses incompressibles. Par exemple, nous devons refaire totalement le bout dehors et le temps de séchage du composit est le même, qu’on soit en course ou pas. Il faut que cette réparation soit aussi sérieuse que tout ce que nous avons fait sur Cheminées Poujoulat jusque là. C’est un tour du monde, il faut que ça tienne. Le compte à rebours a commencé, tant que les autres sont au près, ce n’est pas encore trop grave et si je repartais aujourd’hui plutôt que demain, ce serait évidemment mieux. Maintenant, compte tenu du boulot à faire, je ne quitterai les Sables que demain après midi pour essayer de faire la meilleure course possible».  

A noter que l’élan de solidarité a dépassé l’aspect technique de la mésaventure de Cheminées Poujoulat, en effet, la ville des Sables d’Olonne qui avait un espace sur le village du Vendée Globe a réouvert les portes de celui-ci la nuit dernière pour y accueillir l’équipe de Bernard et les journalistes.

- Publicité -

Marc Guillemot prend les commandes

Safran leader Vende Globe
DR

Chassé-croisé suisse cette nuit devant le port des Sables d´Olonne. Dominique Wavre, revenu à quai à 17h00 à cause d´un problème électrique, en est reparti à 22h45 une fois ce problème identifié et résolu. A 1h30 du matin, c´était au tour de l´autre navigateur helvète de s´amarrer au ponton de Port Olona. L´avarie de Bernard Stamm sera plus longue à réparer. Lors d´une collision avec un bateau de pêche vers 20h00, Stamm a cassé son bout-dehors, appendice situé à l´avant du monocoque et indispensable pour porter les grandes voiles de portant. Le temps de réparation n´a pas encore été estimé.

Safran au plus près de la route

Partis dimanche à 13h02, les trente solitaires de ce 6e Vendée Globe sont tout de suite entrés dans le vif du sujet avec un vent d´une quinzaine de nœuds au départ et une houle d´environ 2 mètres. Dans la nuit, le vent de sud-ouest – dans l´axe de la route – est rapidement monté entre 20 et 30 nœuds avec des creux de 4 à 6 mètres ! La quasi-totalité des coureurs se dirige plein ouest le plus vite possible. Tous sauf trois concurrents qui ont déjà enchaîné au moins deux virements de bord pour rester au plus près de la route directe. C´est le cas de Marc Guillemot, leader depuis le premier classement, ainsi que de Mike Golding (Ecover, 17e à 5h ce matin) et de Samantha Davies (Roxy, 19e). Pointé en 6e position ce matin, Michel Desjoyeaux (Foncia) est le concurrent le plus à l´ouest du peloton mené par Peyron, Jourdain et Pavant. Les conditions météo devraient continuer de se dégrader tout au long de lundi.

(Source L.L.B/Vendée Globe)

- Publicité -

C’est parti pour le tour du monde…

depart Vendee Globe 2008 2
DR

Bouquets de roses ou de bonbons pour les navigatrices, grands sourires, bouteilles de champagne, yeux qui brillent, embrassades, regards tendus, étreintes, rires nerveux, humour rassurant, flash crépitants, sirènes, sifflets, chuchotements, baisers à la volée, micros tendus, caméras braquées… Une vague d’émotion s’est répandue sur les pontons peu avant que les navigateurs ne larguent les amarres, dès 9h15 ce matin, Dee Caffari en tête. Une sensation décuplée par la présence d’une foule immense de supporters et de passionnés – 300 000 personnes – qui ont envahi très tôt les rues des Sables d’Olonne avant de transhumer le long du chenal pour applaudir la sortie des bateaux. Les skippers ont embouqué ce dernier corridor qui les séparaient de la terre en répondant, chacun à sa manière, aux acclamations du public : de simples signes de la main pudiques et émus, mais aussi Roland Jourdain improvisant une danse à l’avant de Veolia Environnement ou encore l’équipe de Jonny Malbon, brandissant une banderole ” Merci les Sables d’Olonne “.

Bon départ, Temenos rentre au port pour problèmes électriques

A 13h02, dans une houle de 2 à 3 mètres et un vent d’ouest-sud-ouest d’une dizaine de nœuds, les navigateurs, plongés dans la grisaille et cernés par plusieurs centaines de bateaux spectateurs, se sont glissés sur la ligne. Au coup de canon, seul Mike Golding (Ecover) se fait rappeler à l’ordre pour départ prématuré et doit faire demi-tour pour franchir à nouveau la ligne. Au sein de la flotte, chacun a déjà choisi sa voilure, tout au moins pour les premières heures de course. La plupart des marins a opté pour une configuration 1 ris dans la grand-voile et solent, excepté une poignée d’entre eux (Hugo Boss, Aviva, Ecover, PRB et Foncia) qui s’est élancée grand-voile haute. Très vite, c’est le trio Sébastien Josse (BT), Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac) et Vincent Riou (PRB) qui sort du lot alors que le vent monte progressivement. Deux heures plus tard, c’est le coup dur pour Temenos. A 15h05, Dominique Wavre (Temenos) appelle la direction de course pour prévenir qu’il fait demi-tour vers les Sables d’Olonne afin de résoudre des problèmes d’électricité (ses batteries ne chargent plus). A 17h00, il était déjà au port, son équipe technique à pied d’œuvre. Le marin suisse espère pouvoir repartir à la prochaine marée (vers 23 heures), mais prévenait que ce genre d’incident pouvait aussi être compliqué à résoudre.

Pour les autres, la course continue. Au classement de 16h00, Sébastien Josse, Marc Guillemot et Jean Pierre Dick sont tous trois en tête, bord à bord. Mais après 22 milles de course seulement, et avec des écarts dérisoires (moins d’un mille entre les 13 premiers), cette photographie de la flotte ne donne pas encore d’indication sur la hiérarchie. Le prochain pointage, et mieux encore, les positions de lundi matin devraient être plus significatifs.

Première nocturne difficile

En attendant, cette première nuit en mer constituera une entrée en matière sportive pour les 30 marins qui vont attaquer au près le golfe de Gascogne. Le flux de sud-ouest va en effet prendre du coffre et franchir la barre des 25 nœuds dans la nuit à l’avant d’un front qui apportera des rafales à 45 nœuds et une mer croisée de 4 à 6 mètres lundi à la mi-journée. Stratégiquement, tous les coureurs semblaient s’accorder sur un scénario identique : gagner dans l’ouest au près, bâbord amure, pour aller chercher un bascule à l’ouest nord-ouest, avant de déclencher un virement de bord. Face au vent, le bateau secoué dans une mer creuse et mal rangée, il faudra donc s’amariner très vite et rester lucide pour prendre les premières options stratégiques qui s’imposent.

Les voix du large :

Dominique Wavre : « Déjà ce matin, en quittant le ponton, le système électrique était un peu vacillant. Arrivé au large, je me suis rendu compte que cela ne chargeait plus. Les batteries s’épuisaient, s’épuisaient, s’épuisaient. Là, il ne reste que la moitié de la capacité. Et il n’y a aucun système de charge, ni panneau solaire ni éolienne, ni alternateur qui ne fonctionne. La décision de faire demi-tour a été assez “facile” à prendre dans le sens où à la fin de la nuit, je n’aurais plus eu de batterie, plus d’énergie du tout. J’aurais été dans 30-40 nœuds de vent, dans le front qui s’annonce, sans pilote, sans rien. Il était plus raisonnable de rentrer au port et d’essayer de comprendre ce qu’il se passait dans ce fichu système électrique. »

Sébastien Josse : « L’avoir déjà fait – le Vendée Globe – ne rend pas ce départ plus anodin, on ne peut pas s’habituer à quelque chose d’aussi intense. Un départ de Vendée Globe ne sera jamais une journée comme les autres. »

Yann Eliès : « La délivrance est proche ! La montagne est devant nous et il n’y a plus qu’à la gravir. Le départ du port a été unique, difficile à gérer émotionnellement, avec les proches et avec tout ce public. Il faut être à la hauteur de l’événement et revenir ici, en 85 jours j’espère, pour arriver un 31 janvier, jour de mon anniversaire et de mes 35 ans. »

Jean Le Cam : « Partir n’est pas forcément un soulagement. Je suis très heureux de voir tout ce monde ici. Mais il y a un temps pour tout et aujourd’hui, voici venue l’heure de passer à l’action. Voilà trois ans que j’attends ça. »

Les 5 premiers au pointage de 16h dimanche
1- Josse Sébastien (BT) à 23657,5 milles de l’arrivée
1- Guillemot Marc (Safran) à égalité avec Sébastien Josse
3- Dick Jean-Pierre (Paprec-Virbac 2) à 0,2 mille
4- Peyron Loïck (Gitana Eighty) à 0,4 mille
5- Le Cléac’h Armel (Brit Air) à 0,6 mille

Echos des pontons…

Une foule impressionnante, sur l’eau et à terre… les chiffres du départ : 15000 personnes embarquées sur 100 vedettes à passagers et 300 embarcations de plaisance ont assisté au départ des concurrents sur l’eau ; 300 000 personnes à terre ; 1200 journalistes dont 380 étrangers présents aux Sables d’Olonne. Au moment du départ, 150 000 internautes étaient connectés sur le site http://www.vendeeglobe.org/.

« Yes, you can. » : message en forme de clin d’œil griffonné au marqueur sur le grand t-shirt blanc que portait l’acteur français Charles Berling, venu soutenir son ami Marc Thiercelin sur les pontons et sur l’eau !

- Publicité -

Top départ du Vendée Globe 2008

Depart Vendee Globe 2008
DR

Sous un ciel gris, légèrement pluvieux, mais avec une petite éclaircie au moment du coup de canon, les monocoques pouvaient envoyer presque toute leur voilure car la brise ne dépassait pas les douze nœuds… Sur une belle houle du large, Mike Golding prenait le meilleur au coup de canon, mais volait de quelques mètres l´alignement et devait revenir passer la ligne. Alex Thomson, lui, partait très vite vers l´Ouest devant une foule compacte de bateaux accompagnateurs. Parmi les favoris, seul Michel Desjoyeaux se retrouvait légèrement attardé en raison d´un virement de bord imprévu juste avant le départ.

La majorité des monocoques avait pris un ris dans la grand voile et envoyé la trinquette à l´exception de trois Britanniques, Mike Golding, Dee Caffari, Alex Thomson et des Français Vincent Riou, Michel Desjoyeaux… avec certains sous trinquette et d´autres sous foc solent.

Dans la soirée que les conditions météorologiques vont se dégrader avec l´arrivée d´une dépression sur l´Irlande générant des vents de secteur Sud-Ouest de plus de 30 nœuds avec des rafales à plus de 45 nœuds au passage des fronts. Après quelques minutes, les monocoques s´alignaient avec Vincent Riou sous le vent, en compagnie de Jérémie Beyou, Jean-Pierre Dick, Dee Caffari, Sébastien Josse… tandis qu´Alex Thomson et Marc Guillemot se positionnaient plutôt au vent de la flotte.

- Publicité -

Dernières heures de terriens

POntons Vendee Globe
DR

Jour de briefing aux Sables d´Olonne : les trente candidats au tour du monde se sont réunis aujourd´hui pour évoquer les divers points techniques liés à l´organisation du départ et régler les derniers détails. Coureurs, direction de course, arbitres, représentants de la Préfecture Maritime et consultants météo ont balayé d´un tour de table les mille et une questions

liées au départ de la course : la profondeur d´eau nécessaire pour embouquer le chenal, les conseils de conduite par houle de sud-ouest,l´orientation de la ligne de départ, les positions des navires à passagers. Le carrousel débute demain à 9h15. En tête de proue du défilé, l´Aviva de Dee Caffari ouvrira le bal des débutantes. Puis la noria des concurrents se mettra en branle : toutes les quatre minutes, un nouveau bateau se présentera entre les digues dans la ferveur du public. A 11h11, c´est Roland Jourdain, à la barre de Véolia qui fermera la marche. La houle annoncée de deux à trois mètres risque de perturber la sortie et devrait obliger les skippers à ouvrir la poignée de gaz pour passer sans encombre l´obstacle de l´estacade. Le spectacle en souffrira peut-être un peu, mais la sécurité prime… Certains navigateurs ont d´ailleurs demandé à pouvoir sortir du port au moteur et procéder ensuite au plombage de leur arbre d´hélice, une fois les jetées parées.La flotte paradera ensuite devant la plage des Sables d´Olonne dans le couloir qui leur a été réservé depuis la bouée de Nouch Sud jusqu´à la marque d´eaux saines de Port Bourgenay. Ce sera l´heure des premiers adieux aux proches, aux membres de l´équipe technique avant de pénétrer en équipage réduit dans la zone réservée au départ. Toutes ces zones sont, bien évidemment, strictement interdites à la navigation…

A 12h54, sera lancé le début de la procédure. Quatre minutes plus tard, ce sera le signal préparatoire qui signifie aux concurrents qu´ils sont en course. A cet instant, les navigateurs devront obligatoirement être seuls à bord. A 13h02 précises, c´est Patrick Poivre d´Arvor qui donnera le top départ. La flotte s´élancera alors bâbord amure, cap à l´ouest, pour affronter les humeurs maussades du Golfe de Gascogne. Si les prévisions se confirment ce sera juste l´occasion de voir les premiers rayons de soleil de la journée.

Le monstre de Gascogne

Entre Finistère en Bretagne et Cap Finisterre à la pointe de Galice, c´est le Golfe de Gascogne. 300 milles de traversée depuis les Sables d´Olonne avant de commencer la descente le long des côtes du Portugal. Et comme bien souvent l´hiver, le golfe a ses colères. Pour les premières heures de course, c´est un menu copieux qui attend les concurrents. Le vent, de sud-ouest modéré du départ forcira progressivement pour atteindre 25 à 30 nœuds dans la nuit, puis 30 à 35 nœuds avec rafales à 40-45. Mais plus que le vent, c´est l´état de la mer qui risque de fatiguer montures et cavaliers. Une houle de nord-ouest croisée avec la mer du vent de sud-ouest devrait donner une mer forte à très forte avec des creux atteignant 5 à 6 mètres. Par la suite, le vent devrait basculer au nord-ouest par l´ouest. Ce régime devrait accompagner la tête de flotte en tournant progressivement au nord. Une situation météorologique somme toute assez conforme aux normales saisonnières, qui devrait permettre à la tête de flotte de s´échapper par devant. Toutes les conditions sont donc réunies pour un premier écrémage des candidats à la victoire : une mer casse-bateau, le besoin de rester au contact de la tête pour ne pas rester à quai quand le premier train s´en va, une prise à froid de la flotte d´entrée… Avant d´aller danser sur la peau du diable dans les mers du sud, il faudra échapper aux dents acérées du croquemitaine nommé Golfe de Gascogne.

Voix du large

Jérémie Beyou (Delta Dore)

«J´ai montré des images du bateau à mes deux garçons. Pour mon fils qui a cinq ans, faire un tour du monde, c´est naviguer avec les dauphins. En général, quand il me dessine sur le bateau, il me représente avec un cerceau pour que je puisse les faire sauter !»

Yann Elies (Generali)

« Pour moi, si tu n´y vas pas en te disant que tu vas quand même te faire de sacrés plaisirs, tu n´a aucune chance de gagner… »

- Publicité -

Un nouveau tri’50 pour Hervé Cléris

Prince de Bretagne maquette
DR

Hervé Cléris et son partenaire Prince de Bretagne lancent donc la construction d’un nouveau trimaran Class 50′ Open. Le communiqué quil’annonce ce samedi 8 novembre explique : “Pour les producteurs de légumes bretons, terre et mer ont toujours été indissociables. Travail d´équipe, résistance, respect et gestion des événements climatiques… Les valeurs véhiculées par les deux éléments et les hommes qui les côtoient sont très proches.” C’est Hervé Cléris qui sera donc le skipper et le responsable du suivi technique de ce nouveau trimaran. Ce sont les architectes Nigel Irens et Benoit Cabaret qui planchent sur la conception et vont pouvoir apporter à la Class 50’Open à travers ce “Légumes Prince de Bretagne” les fruits de leurs expériences réussies, dont les plus récentes sont les trimarans géants IDEC de Francis Joyon et Sodeb’O de Thomas Coville.

Un autre skipper après 2010

Nous avions présenté en détail ce bateau – alors à l’état de projet chez Irens/Cabaret et dont la construction était envisagée en infusion chez Marsaudon Compostites – dans le numéro 28 de Course Au large, en février dernier. Prince de Bretagne et Hervé Cléris devraient en disposer quelques mois avant la transat Jacques Vabre, aux alentours de juillet 2009. Cette transat, premier objectif du trimaran, sera une mise à l’épreuve grandeur nature pour affiner les réglages dans l’objectif de jouer le titre sur la Route du Rhum 2010. Un nouveau skipper, formé par Hervé Cléris, rejoindra l’équipe fin 2010 et prendra progressivement la barre du trimaran. Président de la Class 50’Open, Hervé Cléris va ainsi contribuer en personne à son développement. Son partenaire Prince de Bretagne estime choisir “un moment stratégique pour s’impliquer dans la course au large. Depuis longtemps à l’ombre médiatique des trimarans de 60 pieds aux budgets déroutants, la Class 50’Open s’affiche désormais comme la classe la plus représentative des multicoques de course au large. Avec un plateau de 4 bateaux nouvelle génération prévus pour la Transat Jacques Vabre 2009, sans oublier les anciens, l’engouement suscité devrait fédérer de nouveaux projets.”

- Publicité -
- Publicité -