Uship Grand Large vous invite à la présentation en exclusivité et en avant première du catamaran Aster Wind 28 !
Samedi 15 novembre durant toute la journée, le bateau sera exposé devant le magasin Uship à Ploeren et vous pourrez le découvrir et vous inscrire pour un essai en mer le lendemain.
Soyez dans les premiers pour réserver votre navigation sur ce bateau exceptionnel : il lève une coque dès 3 noeuds de vent, et atteint une vitesse de 8 noeuds par 5 noeuds de vent. Il a déjà dépassé les 33 noeuds.
La particularité de ce catamaran est de disposer d’une plate forme qui peut coulisser au vent du bateau et doubler ainsi le bras de levier.
Pour prendre contact : Uship Grand Large Ploeren: 02 97 42 54 01
Danger, caillou sur la route ! L’île de Madère, son climat subtropical et ses volcans se dresse sur la route des candidats aux portes du sud. Et provoque la première cassure dans ce petit peloton qui se la joue collé-serré comme aux plus belles heures de la course du Figaro. Et dans le rôle des francs-tireurs, on retrouve les deux frères ennemis de l’édition 2004, à savoir Vincent Riou sur PRB à l’ouest et Jean Le Cam sur VM Matériaux à l’est. Chacun des deux a de bonnes raisons de croire en son étoile : pour Vincent, il s’agit avant tout de récupérer, de choisir une route simple. Le coup de vent du Golfe de Gascogne a laissé des traces et le tenant du titre avouait préférer perdre un petit peu de terrain pour se positionner au mieux en vue du Pot au Noir. Autre discours de la méthode chez Jean Le Cam pointé à plus de 19 nœuds au dernier classement qui tablait sur une rotation du vent à l’est pour mettre, d’ici peu, de l’ouest dans sa route et parer ainsi l’archipel des Canaries.
Un coup d’avance
Car les navigateurs sont ainsi faits qu’ils doivent gérer le temps présent et se projeter à deux, trois voire huit jours. Gérer le temps présent, c’est veiller à préserver le matériel, s’alimenter proprement et savoir dormir : c’est un mode de fonctionnement qui fait la part belle à l’intuition, qui demande un comportement primitif… Les guetteurs du vent ont des lointains liens de parenté avec les gardiens du feu de l’époque des cavernes. Mais dans le même temps, il faut aussi se projeter dans une autre dimension, imaginer la route du bateau dans un univers complexe peuplé de barbules de vent, d’isobares et de polaires de vitesse. Le navigateur devient bionique, il digère les informations que lui produisent les ordinateurs, les restitue sous forme de choix de route. A ce petit jeu, chacun a son tempérament. Quand un Loïck Peyron avoue ne relever que deux fichiers par jour à bord de son Gitana Eighty, de peur de s’encombrer le cerveau d’informations inutiles, d’autres font tourner les modèles en permanence quand d’autres encore peuvent parfois envoyer balader le tout pour se fier à leur intuition. C’est aussi ce qui fait le charme de la course au large : elle peut révéler des talents si différents que les risques de formatage généralisé sont encore faibles.
Sables qui rient, Sables qui pleurent
Aux Sables d’Olonne pendant ce temps, des destins se croisent et se confrontent. Quand Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) pouvait estimer avoir mangé son pain noir et reprenait enfin la mer pour accomplir son tour du monde, Kito de Pavant (Groupe Bel) et Yannick Bestaven (Aquarelle.com) accostaient les pontons de Port Olona à quelques minutes d’intervalle. Les salariés du Groupe Bel de la région réservaient un accueil puissant et chaleureux à leur skipper quand les amis de Yannick cherchaient à préserver un cercle intime autour de leur navigateur. Deux accueils différents mais deux détresses identiques quand les deux marins se sont retrouvés face à face. Ces deux-là savent ce qu’ils perdent et vont avoir sûrement du mal à regarder sans amertume cet océan qu’ils ont tant aimé et qui ne les a pas ménagés. Alex Thomson, quant à lui, devait aussi signifier son abandon avant de se retirer dans son île. Le skipper d’Hugo Boss était lui aussi profondément abattu de voir ainsi quatre années de travail réduites à néant. Finalement, le plus dur n’est pas pour ceux qui partent, mais bien pour ceux qui restent à quai.
Voix du large…
Alex Thomson (Hugo Boss) : « Objectivement, on va essayer de prendre du recul et tout analyser, mais je reste persuadé que nous étions une des équipes les mieux préparées et un des bateaux les plus prêts jusqu’à cette collision avec un chalutier. C’est un jeu cruel, mais il ne faut pas oublier que les épreuves vous rendent plus fort pour la fois d’après. Je vais rentrer à la maison maintenant, me reposer et commencer ensuite à réfléchir à l’avenir… »
Jérémie Beyou (Delta Dore): « Une chose est sûre, j’ai bien quitté le monde des terriens. Je ne pense plus au bureau ou aux préoccupations que l’on peut avoir à terre. Et cela ne me manque pas !?Il faut maintenant que j’installe un rythme. Depuis le début, je n’ai pas beaucoup barré le bateau et cela me manque. En ce moment, je passe trop de temps à régler les problèmes de communication vidéo du bord et pas assez à analyser la météo. Le vent est rentré depuis peu. Je viens de passer plusieurs grains. Je te laisse, ça y est le vent est là… Il faut que j’y aille. »
Dominique Wavre (Temenos 2) : « Bonjour, j’ai du vent assez établi qui me fait bien glisser et être assez rapide. J’ai attaqué mon premier plat déshydraté hier soir car dans l’après-midi, j’ai fait une grosse session ” Bob le bricoleur ” : tiens la clé sur le pont pendant que je visse l’écrou dessous ; ça ne marche pas à tous les coups, mais je me suis ”demerdu”. »
Classement à 16h (TU + 1) : 1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 22 570,3 milles de l’arrivée 2- Sébastien Josse (BT) à 13,6 milles du premier 3- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 18,2 milles du premier 4- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 24,1 milles du premier 5- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 52,9 milles du premier
Sidney, comment se termine cette escale à Cape Town ?
SG : Je connais bien l´endroit pour y être venu 6 fois. La dernière fois, c´est quand nous avions cassé notre mât sur Delta Dore avec Jérémie Beyou dans la Barcelona Race. On est toujours très bien accueilli ici. Les gens sont vraiment adorables. Le pays est magnifique … et les vins excellents. C´est un super endroit pour récupérer, mais le format de cette édition de la Volvo Ocean Race est différent de celui des éditions précédentes. Si au final nous avons toujours 9 mois de course, cette fois, nous avons 37 000 milles à parcourir, au lieu des 32 000 milles par le passé. Le rythme de la course est donc plus rapide car les escales sont plus courtes. On a à peine fini notre phase de repos que c´est déjà le rush pour repartir. Avant, aux escales, on avait un temps de récupération, un temps un peu mort avec un peu de travail puis ensuite la phase de rush. Cette année, on passe directement de la récupération au rush. C´est assez dur pur tout le monde mais cela rend la course encore plus intense.
Il y a eu beaucoup de travail à faire sur le bateau à l´arrivée de l´étape ?
SG : Non. On a ramené un bateau en bon état. Cela veut dire qu´il a été bien construit, bien préparé, et qu´on a fait attention. Grâce à la combinaison des trois, l´équipe à terre a fait un bon boulot de préparation pour la prochaine étape, sans avoir à faire de travaux majeurs.
Il y a eu des changements dans l´équipe navigante ?
SG : Oui, surtout ceux qui étaient prévus dès le départ d´Alicante, pour des raisons d´agenda ou de responsabilités professionnelles de certains équipiers. On a Shannon Falcone, qui était l´un de nos wincheurs pour les régate in-port et qui embarque pour trois étapes, plus une prévue après le Cap Horn. On a aussi Robbie Naismith, un Kiwi très expérimenté qui remplace Jonathan McKee. Viennent s´ajouter à cela des ajustements internes avec Michi Muller qui passe n°1. La dernière fois, sur ABN AMRO ONE (vainqueur de l´édition précédente), nous n´avions changé personne, ce qui, à mon avis, avait été une force. Mais, d´une épreuve à l´autre, les dynamiques et les parcours ne sont pas les mêmes. Il faut s´adapter. Pour nous, Puma, cela devrait être positif de faire venir sur sang frais à chaque étape. On verra, nous tirerons un bilan à Cochin.
Comment vous situez-vous après cette 1ère étape ?
Jusqu´à présent, on a tiré de bonnes leçons de notre façon de faire fonctionner le bateau. Nous savons que nous avons progressé pendant cette première étape et on sait comment progresser pour la suite. Mais maintenant, tout reste à faire. Au départ de Cape Town, nous sommes en seconde position au Général après avoir engrangé une seconde place d´étape. Ce n´est pas mal. On espère qu´on fera mieux mais on sait aussi qu´on fera peut-être moins bien. Il faut prendre les manches les unes après les autres et avoir aussi de la réussite…, de la chance. Il ne faut pas taper une tortue, ou un container en pleine mer. La chance fait aussi partie de la course.
Comment abordez-vous cette seconde étape, Cape Town – Cochin, tout à fait inédite ?
SG : Le temps de course pour cette étape sera entre 14 et 20 jours, soit 17 en moyenne pour remonter l´Océan Indien. Le premier danger, en début de parcours, sera le fameux courant des Anguillas – courant des Anguilles – qui peut avoir une puissance jusqu´à 4,5noeuds, pour nous, de face dans cette étape. Je viens d´apprendre que c´est l´endroit où il y a le plus de casses de cargos au monde…. La mer y est très très mauvaise. Ce danger est sur le parcours de ceux qui auront choisi de suivre la côte Est de l´Afrique avant de se diriger vers l´Inde. Mais en fait, il y a deux routes possible pour monter jusqu´en Inde. Soit on fait la route la plus courte qui longe les côtes de l´Afrique, face aux vents (sans doute assez faibles) et aux courants ; soit on part plein Sud- Est au départ de Cape Town, pour accrocher le train des dépressions qui font le tour de l´Antarctique. On cavale avec en faisant ensuite de l´Est, en allant vite, jusqu´à ce qu´on perdre le front et qu´on doive remonter plein Nord. Là, il y a des alizés d´Est ou de Sud -Est, puis l´étape se finit au près avec des petites mais très violentes dépressions tropicales dont il faudra se méfier.
Et l´Inde ?
SG : J´y suis déjà allé, car la famille de mon père y a habité deux ans. C´était plus au Nord, vers Bombay. Mais je suis très content d´y retourner. Ma famille y part dès que la flotte aura quitté Cape Town et elle nous attendra là-bas. Cette course est aussi une belle aventure familiale.
Classement général provisoire après 3 manches sur 17
Trois jours et demi de retard : c’est le débours qu’aura encaissé Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) suite à l’abordage d’un cargo lors de la première journée de course. Revenu aux Sables d’Olonne pour réparer son bout-dehors et les dégâts causés au mât lors de la collision avec un cargo, le Suisse a repris la mer vers 3h40 ce jeudi. Quelques minutes auparavant, ce sont Yannick Bestaven (Aquarelle.com) et Kito de Pavant (Groupe Bel) qui embouquaient le chenal de Port Olona sous les applaudissements du public sablais, toujours présent en force. Grosse déception pour ces deux skippers qui ont vu leur projet monté depuis plus de trois ans s’écrouler avec leur mât après le passage du violent front du golfe de Gascogne.
Dispersion avant Madère
Fini le Portugal, bonjour les îles ! Depuis mercredi après-midi, quand les empannages se sont succédés au large de Lisbonne, les solitaires doivent gérer les archipels : d’abord les îles de Madère, puis celles des Canaries, enfin le Cap Vert. Une phase importante car ces reliefs volcaniques provoquent de sacrés effets sur le vent et la mer. Première étape : déborder Madère qui se trouve à 200 milles des étraves du trio de tête, extrêmement groupé ce jeudi matin avec Loïck Peyron (Gitana Eighty) en pointe, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) sous son vent et Sébastien Josse (BT) à vue… Ce triumvirat a fait un léger break puisque leurs poursuivants sont relégués à plus de 35 milles, à l’image de Jean Le Cam (VM Matériaux), revenu aux avant-postes après le golfe de Gascogne. Les écarts sont encore raisonnables entre les 17 premiers, ce peloton étant balisé par Steve White (Toe in the water) qui réalise un fort beau début de parcours. Mais pour Michel Desjoyeaux (Foncia), le retard pris à cause de son arrêt technique aux Sables d’Olonne lui coûte cher : le vent est moins soutenu derrière que devant.
Ce jeudi s’annonce dynamique sur l’eau ! Les alizés portugais font place aux alizés canariens qui soufflent de secteur Nord-Est d’une vingtaine de nœuds : les vitesses moyennes dépassent ce matin les 14 nœuds et le rythme devrait encore s’accélérer dans la journée au passage de Madère. D’ailleurs la question est de savoir de quel côté laisser l’archipel : à bâbord semble le choix des leaders et d’une grosse partie de la flotte calée le plus à l’Ouest ; à tribord apparaît l’option d’Arnaud Boissières (Akena Vérandas), Dee Caffari (Aviva) et peut-être de Marc Guillemot (Safran). Les premiers veulent faire ” l’extérieur ” pour naviguer très loin des îles de Madère et des Canaries, les seconds pourraient jouer un coup en se glissant entre les reliefs pour aller chercher plus de vent le long des côtes africaines. Cette dispersion est-elle provisoire ou définitive ? Réponse ce jeudi soir…
Classement du jeudi 13 novembre à 5h00 : 1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 22 741 milles de l’arrivée 2- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 4 milles 3- Sébastien Josse (BT) à 4,3 milles 4- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 36,5 milles 5- Vincent Riou (PRB) à 40,7 milles
La société bretonne nke développe et commercialise une gamme de centrales de navigation depuis 1981 et de pilotes automatiques depuis 1994. Le Vendée Globe est une course de référence pour les pilotes automatiques, le pilote barrant de 90 à 95% du temps, et cela dans toutes les conditions météo. Le skipper en attend un pilotage robuste et que le bateau soit à son maximum de vitesse. Quoi de plus rassurant pour un navigateur, qui en croisière veut compter sur son pilote dans toutes les conditions…
Depuis le lancement du Gyropilot nke en 1994, tous les vainqueurs du Vendée Globe ont confié la barre à nke. A l’occasion de cette nouvelle édition du Vendée Globe et compte tenu du nombre de nouveaux 60’, nke a décidé il y a 3 ans de lancer le développement d’un nouveau système. D’une part une gamme de capteurs haute résolution associés à un processor, qui mesurent et corrigent les mouvements du bateau, le vent réel et cela 25 fois par seconde. D’autre part, un nouvel algorithme de pilote est développé pour tenir compte des nouvelles formes de carènes. Effectivement, le bateau à plat ou gîté n’a pas le même plan de carène. Plus imagé : à plat c’est une luge et au près c’est plus un flotteur de multicoque !
Après 3 ans de développement, 15 mono 60’ sur les 30 inscrits au Vendée Globe embarquent un pilote nke, dont 12 avec la dernière technologie nke à bord.
Parmi les utilisateurs du pilote nke on notera : Michel Desjoyeaux, Vincent Riou, Roland Jourdain, Bernard Stamm, Armel Le Cléac’h, Jeremy Beyou, Yann Eliès, Sam Davies, Arnaud Boissières…
Les navigateurs solitaires sont incorrigibles. A peine le temps de profiter des premiers moments de plénitude après la correction subie dans le Golfe de Gascogne, que les voilà déjà en train de se battre comme des chiffonniers pour quelques milles nautiques. A leur décharge, cette grande descente sous spinnaker est particulièrement propice aux coups fourrés. Si ce n’est pas là que va se gagner le Vendée Globe, il est toujours bon de marquer quelques points vis-à-vis des adversaires directs. A ce petit jeu, Sébastien Josse et Jean Le Cam ont semblé particulièrement inspirés, puisque l’un prenait la tête de la course quand l’autre remontait en 5ème position, grappillant une quarantaine de milles sur les premiers au passage. Sébastien Josse n’est plus ce qu’on appelle un perdreau de l’année. Depuis son Vendée Globe de 2004, l’homme a pris du coffre : un tour du monde en équipage comme skipper sur la Volvo est une sacrée école de caractère et de technique. Et ” Jojo ” comme on le surnomme dans le petit monde de la course au large présente bien des atouts : un bateau performant, la condition physique du jeune homme bien fait qu’il est, la hargne des jeunes loups et cette étonnante capacité à digérer les enseignements des anciens. Le retrouver aux avant-postes n’a rien d’une surprise.
Bataille tactique d’envergure
Il reste que la bataille tactique qui s’engage ne trouvera peut-être sa conclusion qu’à l’heure de franchir le Pot au Noir. Si les enjeux sont simples, les voies du succès sont infiniment plus complexes. Faudra-t-il aller chercher un vent a priori plus établi le long des côtes africaines ou bien anticiper sur une rotation des vents à l’est, qui permettra de descendre vers les longitudes les plus favorables pour aborder le Pot au Noir, à savoir aux alentours du 25ème ouest ? Il faudra donc bien se garder de tirer des conclusions définitives sur les gains éventuels des uns et des autres avant le passage fatidique de la fameuse zone de convergence intertropicale… D’autant que les pièges sont encore nombreux sur la route : les dévents des îles peuvent provoquer des turbulences jusqu’à plus de 80 km de distance, l’évolution du gradient de pression en bordure de l’anticyclone des Açores peut engendrer des différences de force de vent significatives. Penchés sur leurs ordinateurs, les navigateurs doivent faire tourner les différents modèles pour essayer de dégager le meilleur compromis possible : c’est dans ces situations de transition que se jouent les meilleures cartes. Par temps clément, c’est le plus souvent tempête sous les crânes.
Gendarmes et voleurs
Pour d’autres la problématique est plus simple : ainsi Michel Desjoyeaux (Foncia) avouait-il avoir ce sentiment d’être embarqué dans une voiture de police à la poursuite de quelques malfrats… Pour le navigateur de Port-la-Forêt lancé à la chasse du groupe de tête, le dilemme est de trouver la bonne mesure entre une combativité indispensable pour revenir au contact et la prudence indispensable pour ne pas risquer la sortie de route. Dominique Wavre à bord de Temenos 2 se contentait déjà de ce que voulait bien lui donner Eole. Revenu en 17ème position à 114 milles des leaders, le navigateur suisse est bien conscient que tout peut encore se jouer. A l’échelle d’un tour du monde, son retard n’est pas grand-chose… Mais au vu de la qualité de la concurrence, cette évidence-là vacille quand même un peu. Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) quant à lui, envisageait de repartir dans la soirée. Enfin, Jean-Baptiste Dejeanty, après expertise de son Groupe Maisonneuve annonçait différer sa décision de repartir ou non suivant le temps que prendraient les réparations.
Voix du large…
Marc Guillemot : « J’ai eu un gros souci de pilote hier. J’ai oublié de paramétrer un élément sur mon pilote et j’étais à l’avant en train de manœuvrer mon gennaker, quand le bateau est parti à l’abattée. C’était le bazar complet et j’ai frisé le vrac… J’ai mis ensuite trois heures et demies sous grand-voile seule pour repartir. Avec la fatigue accumulée en plus, il m’a fallu du temps pour revenir dans le match. »
Loïck Peyron : « Le vent est très irrégulier tant en force qu’en direction et je dirais que ce n’est pas très agréable à travailler. Je suis vigilant et sur les réglages pour exploiter au mieux le potentiel de Gitana Eighty. Les températures grimpent tout doucement et j’ai aperçu quelques bébés ” poissons volants ” tout à l’heure. Mais ce n’est pas encore un vrai ciel d’alizé… Chaque chose en son temps. »
Steve White : « J’ai eu plein de petits soucis durant le mauvais temps avec ma quille et avec mon générateur. Mais je suis plutôt agréablement surpris de ma position, même si j’étais épuisé à la fin du coup de vent. J’ai ouvert aussi mes cadeaux d’anniversaire…* “*Steve White a eu 36 ans hier. »
Michel Desjoyeaux : « J’ai le sentiment d’être dans la voiture de police à la poursuite des voleurs. J’ai un avantage, c’est que je sais à quel carrefour ils sont… L’inconvénient, c’est qu’avec les clients qui sont devant, je doute qu’ils se laissent attraper facilement. »
Seul bémol, la météo exécrable qui sévit sur la ville sud-africaine depuis hier, avec des pluies torrentielles et des arbres arrachés par des rafales de plus de 50 noeuds, a empêche six équipages de remettre leurs bateaux à l´eau. Seuls Puma et Green Dragon ont retrouvé aujourd´hui leur élément naturel. Si aucune avarie majeure n´a été déclarée à l´issue des trois semaines de mer de la première étape, certaines équipes ont été particulièrement occupées à panser leurs plaies, principalement accumulées au cours des 5 jours de tempête essuyés à l´approche de l´arrivé à Cape Town.
Chez Delta Lloyd, la surprise est agréable. Pas de travaux majeurs sur ce V0 70 première génération en bon état général même à l´issue de cette dantesque fin d´étape. Le guignol en tête de mât a été réparé, une nouvelle hélice de moteur posée alors que le moteur a lui été entièrement changé. Le système hydraulique a été entièrement révisé, tout comme l´ensemble du gréement, des voiles et des winches. On discute d´un éventuel changement de mât à Singapour.
Sur Green Dragon, le bilan est plus lourd après que le bateau ait percuté un OFNI (objet flottant non identifié) en milieu d´étape Alicante-Cape Town. Le balcon avant a été endommagé, ainsi que quelques voiles, la quille et une mèche de safran. La structure est cependant indemne mais un démâtage a été fait pour vérification. La descente de dérive et son profil ont fait également l´objet d´une vérification complète. Un peu de couture sur les voiles ont été prévues également. Autant de réparations listées avant de repartir samedi prochain.
Comme chez Delta Lloyd, Team Russia n´a pas eu à faire de réparation majeure sur son VO 70 qui a traversé sans dommage le gros coup de chien de l´arrivée sur Cape Town. Un simple démâtage de routine a été effectué.
Pour Puma, peu de réparations également sur la job list de l´équipage, à part quelques soucis avec la déco du bateau. Mais afin de ne rien sous-estimer, le team a étoffé son équipe avec des techniciens locaux qui travaillent 12 à 15 heures par jour pour préparer au mieux Il Mostro pour la prochaine confrontation. La quille a été repeinte et l´ensemble de l´électronique vérifié,
Telefónica Black est l´un des deux bateaux endommagés. L´équipage a pensé un moment à une mauvaise chute sur une vague pendant la tempête, mais il semble qu´il y ait eu également impact avec un OFNI. Bilan : changement des deux safrans, réparations du beaupré et de certaines voiles. Sur Telefónica Blue, peu de réparation à part un peu de couture sur les voiles et un check up de routine du bateau. Le skipper Bouwe Bekking fait cependant le constat que leur VO 70 a tendance à enfourner et qu´il n´est pas très performant sous fort vent arrière. L´heure n´est pas cependant à envisager des modifications majeures sur le bateau, mais à trouver de nouvelles combinaisons de voiles, et de nouvelles options stratégiques pour revenir dans le match avec les meilleurs.
Sur Ericsson 4, vainqueur de l´étape : RAS (on ne prête qu´aux riches). Il en serait de même pour Ericsson 3, si l´équipage n´avait pas eu à changer sa quille pour se mettre en conformité avec la règle de jauge et se soustraire enfin aux dures pénalités en points imposées par le jury au départ d´Alicante. Ce changement d´appendice avait été décidé à Alicante et la nouvelle quille est donc arrivée la veille de l´arrivée du bateau à Cape Town. La modification s´est donc passée dans de bonnes conditions, sans stress et Ericsson 3 est fin prêt à prendre le départ de la prochaine étape et à engranger 100% des points de ses performances sur l´eau.
Classement général provisoire après trois manches:
Le petit train en direction de l’équateur est sur des rails ! Le vent de secteur Nord qui sévit au large du Portugal est désormais plus régulier en soufflant à une quinzaine de nœuds et les vitesses des monocoques sont (à quelques dixièmes de nœud près) identiques. Sous grand voile haute et spinnaker maxi, les skippers peuvent reprendre des forces, s’alimenter correctement et dormir plus sereinement après le coup de vent de la veille. Mais attention tout de même : le portant sous spi peut rapidement devenir une galère si la brise rentre…
Incertitude pour Dejeanty et Hatfield
Il y a tout de même des écarts conséquents puisque Dominique Wavre (Temenos II) qui avait fait une brève technique escale aux Sables d’Olonne, est à 145 milles du nouveau leader, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2). En fait, il y a ce mercredi matin trois groupes et des isolés : en tête, six bateaux se tiennent en 15 milles (Dick, Josse, Peyron, Jourdain, Le Cléac’ch, Riou) et les leaders se succèdent ; puis un pack de six autres skippers (Beyou, Le Cam, Eliès, Guillemot, Golding, Caffari) suivi par Sam Davies et Brian Thompson. Ensuite s’étalent les solitaires jusqu’au cap Finisterre (Norbert Sedlacek) et en queue de la flotte Michel Desjoyeaux (Foncia) ferme la marche à 450 milles du leader. Ce dernier n’a donc pas été trop pénalisé par sa traversée du golfe de Gascogne qu’il devrait quitter cet après-midi pour retrouver les mêmes conditions que ses camarades : du vent de secteur Nord quinze nœuds. Du côté des Sables d’Olonne, les équipes techniques s’affairent toujours sur Cheminées Poujoulat : bout-dehors réparé, il ne reste plus qu’à remâter le monocoque de Bernard Stamm qui pourrait reprendre la mer ce mercredi soir. Pour Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) et Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) tous deux arrivés dans la nuit, l’escale risque d’être un peu plus longue que prévue. Le premier doit résoudre des problèmes structurels importants et une expertise est en cours ce matin ; le second doit réparer son rail de mât arraché. Quant à Alex Thomson (Hugo Boss), il était en approche de Port Olona au lever du jour et Marc Thiercelin (DCNS) est amarré à La Corogne (Espagne). Enfin, Yannick Bestaven (Aquarelle.com) a signifié à la direction de course son abandon définitif.
Premier rayon de soleil depuis les Sables d’Olonne : les soutiers du Vendée Globe sont sortis de la mine et peuvent enfin prendre l’air. Tous l’avouent : le fort coup de vent qui a secoué la flotte n’a pas ménagé les organismes et généré pas mal de stress. Les démâtages de Kito de Pavant, de Marc Thiercelin ou de Yannick Bestaven sont dans les esprits de tous : il a suffi d’une vague plus creuse que les autres, d’un choc plus violent pour que leurs espoirs s’écroulent d’un coup. Et bien des concurrents joints à la vacation ce matin, reconnaissaient ne pas faire plus que ça les fiers à bras. Pour l’heure six concurrents se tiennent en moins de 13 milles. Armel Le Cléac’h sur Brit Air, ferme la marche de ce petit groupe emmené d’un train gaillard, tour à tour par Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron. Les deux compères ne doivent pas être mécontents de leur coup, eux qui ont travaillé en étroite symbiose pour produire deux bateaux quasiment identiques, hormis quelques détails qui ne sont que le reflet de la personnalité de chacun. Une méthode efficace si l’on en juge : ” JP ” comme on l’appelle vainqueur de la Barcelona World Race, Loïck qui accroche à son palmarès toutes les courses en solitaire depuis décembre 2007 et les deux qui s’emparent de la tête de flotte du Vendée Globe ; on serait bienheureux à moins…
Retours au port : pas si exceptionnels
Ils sont finalement neuf à avoir du quitter la course, pour certains provisoirement. La soudaineté du coup de vent et la proximité du port des Sables d’Olonne ont forcément incité plusieurs concurrents à revenir au port. Dominique Wavre (Temenos 2) et Michel Desjoyeaux (Foncia) ont ainsi préféré assurer leurs arrières plutôt que de se voir handicapés durant un tour du monde complet par des problèmes électriques récurrents. De même Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) ou Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve) espèrent vivement que leur arrêt aux Sables d’Olonne ne durera que le temps d’une réparation éclair. D’autres éditions du Vendée Globe ont connu aussi un nombre important de retour au stand, notamment celle de 1992 qui voyait monter sur le podium final deux des concurrents qui étaient rentrés au port. Comme quoi, rien n’est perdu. Il reste, qu’au vu des prévisions météorologiques, les retardataires devraient, tout au moins dans un premier temps, voir leur retard s’accentuer. La sortie du Golfe de Gascogne devrait se faire sur un long bord de près dans des vents médiums à assez faibles pendant que la tête de flotte devrait débouler à près de quinze nœuds dans un flux de nord soutenu. Ce qui pourrait engendrer un débours de près de 400 milles à la sortie du Golfe de Gascogne pour Michel Desjoyeaux à la hauteur du Cap Finisterre.
Fin de partie
Pour certains le Vendée Globe s’est arrêté prématurément. Kito de Pavant, à bord de Groupe Bel, ne pouvait cacher sa détresse, tout comme Marc Thiercelin le skipper de DCNS. Marc savait qu’il était à court de préparation et sa déception est sûrement compensée par le projet ” DCNS 1000 talents ” qui va mettre le pied à l’étrier à Christopher Pratt dès la prochaine Transat Jacques Vabre. Pour Kito, c’est l’aboutissement de plus de deux ans de travail qui est réduit à néant. Le navigateur de la Grande Motte avait tellement à cœur de prouver que son projet était bien né et qu’il avait l’étoffe de ceux qui ont marqué l’historie de la course que la déception est immense… Sa détresse était perceptible et sa faconde risque bien de manquer sur les ondes. Autre navigateur en grande difficulté, Yannick Bestaven à bord d’Aquarelle.com. Yannick avait inscrit une vraie cohérence dans ce projet de refonte du bateau d’Yves Parlier, voulant faire de son bateau, un précurseur de ce que pourraient être, en matière de consommation d’énergie, les voiliers hauturiers de demain. Lâché par son premier partenaire à quelques encablures du départ, il avait su forcé le destin et obtenu le soutien d’Aquarelle.com pour aller au bout de ses rêves. Le Golfe de Gascogne en a décidé autrement. La mer est parfois sacrément chienne.
Classement à 16h (TU + 1) : 1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 23 197 milles de l’arrivée 2- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 1,5 milles du premier 3- Roland Jourdain (Véolia) à 3,1 milles du premier 4- Vincent Riou (PRB) à 7,7milles du premier 5- Sébastien Josse (BT) à 12 milles du premier
Voix du large…
Jean-Pierre Dick : « Je suis en tête !* C’est une bonne nouvelle… J’ai dû avoir plus de vent au large ces dernières heures. Je me suis défoncé cette nuit pour faire avancer Paprec-Virbac 2 car j’ai été malade pendant 36 heures. J’ai vomi tout ce que j’avais dans le bide. Cela ne m’était jamais arrivé ! La traversée du golfe de Gascogne a été très violente. Le pire a été le passage du front : c’était dantesque ! Il y avait énormément de mer. C’était l’enfer ! “
Vincent Riou : « On avance entre 12 et 14 nœuds au portant depuis ce matin en bordure de l’anticyclone, au large des côtes espagnoles. C’est super de se retrouver dans ces conditions, on reprend goût à la vie. J’ai fait mon premier vrai repas depuis tout à l’heure… Je n’ai pas l’impression que ça va beaucoup creuser entre le groupe de tête et ceux qui suivent. Durant 24 heures, ca va être sur le même bord. Ensuite il sera temps d’empanner bâbord amure pour aller vers les premières îles. »
Samantha Davies : « C’était plutôt sauvage là bas hier. J’ai observé des pointes de vent à 55 noeuds et les vagues étaient ENORMES. J’étais en configuration de vent fort la plupart du temps et Roxy naviguait sous pilote tandis que je m’accrochais à la table à carte. C’était dingue. Le front est passé en début de nuit avec une grosse bascule de vent très bienvenue : je fonçais en effet directement sur la trajectoire d’un gros bateau. C’est passé vraiment près puisque malgré une visibilité quasi nulle, je pouvais le distinguer clairement ; j’ai même dû virer de bord en catastrophe pour l’éviter. »
Le mot du tour…
” Abandon ” : tant qu’un navigateur n’a pas notifié officiellement son abandon, il reste encore en course. Seule exception pour le Vendée Globe, le fait de faire escale dans un port autre que les Sables d’Olonne ou de demander assistance signifie l’abandon automatique du navigateur.
Un troisième démâtage en moins de deux jours de course ! Après ceux de l’Aquarelle.com de Yannick Bestaven et du Groupe Bel de Kito de Pavant, c’est donc au tour du DCNS de Marc Thiercelin de payer le prix fort à la tempête. C’est déjà le neuvième bateau lourdement touché, et le deuxième de dernière génération à démâter, après Groupe Bel.
Le service communication de DCNS a indiqué à la Direction de course que le tout nouveau plan Finot-Conq de Marc Thiercelin (mis à l’eau en mai dernier) avait démâté 7h30 ce mardi par 44°15 Nord et 8°43 Ouest, soit à la verticale de La Corogne, juste avant le passage du cap Finisterre.
Recordman du Vendée Globe, puisqu’il en était à sa quatrième participation – sa première sur un bateau de dernière génération potentiellement capable de l’emporter – Marc Thiercelin a précisé que les dégâts étaient importants et qu´il lui paraissait difficile de repartir en course. Le solitaire n´a pas confirmé vers quel port il comptait se diriger.