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Marc Guillemot fait route sur une île déserte pour réparer

Marc Guillemot - Safran
DR

« Je suis certain de m´arrêter maintenant. Je fais route sur Auckland Islands. J´ai ce qu´il faut comme cartes marines pour y aller sans mettre en danger le bateau et effectuer la réparation ». Joint par téléphone satellite ce matin de Noël, Marc Guillemot est on ne peut plus affirmatif. Après 46 jours de mer, et une semaine après le sauvetage de Yann Eliès, un nouvel épisode « aventure » se présente à lui dans ce Vendée Globe. Marc explique : « Je suis à un peu plus de 500 milles d´Auckland Island, où je devrais donc être samedi. Cela représente un petit détour, mais pas trop important. Si je compte ce léger crochet plus le mouillage et la réparation, cela devrait me prendre environ dix à douze heures au total : c´est moins bien que zéro mais ce n´est pas grand chose à l´échelle du demi-tour du monde qu´il me reste à parcourir. Et mieux vaut les investir maintenant, à l´entrée du Pacifique que perdre chaque jour du terrain avec un bateau qui n´est pas à 100% de son potentiel ».

Une douzaine d´heures

Le détour devrait représenter environ cinq heures, l´opération de mouillage deux à trois heures et autant pour la réparation du rail elle-même. « J´aborderai probablement l´île par le sud avant de gagner la baie de Port Ross, au nord-est de l´île principale », précise Marc Guillemot. « Tout va bien, même si les conditions sont un peu rudes car j´ai passé la journée au près, avec le bateau sur la tranche qui tape beaucoup. Ce régime tonique va durer encore plusieurs heures aujourd´hui avant que le vent n´adonne ».

Le réveillon aux antipodes a été plutôt musclé, même si dans sa zone de navigation Safran a été relativement épargné par les 40 nœuds de face subis par les leaders et les 60 nœuds qui ont mis les derniers à rude épreuve. « Pour ma part, je n´ai pas eu plus de 35 nœuds en rafales et tout va bien. J´ai même ouvert les quelques petits cadeaux de Noël que l´équipe avait caché dans le bateau. J´ai notamment découvert un bloc de foie gras fort bienvenu et un bonnet-barbe blanche de père Noël du meilleur goût », plaisante le skipper de Safran… pour qui son « plus beau cadeau de Noël, c´est l´appel de Yann (Eliès) depuis sa chambre d´hôpital en Australie. De savoir qu´il était entre de bonnes mains et que son opération s´était bien passée m´a fait vraiment chaud au cœur ».

Un investissement à long terme

Effectuer un mouillage aux abords d´une île déserte pour réparer sans aucune aide extérieure s´annonce pour Marc Guillemot comme un nouveau moment d´aventure dans l´épopée de son Vendée Globe. Mais le compétiteur qu´il est ne perd pas de vue la course, bien au contraire. « C´est un investissement qui sera rentable sur le long terme », assure le skipper de Safran. Pour le moment, Marc réussit à maintenir sa 9e place. Le premier poursuivant de Safran, le Britannique Brian Thompson (Bahrain team Pindar), est encore à plus de 400 milles. Il est permis d´imaginer qu´il deviendra le premier sparring-partner de Marc d´ici la fin du week-end.

Zoom sur Auckland Island

Auckland Island est une île volcanique située par 50°42 de latitude Sud et 166°50 de longitude Est. Territoire néo-zélandais, elle mesure 43 kilomètres de long et 20 kilomètres dans sa partie la plus large. C´est l´un des endroits les plus reculés et les plus sauvages de la planète, où seuls quelques scientifiques et les plus grands photographes animaliers viennent étudier et immortaliser une faune et une flore exceptionnelles et préservées. Sa côte au vent présente de fantastiques falaises de basalte hautes de plus de 300 mètres. Son côté Est, le plus abrité, présente des fjords découpés comme celui de Port Ross, au nord-est, où Marc Guillemot envisage le mouillage de Safran. Le climat y est évidemment rude à toute époque à cette latitude, dans les Cinquantièmes Hurlants. Ce qui explique en partie que l´île principale détienne le record de la plus courte tentative d´implantation humaine : deux ans et neuf mois par une petite colonie britannique. Marc Guillemot passera; 170 ans après lui, dans le sillage du grand marin français, Jules Dumont D´Urville qui explora ces îles en 1839.

(source Safran)

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Un réveillon en enfer

Tempete sur Pindar
DR

Soixante nœuds de vent, couché sur l´eau trois fois, Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) s´est fait sérieusement rappeler à l´ordre par Neptune qui a poussé d´énormes vagues entre Kerguelen et cap Leeuwin. Et le défenseur des énergies douces n´a pas été le seul à se faire blackbouler par une mer en furie. Tout le monde s´y préparait mais entre la théorie et la pratique, il y a toujours une grosse marge d´erreur en mer, particulièrement dans ce Grand Sud… Empannages incontrôlés, lazy-jacks cassées (Brian Thompson), vracs à répétition (Arnaud Boissières), mer très dure (Michel Desjoyeaux), le réveillon de Noël a été des plus agités.

Un trou de serrure

Avec la dépression qui passe sur la tête de flotte depuis hier soir, la brise est orientée au secteur Nord-Est : elle ne permet pas de remonter vers le Nord et dans le quatuor leader, Jean Le Cam (VM Matériaux) est le plus mal placé, à plus de 180 milles dans le Sud de ce passage obligatoire ! Il n´a pas d´autre solution que d´espérer attraper la bascule du vent au secteur Nord-Ouest avant la fin de la journée pour se recadrer au plus vite. Michel Desjoyeaux (Foncia) est aussi en ballottage car plus il avance vers l´Est, plus le recalage vers le Nord va devenir difficile et pénalisant. Et c´est finalement Sébastien Josse (BT) qui est le mieux positionné pour se sortir de ce piège avec Roland Jourdain (Veolia Environnement). Juste derrière, Vincent Riou (PRB) a mis du charbon au point de repasser Armel Le Cléac´h (Brit Air) dans la nuit grâce à un bon flux portant. Les deux « inséparables » ont pu gagner dans le Nord-Est et ne devraient donc pas avoir de problème pour passer la porte néo-zélandaise. Ils vont même revenir très fort sur les leaders, empêtrés face à un vent contraire !

Mais le grand gagnant de ce Noël est Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) : naviguant sous la Nouvelle-Zélande, il bénéficie d´un régime portant modéré qui lui a permis d´aligner la meilleure journée de la flotte avec plus de 368 milles… Et ce devrait être pareil en ce jour de Noël ! Reste que cette dépression contraire va redistribuer les cartes en tête de course et relancer le débat : après cette porte néo-zélandaise, la fenêtre météo est très favorable aux longues glissades pacifiques vers le cap Horn. Et encore plus de 10 000 milles à parcourir jusqu´aux Sables d´Olonne…

Classement du mercredi 25 décembre 5h00 : 
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 10 667 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 44,8 milles du leader
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 152,2 milles
4- Sébastien Josse (BT) à 157,3 milles
5- Vincent Riou (PRB) à 353,1 milles

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Un traîneau de dépressions pour Noël

Bilou Pere Noel
DR

Il y a des jours où le solitaire préférerait rester à la maison, devant un feu de cheminée, un verre de champagne à la main et une tartine de foie gras sur la table basse… Mais Dame Nature n´a pas d´état d´âme et quand elle a décidé de se mettre en colère, rien ne peut la contrarier. C´est malheureusement le menu de ce jour de Noël pour les dix-huit concurrents du Vendée Globe qui vont successivement devoir composer avec une mer très dure et des vents violents en raison d´un train de dépressions qui sillonne le Grand Sud, des Kerguelen jusqu´aux dernières îles au large de la Nouvelle-Zélande : Campbell, Antipode, Bounty, Chatham… Cinq au total qui vont balayer le plan d´eau pour un grand ménage estival. Et pour ceux qui viennent de passer l´antiméridien (les six premiers), et qui donc ont le droit à deux mêmes jours consécutifs, la ration s´annonce double !

Le Père Noël est une…
Car si ce n´est pas le Café de la Gare, à la station « Glacière », l´ambiance n´est pas aux cotillons et aux langues de belles-mères… La dépression néo-zélandaise va passer pile poil sur la tête de la flotte et Michel Desjoyeaux (Foncia), comme Roland Jourdain (Veolia Environnement) cherchaient à éviter son centre et se préparaient à faire du près dans plus de 35 nœuds de vent et une mer démontée ! Même Jean Le Cam (VM Matériaux) et Sébastien Josse (BT) pourraient bien être de la partie pour ce qui s´annonce comme un grand chaos maritime : des vagues pyramidales, des grains violents, des pluies torrentielles, mais des températures un peu moins glaciales. Une phase qui devrait durer quelques heures contre un vent de Nord-Est qui est prévu en rotation vers le Nord, puis vers le Nord-Ouest toujours puissant (30-35 nœuds), ce qui va rendre l´état de mer extrêmement délicat à négocier : trois ou quatre ris dans la grand voile ? Foc de brise ou tourmentin ? Repas frugal assuré en tout cas en regardant par le hublot… Incontestablement, ce passage vers la porte des glaces de la Nouvelle-Zélande va sensiblement ralentir les premiers, alors que Armel Le Cléac´h (Brit Air) et Vincent Riou (PRB) seront pratiquement les seuls à bénéficier (temporairement) d´un grand coup de pied aux fesses : du Sud-Ouest à plus de trente nœuds qui permettait déjà ce mercredi soir au tenant du titre 2004 d´être le plus rapide sur l´eau avec plus de 400 milles au compteur sur 24 heures… Malheureusement, ce fort coup de vent va se transformer en brises plus évanescentes après le passage du front et les écarts au premier feront donc un coup de yo-yo. Le seul qui risque fort de tirer les marrons de la dinde est Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) : à force de cravacher, l´ex-vétérinaire a évité le tentacule anticyclonique lancé depuis l´Australie et se prolongeant jusqu´à l´île Campbell. Une brise modérée et une mer maniable : rien de mieux pour allonger la foulée en attrapant la queue de la dépression.

Dos rond pour petits plats
Le scénario des acteurs leaders semble se répéter pour le peloton qui tente d´en terminer avec un océan Indien qui déplume ! Et une dépression, une pour Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran) qui vont même subir des brises de Nord à Nord-Est… Et une autre dépression, pour le trio Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akéna Vérandas)… Et encore une autre pour le Britannique Steve White (Toe in the water) qui va probablement être le concurrent le plus secoué de toute la flotte… Et une dernière dépression pour les deux « retardataires » Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch). Certains ont d´ailleurs anticipé en ouvrant leurs cadeaux de Noël avant l´heure, histoire de profiter d´un petit répit avec le grand shaker… Enfin du côté de l´antiméridien, le passage a confirmé que Michel Desjoyeaux avait encore gagné du temps, non seulement sur l´édition 2004 puisqu´il n´a mis que 43 jours 23 heures 33 minutes depuis le départ du 9 novembre, soit 1j 06h 55´ de moins que Jean Le Cam il y a quatre ans, mais aussi sur ses poursuivants : -Roland Jourdain à 3h 55´ -Sébastien Josse à 9h 25´ -Jean Le Cam à 9h 55´ -Armel Le Cléac´h à 1j 00h 15´ -Vincent Riou à 1j 01h 25´

Voix du large…

Michel Desjoyeaux (Foncia), 1er à 10 810,7 milles de l´arrivée : « La mer est plutôt calme à l’échelle du Pacifique, on a eu un grand soleil. Mais il y a une dépression en train de redescendre et qui va mettre le bazar. Ça va être un peu tonique pendant deux ou trois jours et je ne suis pas mécontent d’avoir réussi à accumuler des heures de sommeil depuis une vingtaine d’heures. D’après le routage, je vais faire du près serré pendant quelques heures seulement et je n’aurai pas besoin de virer de bord. »

Marc Guillemot (Safran) , 9ème à 1561,7 milles du leader : « J’ai eu mon cadeau de Noël tout à l’heure. Un appel de Yann Eliès. Il s’était fait opérer le matin même et m’a donné des nouvelles depuis sa chambre d’hôpital. Une conversation forte, un bel échange qui m’a fait chaud au cœur. Il a une bonne voix et m’a un peu expliqué son opération avec le clou dans le fémur. C’est marrant car tout ça je l’ai déjà vécu. Il est entre de bonnes mains, bien entouré sur le plan médical et familial. Il est très touché du fait que j’ai un peu laissé tomber la course pour lui. Je n’ai aucun regret, tout a été fait avec passion et avec cœur. »

Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac), 7ème à 970,7 milles : « Ça fait le troisième Noël d’affilée que je suis loin chez moi, aux antipodes. Ça commence à faire pas mal. J’ai encore bricolé aujourd’hui, avec les mains dans l’eau froide. J’espère que la dépression ne va pas trop m’embêter… Ce que je souhaite pour mon safran, c’est apporter une nouvelle pièce à l’édifice pour renforcer tout le mécanisme de secours. Pour le moment, ça craque, ça racle, ce n’est pas évident. Je voulais m’arrêter à Auckland Island, mais l’anticyclone risque de m’en empêcher. Ça serait un peu dangereux dans la baie, avec des vents imprévisibles. On l’a vu avec Bernard (Stamm)… J’ai donc décidé de ne pas m’arrêter et de continuer à bricoler en mer, pour peut-être donner un petit frère à Ivory (ma plaque de maintien de safran). »

Roland Jourdain (Véolia Environnement), 2ème à 55,5 milles : « Ça va être moyen les agapes du réveillon avec ce qui nous attend. Va y avoir un regroupement de la flotte, et c’est bien que les autres reviennent, Noël est une fête de partage ! Mais mon bocal de foie de lotte préparé pas mon pote Marco va sans doute attendre un peu plus tard. Ça va « cartoucher » sérieux pendant un bout de temps et la mer ne va pas être propre. Mais on en est qu’au début du Pacifique, peut-être qu’ils sera sympa avec nous après… »

Jean Le Cam (VM Matériaux), 3ème à 130 milles : « D’ici une douzaine d’heures, ça risque de donner. Pour l’instant, les conditions sont tranquilles. Après, on va avoir des vents « assez forts ». Je suis satisfait d’avoir bien avancé et, surtout, d’être passé troisième devant Jojo. Il y a quatre ans, on avait un rythme beaucoup plus sage. Il y avait moins de trains de dépression, mais il faudrait regarder dans le détail. Vu le nombre de glaçons qui se présentent… De toute façon, il y a des portes, il y a des objectifs. Et, comme il fera plus chaud dans le Nord, on prendra moins de risque avec les icebergs. »

Loïck Peyron (Gitana Eighty) abandon : « C´était vraiment sympa de croiser Dominique, plutôt atypique mais très sympa ! Le pain et les fruits qu´il m´a si gentiment donnés sont un luxe incroyable après les longues semaines de plats lyophilisés. Sans oublier les 20 litres de gasoil qui me seront d´une grande utilité pour traverser une dorsale me barrant la route à compter du 27 décembre. Cette zone de vents faibles devrait compliquer un peu mon arrivée en Australie. Mon ETA, qui devrait être vers le 30 décembre, dépendra cependant d´un éventuel remorquage à une centaine de milles des côtes. »

Hugo Boss en réparation

Depuis son rapatriement le 29 novembre à Gosport (Sud Angleterre), Hugo Boss a commencé son chantier de réparation à Endeavour Quay. « La première chose que nous avons vérifiée a été la structure de la coque. Il y a eu deux impacts majeurs et nous avons utilisé pendant cinq jours un processus issu de l´échographie laser. Nous avons pu constater que le seul dommage qui a été détecté est localisé, autour de la zone abîmée. » La prochaine étape est désormais de réparer en pratiquant un large trou autour de l´impact sur cinq mètres et de réaliser une pièce dans le moule de coque. Cinq personnes travaillent au chantier dont le boat captain Ross Daniel et le constructeur Clifford Nicholson : Hugo Boss devrait être remis à l´eau à la mi-février.

Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 10 810,7 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 55,5 milles du leader
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 130 milles
4- Sébastien Josse (BT) à 147,2 milles
5- Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 356,3 milles

Classement des premiers étrangers
8- Samantha Davies (Roxy) à 1496,5 milles
10- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1939,5
11- Dee Caffari (Aviva) à 2017,3 milles

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Thomas Coville “slalome entre les icebergs”

iceberg coville
DR

Menu de Noël sur Sodeb´O : téléphone, risotto et quelques cadeaux surprises

« Pour le réveillon, je vais avoir du monde au téléphone. Noël est une jolie fête de famille, d´amitié, d´amour. Mais là je suis isolé et ça n´a pas de sens de faire la fête. Je vais quand même me faire un petit menu spécial avec un risotto qu´un copain restaurateur m´a offert et j´ai aussi un jambon cru. Et puis ma famille et mes amis m´ont déposé des surprises et des cadeaux dans le bateau. Je vais les découvrir aujourd´hui ou demain, ce sera sympa comme moment »

Une nuit de réveillon seul au milieu des glaces à trois jours du Cap Horn

« La particularité de mon réveillon c´est que je suis entouré de glaces. En fait c´est une zone de glaces qui dérive et qui a décidé de s´inviter pile poil sur notre parcours pour le réveillon ! Je suis très concentré et très vigilant sur ces nouveaux invités du réveillon. Noël est une fête de famille avec les enfants, or pour moi aujourd´hui ce n´est pas vraiment le cas. Il faut se dire que je suis seul depuis plus d´un mois sur mon bateau et que je n´ai personne dans mon univers pour partager cette fête. Je ne suis pas dans la même réalité ».

Ambiance givrée sur Sodeb´O qui slalome au milieu d´un champ d´icebergs

« Ma réalité, c´est que je suis dans une zone sensible. Il y a une très grosse bande de banquise qui l´année dernière n´était qu´en un seul morceau d´icebergs qui a éclaté en morceaux cette année. Je slalome entre 100 icebergs qui sont difficiles à éviter, ce qui rend les choses beaucoup plus compliquées. Je ne suis pourtant pas très sud sur une latitude 50°S. Cette année on arrive à localiser les icebergs grâce aux satellites, ce qui finalement est moins kamikaze car on ne navigue plus à l´aveugle, mais cela nous oblige à faire une route très nord. La température de l´eau est de 3 à 5° et celle de l´air est de 5°. Mais avec la vitesse, la température ressentie donne une sensation de -10°. Il y a une pellicule de glace et de gel sur le pont et du givre sur les hublots du bateau… »

Question record, tout est encore possible

« Je reste accroché à la possibilité de gagner du temps sur la remontée de l´Atlantique Sud. Le trajet de Francis Joyon avait été absolument imbattable jusqu´au Horn mais il est plus accrochable dans le remontée de l´Atlantique Sud. Le suspense sera entier jusqu´au bout ».

L’engagement physique et moral

« Je me donne comme ligne de conduite de vivre au quotidien sans avoir la pression permanente de l´objectif final. J´avoue que ça ne marche pas tous les jours. Physiquement ? Je me connais très bien. Et je fais bien avancer le bateau. Avec le froid je mets plus de temps avec les manœuvres, et je n´ai pas beaucoup dormi depuis le début. Le rythme est assez dur mais je gère assez bien. Il faut savoir que j´ai dormi moins de 3 heures  par jour depuis le départ et je dors beaucoup dehors. En ce moment ma vie se passe en veille à l´extérieur pour surveiller les icebergs et manœuvrer. J´ai des icebergs en vue… je suis à moins de 100m de certains d´entre eux ».

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Delta Lloyd ferme la marche à Singapour

Delta Lloyd arrive a Singapour
DR

A son arrivée au ponton, la déception de l´équipage était manifeste. “Nous sommes vraiment frustrés car nous avons perdu, après notre avarie de quille, toutes les opportunités de nous battre avec le reste de la flotte sur les derniers 1 000 milles du parcours, soulignait le skipper Roberto Bermudez de Castro, notamment dans le détroit de Malacca. Nous avons été contraints de regarder le spectacle sur le devant de la scène assis au fin fond de la salle. » L´arrivée sous la pluie accompagnée d´une avarie de moteur juste après avoir affalé les voiles ajoutaient au sentiment de résignation de l´équipage hollandais qui va tout faire pour oublier cette calamiteuse 3ème étape et se consacrer en famille, comme tous les autres marins de la course, aux festivités de Noël et du Nouvel An. En attendant le cinquième rendez-vous de cette Volvo Ocean Race 2008-2009, la régate In Port  de Singapour prévue le 10 janvier prochain.

Team Russia suspend sa participation

A son arrivé à Singapour, Team Russia, a annoncé la suspension de sa participation à la course faute de budget pour poursuivre sa campagne. L´équipe n´a pourtant pas ménagé ses efforts ces derniers mois pour trouver les financements complémentaires pour mener à son terme son engagement dans ce tour du monde en équipage avec escales. A défaut d´avoir pu trouver des partenaires, le team russe se voit obligé de se retirer tant qu´aucune solution financière n´aura été trouvée. “Depuis le début, nous avons eu pour but de trouver des partenaires commerciaux pour se joindre à notre projet, souligne Oleg Zherebtsov, Directeur du Team. Jusqu´à maintenant, j´ai financé l´équipe avec mes fonds propres, en attendant la venue de ces partenaires commerciaux. Mais le contexte économique actuel nous a empêchés d´achever cet objectif. »

 

Une décision nécessaire mais difficile pour le skipper, l´autrichien Andreas Hanakamp qui a consacré plus d´une décennie à préparer sa participation à cette course. Difficile également pour le navigateur, le norvégien Wouter Verbraak : « On ne fait pas la Volvo pour l´argent ou uniquement pour le sport. C´est votre vie entière, avec votre famille, qui est impliquée dans la Volvo pendant plusieurs mois, et pour certains pendant plusieurs années.  Ce n´est donc juste une course qui s´arrête, mais une page de vie qui se tourne. C´est dur. » Plus philosophe, l´équipier-barreur Ukrainien, Rodion Luka : « Nous vivons une crise économique mondiale extrêmement grave qui nous pousse à accepter cette décision. Mais la vie continue. Nous avons acquis tellement d´expérience que je suis sûr qu´il y aura un nouveau projet russe dans la prochaine Volvo. Avec plus de moyens et donc plus compétitif. »

Ils ont dit

 

Réactions de Sidney Gavignet – Chef de quart sur Puma.

Hier, mardi, était un grand jour pour Sidney Gavignet puisque le grand spécialiste français de la Volvo Ocean Race, avec cette troisième participation, a fêté ses 40 ans, au lendemain de leur arrivée en 2ème position à Singapour. Il revient sur cette étape atypique.

Sidney Gavignet: Cela a été une très belle manche. Celle où j´ai pris le plus de plaisir…. pour finir (rires). En arrivant dans le Détroit de Malacca, on se dit : « mais qu´est-ce que c´est que ce truc. Il y a des troncs d´arbres qui flottent, des pétroliers, des super tankers, des petits bateaux de pêche à n´en plus finir dans tous les sens, des superbes plages. Le vent qui vient de là, qui revient de là-bas. C´est vraiment du grand n´importe quoi. Tellement que c´en est devenu amusant, mais surtout à cause de la bagarre très serrée avec les autres bateaux. C´était très fun de ne pas savoir la place à laquelle on allait finir. En plus on fait 2, donc c´est bien. Mais pour être très franc, si le Detroit de Malacca a été amusant à cause de cette régate de contact sur la fin, ce n´est pas un endroit vraiment  idéal pour la voile. Mais globalement, on ne vient pas sur la Volvo pour le fun. Il y a des tas de moments que ne le sont pas. On vient pour régater, pour se battre au meilleur niveau. Et sur cette étape, nous avons été servis. On est content de cette 2ème place. On est encore très loin de la victoire, même si on sait que techniquement tout est encore possible, car nous n´avons disputé que 4 des 17 manches de ce tour du monde. Mais notre team évolue très bien et on devrait aller continuer notre progression.

Laurent Pagès, en convalescence, sur les pontons de Singapour

Le chef de quart de Telefónica Blue, blessé à l´épaule au cours de l´étape Le Cap-Cochin, et retourné en France pour se soigner, était présent en famille à Singapour pour l´arrivée victorieuse de son équipe.

Laurent Pagès : Je suis très fier de faire partie de cette équipe. Elle est solide, avec de très bonnes bases. Très efficace et  solidaire Pour cette manche, après mon forfait sur blessure, le fait de faire rentrer du sang neuf, avec Tom Addis, un pur météorologiste, lié au talent de notre navigateur Simon Fischer, a donné de la valeur ajouté à l´équipe. Je pense que qu´ils n´ont pas du beaucoup dormir sur cette étape, qui n´était pas forcément très longue ni très sexy sur le papier mais qui a été difficile à vivre et à courir. J´ai été très attentif à leur évolution et à leur stratégie pendant ces 10 jours de mer. A leurs hauts et à leurs bas. Ils ont été très combatifs. Vraiment supers. En ce qui me concerne, je devrais être en mesure de faire la prochaine étape dont le départ sera donné le 18 janvier, même si ce n´est pas encore sûr à 100%. On croise les doigts.

Classement étape Cochin – Singapour

1-     Telefónica Blue – lundi 22 décembre à 15h51 (Paris)

2-     Puma

3-     Ericsson 3

4-     Ericsson 4

5-     Telefonica Black

6-     Green Dragon

7-     Team Russia

8-     Delta Lloyd – mercredi 24 décembre à 2h30 (Paris)

 

Classement général Provisoire

1-     Ericsson 4 – 35 points

2-     Telefonica Blue – 30,5 points

3-     Puma – 27,5 points

4-     Ericsson 3 – 23,5 points

5-     Green Dragon – 20,5 points

6-     Telefonica Black – 19 points

7-     Team Russia – 10,5 points

8-     Delta Lloyd – 9 points

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Vitesse à tous les étages

BT - Sébastien Josse / VG
DR

La crainte des leaders était que la perturbation venue de Nouvelle-Zélande se mette en travers de la route et génère des vents de secteur Nord-Est, voir Est forts si elle tardait à s´évacuer vers le cap Horn. Heureusement pour Michel Desjoyeaux (Foncia) et Roland Jourdain (Veolia Environnement), le scénario était bien écrit et les acteurs n´ont pas eu à improviser pour retrouver des vents puissants et portants : le déficit sur 24 heures n´est finalement que de cinquante milles par rapport à Sébastien Josse (BT) et Jean Le Cam (VM Matériaux) qui sont calés un peu plus au Nord, ce qui n´est pas pour leur déplaire… Pour Armel Le Cléac´h (Brit Air) et Vincent Riou (PRB) malgré des vitesses supersoniques toute la journée d´hier, le gain est moins marqué puisqu´ils engrangent chacun une trentaine de milles. Toujours ça de pris à 11 000 milles des Sables d´Olonne alors que ces deux « inséparables » étaient en approche à 5h00 (heure française) du passage de la ligne virtuelle de changement de longitude Est-Ouest. Un deuxième 23 décembre dans l´escarcelle !

Tous (ou presque) à la même enseigne

Si la hiérarchie n´a pas été bousculée ces derniers jours, il va être intéressant d´éplucher les temps de passage à l´antiméridien puisque le grand balancier du temps à changer de camp : le retard accumulé à Bonne Espérance sur la référence de 2004 n´est plus qu´un mauvais souvenir et c´est en 43 jours 23 heures 33 minutes que Michel Desjoyeaux a franchi l´antiméridien de Greenwich. Une avance de 1j 06h 55mn qui devrait en partie, compenser le rallongement de la route dû à la remontée des portes des glaces. D´ailleurs si la prochaine (Nouvelle-Zélande) devrait être abordée dès ce réveillon de Noël pour les leaders, la suivante est déjà plus au Nord de cinq degrés de latitude, soit trois cents milles (45°30 Sud) ! C´est dire si les icebergs concomitants à la déliquescence d´un tabloïde grand comme la Corse et détaché de l´Antarctique depuis six ans (sic !), sont nombreux au Nord de la mer de Ross…

Mais pour les poursuivants de cette « bande de six », la priorité n´est pas encore la même. Certes Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) est en train de sortir de la mer de Tasman sans trop avoir souffert d´une dorsale anticyclonique qui voulait le happer. Et pour Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran), c´est l´entrée en Pacifique qui va être gravé pour ce réveillon : le couple doit passer la longitude de la pointe Sud de la Tasmanie ce mercredi matin. Et tout ce beau monde est propulsé par des dépressions qui sont moins violentes que programmées, à seize voir dix-neuf nœuds de moyenne ! C´est en queue de flotte que le tempo est moins enlevé : Jonny Malbon (Artemis), Rich Wilson (Great American III) et Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) sont à la porte Ouest Australie, en approche de la longitude du cap Leeuwin. Quant à Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), ils ont largement laissé dans leur sillage le redoutable archipel des Kerguelen.

Noël en mer… ou à terre

Mais en cette veille de Noël, il ne faut pas oublier ceux qui ont été débouté par l´océan Indien : Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) est arrivé mardi à Port Elizabeth en Afrique du Sud, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) est toujours à bord du Marion Dufresne entre les îles de Saint-Paul et d´Amsterdam, Mike Golding (Ecover 3) doit arriver ce jour à Fremantle en Australie, suivi par Dominique Wavre (Temenos II) probablement le 28 décembre et par Loïck Peyron (Gitana Eighty) le 30 décembre. Bonnes fêtes à tous !

Classement du mercredi 24 décembre à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 10 963,5 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 60,1 milles
3- Sébastien Josse (BT) à 139,7 milles
4- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 149,4 milles
5- Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 371,7 milles

Sélection internationale : 
8- Samantha Davies (Roxy) à 1509,3 milles
10- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1898,4 milles
11- Dee Caffari (Aviva) à 2016,6 milles

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Noël au baston

Arnaud Boissieres - Akena Verandas
DR

L´entrée en Pacifique a des allures d´Indien et l´Indien est loin d´être pacifique ! Seuls quelques solitaires ont eu le droit ce mardi à une petite pause due, pour les deux premiers, à une zone de transition avec des vents faibles au Sud-Est de la Nouvelle-Zélande ; à une dorsale anticyclonique pour Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) en approche de la Tasmanie ; à des calmes avant la tempête pour les deux « retardataires », Raphaël Dinelli (Foundation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch). Mais l´ambiance ne va pas du tout être la même dans les prochaines heures car, à l´avant de la flotte, c´est une dépression orageuse qui va bouleverser la donne : descendant d´Auckland, cette perturbation génère des vents modérés de secteur Nord qui vont très rapidement tourner au Sud-Ouest à plus de 35 nœuds et de très fortes rafales ! Le changement climatique va être radical, surtout pour les deux leaders Michel Desjoyeaux (Foncia) et Roland Jourdain (Veolia Environnement).

Du lourd, du très lourd


La situation sera moins brutale pour Sébastien Josse (BT) et Jean Le Cam (VM Matériaux), relégués à plus de 150 milles ce qui devrait leur permettre de grappiller encore du terrain, écart qu´ils ont déjà en partie combler depuis la fin du week-end… Et pour les deux « inséparables », Armel Le Cléac´h (Brit Air) et Vincent Riou (PRB) qui ont suivi quasiment la même route depuis le départ des Sables d´Olonne (sic !), la configuration est plus que favorable : les deux compères ont largement dépassé ce mardi midi les 400 milles quotidiens et ont grignoté plus de cent milles en 24 heures sur les leaders… Pas de chance pour l´ex-vétérinaire qui va devoir composer avec des vents variables dus à la présence d´un anticyclone entre la Tasmanie et la pointe Sud de la Nouvelle-Zélande ! Jean-Pierre Dick va donc ronger son frein en voyant revenir comme des boulets, le couple Samantha Davies (Roxy) toujours impériale en toutes circonstances, et Marc Guillemot (Safran) très fatigué après sa veille auprès de Yann Eliès et surtout handicapé par son rail de grand voile bloqué au deuxième ris… Le duo va se prendre une sérieuse « cartouche » avec des vents de plus de trente-cinq nœuds de secteur Nord, ce qui va créer une mer de travers très dure à négocier. Mais derrière le front qui va les propulser très vite à travers la mer de Tasman, il y a de quoi là encore, compresser vers la tête de la flotte.

Passe d´armes


Mais le match devant ne doit pas faire oublier les affrontements du peloton : ralenti par des soucis structurels dans la partie avant de son monocoque, Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) a enfin réussi après plusieurs jours de bricolages et de stratifications à renforcer son étrave. Si le Britannique ne peut pas encore trop tirer sur la machine, il a au moins l´espoir de finir son tour du monde, ce qui n´était pas évident le week-end dernier… Mais en contrepartie, sa compatriote Dee Caffari (Aviva) n´est plus qu´à une centaine de milles de son tableau arrière. Et la jeune femme doit rager parce que Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) a réussi à se glisser dans son Sud et à la dépasser ! Le trio va dorénavant devoir gérer une autre dépression assez méchante qui passe rapidement sous l´Australie, rendant la mer très chaotique et très forte…

Avance sur recettes


Michel Desjoyeaux a au final sensiblement rattrapé le retard accumulé par rapport à l´édition 2004 puisqu´il a passé l´antiméridien ce mardi à 12h35 (heure française) : il possède donc désormais un jour six heures cinquante-cinq minutes d´avance sur le temps de référence établi par Jean Le Cam quatre ans plus tôt. Hors le Fouesnantais avait 2j 22h 16´ de retard au passage de la longitude de Bonne espérance… C´est dire si le leader (et ses poursuivants aussi dans une moindre mesure) ont cravaché dans l´océan Indien ! Mais la priorité pour les jours à venir est de traverser cette première partie de l´océan Pacifique sans dégâts jusqu´à la porte de la Nouvelle-Zélande. Plusieurs solitaires indiquaient à la vacation radio de midi qu´ils se préparaient à mettre le « casque lourd » pour une semaine ! Retranchés dans leur cocon carbone, les solitaires vont affronter des rafales de grains, des mitrailles d´embruns, des missiles déferlants : c´est une nouvelle bataille du Pacifique…

Voix du large…

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) 17ème à 4018,5 milles du leader : « Pas de soucis sur l´eau comme on dit. C´est un jour de transition, la mer est calme. Y a du soleil, on en profite, car deux dépressions arrivent pour Noël. Tout ceci m´a permis de passer le plateau des Kerguelen. J´ai contacté les bateaux de pêche français car je ne voulais pas me prendre dans leur filet. J´avais beaucoup de krills sur le pont, vous savez ces petites crevettes…. »

Vincent Riou (PRB) 6ème à 416 milles : « Depuis quelques heures, on est sur un plateau continental. J´ai levé un peu le pied car la mer n´est pas vraiment belle. Les transitions sont assez chaotiques, mais on attend pour remettre un peu de toile. On est nombreux à rêver de retrouver des conditions agréables pour être dans le cockpit. Toujours être à l´intérieur, ça pèse un peu à la longue. On souhaite retrouver un petit vent médium et pouvoir être dehors pour faire de la voile sympa. »

Samantha Davies (Roxy) 8ème à 1509,3 milles : « Je marche en moyenne à 15/16 nœuds. C´est génial, car le vent commence à monter mais la mer est encore belle et le ciel est bleu. Mais je sais que dans les prochaines 24h, ça va être un peu plus dur. Rattraper le paquet de tête, oui, mais il est encore très loin. Là sur mon écran de contrôle, je ne le vois quasiment plus ! Mais je garde espoir de les rattraper d´ici le cap Horn. J´essaye aussi de préserver Roxy. C´est très cool de retrouver Marco (Guillemot). On navigue en couple, c´est assez sympa même s´il est très fatigué… »

Sébastien Josse (BT) 3ème à 153,7 milles : « Il y a une dépression qui se forme près de la porte néo-zélandaise, donc c´est possible qu´on recolle sur Michel (Desjoyeaux) et Bilou (Roland Jourdain). Là, c´est le Pacifique, mais il va falloir faire « piano-piano ». On retrouve une mer bleue, du soleil, il y a moins de brouillard, c´est moins blanchâtre, moins grisâtre. La météo est moins bonne donc j´anticipe. Cette dépression qui arrive demain, c´est 40 nœuds de Sud-Ouest avec des rafales à 50… »

Armel Le Cléac´h (Brit Air) 5ème à 375,5 milles : « On va sortir d´ici quelques heures d´une zone assez mouvementée. Il y a du vent en rafale et la mer est bien agitée. La mer n´était pas trop mal hier avec des vitesses sympas, à 22-28 nœuds, mais cette nuit, on a eu des rafales plus importantes. Donc là j´ai un peu ralenti. Mais ça fait du bien de recoller ceux qui sont devant. Je me suis donné une journée de retard maximum au cap Horn. Il faudra voir la situation dans les prochains jours. Vu le temps qui arrive, je vais peut-être devoir remettre du charbon… »

Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 11 178,9 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 50,4 milles du leader
3- Sébastien Josse (BT) à 153,7 milles
4- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 168,8 milles
5- Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 375,5 milles

Classement des premiers étrangers
8- Samantha Davies (Roxy) à 1 509,3 milles
10- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1871,5 milles
11- Dee Caffari (Aviva) à 1966,3 milles

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A mi-course, le bilan des architectes

Jean Le Cam / VM Materiaux
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Pascal Conq (Cabinet Finot-Conq) : 
« De cette première moitié de Vendée Globe je tire plusieurs enseignements : les bateaux vont plus vite, la compétition pour les premières places concerne plus de bateaux et dure plus longtemps. Cela induit un rythme plus élevé. Dans ces conditions c´est vraiment la place où chacun des skippers met le curseur qui fait la différence, selon ses états d´âme, sa façon de gérer la course car les bateaux ne sont pas poussés à 100 % de leur potentiel. Je ne suis ni surpris, ni inquiet car je m´attendais à de nombreux abandons. Je relève que cela vient des mâts en premier lieu ainsi que des quilles et des safrans ce qui n´a rien d´inhabituel. Pour le moment on est dans les « normes » de cette course mais on se situe seulement à la moitié du parcours donc si cela se poursuivait au même rythme cela deviendrait inquiétant. Par contre de cette première moitié de course on peut relever qu´il n´y a pas eu de problème de stabilité. Là non plus il faut se garder de tirer des conclusions hâtives car vu la vitesse des premiers on ne peut jurer de rien. Mais pour le moment ce n´est ni la stabilité, ni l´intégrité des bateaux qui sont en cause mais ce qui « dépasse », ce qui a toujours été géométriquement le plus fragile parce que c´est aussi sur ces pièces que l´on cherche à atteindre au maximum la limite entre la performance et la solidité. Les mâts ont toujours cassé sur les voiliers et plus particulièrement sur les jauges open où chaque kilo gagné dans les hauteurs est un vrai plus en terme de performance mais c´est parfois au prix de la casse. En ce qui concerne les bateaux que nous avons dessiné je suis content de leur performance intrinsèque. Ils sont montré que l´on pouvait être en tête avec ».
Bateaux : Brit Air, Hugo Boss, AKENA Vérandas, DCNS, Roxy, Toe in the Water, Generali, Aquarelle.com
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Patrick Shaughnessy, président de Farr Yacht Design : 
« Nous sommes très fiers de voir un bon nombre de nos bateaux dans le Top 5 ou le Top 10. Parallèlement, nous avons été dévastés par l´abandon de certains de nos bateaux. Bien sûr, chez Farr Yacht Design, nous espérons que l´un de nos bateaux remporte ce Vendée Globe. Mais c´est difficile de se projeter si loin alors que les marins ont encore tant de travail difficile à accomplir. La seconde génération de 60´ a bénéficié d´une meilleure connaissance sur la façon dont sont menés les bateaux. Cela a permis d´explorer des pistes pour gagner en puissance avec pour les marins, l´objectif premier de trouver le bon équilibre et de tirer le meilleur du bateau. Bien que ce ne soit pas particulièrement surprenant, les abandons successifs sont un cruel rappel du niveau de difficulté de cette course. Lors de nos premières estimations, on imaginait que seule une moitié de la flotte environ parviendrait à terminer la course, tout le monde était donc déjà préparé à ce scénario. Mais c´est quand même dur de le voir se réaliser. Chacun des abandons survenus à ce jour semble avoir une explication. A l´issue de la course, peut-être que l´analyse de ces événements permettra d´en définir plus précisément les raisons. Je suis persuadé que la fatigue générale au sein des navigateurs aura au moins joué un rôle dans certains des abandons »
Bateaux : BT, Delta Dore, Foncia, Gitana Eighty, Paprec Virbac 2, PRB et Cheminées Poujoulat.
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Marc Lombard : 
« Le premier enseignement que je tire c´est que le rythme est très élevé, plus que d´habitude car il y a davantage de pression en tête. A priori les statistiques d´avaries sont dans la norme. Un peu plus importante qu´en 2004 mais cela parait normal si on se souvient que cette édition était partie au portant et non avec un coup de vent dans le Golfe de Gascogne. En outre la compétition dans le sud n´avait pas été aussi intense. La hiérarchie est conforme à ce que l´on attendait. La hiérarchie est respectée et ce sont les vieux de la vieille qui sont devant à part Sébastien mais il faisait partie des favoris. L´origine des avaries n´a rien de surprenant. Les mâts tomberont toujours car c´est la pièce qui a le plus d´incidences sur la performance. Un mât trop lourd tue un bateau côté performance, un mât trop léger casse. Son intégrité dépend aussi de son maniement, de son réglage par rapport à la plateforme et aux conditions de vent. On constate qu´il n´y a pas eu une seule cause de démâtage : parfois l´origine est mécanique, d´autres fois ce sont les calculs ou le surmenage du gréement. Le seul point commun c´est que c´est le point faible des bateaux ! Autre enseignement : les extrêmes ne payent pas. C´est une bonne nouvelle pour la longévité de la flotte car les bateaux en tête sont dans la lignée de ceux de 2004. On sait que des bateaux plus larges, plus puissants peuvent aller plus vite mais cela se heurte à des problèmes de poids et de solidité. Ce sont manifestement les petites évolutions qui payent en solitaire. Quand à « mes » bateaux, on les avait peut-être enterrés trop tôt. Dommage que je n´ai pas pu en dessiner de nouveaux pour cette course mais manifestement des bateaux légers (VM Matériaux reste le plus léger de la flotte), cela paye en solitaire ». 
Bateaux : Veolia Environnement, VM Matériaux  
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Merf Owen, Owen Clarke Design Group : 
Les avaries sont rarement liées, elles ont chacune leur propre cause. Si un mât casse, cela peut provenir du  gréement, du tube lui-même ou de la conception. Quand on dit qu´une quille casse le terme est également trop général car peut être en cause – comme pour Dominique Wavre –   une installation en tête de la quille et en d´autres occasions ce peut être la quille elle-même ou les vérins. Je ne suis pas étonné par le nombre d´avaries et d´abandons. Historiquement cela a toujours concerné environ 50% de la flotte. Si on conserve ce pourcentage en référence on peut très bien observer encore quatre à six problèmes. Un tour du monde, juste pour le terminer, réclame beaucoup à l´homme et à la machine, alors quand en plus vous ajoutez une régate à un rythme très élevé, surtout en tête de la flotte, et le tout sur des bateaux menés en solitaire, vous avez tout simplement le Vendée Globe !
Bateaux : Algimouss Spirit of Canada; Aviva; Ecover 3; Temenos II
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Simon Rogers, Rogers Yacht Design Ltd : 
Les IMOCA 60 pieds de la nouvelle génération ont besoin de beaucoup de temps pour être optimisés et pour atteindre tout leur potentiel par rapport aux générations précédentes.  L´accumulation des milles sur l´eau est donc cruciale. En même temps, il faut trouver un équilibre entre la fiabilité et les économies de poids. Avec un tiers de la flotte qui a abandonné alors que la tête de course n´en est qu´à la moitié du tour du monde, on voit non seulement combien est importante la fiabilité mais surtout la qualité et la façon de gérer leur course des marins. 
Bateau : Artemis
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Guillaume Verdier (VPLP-Verdier) : 
« C´est une course géniale à suivre. Plus elle avance, plus elle gagne en  côté aventure sans cesser pour autant d´être une superbe compétition. C´est ce qui fait son charme.  Je suis juste un peu déçu des mâts qui « descendent » si l´on considère le travail engagé pour que cela ne se produise pas. On peut regretter que les études architecturales soient le plus souvent séparées entre le mât et le reste.  Il faudrait peut-être intégrer les calculs effectués pour le mât à l´ensemble afin de gagner en homogénéité.  Les mâts cassent en premier car c´est dans les gréements que le facteur sécurité est le plus faible et que les skippers sont prêts à prendre le plus de risque pour la performance. C´est un peu comme une longue descente en ski dans la poudreuse, il faut sans arrêt juger de la limite du risque mais c´est sur qu´il y a moyen de casser tes skis. Sauf que là c´est une descente qui a lieu tous les quatre ans et que la casse des tes skis coûte plus chère ! Mais il faut aussi constater que ces casses n´empêchent pas pour le moment les skippers de ramener leur bateau dans un port par leur propre moyen. Cela me semble fondamental. »
Bateaux : Safran, Groupe Bel

(source IMOCA)

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Une occasion pour les chasseurs

PRB - Vincent Riou / VG
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Alors que les six premiers naviguent sous la Nouvelle-Zélande, un nouveau passage à niveau est à appréhender avec attention car il pourrait sensiblement ralentir la progression de cette entrée en Pacifique. En effet, une bulle anticyclonique s´est formée dans l´Est de l´île Campbell alors qu´une perturbation s´est formée au large du détroit de Cook, en route vers le Sud-Est. Être devant n´est donc pas la position la plus confortable car après les vents plus mous qui sévissent ce mardi matin autour de Michel Desjoyeaux (Foncia) et de Roland Jourdain (Veolia Environnement), c´est le risque d´affronter des vents de Nord à Nord-Est, voir même d´Est (!) puissants, même s´ils ne seront que passagers. C´est en partie la raison de cette remontée vers le Nord-Est de la tête de la flotte qui n´a pas d´autre choix que de tenter un contournement septentrional. L´avantage est donc aux poursuivants, en particulier Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac´h (Brit Air), qui reviennent comme des avions depuis la nuit dernière. D´ailleurs ils sont largement les plus rapides de la flotte et Armel Le Cléac´h réalise même l´un des meilleurs « vols » de toute la course avec 439,6 milles parcourus en 24 heures ce mardi matin !

Cavalcade antipodienne

Tampon par devant, grand galop par derrière, joli trot au milieu : Sébastien Josse (BT) et Jean Le Cam (VM Matériaux) profitent aussi de cet effet de compression puisqu´ils ont grappillé une bonne trentaine de milles en une demie journée. Toujours ça de pris pour retrouver les mêmes conditions météorologiques que les deux leaders quand le système dépressionnaire va se remettre en place après la porte de Nouvelle-Zélande : les premiers devraient la franchir le jour de Noël ou tout juste avant le réveillon… Il faut donc s´attendre à un très sensible regroupement de la tête de flotte, les six premiers se retrouvant à moins de 300 milles les uns des autres après ce délicat passage ! Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) aura quant à lui l´occasion de tester son safran « Ivory » réparé, en bordure méridionale d´un anticyclone qui s´est installé momentanément en mer de Tasman avec un flux de Sud-Ouest modéré…

Pour les onze autres solitaires encore dans l´océan Indien, pas de grand changement : les dépressions se suivent et se ressemblent et si certains sous l´Australie, pourront ressentir un léger affaiblissement de la brise, ce phénomène sera passager. Une belle perturbation va générer des vents forts de plus de 35 nœuds pour le couple Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran), brises qui vont rapidement tourner à l´Ouest derrière un front comme c´est le cas pour le trio Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akéna Vérandas). Et pour les autres « Indiens », pas de réelle surprise puisque, après cette dépression australienne, une autre pointe ses fronts au large du cap Leeuwin : Steve White (Toe in the water) devrait en profiter pour augmenter son avance sur le triumvirat Jonny Malbon (Artemis), Rich Wilson (Great American III) et Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada)…

Classement du 23 décembre à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 11 339,5 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 56,9 milles du leader
3- Sébastien Josse (BT) à 187 milles
4- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 211,8 milles
5- Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 404,8 milles

Sélection internationale : 
8- Samantha Davies (Roxy) à 1521,1 milles
10- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1852,9 milles
11- Dee Caffari (Avaiva) à 1924,9 milles

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Telefonica Blue remporte la 3e étape à Singapour

Telefonica blue gagne etape 3
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Si la victoire de l´équipage espagnol de Telefónia Blue, l´un des deux grands animateurs de cette 3ème étape était attendue depuis la mi-journée, la bataille a fait rage jusqu´au dernier moment entre Puma et Ericsson 3 pour la seconde marche du podium,  quelques centaines de mètres séparant les deux concurrents sur la ligne à l´arrivée ; Ericsson 4 (vainqueur es deux premières étapes) fermant finalement la marche de ce quarté de tête. La progression sur Singapour a été difficile à gérer avec les nombreuses interférences du trafic maritime, la faiblesse du vent et les courants mais tout le monde étant logé à la même enseigne, les équipages ont pris cela comme autant de paramètres pour les aider à faire la différence et engranger le maximum de points.

A l´issue de cette troisième empoignade océanique, Ericsson 4 conserve son leadership en tête du classement général avec 35 points dans son escarcelle. Telefónica fait une belle opération en confortant sa seconde place avec 30,5 points et Puma a réussi à mettre un peu de champs entre lui et Ericsson 3 qui fait une belle remontée dans le classement général.

L´arrivée imminente de Telefónica Black en 5ème position ne fait presqu´aucun doute mais les choses ne sont pas encore fixées entre Green Dragon et Team Russia qui se battent pour les 6ème et 7ème places.

Delta Loyd ferme la marche à 195 milles de Singapour et est attendu demain.

Arrivées à Singapour

1- Telefonica Blue – 1er – 8 points

2 – Puma – 2e – 7 points

3 –  Ericsson 3 – 3e – 6 points

4 – Ericsson 4 – 4e – 5 points

 5 – Telefónica Black à 15 milles de Singapour

6 – Green Dragon à 50 milles du leader

7 – Team Russia à 58 milles

8 – Delta Lloyd à 180 milles

Classement général provisoire

1 Ericsson 4 – 35.0 (arrivé)
2 Telefonica Blue – 30.5 (arrivé)
3 Puma Ocean Racing – 27.5 (arrivé)
4 Ericsson 3 – 23.5 (arrivé)

5. Green Dragon: 17,5 points – en course
6. Telefónica Black: 15.5 points – en course
7. Team Russia : 8.5 points – en course
8. Delta Lloyd : 7.5 points – en course

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