Mini-Transat. Départ de la 2e étape dans des petits airs

Propulsés par un faible flux de nord-est, les 86 concurrents (abandon de Lina Rixgens ce jour) sont partis ce vendredi de Santa Cruz de La Palma pour rejoindre Saint-François avec, devant leurs étraves 2 700 milles à parcourir.

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C’est dans de tous petits airs entre 4 et 5 nœuds de vent de secteur nord-est que le départ de la deuxième étape de la 23e édition de la Mini Transat EuroChef a été donné ce vendredi après-midi, au large de Santa Cruz de La Palma. D’emblée le ton a donc été donné pour les solitaires qui vont devoir faire preuve de patience et d’opportunisme lors des prochaines 24-36 heures pour s’extraire de l’archipel des Canaries. L’enjeu ? Réussir à déjouer au mieux les dévents des îles, et en particulier celui de Tenerife dont le point culminant s’élève à 3 715 mètres d’altitude. « Les effets du Teide se font ressentir à plus de 60 milles. Les Ministes vont devoir essayer de trouver le meilleur passage entre la Gomera et El Hierro qu’ils ont l’obligation de laisser à tribord. Ce ne sera pas si facile, d’autant qu’ils vont aussi devoir composer avec de nombreuses zones de molles et des alizés mal établis », explique Christian Dumard, consultant météo de la course. Dans ce contexte un peu délicat, quelques surprises sont évidemment à prévoir, de même que de premiers écarts significatifs. « Il va falloir être bien dessus. La nuit prochaine risque d’être très importante », a assuré Tanguy Bouroullec (969 – Tollec MP/Pogo), actuel leader au classement des Proto avec moins de 1h10 d’avance sur Fabio Muzzolini (945 – Tartine sans Beurre) et Pierre Le Roy (1019 – TeamWork), mais aussi moins de 10 heures de bonus sur Irina Gracheva (800 – Path), la navigatrice russe qui pourrait bien tirer remarquablement son épingle du jeu sur les premiers milles du tracé. « Les conditions sont parfaites pour moi et surtout parfaites pour mon bateau. Je sais que j’ai une carte à jouer dans le petit temps, même si je ne perds pas de vue que lorsque c’est très faible et très instable, tout le monde est susceptible de se faire piéger ou de commettre une grosse bêtise. C’est, dans tous les cas, très challengeant pour moi », a expliqué la skipper qui a déjà, et à de nombreuses reprises, montré qu’elle était absolument redoutable dans les petits airs.

Savoir se montrer zen et malin
« D’emblée, le jeu promet d’être assez ouvert. Il va falloir se montrer vif et opportuniste car une erreur va vite pouvoir se payer assez cher, de la même façon qu’une bonne option va vite pouvoir faire gagner beaucoup », a confirmé de son côté Léo Debiesse (966 – Les Alphas), particulièrement à l’aise, lui aussi, dans la pétole. « Ce sera forcément un plus de sortir de l’archipel dans le groupe de tête mais la course sera encore très longue ensuite. Même si quelqu’un se démarque dans les heures qui viennent, ça ne va pas boucler la course pour autant. Je pense que ça va beaucoup se jouer dans la tête. Il va falloir être solide jusqu’au bout », assure le Lozérien. Même son de cloche ou presque du côté de sa concurrente Anne-Claire Le Berre (1005 – Rendez-Vous Equilibre), auteur du meilleur départ cet après-midi. « Il est certain que dans un premier temps, la sortie des îles canariennes risque d’être un peu compliquée mais au-delà de ça, et quoi qu’il se passe la nuit prochaine, le jeu sera très ouvert derrière. A mon sens, le point clef sera dans cinq-six jours quand nous aurons plus de visibilité sur la deuxième partie de la course. Aujourd’hui, elle est assez incertaine vu que les alizés ne sont pas tout à fait établis, mais il y aura, à un moment donné, un choix à faire sur la route à prendre », a détaillé la régatière.

En route pour l’inconnu
De fait, d’ici quelques jours, après avoir dans un premier temps continué leur descente vers le sud, les Ministes n’auront d’autres choix que d’obliquer leurs trajectoires à droite pour rejoindre l’arc Antillais. Les uns et les autres devront alors trouver pour le meilleur compromis entre aller vite et faire le moins de route possible. « Il faudra composer en fonction de la météo que l’on recevra tous les jours via la BLU. Une chose est sûre : il va y avoir différentes options. Le but du jeu sera non seulement de faire les bons choix stratégiques mais aussi de réussir à aller vite longtemps », a ajouté Tanguy Bouroullec. Si lui pourra s’appuyer sur l’expérience de ses deux premières participations à la course, ce ne sera pas le cas de la grande majorité de la flotte qui, elle, s’apprête à traverser l’Atlantique pour la toute première fois, non sans quelques appréhensions. « Comme beaucoup, je ne sais pas à quoi m’attendre car je ne connais pas là où je vais. L’inconnu, c’est d’ailleurs précisément ce que l’on vient tous un peu chercher. C’est un défi avec soi-même. Arriver de l’autre côté et l’avoir fait, ce sera une belle chose. Aujourd’hui c’est un sentiment plus fort que le sportif. C’est un an et demi de projet qui se résume ou du moins qui prend forme », a relaté Anne-Claire Le Berre qui résume ainsi à la perfection le sentiment de la quasi-totalité de ses concurrents.

A noter :

-Lina Rixgens (982 – Avanade) a officiellement signifié son abandon à la Direction de course. L’Allemande a en effet constaté un problème de liaison quille-bulbe. Un problème qu’elle a tenté de solutionner avant de se résigner à jeter l’éponge. C’est évidemment une grosse déception pour la navigatrice, déjà contrariée par des soucis de ferrures de safran lors de la première étape.

-Tanguy Aulanier (968 – La Chaîne de l’Espoir) est entré en collision avec Camille Bertel (900 – Cap Ingelec) lors de la phase de départ, endommageant alors l’étrave de son Ofcet 6.50. Le skipper a rapidement procédé à la sortie son bateau afin de pouvoir évaluer l’étendue des dégâts et ainsi définir la suite à donner à sa course.

-Pilar Pasanau (240 – Gemese – Peter Punk) a fait demi-tour peu après le coup d’envoi de cette deuxième étape après avoir détecté des problèmes de pilote automatique. L’Espagnole tente, si cela est possible, de trouver une solution avant de reprendre la mer.