Les ministes revoient leur stratégie

Pontons Douarnenez
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La dépression de 989 hPa actuellement centrée sur l’Irlande est bel et bien là. Le vent souffle sur Douarnenez. Le coup de vent annoncé est au rendez-vous et les concurrents du Mini Fastnet sont donc sagement à quai. Ils profitent de l’annulation du prologue de ce samedi et du report du départ de la course à lundi matin pour travailler leur stratégie, charger l’avitaillement, et bricoler toujours et encore… Lundi matin, les 112 marins de ce Mini Fastnet 2013 s’élanceront dans une brise de 17 à 20 nœuds. La mer sera encore forte en sortie de baie de Douarnenez, mais les éléments vont très vite se calmer. L’ensemble de la flotte pourra profiter d’un fort courant de marée (coef. 100) favorable pour remonter le chenal du Four. Les 56 Mini devraient donc naviguer groupé pour leur entrée en Manche, ensuite, les stratégies commenceront à s’affiner…

Les concurrents devront en effet négocier une dorsale anticyclonique (zone de transition entre deux systèmes météo) et anticiper notamment l’arrivée, par l’ouest, d’une dépression peu active à partir de mercredi. Autre paramètre de taille à prendre en compte dans la stratégie à mettre en place : le contournement obligatoire des nombreuses zones de trafic maritime qui jalonnent le parcours. Enfin, les marins vont devoir résoudre une équation délicate : trouver le juste poids de leurs 5 jours (minimum) d’avitaillement sans s’affamer ni s’alourdir inutilement. Après un dernier briefing météo ce soir à 18h30 les concurrents quitteront le ponton du Winches Club à 6h du matin lundi.

Ils ont dit

Isabelle Joschke ( co-skipper Teamwork avec Justine Mettraux) : « Aller au Fastnet c’est toujours magique, c’est un vrai voyage : on traverse deux mers différentes, dans systèmes météo différents, chacun part de son côté et quand on se retrouve au phare ou à l’entrée de la baie de Douarnenez c’est génial ! C’est un vrai bol d’air pour moi et pour Justine, c’est une préparation pour la Transat avec un objectif sportif clair : la gagne… »

Clément Bouyssou (No War) : « Je préfère la brise, mais mon bateau est léger donc c’est bien pour le petit temps. Le souci c’est qu’avec 5 jours de course, il va falloir se charger en avitaillement, on va s’alourdir… Tous les favoris sont aussi à l’aise dans le petit temps que dans la brise, nous sommes 20 bateaux à aller vite ! Il y a aura du jeu ! Il faudra rester au contact, ça va se jouer à la vitesse et à la gestion des bonshommes. L’expérience va payer. »

Gildas Mahé : « Il va y avoir de belles stratégies à mettre en place avec la dorsale à négocier avec peu de vent, beaucoup de courant aussi… ça va être très intéressant ! C’est génial aussi d’appréhender la météo sans les outils de communication que l’on a sur les autres séries. Il faut étudier très sérieusement les différents schémas possibles en amont et sur l’eau, actualiser avec les informations des sémaphores : il n’y a qu’en Mini que l’on fait ça ! »

Giancarlo Pedote (Prysmian) : « Le bateau peu être performant dans le petit temps, c’est à moi d’arriver à le faire marcher. Il faudra être patient, ne pas se laisser influencer par les trajectoires des autres concurrents, rester fidèle la stratégie que l’on se sera fixée avant le départ tout en étant attentif aux évolutions de la météo : ça va forcément bouger d’ici mercredi et jeudi… »

Gwénolé Gahinet : « Le petit temps ne me dérange pas, d’autant que ce sont des conditions où le Magnum (le « Prysmian » de Giancarlo Pedote) ne sera pas avantagé ! J’ai un bateau qui marche bien au près dans les petits airs. Et puis cela laissera plus de place à la stratégie : il faudra bien se positionner par rapport aux systèmes météo et la gestion des DST va compliquer un peu la donne. »