Jour 3 Le point en Class40

Après 2 jours et 20 heures la flotte des Class40 n’a pas été épargné depuis le départ et va devoir encore faire le dos rond face à un deuxième puis un troisième front attendus d’ici la fin de semaine. Au classement, Yoann Richomme (Veedol-AIC) est en tête devant Aymeric Chappelier (Aina Enfance) et Phil Sharp (Imeyris) tous les deux plus au sud.

Sur les 53 class40, une vingtaine sont allés se mettre à l’abri, ont cassé ou déjà abandonnés. Les autres aimeraient allés plus vite pour gagner le sud mais la mer formée les obligent à ménager leur monture.

Sébastien Marset sur Camping Tohapi ce mercredi matin  à la vacation avant son avarie :

Peu après la vacation, Le skipper (Campings Tohapi) décidait de faire route vers la Bretagne. Il connaît un problème important au pied de mât de son Class40. « Les deux barres longitudinales en avant de mon pied de mât sont en souffrance et ne sont pas loin de casser » indique Sébastien. « Je les vois bouger. J’ai donc décidé de faire une escale. Je suis en train de réfléchir ou je vais pouvoir m’arrêter car il ne faut pas que mon bateau ne tape de trop dans les vagues ».

Louis Duc (Carac) a cassé son axe d’étai et va essayer de réparer.
Axe d’étai cassé à bord du Class40. Heureusement, Louis a eu les bons réflexes pour immédiatement sécuriser son mât. Il était alors en 2e position et faisait route au sud-ouest. Un cap, travers au vent, qu’il ne peut plus suivre pour le moment, surtout dans les conditions météo actuelles : 30 nœuds établis, rafales à 40, mer agitée. Il fait donc route vent arrière soit pour l’instant au sud. Son objectif est de réaliser une réparation en mer en tentant de perdre le moins de terrain possible. Louis Duc (Carac) : « Le mât est sécurisé avec des drisses, j’arrive même à lofer un peu, c’est pas mal. Mon objectif est d’essayer de régler ce problème sans toucher terre. Donc, pour l’instant je fais route au sud jusqu’à ce que la météo se calme un peu. » La pièce cassée est celle qui fixe l’étai à l’étrave du bateau. Si Louis réussi à dérouler et affaler le Solent actuellement roulé sur son étai, il pourra libérer et alléger le câble et tenter ainsi de le fixer à nouveau.

Le reste de la flotte
Marc Dubos (Esprit Scout) s’est réfugié à Roscoff.
Jean Galfione (Serenis Consulting) s’est réfugié à Brest.
Dominique Rivard (Marie Galante-April) est à Brest. Avarie : blessure au genou du skipper.
Maxime Cauwe (Azeo-On est large) s’est réfugié à Camaret
Hiroshi Kitada (Kiho) s’est réfugié à Lorient.
François Lassort (Bijouteries Lassort-Tonton Louis) s’est réfugié à Brest.
Cédric de Kervenoael (Grizzly Barber Shop) s’est réfugié à Camaret.
Nicolas Jossier (Manorga) s’est réfugié à Concarneau.
Andrea Fantini (Enel Green Power) s’est réfugié à Lorient.
Romain Rossi (Fondation Digestscience) fait route vers Lorient.
Halvard Mabire (Colombre XL) s’est réfugié à Bénodet.
Emmanuel Hamez (Teranga) s’est réfugié à Bénodet.
Loïc Le Doyen (Saint Cast-Le Guildo-Terre Exotique) s’est réfugié à Lorient.
Sam Goodchild (Narcos : Mexico) fait route vers la pointe bretonne. Avarie : démâtage.
Arthur Gascoin (Up Sail & Connect) en route vers Lorient pour s’abriter.
Olivier Magre (E. Leclerc-Ville La Grande) fait route sur Lorient pour s’abriter.
Sébastien Desquesses (Kersia-Le Guével-Spirit of Saint Malo) fait route vers la pointe bretonne.
Arthur Hubert (Audi Saint Malo-Espoir pour un Rhum) se déroute vers La Corogne.

« Un vrai champ de mines ». Voilà comment Yoann Richomme (Veedol-AIC), qui en a pourtant vu d’autres, a décrit les conditions qu’ont traversées dans la nuit de lundi à mardi dans le golfe de Gascogne les skippers de la Class40 qui avaient décidé de poursuivre leur route malgré le gros temps annoncé. Trois ris et tourmentin pour la plupart, tous ceux qui ont pu être joints à la vacation de la mi-journée ont évoqué des vents moyens de 35-40 nœuds accompagnés d’une mauvaise mer croisée d’environ cinq mètres. « J’ai songé rentrer à un moment, parce que ça tapait tellement fort que je pensais que le bateau allait se disloquer », a ainsi confié Arthur Le Vaillant (Leyton), tandis que le Suisse Jacques Valente (Destination Valente), appelé en plein passage du front (il était à l’arrière de la flotte), a commenté : « J’ai toujours eu l’intention de continuer, mais c’est compliqué, il y a vraiment cartouche ».

Dans ces conditions, impossible pour les marins de s’alimenter, la seule solution étant de faire le dos rond en attendant que le front passe et en espérant que le bateau sorte indemne. Ce qui n’a malheureusement pas été le cas de Sam Goodchild victime d’un démâtage à bord de Narcos : Mexico. Nombreux sont ceux qui ont fait état de problèmes de pilote automatique, à l’instar de Bertrand Delesne (bertrand-delesne.fr), sorti d’une nuit compliquée : « J’ai eu un problème de pilote qui n’enclenchait plus. J’avais anticipé les changements de voile, mais il me restait à mettre le tourmentin et à prendre des ris dans la grand-voile. Comme je ne pouvais plus lâcher la barre, j’ai dû me mettre à la cape, le génois s’est alors déroulé dans 35-36 nœuds, je me suis demandé comment ça allait finir ».

D’autres, moins expérimentés ou moins préparés – Jean Galfione (Serenis Consulting), Marc Dubos (Esprit Scout), Maxime Cauwe (Azeo-On est large), Hiroshi Kitada (Kiho), François Lassort (Bijouteries Lassort-Tonton Louis), Cédric de Kervenoael (Grizzly Barber Shop), Nicolas Jossier (Manorga), Andrea Fantini (Enel Green Power), Romain Rossi (Fondation Digestscience), Loïc Le Doyen (Saint-Cast Le Guildo Terre Exotique), Arthur Gascoin (Up Sail Connect) et Halvard Mabire (Colombre XL) – ont choisi la voie de la prudence en allant s’abriter entre Roscoff, Camaret, Brest, Concarneau et Lorient, d’où ils pourraient repartir en fin de semaine. Car d’ici là, deux autres fronts sont attendus sur la flotte des Class40 qui ne sera sortie d’affaire, en tout cas pour les premiers, que le week-end prochain à l’approche des Açores. « On sait que dans trois-quatre jours, une fois qu’on arrivera à l’anticyclone des Açores, si on arrive à se glisser dessous comme prévu, on passera dans un mode complètement différent, on enverra le spi », confirme Yoann Richomme.

Un Yoann Richomme qui, mardi après-midi, occupait toujours la tête de la flotte, désormais tribord amure dans du vent de Nord-Ouest, le vainqueur de la Solitaire du Figaro 2016 s’apprêtant alors à croiser devant Aymeric Chappellier (Aïna Enfance & Avenir), Phil Sharp (Imerys Clean Energy) et Luke Berry (Lamotte-Module Création). Car malgré le gros temps, la régate continue et elle est toujours aussi passionnante…