C’est encore une arrivée serrée qu’ont réservée les Class40 pointus de la Globe40. Dans la même journée, en quatre heures (dont trois en moins d’une heure), sont arrivés ce mercredi 28 janvier le Brésilien BARCO BRASIL, l’équipage austro-britannique WILSON, les Anglais de JANGADA RACING et les Canadiens de WHISKEY JACK.
Partis le 1er janvier de Sydney, les sept Class40 (l’équipe allemande NEXT GENERATION ayant dû faire demi-tour vers La Réunion) sont rapidement descendus dans les latitudes sud, doublant la Nouvelle-Zélande par le sud. FREE DOM a quitté la meute après plusieurs péripéties et un double retour vers Sydney, pour un troisième départ le 17 janvier.
Pour les quatre survivants de cette première phase commence alors la longue traversée des mers du Sud, à la limite des 50° de latitude sud fixés par la course. Une première pour la quasi-totalité des skippers — à trois exceptions près — : découverte des grandes glissades au portant, des records de vitesse, du froid, voire de la peur, avec des montagnes de vagues et les albatros, gardiens du temple du Sud. Une expérience difficilement transmissible par les mots, mais qui les marquera tous.
La qualité de la préparation technique aura permis à ces Class40 « pointus » de traverser cet océan sans avaries majeures. On retiendra seulement l’exploit de Jade, allant revisser une pièce du gréement en tête de course, au milieu de la nuit, de la tempête et du Pacifique ; rien d’autre à signaler, sous réserve d’inventaire à l’arrivée. Puis ce fut le vertige du passage au point Nemo, symbole des immensités maritimes. Enfin, trois semaines après l’abandon — provisoire — des mers du Sud, la remontée vers le Chili, retrouvant le calme, une certaine chaleur et un peu de répit avant l’atterrissage sur les côtes chiliennes. Une expérience qui a frappé les esprits autant qu’elle a marqué les corps.
Une compétition qui n’a jamais faibli
Aventure, certes, mais compétition toujours : BARCO BRASIL (n°151) conforte son classement en tête des pointus avec cette nouvelle victoire. Le duel avec FREE DOM attendra les 5e et 6e étapes. Sept mille milles parcourus en tête de la flotte des pointus, avec souvent des options très engagées dans le dur des dépressions : José et Luiz ne craignent manifestement rien. Une moyenne de 10,7 nœuds sur l’eau, soit à peine moins que ce qui était, il y a peu, le record des scows sur les parcours transatlantiques (Transat Jacques Vabre 2023 : 11,12 nœuds de moyenne pour Ambrogio Beccaria). Ce record des scows est d’ailleurs passé à 13,40 nœuds de moyenne sur l’ensemble de la Transpacifique, record absolu d’une épreuve au large en Class40.
WILSON (n°93), le plus ancien bateau de la flotte, poursuit une Globe40 remarquable de régularité, de performance et de préparation technique sous l’égide de Jade, patron de chantier dans le civil. Cela n’empêche pas la skippeuse Lisa Berger de nous offrir de magnifiques images sous forme de posts Instagram atteignant régulièrement le million de vues.
La sagesse et le flegme britannique de JANGADA RACING (n°152) auront également payé : une prudence volontairement choisie par Richard et Rupert pour remonter lors de la plus grosse dépression rencontrée, rapidement suivis par les autres, à l’exception de BARCO BRASIL — une stratégie payante.
Enfin, l’équipage à fleur d’érable, les Canadiens Mélodie et Colin, n’a cessé d’améliorer la performance de leur Class40 n°128, suivant le rythme d’enfer du groupe.
Un groupe uni dans la compétition mais aussi dans la solidarité, chacun s’inquiétant rapidement d’un ralentissement marqué ou d’une route incohérente d’un autre équipage. Et l’image est belle de les voir arriver presque ensemble, avec si peu d’écart, à Valparaiso.
Au-delà du classement, tous méritent le même respect pour la performance accomplie.


















