Jean-Yves Bernot : « Rien n´est joué » » »

Jean-Yves Bernot
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Q – L´avance de Vincent Riou est-elle déterminante ?

Jean-Yves Bernot : « Vincent a bien joué le coup. Je ne suis pas étonné de le voir aussi bien placé. Pendant les cours, il a montré beaucoup d´intérêt. Ce qu´il fait est toujours simple et bien fait. D´un point de vue stratégique, il n´a pas raté grand-chose. Maintenant, même s´il a pris de l´avance, rien n´est joué pour autant. Après le Pot au Noir, il va connaître quelques jours difficiles, notamment s´il se retrouve avec 20 nœuds à 60° du vent. A cette allure-là, les deux autres bateaux sont plus rapides que son «  »PRB » » «  ».

Q – Comment s´annonce le passage du Pot au Noir ?

J.-Y.B. «  »C´est toujours un passage compliqué, d´autant plus qu´il semble être actif cette année : ça peut donc être la loterie. Ensuite, du Pot au Noir jusqu´à la latitude des Canaries, ce se sera pas simple non plus. D´ailleurs, jusqu´à l´arrivée, les premiers ne vont pas connaître de repos au niveau stratégique. Ils devront être concentrés, lucides. Donc, il faudra savoir se reposer pour avoir les idées claires » ».Q – Jean Le Cam peut-il revenir après son option hasardeuse dans l´est ?

J.-Y.B. : «  »A ce sujet, j´avoue que je ne comprends pas pourquoi il est parti à l´est. Ce n´était pas à lui de tirer le premier. Pourquoi a-t-il fait ça ? C´est un mystère. Peut-être a-t-il choisi de se planter volontairement dans les calmes pour réparer quelque chose ou ménager son bateau ? On ne le saura pas, car il est évident que Jean ne dira rien. D´ailleurs, à sa place, j´en ferais autant. Maintenant qu´il est sorti de cet endroit, Jean va se refaire : il va un peu combler son retard et je le vois bien au Pot au Noir 100 milles derrière Riou. Après, tout dépendra du passage du Pot au Noir, donc tout reste possible » ».
Q – On a l´impression que Mike Golding n´a pas véritablement de schéma stratégique. Qu´en pensez-vous ?

J.-Y.B. : «  »Golding navigue bien, c´est un bon marin : il est costaud, sait faire avancer un bateau et le sien va plutôt vite. Maintenant, il est vrai qu´il a moins de culture météo que les Bretons. Sa façon de naviguer est très anglo-saxonne, c´est-à-dire on reste sur la route directe en regardant ce que font les autres. Il réagit en fonction des adversaires et n´a pas de schèmas stratégiques en tête. S´il voit qu´un concurrent part à droite et que ça avance bien, il va à droite. Lui, il parie sur sa capacité à faire avancer vite son bateau. D´ailleurs, à chaque fois qu´il a gagné une course, c´est en procédant ainsi : en suivant et en accélérant dans la dernière ligne droite. Ceci dit, c´est un très bon finisseur » ».

Philippe Eliès / Le Télégramme
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