Défi Azimut en Ultim. 24 heures chrono à 4

L’histoire est un éternel recommencement. Eté 2010, François Gabart et Armel Le Cléac’h cherchent des opportunités de s’entraîner en course pour finir de préparer leur Vendée Globe. Ils croisent sur les pontons de Lorient le président d’Azimut Jean-Marie Corteville, le courant passe et la société de solutions informatique s’invente un nouveau métier le temps d’un week-end. Le premier Défi Azimut est né, ils sont cinq à répondre à l’appel et un an passé, François Gabart et Armel Le Cléac’h terminent premier et deuxième du Vendée Globe. « Cette année, Armel nous a de nouveau sollicité pour organiser un événement simple et spontané pour les Ultimes raconte Jean-Marie Corteville.  Ce sont des bateaux fantastiques, avec des teams de très haut niveau mais pour être au point, il faut qu’ils naviguent en conditions de course. Quand nous avons su que quatre autres Ultims étaient d’accord pour un 24 heures dans le golfe de Gascogne, j’ai dit Banco ! »

Un plateau exceptionnel et inédit

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les trimarans géants et le Défi Azimut se rencontrent puisqu’en 2014, IMOCA et Ultims avaient chacun leur classement. C’est d’ailleurs Sébastien Josse qui courait la semaine passée le Défi Azimut sur l’IMOCA Corum L’Epargne qui l’avait emporté. Son Groupe Edmond de Rothschild d’alors, était un ancien Mod70 équipé de plans porteurs, défricheur des engins volants d’aujourd’hui.

Retour à l’actualité, c’est donc à 14 heures samedi que s’élanceront Actual Ultim 3 (Yves Le Blévec-Anthony Marchand), Banque Populaire XI (Armel Le Cléac’h-Kevin Escoffier), Sodebo Ultim 3 (Thomas Coville-Thomas Rouxel) et SVR Lazartigue (François Gabart-Tom Laperche).

La fête sera donc belle et le match de haut niveau sur un parcours d’environ 460 milles concocté par Sylvie Viant, directrice de course, épaulée par Gildas Morvan qui nous expliquait ce midi : « Nous avons positionné deux way points dans le golfe de Gascogne. Le premier, plein Ouest de Lorient pourra bouger jusqu’à ce soir en fonction des conditions météo. Le second est positionné au large des Sables d’Olonne. Il permettra aux trimarans d’aller saluer les Minis qui partent pour leur Transat. C’est Armel qui a eu cette idée et c’est vrai que la rencontre des plus grands et les plus petits bateaux de course au large, c’est un joli clin d’œil ! » Un clin d’œil symbolique puisque depuis, la direction de course de la Mini Transat a décidé de reporter le départ de 24 heures pour cause de météo.

Petits et grands, au superlatif

Douces au début avec pas plus de 10 nœuds de vent, les conditions devraient en effet se muscler tout au long des 24 heures, avec l’arrivée d’un front sur le proche Atlantique. Les Ultims devraient rester dans son Est (sur l’avant) ce qui signifie une mer assez plate et donc de très hautes vitesses ! Retour prévu à Lorient dimanche en début d’après-midi.

Chacun pourra s’étalonner sur ce parcours équilibré, avec du près, du portant et du reaching. Banque Populaire XI pourrait faire figure de référence. Depuis sa mise à l’eau au printemps 2021, une longue campagne de tests l’a en effet conduit jusqu’en méditerranée. Sodeb’O Ultim a nettement plus de milles au compteur mais étrenne de nouveaux safrans relevables qu’il faudra valider. On sait qu’Actual Ultim 3 est une excellente base (ex Macif 100) qu’a bien fait évoluer Yves Le Blévec, associé pour l’occasion au  figariste Anthony Marchand. Quant à SVR Lazartigue, tout le monde est impatient de voir le potentiel réel de l’impressionnante et futuriste machine de François Gabart, même si celui participera en tant qu’observateur à bord pour une reprise en douceur après un repos forcé de quelques jours. Moins de deux mois après sa mise à l’eau, Le trimaran SVR Lazartigue et son équipage relèvent le double défi d’être présent à Lorient pour cette régate inédite.