Le skipper de Sogestran-Seafrigo a parfaitement déroulé sa partition sur cette première édition de la Trin’40 et emmagasiné de la confiance en vue de la prochaine Route du Rhum. Après 4 jours, 30 minutes et 14 secondes de course, il a franchi en tête la ligne d’arrivée de la première édition de la Trin’40, à 14 h 30 m 14 s*, mardi 28 avril. Il a bouclé le parcours à la vitesse moyenne de 8,4 nœuds.
Le Havrais, qui a pris la tête de la flotte au deuxième jour de course devant la pointe de Penmarc’h, ne l’a plus jamais lâchée, imposant au reste des concurrents une cadence impressionnante, sans jamais laisser la moindre chance à ses poursuivants directs de lui recoller aux safrans. Six mois après avoir remporté la Transat Café L’Or, et après un hiver marqué par un trophée Jules Verne victorieux à bord Sodebo Ultim 3, Guillaume Pirouelle montre qu’il faudra assurément compter sur lui pour animer l’intense saison 2026 qui s’ouvre en Class40.
Les premiers mots de Guillaume Pirouelle à l’arrivée au ponton : « J’ai essayé de ne pas laisser beaucoup de chances à mes petits camarades, mais ils ont poussé fort derrière quand même ! Je me suis battu pour rester devant, après c’est sûr qu’il y a de l’écart à l’arrivée mais c’est les conditions aussi qui faisaient que c’était un peu l’élastique qui se tendait et se détendait en permanence. Après j’avais toujours peut de Corentin Douguet, qui va vite au près, il y en a d’autres aussi, mais il y avait un peu plus d’écart. J’ai un bateau qui va vite au portant, c’est comme ça que j’ai pris la tête, après j’ai résisté aux attaques on va dire ! Mais c’est cool parce qu’on essaie avec l’équipe de gommer les défauts au près, et petit à petit on commence à trouver, donc c’est chouette ! Je n’avais pas fait de solitaire comme ça depuis mes années Figaro, il y avait eu le retour des Sables-Horta, mais c’était pas du rase cailloux comme ça. Après j’adore ça, mais là ce matin c’était dur, je m’endormais devant l’ordinateur ! Les conditions étaient très très instables, c’était hyper dur d’aller dormir. En tous cas, dès qu’on allait dormir, c’était prendre le risque d’être beaucoup moins rapide, donc on est beaucoup à pas avoir beaucoup dormi. En termes de lucidité ça va, mais je piquais du nez ! C’est clair qu’on aurait pas pu tenir à ce rythme là sur vingt jours… C’était un parcours sans gros choix stratégique, c’était bien pour travailler la vitesse et se comparer aux autres, avec surtout des longs bords, tenir les positions longtemps, c’était pas toujours facile, mais c’est un bon exercice, et une bonne reprise en solitaire ! »
Corentin Douguet sur de SNSM, Faites un don est arrivé 2e, 1h2 plus tard que le premier : « Je suis content de ma course, c’est bien pour une reprise. C’était vraiment plaisant comme navigation, je me suis fait plaisir sur l’eau. Il m’a manqué un peu de rythme au début, j’ai eu du mal à trouver le sommeil au début, après j’étais un peu cuit la deuxième nuit, il y a eu un moment un peu foireux où j’étais pas très lucide et Guillaume en a profité pour faire un petit break, et j’ai jamais eu l’occasion de le combler ensuite. Il a même accentué l’écart au deuxième waypoint Gironde, qui a bien explosé la flotte. C’étaient des conditions où tous les bateaux vont un peu à la même vitesse, au VMG comme ça, il n’y a pas d’écart significatif entre les bateaux. Et puis il sait faire du bateau le garçon ! S’il y avait eu du reaching, j’aurais eu un avantage, mais on n’en a pas eu. Je n’avais pas fait de solo depuis 2022, le bateau a passé l’hiver en chantier, je suis revenu en dernière minute et je n’ai fait que deux navigations sur le bateau. Je suis pas le seul, c’était la rentrée pour tout le monde, mais ça n’aide pas ! Mais je finis quand même deuxième, donc il n’y a rien de dramatique, je suis content, il reste quelques mois pour se préparer, on va s’entraîner ! »
Fabien Delahaye arrache la 3e place : « C’était intense jusqu’au bout ! Hier soir on pensait avoir fait un bon break au waypoint Gironde avec William Mathelin-Moreaux, et puis deux milles après, on tombe dans une énorme bulle sans air, et on voit tout le monde revenir derrière, on se retrouve six bateaux côte à côte. Il y avait tout à refaire ! C’était vraiment un exercice complet cette course, chaque bord était intéressant stratégiquement parlant et en vitesse. J’étais pas très rapide sur la course, j’avais fait le choix des vieilles voiles, j’ai un peu rongé mon frein au portant. J’y allais pour bosser du solo, j’ai bossé du solo ! J’y suis allé étape par étape, mais je me suis toujours battu pour revenir, j’ai essayé de bien exploiter les petites bascules. A chaque fois, j’ai su faire les petits coups qui me permettaient de rester dans le bon paquet ! J’arrive pas cramé, j’étais pas dans le dur, après j’avais oublié le duvet donc ça n’a pas aidé à bien dormir ! »


















