Il y a des courses qui ne ressemblent à aucune autre. La CIC Normandy Channel Race en fait partie. Environ 1 000 milles depuis Caen, à slalomer entre cargos, courants et caps dans l’un des axes maritimes les plus fréquentés au monde. Un parcours exigeant, tactique, rapide, où la Manche et la Mer Celtique ne font pas de cadeau. Pour Mikaël Mergui, skipper du projet Centrakor Hirsch, cette édition 2026 a une résonance toute particulière : c’est sa troisième participation. Et la première reste gravée dans sa mémoire comme le point de départ de toute sa carrière en Class40.
Quand Mikaël Mergui prend le départ de la CIC Normandy Channel Race pour la première fois, il ne sait pas encore que cette décision va marquer le point de départ de son aventure en Class40. À l’époque, il engage ses propres fonds pour louer un bateau et prendre le départ. Une seule question en tête : est-ce que ce support est fait pour lui ?
La réponse sera évidemment oui. Cette première participation marque un véritable tournant pour lui : convaincu par le support et par l’intensité de la compétition, Mikaël se lance à fond dans l’aventure Class40. Une décision qui le mènera par la suite à se qualifier pour les courses les plus mythiques : la Route du Rhum et la Transat Café L’Or.
Cette première édition avait également donné naissance à une belle histoire de marins avec Emmanuel Hamez, rencontré presque par hasard à la suite d’un changement de co-skipper de dernière minute.
Un duo inédit pour cette troisième participation
Quelques jours seulement après sa remarquable deuxième place autour du monde en Class40, Benoît Hantzperg rejoint Mikael à bord. Un duo inédit qui s’appuie sur l’expérience des deux marins mais aussi sur leur complémentarité et leur intuition.
« J’avais très envie de naviguer avec Benoît. À terre, je trouve que c’est quelqu’un de très drôle, mais aussi hyper pointu. Ça fait très longtemps que je voulais naviguer avec lui. Quand je l’ai appelé, il était disponible, et deux jours après il passait déjà me voir au chantier. Il sort d’un tour du monde en Class40 sur exactement le même bateau que moi, forcément ça compte dans le choix. Et puis on a un peu la même manière de naviguer : beaucoup au feeling, aux sensations, à essayer de sentir le bateau plutôt que de regarder uniquement les chiffres. Il connaît aussi très bien cette course et ces zones de navigation. Sur une Normandy Channel Race où tout va très vite, c’est précieux. », raconte Mikael.
De son côté, Benoît Hantzperg insiste sur l’importance de l’expérience et de la précision sur un parcours aussi exigeant :
« Le gros atout de notre duo, je pense que c’est l’expérience. Mika commence à avoir un vrai vécu en Class40 et moi je reviens d’un tour du monde. On arrive avec des parcours différents mais très complémentaires. En plus, on connaît bien le bateau maintenant. On a aussi des voiles neuves, donc il y a forcément de l’excitation de voir comment tout ça va se comporter au près. »
Un parcours exigeant qui ne pardonne pas
La CIC Normandy Channel Race rappelle aussi les exigences extrêmes de ce sprint offshore. Il y a deux ans, Fabien Henry s’était blessé à bord du Centrakor, se cassant plusieurs côtes dans des conditions particulièrement engagées, illustration parfaite du rythme infernal imposé aux équipages. Pour Benoit Hantzperg, le vrai sujet reste toujours le même sur la CIC Normandy Channel Race :
« La météo, le courant et les bancs de sable. Le tour de l’ile de Whight avec les courants à contre sens, c’est le point piège de cette course. »
Entre expérience, instinct et complémentarité, Centrakor Hirsch s’apprête à reprendre le large sur la course qui a tout déclenché, l’une des plus tactiques et engagées du calendrier Class40. Trois éditions après, la boucle est bouclée, mais l’histoire, elle, est loin d’être terminée.
Source CP


















