Canal+ diffusera la série « OCEAN FIFTY fin 2021

Trophée des Multicoques - Baie de St Brieuc 2020 @ Jacques Vapillon

Le 19 mai prochain débutera à Brest le tournage du premier épisode de la série en immersion du circuit des Ocean Fifty (ex Multi50) qui comptera 5 épisodes. C’est UPSWING PROD qui assure intégralement la production et la réalisation de cette série pour laquelle 10 médiamen seront mobilisés. La société annonce qu’elle a vendu les droits à Canal Plus.

Pour UPSWING PROD : « L’objectif que nous poursuivons avec la réalisation de la série « Ocean Fifty » est bien de toucher un nouveau public et de démocratiser la voile de compétition en suivant le quotidien de marins qui sont à la fois des sportifs de haut-niveau mais également des défenseurs passionnés de l’environnement, des citoyens engagés dans des causes sociétales, inspirants et déterminés. »

Pour les réaliser, c’est Édouard Mauriat, producteur de plus de 25 films de fiction et de documentaires primés dans de nombreux festivals (2 Césars et 1 nomination aux Oscars pour Le Cauchemar de Darwin), qui sera à la manœuvre. Nous l’avons interrogé sur sa vision. Extrait de l’article paru dans le numéro 94 de Course Au Large.

Course Au Large : Quelle est ta vision de cette série, et comment allez-vous vous y prendre pour la réaliser ?
Édouard Mauriat : Le dispositif, c’est de coller les navigateurs, créer de la confiance avec eux, pour qu’ils ne disent pas que ce qui est à bord reste à bord. Il faut qu’ils acceptent de se dévoiler. J’ai un modèle, c’est le film de Brest Océans. J’ai beaucoup discuté avec les 4 media men et ce qui marchera le mieux, je trouve, c’est de suivre l’équipage de Ronan Gladu sur Actual Leader. Pourquoi ? Parce que du point de vue de la narration, ils savent qu’ils ne vont pas gagner, ils sont cools et ils ont envie de transmettre. La clé, si on veut que ce soit intéressant, pour que ça marche comme histoire, c’est que chacun des personnages ait envie de transmettre ; qu’ils soient dans une démarche où ils jouent le jeu de cette aventure. Un documentaire, c’est d’abord des personnages. Si on a des bons personnages, ça marche.

Il risque d’y avoir peu de drames et de frictions dans les équipages !
Si, si, j’y crois. Chaque évènement va durer 5 jours. Quand ils vont partir pendant 24 heures, je pense qu’il va y avoir des conflits. Et en régate ce sera exacerbé, entre les équipages et à l’intérieur des équipages.

Est-ce que vous ne serez pas tentés de scénariser un peu ? Il y a de bons acteurs sur les bateaux…
Oui, certains sont de bons acteurs. Je serais très étonné qu’il n’y ait pas de frictions ou de conflits, mais je peux me tromper. Je suis de l’école qui veut qu’un documentaire ne soit pas là pour en rajouter. Ça se fera naturellement. J’en ai discuté avec les media men. Sauf qu’en général les media men sont payés par les sponsors, et du coup les sponsors leur disent: tu es gentil mais ça, tu ne racontes pas. Dès qu’on enlève ce filtre-là, c’est autre chose. Les media men vont travailler pour moi, pas pour le sponsor. Ils ne toucheront pas au bout. À partir de ce moment-là, ils vont attraper des choses qui seront intéressantes. C’est aussi tout l’art du montage. Et c’est la raison pour laquelle je me laisse aussi du temps entre le moment où le circuit s’arrêtera et celui où la série sera diffusée.