Bientôt le coup d’envoi du Mondial Moth 2008

Sébastien Josse - Bladerider Foiling Moth
DR

Le Moth à foil dans l’hexagone
La première fois qu’un Moth à foils est apparu en régate ce fut en France, à l’occasion du championnat du monde de 2003 aux Sables d’Olonne. Son concepteur John Ilett et son skipper Rohan Veal lancèrent alors une véritable révolution dans la classe. 5 ans plus tard, tous les bateaux sont équipés de foils. Avec des pointes à près de 28 nœuds, ces bateaux suscitent l’intérêt de bien des marins, novices ou confirmés.

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L’engouement a bien pris dans l’hexagone avec actuellement plus d’une trentaine de Moths répartis sur tout le territoire. Pas moins de 6 français seront présents à Weymouth pour le Mondial 2008 :

Les coureurs français engagés sur le Mondial Moth 2008 :
Sébastien Josse en Bladerider navigue à Concarneau
Cyril Ducrot en Bladerider navigue à la Trinité sur mer
Valentin Hosteller en Hungry Tiger navigue à la Trinité sur mer
Olivier Gouard en Moth Sabrosa navigue à Pornichet
Jean Nivet en Litte Wing navigue à Grenoble
Nicolas Bessec en nouveau proto navigue à St Malo
et peut-être Pierre Yves Corre en Mistress3 navigue à Penerf

Eric Proust, récent vainqueur du Raid Archipelago – le raid catamaran le plus extrême – est l’importateur du fameux Bladerider en France. En à peine une année, déjà une dizaine de Bladeriders naviguent le long des côtes françaises ! Eric Proust : « Le Bladerider a rencontré un succès phénoménal au Salon Nautique de Paris. Je ne m’attendais pas à un tel engouement ! Je navigue aussi en Bladerider, c’est un bateau formidable ! »

Côté construction, les français ne sont pas non plus en reste car deux constructeurs français présenteront leurs prototypes :

Olivier Gouard, architecte naval, naviguera sur son nouveau Moth Sabrosa :
« Le projet du moth Sabrosa est de lancer une série de Moth de fabrication française. Le prototype présenté à Weymouth est donc le premier d’une série que nous espérons la plus longue possible. Un gros travail a été fait en collaboration avec le chantier Bee Composites pour trouver des solutions de construction qui permettent de rester concurrentiel en termes de performance et de prix de vente avec les productions actuelles. La coque est ainsi fabriquée en Carbone/vinylester par infusion. Une étude importante a également portée sur la facilité de mise en œuvre du bateau, avec un montage/démontage de la plate-forme en 5 minutes, le but étant de maximiser le plaisir de naviguer.
Nous avons également fait beaucoup de R&D sur les foils avec l’expertise des meilleurs ingénieurs hydrodynamiciens français en la matière. La construction est soignée et nous espérons que les résultats seront concluants. Nicolas Bessec, meilleur mothiste français, qui naviguera également avec ces foils sur son prototype nous fera son premier retour après le mondial.»

Le chantier Diben de Tristan Pouliquen viendra présenter son nouveau prototype aux lignes radicales
Un dévoilement officiel et la première navigation du bateau au nom de code toujours inconnu aura lieu samedi 5 juillet à Weymouth. Le skipper et heureux propriétaire n’est autre que Nicolas Bessec, le président de la classe française. Ce moth est équipé des foils Sabrosa et d’un gréement CST composite.

Nicolas : « Le bateau est dessiné et construit par Tristan Pouliquen sur un échange d’idées originales imaginées et glanées un peu partout. Nous avons voulu être très innovants, et le résultat est surprenant. Tony et Tristan ont construit un véritable bijou de carbone ! Le bateau a une gueule folle et est très léger. Si tout va bien les performances devraient être au rendez-vous. »

Tristan complète : « Nicolas pratique assidûment le Moth depuis 3 ans, il nous a apporté le recul nécessaire et sa vision d’un Moth idéal ainsi qu’un tas d’astuces pratiques glanées au fil de ses navigations. De notre côté, ayant déjà l’expérience de la construction de Moth, nous sommes allés très vite dans la construction de ce prototype, seulement 3 semaines ! Nous sommes déjà fiers du résultat obtenu et nous avons hâte de voir la réaction des autres mothistes au mondial ».

Un très belle « French Touch » rayonnera donc sur ce mondial Moth 2008 !

« Ces petits bateaux qui volent », par Sébastien Josse
Porte drapeau de l’équipe de France Moth

Sébastien Josse (http://www.sebjosse.com), skipper émérite, 3 tours du monde à son actif et un 4ème en préparation. En 2003, déjà, alors qu’il naviguait sur son 60 pieds VMI, Jojo entend parler de « ces petits bateaux qui volent », comme il se plait à les appeler. Trois ans plus tard, lors de l’escale de la Volvo Ocean Race à Melbourne, il contact Rohan Veal qui, à l’occasion de la Geelong Week, l’initie aux joies de la vitesse sur ces bateaux poids plumes (30 kg) : « Mais ce qui m’intéresse dans le Moth, avant la vitesse, c’est son côté avant-gardiste, la technologie utilisée. C’est un mini hydroptère ! Ce sont de nouvelles sensations, une nouvelle façon de naviguer… Sur un Moth, je réapprends à naviguer ».

Depuis, Jojo s’est laissé tenté et, en 2007, est devenu propriétaire d’un Bladerider. Installé à Concarneau, il essaie de s’entraîner dès que son emploi du temps de préparation au prochain Vendée Globe le lui permet : « Pas assez souvent, malheureusement. Je navigue très peu, je ne progresse pas très vite. L’occasion se présente d’un Mondial en hémisphère Nord. Je pense que l’année prochaine il sera en hémisphère Sud. Je n’aurai pas l’opportunité de faire une course comme ça avant quelques années ».

Justement, son 60 pieds BT sera en chantier à cette même période « ça tombe très bien » commente Sébastien, « cela me laisse le temps de participer aux Championnats du Monde du début à la fin. J’y vais pour naviguer un peu plus mais surtout pour apprendre, parce qu’il y a plein de petits réglages et astuces à avoir, certainement, que moi je peux mettre des heures à trouver vu mon peu d’heures de navigation. Après une semaine et plusieurs régates par jour, je vais avoir les bases. On s’entend bien, avec Rohan. Je compte sur lui pour me donner des conseils et pour qu’une fois rentré en France, j’ai déjà un peu plus la maîtrise du bateau. Et puis comme entraînement physique, c’est quand même pas mal ».

Quand on lui demande quelles sont prétentions pour ce Championnat, il rigole et dit : « finir premier français » puis enchaîne « mais je ne suis pas sûr de terminer les parcours ! S’il y a 25 nœuds de vent, ça risque d’être difficile».

« Le Moth peut être un bateau abordable, sur lequel chacun peu naviguer s’il se contente de faire des bords sur un foil. Ce n’est pas très compliqué d’aller en ligne droite, vent de travers.

Ça devient difficile quand tu veux naviguer convenablement, que tu veux pouvoir virer de bord, empanner… si t’as pas les bonnes conditions, ce sont quand même des bateaux compliqués. Ils sont hyper fragiles, ça s’apparente presque à du modélisme. Ce n’est pas une bonne publicité pour Monsieur Toulemonde, mais ça ne sera jamais l’engin de plage de Monsieur Toulemonde. Ça reste quand même pour un public averti. Des marins comme Thomas Coville, Loïc Peyron, Jean le Cam… ce sont des gars qui sont intéressés par le Moth à foils.

Si le Moth doit se démocratiser, ça sera un Moth à trois plans porteurs, pour que ce soit plus stable. Apparemment, ça a déjà était fait, d’ailleurs. Mais comme la jauge impose deux plans porteurs, ça reste un bateau casse gueule »