Au vent mauvais…

UUDS - Laurent
UUDS - Laurent

En tête, rien de nouveau : Jean Le Cam et Vincent Riou s’échangent toujours les commandes au gré des classements. Honneur cette fois au skipper de Bonduelle, qui a volé la vedette ces dernières heures à son coriace concurrent. Vincent a en effet mis un peu de nord dans sa route et de ce fait, a laissé les îles du prince Edward dans son sud. De ce fait, Jean Le Cam sur une route plus directe est repassé devant au classement de 16 heures. Il glisse sous les îles du prince Edward et compte 14,4 milles d’avance sur Vincent. Par contre, les vitesses ont fortement augmenté pour les deux leaders qui tutoient actuellement les 17 nœuds de vitesse moyenne sur 4 heures. Ils naviguent actuellement dans un vent de nord-ouest de 30 nœuds et glissent cap sur les Iles Crozet qui sont à 400 milles dans les étraves. De la pression dans les voiles pour les leaders, vopilà de quoi creuser pdes écarts encore plus significatifs avec Roland Jourdain (Sill et Veolia), Sébastien Josse (VMI) et Mike Golding (Ecover). A 16 heures, le 3è a perdu 40 milles sur la tête de la course par rapport au classement de 11 heures et le 4è 60 milles…

70 nœuds de vent et des vagues de 12 mètres !

Pour le deuxième groupe, la dépression quasi-stationnaire placée dans le sud-ouest de l’Afrique du Sud continue de faire mal… Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac) est toujours en tête de ce deuxième peloton mais ce sont Nick Moloney (Skandia) et Marc Thiercelin (Pro-Form), avec une superbe cuillère par le nord, qui sont les vainqueurs du moment. Ils ont bénéficié des vents portants soufflant sur la bordure nord de la dépression et ont grappillé entre deux et trois places au général. Nick est ce soir 7e et Marc est 9e malgré ses gros soucis de bout-dehors, de balcon et de voiles d’avant. Mais le plus dur est pour la flotte qui a dû traverser le centre de la dépression pour aller chercher les vents portants.

Tous y sont allés de leur aventure et surtout Hervé Laurent (UUDS) la nuit dernière. «La dépression s´acharne sur nous et il m´est impossible de faire route au sud-ouest. Je suis donc obligé de repartir dans le nord pour en faire le tour. Je me retrouve dans le centre de la dépression où je me suis bien fait secouer cette nuit. 70 nœuds de vent (130 km/h), des vagues de 10 à 12 mètres de haut… ». Une note des plus salées puisque Hervé va voir son UUDS se faire coucher par deux fois par la tempête. C’est au matin qu’il a pu faire un bilan technique des dommages : « je ne connais pas encore l´étendue exacte des dégâts de la nuit, mais déjà j´ai vu que le secteur de barre tourne sur la barre. Un des pilotes est mort, et comme rien n´arrive seul, il y deux bidons de gasoil qui ont explosé dans le bateau.. Ce qui me tracasse le plus, c´est une avarie sur le safran bâbord et j´ai vraiment l´impression qu´il y a du jeu. Avec la mer actuelle, c´est trop chaud pour aller voir de plus près, mais ça ne me plaît pas du tout ». Au dernier pointage de 16 heures, Hervé marche à 12 nœuds de vitesse moyenne sur 4 heures et se trouve à 490 milles de la longitude du cap de Bonne-Espérance. Il navigue encore au près, mais devrait toucher d’ici peu la bordure nord de la dépression placée dans le sud-ouest dans l’Afrique du Sud. Et attraper des vents plus favorables… Cela lui permettra alors de faire le check complet de son bateau et de connaître d’une manière plus précise l’étendue des dégâts…

L.F. (Source Vendée Globe)