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Accueil RECORDS Tour du monde en solitaire Scénario complexe aussi pour Thomas Coville

Scénario complexe aussi pour Thomas Coville

Coville
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Naviguant au près depuis cinq jours dans un alizé du Sud-Est de 15 à 20 nœuds, le maxi trimaran réalise de belles vitesses moyennes autour de 20 noeuds et parcourt entre 450 et 490 milles par jour. A la différence des solitaires du Vendée Globle qui régatent en flotte, Thomas se bat contre le temps et la trajectoire de Francis Joyon qui, l´an dernier, avait bifurqué dans l´Est très tôt, au niveau du 20ème degré Sud.

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Lors de sa première tentative de l´hiver 2007-2008, le skipper de Sodeb´O avait été contraint de descendre au-delà du 45ème, ce qui l´avait pénalisé au passage de Bonne Espérance. Le Trinitain entrevoit cette fois-ci la porte de sortie dans à peu près deux jours, grâce à une perturbation salvatrice autour du 35ème Sud. D´ici là, il faut solliciter le bateau au maximum et Thomas passe tout son temps sur le pont, à régler les voiles et à surveiller les grains, toujours nombreux autour de Sodeb´O.

Vacation avec Thomas Coville en ce 10ème jour de mer :

Quelles sont tes conditions de navigation ? : « Cela fait cinq jours depuis le Cap-Vert que je suis entouré de grains, tout ce que l´on déteste en solitaire, en multicoque. Sous pilote, lorsque ton bateau pointe à un cap constant et que vent change brutalement, tu peux chavirer. Mais on se blinde à force, on s´adapte et on sent mieux si ce grain va être vraiment méchant ou non. »

Ton avis sur tes performances ? : « Il faut que je fasse au mieux avec la situation que j´ai et je trouve que nous suivons un tableau de marche acceptable, avec une route plutôt bonne. »

Quelle est la configuration météo ? : « A deux jours près, on avait l´enchaînement météo parfait avec cette dépression sur l´Uruguay qui, au final, se déplace trop lentement. Je vais donc faire le tour de la paroisse (c.à.d de l´anticyclone de Sainte-Hélène) comme les concurrents du Vendée Globe. Au même endroit, Francis Joyon avait eu la chance infernale de couper l´anticyclone au milieu, grâce à un système météo qui s´était inséré dans sa route. Il avait parcouru 600 milles de moins. »

Quelle stratégie suis-tu ? : « Plus le bateau va vite, plus tu as intérêt à utiliser sa vitesse pour contourner ce qui t´embête, comme ici Sainte-Hélène. J´ai donc encore deux jours un peu pénibles à travailler contre le vent et la mer puis je ferai enfin de l´Est. »

Que penses-tu de ton bateau ? : « Sodeb´O va plus vite que l´an dernier. Il est très agréable à doser. Le travail fait sur les voiles porte ses fruits. Je l´exploite mieux aussi. Je le pousse beaucoup plus et on le voit sur les vitesses qui sont supérieures à celles de l´an dernier. »

Et toi, comment vas-tu ? : « J´ai réussi à dormir trois fois une heure cette nuit et j´arrive à bien manger. Même s´il n´y a pas vraiment de rythme. Chaque grain, c´est comme une personne qui monte à bord et a raison. Il faut être prêt. »

Ton avis sur ce que vit la flotte du Vendée Globe ? : « Je me rapproche de la tête de la flotte qui s´est en partie engluée avec ceux qui ont décidé de traverser l´anticyclone. Il y a un phénomène de groupe puis certains, comme Mich (Desjoyeaux) ou Marc (Guillemot), ont choisi de suivre leur propre route. Jojo (Josse) a d´abord suivi puis s´est ravisé. Entre ceux qui tentent de passer au milieu et qui repartiront au pire avec cette dépression venue d´Uruguay et ceux qui font le tour, il n´y aura peut-être pas tant d´écart au final. C´est toute la différence entre ma route que je choisis et assume seul, et la course en flotte où ils se rassurent ou s´inquiètent, les uns les autres. »