© Robin Christol

La semaine dernière, Kito de Pavant, à bord de son nouveau Class40 « Made in Midi », a effectué sa qualification pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, dont il prendra le départ, à Saint-Malo, le 4 novembre prochain. Une navigation en solitaire de 1200 milles obligatoire pour tous les concurrents de la transat mythique, que le skipper d’Occitanie a transformée en un entraînement bien utile, sur un parcours en Méditerranée, au départ de Port-Camargue, entre Sardaigne, Tunisie, Baléares et côte languedocienne. Et le premier des enseignements que tire Kito de Pavant de ce face-à-face inédit en configuration « solo », est que le Made in Midi, presque entièrement refait pendant le chantier de l’hiver dernier, est bien plus véloce et rapide que le Class40 Otio – Bastide Médical avec lequel il avait terminé sur le podium de la Route du Rhum 2014. De bon augure pour l’édition 2018, mais il y encore du boulot. Notamment sur le choix des voiles et l’ergonomie du bateau.

« Avec le nombre de milles que j’ai faits pour me qualifier aux courses auxquelles j’ai participé depuis 20 ans, je devrais être qualifié d’office. Ou alors peut-être mettre en place une carte de fidélité… Du genre tous les 10 000 milles en qualif, une qualif gratuite ! ». Toujours l’esprit taquin, le Kito de Pavant. Mais ravi d’avoir été obligé, par le règlement de la Route du Rhum, d’effectuer cette énième qualification en solo à bord de son nouveau Class40, Made in Midi.
Parti le 24 juin de Port-Camargue, le skipper d’Occitanie est revenu à quai le 30 juin dans l’après-midi. Une petite semaine seul à seul, au large, avec un bateau dont il a découvert le maniement, en solo, pour la première fois. Un face à face au final rempli d’enseignements que ne regrette pas le marin expérimenté. « Cette obligation de qualification est une bonne chose, tempère-t-il. Elle oblige les marins peu expérimentés à ne pas partir la fleur au fusil sur une transat. Et elle permet aux vieux comme moi de se bouger un peu les fesses. Sans cette obligation, tu pourrais te dire que tu as beaucoup mieux à faire que d’aller faire des ronds dans l’eau. Mais c’est là-bas, au large, qu’on apprend le mieux son nouveau bateau ». Et il a appris, « le vieux ».

« Sans confrontation, tu es champion du monde… »
Entre une « descente » bien sympa sous spi sur la Sardaigne et la Tunisie, une remontée au près plus pénible au nord, une virée bien pétolante vers les Baléares et un retour à la maison au reaching, le duo skipper-bateau s’est bien entendu. « On s’est fait une balade plutôt sympa, savoure Kito. J’aurais aimé des conditions un peu plus dures, mais ce fût intéressant. Surtout sur la vitesse du bateau. Dès que ça ouvre (ndlr : comprenez au portant), ça accélère. En fait, avec les références acquises sur mon ancien Class40, très proche de celui-ci parce qu’il s’agit d’une évolution du plan de Guillaume Verdier, j’ai vraiment le sentiment qu’il va plus vite ». Un ancien Class40 avec lequel Kito de Pavant avait terminé 3e de la dernière édition de la Route du Rhum. « Mais bon, sur cette qualification, je n’avais pas de confrontation avec un autre concurrent. Alors là, bien entendu, tu es champion du monde. On ne saura vraiment qu’en novembre, à l’arrivée à Pointe-à-Pitre…».

Pour l’instant, les enseignements, Kito de Pavant ne peut les tirer que de ses longs zigzags en Méditerranée. Surtout sur les voiles, même s’il n’avait pas encore toute la garde-robe neuve. « Pas encore toutes, c’est vrai, mais les principales oui. Comme le Code O, dont j’ai pu tester la nouvelle version par rapport à mon ancien, qui avait déjà été « arme fatale » sur la Giraglia. Le souci, c’est qu’il va falloir faire des choix pour le Rhum ». Autre sujet de satisfaction, les ballasts, ces réservoirs qu’il faut vider ou remplir pour améliorer l’assiette du bateau. « En général, ça ne fonctionne jamais ces trucs. Et là, bonne surprise, ça marche. Il faudra que je remercie Brice. C’était important de les valider, avec toutes les transformations qu’on a faites sur le bateau pendant le chantier hivernal ».
Travail sur le sommeil et navigations « partenaires »
Merci alors à Brice, Hervé et les autres «Kikouyous » de l’équipe technique. Qui ont encore du boulot sur la planche. « Plutôt, sourit Kito. Surtout sur l’ergonomie, à l’intérieur et à l’extérieur. Histoire de me rendre la vie plus facile et plus confortable à bord. Des tas de détails pratiques pour me faciliter la tâche. Comme me permettre de rester efficace dans le sas de veille, tout en pouvant me reposer ».
Se reposer ou dormir, un peu. Avec, bonne nouvelle, le fait de pouvoir retravailler sur le sommeil avec un de ses anciens partenaires majeurs, Bastide Médical, qui revient dans le jeu.
Dès ce lundi 2 juillet, Kito de Pavant, rassuré sur ce qu’il a pu voir pendant cette semaine en solo et donc officiellement qualifié pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, entame un mois de juillet bien rempli, avec des navigations de partenaires de Made in Midi. « Et ça devrait même déborder un peu sur août », souffle un Kito de Pavant qui, question partenaires, pourrait bien annoncer quelques bonnes surprises prochainement.
A suivre.