Finish au couteau entre Foncia et Safran

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Michel Desjoyeaux et son camarade Manu Le Borgne sur Foncia sont attendus demain en matinée à Salvador (soit 14-15 heures, heure française). Mais rien n’est joué pour le leader actuel de la flotte Imoca puisque Safran au pointage allongeait toujours la foulée (12,6 noeuds en VMG contre 10,9 pour Foncia).
Jean Le Cam, (VM Matériaux, 4 ème), joint par le PC presse, et inspiré comme il peut l’être quand il est bien disposé malgré « cette quatrième place qui ne l’enchante pas vraiment », a comparé cette Jacques Vabre à une battue : « Safran, c’est le gibier : on l’attendait avec le fusil, mais lui c’était un coup à gauche, puis un coup à droite, et ainsi de suite depuis 14 jours ». Dans l’histoire, ce sont les chasseurs qui se sont épuisés à le mettre en joue. Safran a l’air de posséder un indubitable génie et les deux hommes à bord sont des cérébraux.

Chacun connaît cette réflexion faite il y a une bonne quinzaine d’années et venant d’un grand attaquant anglais (Gary Lineker) : « Le foot est un sport qui se joue à 11 et à la fin c’est toujours les Allemands qui gagnent ». On pourrait se réapproprier le propos et le calquer à la course au large. Cela donnerait : à la fin toujours c’est Michel Desjoyeaux qui gagne.
Nous verrons demain si le vainqueur Figaro 2007 ( trois victoires à son actif au total) écrira une ligne supplémentaire à son palmarès épais comme un Bottin.
Le podium n’est pas pour l’instant complètement figé mais d’ores et déjà on peut saluer la très belle performance réalisée par Bernard Stamm et Tanguy Cariou sur Cheminées Poujoulat (3 ème) L’attelage a sans doute surpris quand il fut annoncé, mais disons qu’à l’arrivée il fonctionne comme une montre de la Vallée de Joux (Jura Suisse, ndlr) . Les gars de Cheminées Poujoulat se disent que , comme Safran n’a plus de spi, ils pourraient combler ce débours de 16 milles qui les séparaient de Safran à 16 heures.  Mais Safran est un foutu gibier d’eau et Caudrelier a été un figariste de premier plan (victoire en 2004).
Pour ne pas être démenti par les faits nous allons-nous arrêter là et attendre le couchant tomber dans la mer en se grattant la tête. Et Crêpes Whaou ? Pas de nouvelles fraîches car pas localisé ces dernières heures, mais le trimaran de 50 pieds devrait couper la ligne cette nuit à Salvador. A la louche aux environs de sept heures du matin, heure française.

IMOCA : Ah ! ce maudit empannage du 11 novembre…
 
Et si cette Transat Jacques Vabre s’était jouée finalement sur un empannage raté entre îles Canaries et Cap Vert ? Car c’est bien comme cela que Safran a laissé filer son leadership, perdant dans un premier temps une bonne dizaine de milles en raison d’un grand spi qui chalute sous le bateau, puis un nombre de milles difficilement calculable lorsque ce dernier, qui n’a pas aimé la manip’, explose par la suite. Cette avarie de spi, Marc Guillemot l’a cachée longtemps avant de cracher le morceau, tellement il en avait assez de voir les autres filer sans qu’à terre on puisse comprendre le pourquoi du comment. Depuis, il fait face avec brio, mais ce simple fait de course montre à quel point la bagarre est intense et que le moindre faux pas est dur à compenser. Côté régate, le fait du jour est à mettre au compte de Generali. Il fait actuellement la «cuillère» à Gitana Eighty (Peyron/Le Vaillant), pointant maintenant 8 milles devant lui. Generali croise actuellement sous le vent de l’île Fernando de Noronha, pour une route au vent de l’île pour le 60 pieds bleu du Baron Benjamin de Rothschild. Plus loin dans le classement, il conviendra de suivre  la régate à trois que se livrent depuis Le Havre Akena Verandas (Boissières/Chomette), Cervin EnR (Bestaven/Guerin) et Aviva de l’Anglaise Dee Caffari et de son équipier Nigel King. Ces trois bateaux sont sortis du Pot au Noir, naviguent encore dans l’hémisphère nord et se tiennent en moins de 60 milles.
 
Multi 50 Pieds : Crêpes Whaou ! cette nuit à Salvador
 
Quand il franchira la ligne en vainqueur la nuit prochaine, Franck-Yves Escoffier réalisera un superbe doublé à bord de son Crêpes Whaou ! Une deuxième victoire sur la Transat Jacques Vabre, après celle de la Route du Rhum – La Banque Postale l’an passé. Pour l’heure, le trimaran rouge et jaune file sur la route directe vers Bahia. A 16 heures, il était à 231 milles de l’arrivée. Derrière, Laiterie de Saint-Malo a enfin retrouvé une allure plus confortable et, le vent continuant d’adonner, le trimaran de Victorien Erussard, devrait prendre encore de la vitesse, l’objectif de Vic et de Fred est d’être à temps à Bahia pour la remise des prix, c’est à dire demain soir. A 400 milles du but, ils allongent la foulée et c’est à près de 13 nœuds qu’ils se rapprochent de Salvador. Pour le reste de la flotte, l’avenir est moins rose : Croisières A. Caseneuve est en lutte avec le Pot au Noir, tout comme NIM Intérim Management qui tente de passer plus à l’Est que la famille Caseneuve. Négocéane ouvre toujours la route des Class40, par conséquent, il aura dans une poignée d’heures, lui aussi, droit au Pot.
 
Class40 : Dans le pot au noir sur un air d’accordéon
 
Les Class40 arrivent à leur tour dans le Pot au Noir. En tête de la flotte, "Telecom Italia" a été nettement ralenti aux alentours de six noeuds alors que ses poursuivants continuent de faire route à près de dix noeuds. Comme attendu au niveau de cette zone de convergence équatoriale, l’effet accordéon va jouer et sans doute mettre les nerfs des concurrents à rude épreuve. Point positif, le front intertropical ne semble pas aussi actif que prévu et les premiers pourraient en sortir dès mercredi.