Class 40′ : les arrivées s’enchaînent

0
351
AST
DR

" C’est bien d’arriver à Bahia ! La dernière fois, j’avais fini à Madère … et Madère c’est sympa, mais le Brésil, c’est pas mal non plus! " s’amusait, hier soir, Christophe Lebas qui ne cachait pas sa satisfaction d’avoir accroché la sixième place. On sentait en revanche une pointe de déception du côté de Bruno Jourdren et Nicolas Pichelin. A bord de "Vecteur Plus – Groupe Moniteur", ils se sont emparé de la 7e place après avoir pourtant réalisé un joli début de course, pointant notamment deuxième à l’abord des Canaries : " A ce moment-là, on s’est pris une saloperie de pétole qui a duré 24 heures et à partir de cet instant, la messe était dite. Le comble, c’est qu’on avait prévu de passer entre les îles et qu’on a finalement choisi de passer au large, histoire de jouer la sécurité. Pour "Telecom Italia", cela a fonctionné, pour nous, le vent est tombé et on est resté totalement planté sans vent. Résultat, on a retrogradé de la 2e à la 16e place en une journée ! Après, on s’est battu pour rattraper bateau par bateau mais le Pot au Noir s’est bien passé pour tout le monde et on n’a pas réussi à revenir autant qu’on l’espérait " avouait Pichelin, peu après son arrivée au ponton cette nuit. Reste que pour certains, la zone de convergence intertropicale n’a pas été aussi fluide que ça. Tanguy de Lamotte et Nick Bubb sur "Novedia – Set Environnement", 8e ce matin à Bahia, ont perdu des précieux milles à cet endroit.  Toutefois, ils ont réussi à contenir les assauts de "Sidaction", "Mistral Loisirs – Pôle Elior Santé" et "Deep Blue". Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’entre ces trois-là, la bagarre a fait rage. Si les places d’honneur étaient déjà pourvues, il restait l’honneur tout court à sauver. Le suspense a duré jusqu’au passage de la ligne. " C’était un finish très mouvementé : une nuit de folie, une arrivée de folie… " a commenté Luc Poupon. " C’était un final digne du Tour de France à Voile ! Un peu stressant ! Un peu trop même ! " lâchait Antoine Carpentier. " On a joué les adonnantes et les refusantes dans la baie et on a pu marquer l’avantage " complétait son équipier. "Sidaction", pourtant handicapé par la perte, cette nuit, de son spi de tête a réussi un joli coup dans la baie de tous les Saints. Sur la ligne d’arrivée, il a devancé d’une minute peine "Mistral Loisirs – Pôle Elior Santé" de Thierry Bouchard et Oliver Krauss. " Ca c’est terminé comme on aime bien ! Avec Thierry on faisait le Tour de France ensemble et la régate au contact, on adore et on est à l’aise… On était donc plutôt confiant malgré notre retard… On a joué le tout pour le tout et ça a payé ! " confiait le jeune Figariste qui s’est imposé pour vingt minuscules secondes devant le "Deep Blue de Florence Arthaud et Luc Poupon. " Depuis cinq ou six jours, c’est un mille devant, un mille derrière sans arrêt et au final, on s’incline pour 50 mètres ! Pourtant, pas une seconde on a lâché le morceau… On fait quand même premier équipage vétéran et premier équipage mixte ! On se console comme on peut ! " concluait Poupon en riant. Un peu plus tard, en milieu d’après-midi, "Thirard" de Pascal Doin et Eric Defert bouclait les 4 340 milles du parcours après avoir distancé dans la nuit "40 Degrees", "E. Leclerc Ville la Grand" et "Siegena Aubi – Tous unis contre le syndrôme néphrotique". " Malgré les tours que prenait le vent, on a estimé qu’on pouvait garder le grand spi afin d’envoyer la poudre. Le résultat ce matin, c’est qu’on avait réussi à les dépasser tous les trois", se réjouissait Doin. Les trois en question se sont livrés, eux aussi, une lutte à couteaux tirés. Ce sont Marc Lepesqueux et Felipe Cubillos qui se sont attribués la 13e place devant Anne Liardet et Peter Harding puis Jean-Michel Viant et Olivier Magre, respectivement 14e et 15e. Les arrivées vont continuer de s’écheloner régulièrement. Le prochain concurrent à poindre son étrave devrait être "Clarke Offshore Racing". Les Britanniques Simon Clarke et David Lindsay sont attendus aux alentours de 19 heures, heure française.

Du côté des multis 50′ Open…

Hier soir à 23 heures 56, "Victorinox" a bouclé cette 8e édition de la Transat Jacques Vabre après 22 jours et 10 heures de mer. Pour leur deuxième participation à l’épreuve, Dany Monnier et Pierre Dupuy se sont adjugés la sixième place. " On n’a pas eu beaucoup de vent lors de cette transat mais ce temps de demoiselle n’était finalement par pour nous déplaire. Il y a deux ans, j’étais arrivé fatigué alors que là, on est frais malgré le fait qu’on n’ai plus eu d’eau depuis l’Equateur. Globalement, tout c’est bien passé, c’était vraiment une partie de plaisir. L’arrivée était super sympa sous gennak. Vraiment magnifique ! On est très content d’être arrivé car on s’est vraiment défoncé… On a fait ce qu’on a pu. Depuis l’Equateur, on a mis trois jours et demi pour venir, ce qui n’est pas mal par contre, avant, on a franchement souffert. Le bateau est un peu lourd mais on est ravi d’avoir rempli notre contrat en arrivant à Bahia " a expliqué le skipper Suisse. Il ne reste donc plus qu’un seul concurrent en mer dans cette catégorie. Il s’agit de "DZenergy.com" de Hervé et Nolwenn de Carlan, qui pointait ce midi à plus de 900 milles de l’arrivée.

Ils ont dit :

– Florence Arthaud : " C’était un superbe final. Je ne sais pas à combien de secondes d’écart on est les trois mais pas beaucoup, ça c’est sûr ! On a eu des déboires cette nuit, on a laissé un spi à l’Atlantique. On a tout coupé, les drisses et tout… On a fait une offrande, un sacrifice ! (rires) Mais bon c’est comme ça… c’est la régate. On a passé des bons moments et c’était sympa ce matin, même si finalement on a perdu deux places, de se retrouver si proches après 4 400 milles. En plus, tous les trois, ça faisait trois-quatre jours qu’on était à vue et que chacun d’entre nous tentait des trucs. Mais on n’avait pas tous les mêmes voiles donc on a un peu joué à cache-cache ! Nous, on est un peu les dindons de la farce… C’était une course passionnante mais très hasardeuse à certains moments, notamment dans le Pot au Noir. Dans ces coins-là de toutes façons les fichiers météo ne sont pas exacts. Il faut même les lire à l’envers quelques fois. Ca laisse donc pas mal de place au hasard et c’est un peu dommage mais c’est un joli parcours. De plus, moi j’aime bien passer du temps en mer donc là, comme y est resté 23 jours, je suis contente ! "

– Thierry Bouchard : " Le sport est injuste quelques fois… C’est vrai qu’il vaut mieux faire 10e que 11e et on a une petite pensée pour Florence et Luc. Reste qu’on s’est bien battu et qu’on mérite aussi… mais c’est dur ! Cela faisait quatre jours que c’était un coup à l’un, un coup à l’autre. On a été un peu surpris de voir "Sidaction" marcher aussi bien que ça. Quand on a vu, ce matin au levé du soleil, qu’ils étaient là, on a tenté le tout pour le tout. C’était super même si on n’a pas eu vraiment de grosses conditions excepté au niveau du Cap Finisterre et 23 jours de mer, j’ai trouvé que c’était vraiment long… Le pétole pour les nerfs, c’est infernal ! "