Yann Guichard détaille le fonctionnement des appendices

Spindrift Racing
DR

Le maxi-trimaran Spindrift 2 possède six ‘appendices’, terme générique qui regroupe les trois safrans, les deux foils et la dérive. Conçus par des experts en hydrodynamiques et fabriqués par des spécialistes du composite, ces pièces sont en contact avec l’eau et subissent des efforts considérables. L’équation que doivent résoudre les membres du bureau d’études de Spindrift racing consiste à réduire les profils et à optimiser les structures pour gagner en surface mouillée et en poids.

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Les safrans servent à diriger le bateau. « Un trimaran navigue surtout appuyé sur le flotteur sous le vent. Il faut donc un safran de chaque côté en plus de celui de la coque centrale, » explique Yann. « Ils sont tous reliés entre eux afin qu’une action sur l’un, entraine la réaction des deux autres. »

La dérive de la coque centrale mesure 6 mètres et pèse entre 300 et 400 kilos, soit près de dix Optimists à elle seule ! « Cette pièce sert de plan antidérive, » poursuit le skipper. « C’est à dire qu’une fois plongée dans l’eau, elle permet de remonter au vent. Si elle n’était pas là, le trimaran avancerait en crabe. Au portant, on la relève (totalement) pour ne pas ralentir. Sur le record de l’Atlantique Nord et surtout sur la Route du Rhum, nous aurons une nouvelle dérive, optimisée, plus petite et plus légère. »

Indissociable des multicoques d’aujourd’hui, les foils sont de réels ‘boosters’ de vitesse. Avec leur forme dite en ‘C’, ces croissants de carbone de 4,9 mètres de long passent au travers des flotteurs. « A partir de 20 nœuds, on descend le foil sous le vent pour accélérer, » résume Yann. « Un peu comme l’effet d’une aile d’avion, en créant de la portance, on soulage le bateau, ce qui le fait sortir de l’eau. On limite ainsi la traînée et le trimaran prend de la vitesse, comme par exemple sur les catamarans AC72 de la Coupe de l’America qui volent. Notre bateau fait 23 tonnes et nous n’en sommes pas encore là mais c’est le même principe. Il faut utiliser ces foils au bon moment pour ne pas générer plus de traînée que de portance. C’est tout l’équilibre à trouver car on peut gagner 3 à 5 nœuds à partir de 30 à 32 nœuds de vitesse. »

Le skipper ajoute enfin : « En amont, le travail de préparation de tous les appendices doit être très minutieux. Ces pièces sont utilisées dans l’eau à haute vitesse et les moindres porosités ou défauts peuvent entrainer des perturbations, voire même des décrochages. L’équipe prend régulièrement le temps de polisher et parfaire les états de surface de tous les appendices pour que ce soit absolument impeccable. »